vendredi 15 avril 2016

L'Histoire, la mémoire et la merde

La chanson de Léo Ferré intitulée La mémoire et la mer n'a probablement rien à voir avec ce que je vais vous dire et pourtant c'est elle qui me vient à l'esprit avant même que je n'aie couché les premiers mots de mon billet.

Pourquoi? Je ne le sais pas plus que vous... Mon ignorance, comme vous l'avez sans doute constaté si vous faites partie de mes lecteurs et lectrices assidus, n'a jamais été un frein rédactionnel. Voilà pourquoi vous trouverez autant de questions sans réponses que de réponses sans questions sur mon blogue. Je n'ai aucune autre prétention que celle de m'asseoir confortablement sur une chaise, devant cette machine, pour livrer ce qui me trotte dans la tête avec plus ou moins d'intérêt.

Alors que Léo Ferré a "la marée qui lui remonte dans le coeur comme un signe", ma marée à moi me monte à la tête comme un singe ou bien un gorille.

Et vous savez ce qu'elle me dit cette marée, ce matin?

Vous ne le sauriez jamais si je ne vous le disais pas, je sais bien.

Eh bien, la marée me dit que l'Histoire avec un grand H n'est pas mon histoire. En fait, je reprends une fois de plus une grande pensée du jazzman Sun Ra qui disait, avec plus de grâce que moi, quelque chose comme History is not my story, un jeu de mots franchement intraduisible que vous aurez certainement compris vous aussi en vous forçant un peu.

Du coq à l'âne, je passerai à Shakespeare, un plaisantin qui ne trouvait rien de mieux que de monter des pièces de théâtre au lieu de travailler comme tout le monde.

L'une de ces pièces, que tout un chacun connaît puisqu'on ne passe pas tout notre temps à travailler généralement, s'appelle Roméo et Juliette.

C'est l'histoire d'un couple d'amoureux qui tentent désespérément de s'aimer malgré la guerre qui sévit entre leurs deux familles, les Capulet et les Montaigu.

Les Capulet et les Montaigu ont toutes les raisons du monde pour les empêcher de s'aimer.

Nos tourtereaux ne devraient pas se fréquenter l'un l'autre mais se détester comme l'ordonne l'Histoire.

Évidemment, Roméo et Juliette se foutent éperdument de l'Histoire avec un grand H quand ils sont ensemble. Ils veulent s'aimer, se voir, s'entendre, se goûter.

Et finalement, comme l'Histoire avec un grand H aspire tout, nos amoureux meurent avant même que d'avoir vécu.

Tout ça pour donner raison à la vendetta menée entre leurs deux familles. Tout ça pour donner raison aux vieux cons.

Quel est le rapport avec La mémoire et la mer de Léo Ferré?

Aucun me direz-vous. Et vous aurez raison.

Je me demande pourquoi mes billets commencent et finissent souvent n'importe comment.

Cela doit être pour faire surgir de mon inconscient des vérités trop simples pour les énoncer simplement.

Pardonnez-les moi.

Musique...