mercredi 13 avril 2016

Voir le monde par le petit bout de la lorgnette


Rien n'est plus pathétique que les personnes unidimensionnelles animées par des idées fixes hors desquelles elles ne sauraient s'aventurer.


Untel ramène tout aux fédéralistes. Tout est de la faute des "fédérastes", même la couleur de la maison de sa grand-mère.

L'autre, qui n'est pas mieux, voit les séparatistes même dans sa soupe pour mieux les détester. Que l'on parle de corruption ou d'injustice sociale, tout sera ramené à sa haine des péquistes.

Untel s'exprime sous un avatar qu'il décore d'un unifolié pour prouver son allégeance au Canada.

L'autre est fleurdelisé jusqu'à l'os avec un gros Oui pour marquer son appartenance.

L'un comme l'autre sont des poussières dans l'univers.

On voit aussi cette dichotomie chez les droitistes et les gauchistes militants. Le monde entier est vu par le petit bout de leur lorgnette.

Que l'on parle de peinture, de musique ou d'amour, ces pauvres fous ramèneront tout vers le seul sujet de conversation possible en ce monde: leur option politique...

Ça finit par devenir extrêmement déprimant et on finit par envier le premier fou qui court tout nu dans la rue en jouant de la flûte avec son cul. N'importe quoi sauf d'avoir à digérer de l'idéologie à tous crins pour désaxés.

J'ai bien sûr des idées politiques. Je crois bien être de gauche, un tantinet souverainiste, et surtout capable de remettre en question tous les dogmes reçus par ceux et celles qui pensent ou ne pensent pas comme moi.

Par contre, le monde ne se résume pas à la confédération canadienne, à l'indépendance du Québec, au socialisme ou bien au capitalisme.

L'univers est vaste, complexe et probablement plus fascinant que tous nos discours contingents sur l'art de déposer un bulletin de vote dans une urne.

Je ne renie pas l'importance de mener des combats politiques et suis probablement un peu plus engagé que la moyenne... Pourtant, je refuse de ne voir le monde que par le petit bout de la lorgnette. Je refuse de me cantonner dans une idée fixe. Je refuse de servir une cause au point d'oublier la vie, le plaisir, la musique, la peinture, le rire, les niaiseries, la contemplation et tout ce qui ne se jauge pas à l'aune d'une idéologie.

Par conséquent, je me tiens loin des toqués.

Et, à l'instar de l'étranger dont parle Baudelaire dans Le spleen de Paris, je suis là à regarder les nuages, les merveilleux nuages...


1 commentaire:

monde indien a dit...

Il n ' y a aucune idéologie qui tienne -
juste des idées - des rêves -
les idées et les rêves changent tout le temps , et sont vrais -
comme les nuages -