mercredi 6 avril 2016

La fable des deux oiseaux

Il était une fois deux oiseaux.

Ne me demandez pas comment ils s'appelaient.

"Quand t´es né sur du béton
Tu sais pas les noms d´oiseaux
Je les connais pas par leurs noms
Je vais m´asseoir sans dire un mot"


Ces vers sont tirées de la chanson Le picbois de Beau Dommage. Elle colle parfaitement à ma réalité. J'aurais pu prendre un livre d'ornithologie et feindre une connaissance que je n'ai pas. Je sais reconnaître les pigeons, les goélands, les corbeaux et les moineaux. J'ajouterais les canards malards, les hérons, les chardonnerets et les oiseaux-mouches. On en voit en ville... Pour les autres, je m'avoue vaincu. C'est triste mais c'est comme ça. Quand bien même je saurais tous les nommer que ce ne serait encore qu'une connaissance livresque de plus pour le dilettante que je suis.

Enfin! Revenons à nos oiseaux...

Ils étaient deux, comme je l'ai dit, et ils picoraient le sol à la recherche de graines, de vers de terre ou bien de miettes de malbouffe, je ne sais trop.

C'était des oiseaux rares à mes yeux puisqu'il m'était impossible de les identifier.

Je sais que ce n'était pas des dindes sauvages ni des autruches. Ils étaient plutôt colorés. C'était sans doute des mâles si l'on se fie à la coutume des oiseaux de colorer les plumes au masculin.

Ils picoraient ici et là en levant la tête de temps à autres pour regarder ce qui se passait autour d'eux.

Ils craignaient avec raison la présence d'un prédateur.

Ce prédateur aurait très bien pu être moi. Les humains mangeraient n'importe quoi et tueraient par plaisir s'il le fallait.

Mais non, il s'agissait plutôt d'un gros chat de ruelle. Un chat au pelage roux plutôt étrange qui semblait imiter un cri humain lorsqu'il miaulait. Je le reconnais ce chat-là puisqu'il m'était arrivé de le nourrir pour tricher un peu avec la loi de la jungle urbaine.

Évidemment, cette fois-là le chat se tenait coi pour faire bonne chasse.

Le premier oiseau, lorsqu'il vit le chat, ne fit ni une ni deux pour prendre son envol et avoir la vie sauve.

L'autre oiseau fronça les sourcils et bomba le torse, comme s'il allait en montrer à ce sac à puces qui n'en fit qu'une bouchée.

La morale de l'histoire? Elle est toute simple.

Prendre la fuite est toujours le meilleur moyen de demeurer en vie.

Et je ne vous dis pas ça seulement parce que je suis en train de lire Éloge de la fuite d'un certain Henri Laborit.

Ça me semble une morale simple comme bonjour.

Une morale qui finirait par affamer les chats si tous ces drôles d'oiseaux la pratiquaient.