vendredi 10 juillet 2009

Le jeune Québécois moyen, le décrochage scolaire, etc.


Le jeune Québécois moyen d'aujourd'hui se calisse de la politique au sens classique du terme. Il a compris depuis longtemps que le nationalisme, pour un gars ou une fille de son âge, rime avec «je ne baise pas et j'en veux au monde entier».

Il est généralement bilingue et parfois trilingue, au contraire de ses parents et grands-parents. Il sait qu'il vit dans une république de bananes et il s'en calisse parce que tout ça s'effondre comme un château de cartes. Les liftings, ça ne dure qu'un temps et rien n'arrêtera les rides et les ruines de ce que l'autre génération aurait voulu faire durer mille ans. Leur temps est passé et ils pensent que c'est la fin du monde, les vieux cons, et non. Ce n'est que leur fin à eux.

Le jeune Québécois moyen passe son temps sur YouTube et trouve que l'école ne va pas assez vite pour lui. Tout est sur l'Internet et les profs le font bâiller d'ennui parce qu'ils sont lents comme une connexion de base qui te gobe du temps quand tu viens pour consulter tes courriels ou bien tes sites favoris.

Tu as vingt ans et tu te poses une question? Tu linkes hastie! Rien de plus simple. Tu tapes ta question dans Google et tu as ta réponse. Tu auras beau taper sur ton prof que parfois rien ne sortira, sinon la reproduction ad nauseam de notes de cours jamais remises à jour, puisées il y a vingt ans à l'université, du temps où tout le monde se trouvait diplômé, analphabète ou pas. Une vraie révolution culturelle quoi. Qui fait que les jeunes sont mille fois plus brillants de nos jours. Ils lisent vraiment, de leur propre chef. Et ils voient leurs aînés comme des pas vites, pas trop tannants, mais pas vites. Du genre à faire des bulles chaque fois qu'on leur parle de downloadage ou ben don de linux. Des pas vites qui font ce qu'ils peuvent avec le peu qu'ils ont.

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À propos du décrochage scolaire

Le système scolaire étant ce qu'il est, je considère le décrochage scolaire comme l'expression d'une forme d'intelligence.

J'exclue évidemment de ce nombre les décrocheurs qui ont un filet de bave aux commissures des lèvres et qui ne savent dire que «gwrtz!». Mettons que l'école, c'est trop pour eux.

Tout comme ce n'est pas assez pour un autre type de décrocheurs, tout aussi fréquent et bien plus dramatique.

Des jeunes qui décrochent parce que l'école ne va pas assez vite pour eux, il y en a des tas.

L'Internet répond à vingt milles de tes questions quand l'école et le prof ont de la difficulté à traiter deux ou trois nouvelles réponses par jour. Ça ne va pas assez vite. Ça pue la boule à mites et ça sent le renfermé, l'école classique. C'est aussi con que d'enseigner à tout le monde l'art de calligraphier sur du parchemin à l'époque de l'imprimerie. C'est l'imprimerie qu'il faut enseigner, gus, pas la calligraphie pour tous, triple abruti.

On vit à l'ère atomique et le génome humain est décrypté. Faudrait bien en tenir compte un jour et enseigner dans un climat d'émulation et d'accélération dans l'acquisition du Savoir.

Ça va faire le brettage sacrement. Dehors les branleux! L'école doit aller plus vite. Et faire mieux. Et simplement apprendre aux jeunes à apprendre par eux-mêmes au lieu de faire de l'hastie de brainwashing de vieux cons siphonnés par des idéologies déchues et des morales à vingt-cinq cents.

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Le soleil perce enfin les nuages.

L'avenir du Québec ne m'a jamais semblé aussi libre et prometteur.

Let it be.