J'ai passé la soirée avec Plume Latraverse hier. J'ai écouté un tas de ses chansons pour me rendre à l'évidence qu'il est un monument non seulement de notre contre-culture mais aussi de notre culture tout court.
Ce gars-là, c'est un vrai poète. Ses poésies se sont éternellement inscrites dans ma mémoire. Ses rimes résonnent en toutes occasions comme l'écho de mon peuple, une voix libre, déchaînée et anarchique.
L'oeuvre de Plume est unique. Elle peut survivre à son interprète, mais elle n'est authentique qu'avec Plume.
Il rappelle les troudabours Rutebeuf et Villon, Jehan Rictus, Jean Narrache et surtout La Bolduc. C'est le noir mouton de nos poètes.
On sait aussi que Plume trippe sur Charles Trenet, le fou chantant. Il est aussi fou que lui quand il chante. Sa présence sur scène a toujours été hors des conventions, pour employer un euphémisme.
Une série sur Plume est diffusée ces temps-ci sur la zone audio de Radio-Canada. Ça s'intitule D'un Plume à l'autre. Et bon sang, c'est du gâteau pour un admirateur de Plume comme moi.
***
Bon, eh bien je retourne à Plume.
mercredi 24 octobre 2012
mardi 23 octobre 2012
Alléluia
Les conservateurs croient bien plus en la punition qu'en la rédemption.
Moi, le con, je suis du côté de Victor Hugo pour juger les Jean Valjean de ce monde.
Je pense que la pire raclure qui soit peut devenir une personne infiniment morale.
Le mal qui se connaît est moins dommageable que le mal qui s'ignore. C'est ce qu'écrivait substantiellement Baudelaire dans ses Fusées.
Les Pharisiens qui se tapent la poitrine dans la première rangée du Temple en se croyant des justes, parce qu'ils sont riches et bien propres, ne valent pas les Publicains qui baissent les yeux dans la dernière rangée en se croyant des crapules. Les Pharisiens ignorent leur mal. Les Publicains l'affichent pour s'en débarrasser. La rédemption n'est possible que pour ceux qui extirpent le mal d'eux-mêmes...
Et c'est quoi la rédemption? Eh bien... c'est faire le bien. Le bien qui s'ignore. Le bien qui ne s'affiche pas...
(Bon sang, est-ce que je fais de la fièvre?)
***
Dans le roman Les Misérables, l'inspecteur Javert passe tout son temps à trouver un moyen de coffrer Jean Valjean. Il ne voit pas l'homme bon et honnête que Jean Valjean est devenu, mais le voleur, le bandit, l'ancien forçat. Et il le reconnaît sous la nouvelle identité qu'il s'est forgé. Et il le poursuit, partout, sans aucune considération pour le bien que Jean Valjean fait aux misérables parmi lesquels il vit. Qu'il sauve une orpheline et tout un village, l'inspecteur Javert s'en fiche. Il veut l'application la plus stricte qui soit de la loi.
Évidemment, la conception du monde dans laquelle Javert s'inscrit finira par le détruire lui-même. Il se suicide en se noyant dans la Seine. Comme si sa vie n'avait pas de sens. Ou moins que celle de Jean Valjean.
Franchement, Victor Hugo avait l'oeil clair et la plume plus qu'ambitieuse.
***
Il y a plein de types qui honorent sans le savoir la mémoire de l'inspecteur Javert de nos jours. On les voit surtout à droite, à chercher la bête noire qui viendra justifier leur vision étriquée du monde.
La rédemption n'existe pas pour eux.
Il n'y a que la loi, le fouet, la punition.
***
Nietzsche disait de Jésus qu'il était le destructeur des gardiens de la morale. Il a détruit les dogmes des Pharisiens qui se croyaient justes, bons et juges en tout et pour tout.
Ce même Nietzsche disait aussi qu'il n'y eut qu'un seul chrétien et qu'il est mort sur la croix.
***
Alléluia.
Moi, le con, je suis du côté de Victor Hugo pour juger les Jean Valjean de ce monde.
Je pense que la pire raclure qui soit peut devenir une personne infiniment morale.
Le mal qui se connaît est moins dommageable que le mal qui s'ignore. C'est ce qu'écrivait substantiellement Baudelaire dans ses Fusées.
Les Pharisiens qui se tapent la poitrine dans la première rangée du Temple en se croyant des justes, parce qu'ils sont riches et bien propres, ne valent pas les Publicains qui baissent les yeux dans la dernière rangée en se croyant des crapules. Les Pharisiens ignorent leur mal. Les Publicains l'affichent pour s'en débarrasser. La rédemption n'est possible que pour ceux qui extirpent le mal d'eux-mêmes...
Et c'est quoi la rédemption? Eh bien... c'est faire le bien. Le bien qui s'ignore. Le bien qui ne s'affiche pas...
(Bon sang, est-ce que je fais de la fièvre?)
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Dans le roman Les Misérables, l'inspecteur Javert passe tout son temps à trouver un moyen de coffrer Jean Valjean. Il ne voit pas l'homme bon et honnête que Jean Valjean est devenu, mais le voleur, le bandit, l'ancien forçat. Et il le reconnaît sous la nouvelle identité qu'il s'est forgé. Et il le poursuit, partout, sans aucune considération pour le bien que Jean Valjean fait aux misérables parmi lesquels il vit. Qu'il sauve une orpheline et tout un village, l'inspecteur Javert s'en fiche. Il veut l'application la plus stricte qui soit de la loi.
Évidemment, la conception du monde dans laquelle Javert s'inscrit finira par le détruire lui-même. Il se suicide en se noyant dans la Seine. Comme si sa vie n'avait pas de sens. Ou moins que celle de Jean Valjean.
Franchement, Victor Hugo avait l'oeil clair et la plume plus qu'ambitieuse.
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Il y a plein de types qui honorent sans le savoir la mémoire de l'inspecteur Javert de nos jours. On les voit surtout à droite, à chercher la bête noire qui viendra justifier leur vision étriquée du monde.
La rédemption n'existe pas pour eux.
Il n'y a que la loi, le fouet, la punition.
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Nietzsche disait de Jésus qu'il était le destructeur des gardiens de la morale. Il a détruit les dogmes des Pharisiens qui se croyaient justes, bons et juges en tout et pour tout.
Ce même Nietzsche disait aussi qu'il n'y eut qu'un seul chrétien et qu'il est mort sur la croix.
***
Alléluia.
lundi 22 octobre 2012
C'est bon même pour les brutes et les truands
Ma blonde s'est achetée hier une compilation des musiques de films produites par Ennio Morricone. L'acteur principal de Mon nom est personne, Le bon, la brute et le truand, Il était une fois dans l'Ouest et Mission c'est la musique. C'est comme si ces films tournaient autour de la musique de Ennio Morricone. On a mis ça dans le lecteur audio et dès les premières notes je suis replongé dans mon enfance la plus idyllique, du temps où je faisais l'Indien quand on jouait aux cow-boys et aux Indiens.
Quelques notes de Morricone et nous étions dans l'Ouest le plus sauvage, à la recherche d'un duel plus théâtral que sanguinaire. On se courait après avec nos tomahawks et nos fusils de plastique.
-Wa-ha-ha-wouin-wouin-wouin...
***
J'ai des impressions similaires pour le film Il danse avec les loups. L'acteur principal c'est aussi le paysage. L'Ouest à lui seul se filme sans paroles et sans musique et fait rêver avec ravissement mon âme de confiné à l'Est.
J'écoute Ennio Morricone et je pars en voyage.
Idem pour Il danse avec les loups. Ça me rappelle les troupeaux de bisons et les hordes de chevaux sauvages de l'Extrême-Nord de la Colombie-Britannique. Comme ça me rappelle les plaines de Saskatchewan. Je voyage, quels que soient le scénario, la distribution et le but.
***
Où veux-je en venir? Je ne sais pas.
Quelques notes de Morricone et nous étions dans l'Ouest le plus sauvage, à la recherche d'un duel plus théâtral que sanguinaire. On se courait après avec nos tomahawks et nos fusils de plastique.
-Wa-ha-ha-wouin-wouin-wouin...
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J'ai des impressions similaires pour le film Il danse avec les loups. L'acteur principal c'est aussi le paysage. L'Ouest à lui seul se filme sans paroles et sans musique et fait rêver avec ravissement mon âme de confiné à l'Est.
J'écoute Ennio Morricone et je pars en voyage.
Idem pour Il danse avec les loups. Ça me rappelle les troupeaux de bisons et les hordes de chevaux sauvages de l'Extrême-Nord de la Colombie-Britannique. Comme ça me rappelle les plaines de Saskatchewan. Je voyage, quels que soient le scénario, la distribution et le but.
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Où veux-je en venir? Je ne sais pas.
jeudi 18 octobre 2012
Somewhere in the Rest of Canada (ROC)
Hey guys, what's up? I've got a story for ya. Well, I'm not Steinbeck or whoever knowing how to write a little bit in English. I'm just a crazy Frenchman. A kinda French Borat maybe arf! arf! And also a crazy Indian. And I always will remember that quotation from the famous jazzman Sun Ra: «His story is not my story». Then, my story is right here. Some of yours won't give a shit for that, I know. But I had to show ya that shit guys, especially for testing the international language of our times, just after music and cartoons. English is a monkey language like some others. It's not that difficult to learn. Nobody knows how to speak it well, like it is in French either.
Well, well, well, what could I tell ya, eh?
Maybe a story about the times I was somewhere in the Rest of Canada (ROC), as we say in Quebec for marking a limit.
I'd been in Vancouver, yeah. It was during the 90s. I lived close to Main street, on Keyfer street, in a part considered as the Chinatown. I was the taller guy on the streets and I used for sure to eat asian foods. That wasn't that bad. I had the feeling that I was somewhere else on an other continent, y'know. A kind of dépaysement and I couldn't translate that... If I ought to translate everything I'd better shut up...
Then, I had a place to sleep for amount fifty hundred bucks per month. It was a dirty spot full of mice and cockroaches. So, I couldn't sleep that much...
There were about forty rooms in that fucking dirty place. It was full of tramps, hobos and other welfare bums. There was a bathroom for ten people and, during the night, and even during the day, prostitutes used to come up with their clients. So I couldn't wash myself without cleaning the bath with a full can of Old Dutch. Then, that good Ol' Butch of mine (my nickname is Butch Bouchard) could take some rest far away from cockroaches, mice and prostitutes.
It wasn't the best period of my life meanwhile it wasn't the worst.
I was young. I had a lot to learn. Especially my English and my Mandarin either.
I don't know for what the fuck I'm telling ya that.
Jeez... We're just a quarter to four in the morning. Sun is still sleeping.
Well, well, well, what could I tell ya, eh?
Maybe a story about the times I was somewhere in the Rest of Canada (ROC), as we say in Quebec for marking a limit.
I'd been in Vancouver, yeah. It was during the 90s. I lived close to Main street, on Keyfer street, in a part considered as the Chinatown. I was the taller guy on the streets and I used for sure to eat asian foods. That wasn't that bad. I had the feeling that I was somewhere else on an other continent, y'know. A kind of dépaysement and I couldn't translate that... If I ought to translate everything I'd better shut up...
Then, I had a place to sleep for amount fifty hundred bucks per month. It was a dirty spot full of mice and cockroaches. So, I couldn't sleep that much...
There were about forty rooms in that fucking dirty place. It was full of tramps, hobos and other welfare bums. There was a bathroom for ten people and, during the night, and even during the day, prostitutes used to come up with their clients. So I couldn't wash myself without cleaning the bath with a full can of Old Dutch. Then, that good Ol' Butch of mine (my nickname is Butch Bouchard) could take some rest far away from cockroaches, mice and prostitutes.
It wasn't the best period of my life meanwhile it wasn't the worst.
I was young. I had a lot to learn. Especially my English and my Mandarin either.
I don't know for what the fuck I'm telling ya that.
Jeez... We're just a quarter to four in the morning. Sun is still sleeping.
mercredi 17 octobre 2012
L'histoire du gars qui porte des cornes et parle avec le Diable
Alvin est le Diable en personne. En fait, il aime à le croire. Aucune méchanceté véritable n'existe vraiment chez ce bon vieux Alvin. Bien sûr qu'il porte tous les signes ostentatoires du satanisme, l'étoile à cinq branches et la croix inversées, des cornes et même les pieds bots. Pourtant, c'est de la bonne pâte. Il ne ferait pas de mal à une mouche. Ni à un maringouin, à moins d'être vraiment exaspéré.
Alvin n'est pas du tout le Diable en personne. Ce n'est pas un ange. Ni un soudeur sous-marin. Il est commis dans un club vidéo, le seul endroit où il lui soit interdit de porter ses maudits signes sataniques. Le commerce est la propriété de sa tante Judy qui lui laisse tout de même la liberté de porter des cornes.
-En autant que tes cornes soient propres... j'vois pas d'problèmes, lui a toujours dit tante Judy. Mais tes choses de Satan... Moé j'veux pas d'religion icitte ni de choses fuckées... On est en affaires icitte... Faut être neutre mon p'tit Alvin!
-Appelle-moé pas «mon p'tit Alvin», matante Judy, j'ai l'air d'un cave! lui répète souvent Alvin.
-Bah! On taquine ceux qu'on aime mon p'tit Alvin! qu'elle lui répond invariablement en lui remuant les cornes de tous bords tous côtés.
-Grrrr! grommelle Alvin en revenant à sa caisse et à ses clients. Je suis tanné d'être enquiquiné par tante Judy!
La blonde de Alvin s'appelle Brigitte. Comme on ne l'a jamais vue, c'est dur de dire de quoi elle a l'air et ce qu'elle fait dans la vie. Alvin dit qu'elle est soudeuse sous-marine. Bon, peut-être. Elle serait ébéniste qu'on n'en dirait guère plus.
Alvin aide tout le monde tout en ayant cet air méchant pas très crédible.
Il offre des lifts à tous ses amis qui n'ont pas de char. Et comme ils n'ont pas d'argent non plus, ses amis, c'est toujours Alvin qui achète de la bière pour tout le monde.
Ils sont dans un band de musique satanique.
Et Alvin est en quelque sorte le promoteur. Mais le nom du groupe... Fiou! Ça ne leur vient pas encore. Ils n'ont aucune idée. Rien. L'angoisse du nom de groupe à trouver... Y'a que des gars comme Alvin et ses potes pour vivre ça et le comprendre.
Brigitte n'est pas vraiment du genre groupie. Elle les trouve enfantins. Elle va rejoindre Alvin dans son appart' , la nuit venue, pour faire l'amour au coin d'un feu artificiel. Alvin ne nous dit rien de plus sur sa vie sexuelle, sinon qu'il tient à l'hygiène personnelle des parties et de tout le reste.
À part de ça, y'a pas grand' chose à rajouter à propos de Alvin.
Son nom de famille est compliqué. Znazizak ou Zmarpartflouppe... C'est pas prononçable. Sa tante Judy s'appelle Judy Cayer. Comme quoi c'est plus facile à retenir, Cayer. Mais Znartiploutte ça fait plus satanique, of course. Nous, on l'appelle tout simplement le Ti-Alvin, comme le fait elle-même sa tante Judy. Ça le met en beau pétard à chaque fois mais bon sang qu'on rigole.
Pour ce qui est des cornes de Alvin, ce sont des injections de botox ou quelque cochonnerie du genre qui lui ont donné ce look. Elles sont toujours très propres mais un peu trop poilues. Ça fait négligé.
Sacré Alvin!
Alvin n'est pas du tout le Diable en personne. Ce n'est pas un ange. Ni un soudeur sous-marin. Il est commis dans un club vidéo, le seul endroit où il lui soit interdit de porter ses maudits signes sataniques. Le commerce est la propriété de sa tante Judy qui lui laisse tout de même la liberté de porter des cornes.
-En autant que tes cornes soient propres... j'vois pas d'problèmes, lui a toujours dit tante Judy. Mais tes choses de Satan... Moé j'veux pas d'religion icitte ni de choses fuckées... On est en affaires icitte... Faut être neutre mon p'tit Alvin!
-Appelle-moé pas «mon p'tit Alvin», matante Judy, j'ai l'air d'un cave! lui répète souvent Alvin.
-Bah! On taquine ceux qu'on aime mon p'tit Alvin! qu'elle lui répond invariablement en lui remuant les cornes de tous bords tous côtés.
-Grrrr! grommelle Alvin en revenant à sa caisse et à ses clients. Je suis tanné d'être enquiquiné par tante Judy!
La blonde de Alvin s'appelle Brigitte. Comme on ne l'a jamais vue, c'est dur de dire de quoi elle a l'air et ce qu'elle fait dans la vie. Alvin dit qu'elle est soudeuse sous-marine. Bon, peut-être. Elle serait ébéniste qu'on n'en dirait guère plus.
Alvin aide tout le monde tout en ayant cet air méchant pas très crédible.
Il offre des lifts à tous ses amis qui n'ont pas de char. Et comme ils n'ont pas d'argent non plus, ses amis, c'est toujours Alvin qui achète de la bière pour tout le monde.
Ils sont dans un band de musique satanique.
Et Alvin est en quelque sorte le promoteur. Mais le nom du groupe... Fiou! Ça ne leur vient pas encore. Ils n'ont aucune idée. Rien. L'angoisse du nom de groupe à trouver... Y'a que des gars comme Alvin et ses potes pour vivre ça et le comprendre.
Brigitte n'est pas vraiment du genre groupie. Elle les trouve enfantins. Elle va rejoindre Alvin dans son appart' , la nuit venue, pour faire l'amour au coin d'un feu artificiel. Alvin ne nous dit rien de plus sur sa vie sexuelle, sinon qu'il tient à l'hygiène personnelle des parties et de tout le reste.
À part de ça, y'a pas grand' chose à rajouter à propos de Alvin.
Son nom de famille est compliqué. Znazizak ou Zmarpartflouppe... C'est pas prononçable. Sa tante Judy s'appelle Judy Cayer. Comme quoi c'est plus facile à retenir, Cayer. Mais Znartiploutte ça fait plus satanique, of course. Nous, on l'appelle tout simplement le Ti-Alvin, comme le fait elle-même sa tante Judy. Ça le met en beau pétard à chaque fois mais bon sang qu'on rigole.
Pour ce qui est des cornes de Alvin, ce sont des injections de botox ou quelque cochonnerie du genre qui lui ont donné ce look. Elles sont toujours très propres mais un peu trop poilues. Ça fait négligé.
Sacré Alvin!
mardi 16 octobre 2012
Le pouvoir du peuple, pas celui des clowns
J'ai porté plainte au Directeur général des élections (DGE) il y a sept ans. C'était pour invalider les élections et recommencer le vote. Le vote électronique avait été un vrai fiasco. Le DGE m'a envoyé une réponse quelques semaines plus tard. Le DGE a reconnu qu'il y avait plusieurs failles à la sécurité dans ce système et qu'il ne pouvait pas garantir l'absence de fraude. Le DGE m'a rappelé, par ailleurs, qu'il n'avait qu'un pouvoir consultatif... Résultat de ma démarche: rien. À quelle porte devais-je cogner pour invalider cette élection suite au désormais célèbre «scandale du vote électronique»? Je vous le demande...
Un peu plus tard, j'ai conçu une pétition électronique adressée à la Ministre des Affaires municipales, qui était à l'époque Madame Nathalie Normandeau, un nom qui revient souvent ces temps-ci à la Commission Charbonneau qui enquête sur la corruption dans l'industrie de la construction...
Je dénonçais dans cette pétition le fait que le maire de Trois-Rivières, Monsieur Yves Lévesque, refusait d'aller en consultation populaire sur le financement de l'amphithéâtre en dépit du fait que les citoyens avaient obtenu plus que le quorum nécessaire lors de la signature du registre.
Si ce registre signifie quelque chose, il devrait y avoir un référendum, non? Autrement, aussi bien écrire sur le registre «signez ou signez pas, ici on s'en torche et on fait ce qu'on veut bande de minables!» Au moins, cela aurait l'avantage d'être franc en dépit d'être honnête.
Évidemment, un gus du ministère m'a répondu qu'ils n'avaient qu'un pouvoir consultatif et blablabla.
On fait quoi après ça? Des commissions d'enquête? Je nous le demande...
J'ai joué le jeu du citoyen et, croyez-moi, je me suis fait royalement baisé. Et remarquez que je ne suis pas tout à fait un cul-terreux. Je sais écrire. Et ils se sentent tout de même obligés de me répondre. La belle affaire...
Je pourrais me plaindre auprès du pape ou bien de la reine d'Angleterre, cela me donnerait quoi?
Tout ce qu'il me reste, à part le cul et les dents, c'est ce blogue, ces mots, ce défoulement qui circule un peu partout sur la planète, pas très vite, mais enfin c'est mieux que rien...
Il me reste aussi la rue, le carré rouge, les manifs et l'espoir d'en finir avec cette démocratie factice qui nous prive d'un pays à la hauteur de ses vrais maîtres, les citoyens. Pas les peddlers, mais les citoyens.
Je veux qu'ils sachent, ces politiciens à gogo, que je sais qu'ils sont des menteurs, des hypocrites et des siphonneurs de fonds publics. Je veux qu'ils sachent que je sais que leur conception de la démocratie est un leurre, un chèque en blanc pour quatre ans.
Peut-être qu'avec un gouvernement campé un peu plus à gauche sera-t-il possible de faire un peu de ménage dans les écuries d'Augias de nos finances publiques. Nous n'en avons certainement pas pour notre argent. Politiciens véreux et magouilleurs de bas étage nous en redemandent pour mieux voler nos ressources naturelles et nous traiter en locataires dans notre propre pays.
Redonnons un sens au mot démocratie: le pouvoir du peuple.
Le pouvoir du peuple. Pas celui des clowns.
lundi 15 octobre 2012
Les dimanches midis aux bines au Bar Ducoin
Ernie avait bon coeur en plus d'être toujours de bonne humeur. Il avait réussi à vendre l'idée des dimanches midis aux bines au Bar Ducoin. Le patron, Réjean, se faufilait parmi les eaux troubles du crime désorganisé. Pourtant, les dimanches lui semblaient sacrés. Et il aimait l'idée de savoir que le petit peuple le considérerait à l'égal d'un dieu pour ces bines gratuites qui ne coûtent pas bien plus que trois fois rien à produire.
De plus, Ernie était pleinement ouvert à l'idée d'être payé le quadruple du prix raisonnable en consommations et spiritueux. Réjean trouvait que c'était un bon deal. C'était une situation «gagnant-gagnant»...
-Gagnant-gnangnan, lui avait plutôt dit Ernie en lui faisant un clin d'oeil drolatique.
-Comment qu'ça t'en prend des bines Ernie?
-Donne-moé un budget d'cent piastres pis j'te remplis la place de gars qui vont boire comme des trous...
-Ok. Ben hâte de voir ça...
Réjean alias Reggie ne fût pas déçu. La place s'est remplie en un rien de temps. Et ils ont bu comme des trous.
C'était servi à la bonne franquette. Ernie était derrière le chaudron de bines et t'offrait une bonne plotée de bines avec du pain acheté dans la boulangerie la plus chic de la ville, oui monsieur, Au Levain Adorable, sur la rue St-Irénée.
Splof! faisaient les bines en s'effoirant dans l'assiette de carton recyclé.
-Mange ça mon homme, les meilleures bines au monde! Les bines de Ernie alias Ernesto Ché Mâche-moé-ça!
-Marci Ernie! qu'on lui disait sans plus de façons.
Réjean avait le teint un peu plus rosé que de coutume ces dimanches-là. Il se sentait bon et généreux avec le petit peuple, dont il était lui-même issu. Son père était un Indien de l'Ontario et sa mère une aveugle. Son frère René avait les pieds plats. Donc, Réjean avait connu la misère, y'a pas de doute. Et quand il se sentait bon comme ça, il devenait nostalgique et se mettait à boire comme un trou lui aussi.
Ernie sifflait et chantait en crissant les bines dans les assiettes.
-Lalala... Lalala... Zwiiii... Wouuu... Lalala...
Splof! Splof! faisaient les bines en s'effoirant.
Il y en avait toujours pour tout le monde.
Et même que Ernie faisaient des plats pour les rescapés, à la fin de la soirée, tellement qu'il en faisait pis qu'il en restait des bines. Réjean s'en sacrait un peu. Les recettes avaient été bonnes. Le juke box avait joué les mêmes tounes de Led Zeppelin toute la soirée. Led Zeppelin et Paul Piché, allez savoir pourquoi. Il s'en trouvait un à tous les dimanches qui trippait sur L'Escalier et la faisait jouer sans arrêt.
-Tu peux faire c'que tu veux d'ta moulée mon Ernie! Arf! Arf! lui disait à tous les dimanches soirs un gros Réjean aviné.
-Marci Réjean! C'est une gagnant-gnangnan situéchonne! lui répliquait immanquablement Ernie.
-Oui monsieur!
-Yes sir!
-Ouais.
-En plein ça.
-Arf! Arf!
De plus, Ernie était pleinement ouvert à l'idée d'être payé le quadruple du prix raisonnable en consommations et spiritueux. Réjean trouvait que c'était un bon deal. C'était une situation «gagnant-gagnant»...
-Gagnant-gnangnan, lui avait plutôt dit Ernie en lui faisant un clin d'oeil drolatique.
-Comment qu'ça t'en prend des bines Ernie?
-Donne-moé un budget d'cent piastres pis j'te remplis la place de gars qui vont boire comme des trous...
-Ok. Ben hâte de voir ça...
Réjean alias Reggie ne fût pas déçu. La place s'est remplie en un rien de temps. Et ils ont bu comme des trous.
C'était servi à la bonne franquette. Ernie était derrière le chaudron de bines et t'offrait une bonne plotée de bines avec du pain acheté dans la boulangerie la plus chic de la ville, oui monsieur, Au Levain Adorable, sur la rue St-Irénée.
Splof! faisaient les bines en s'effoirant dans l'assiette de carton recyclé.
-Mange ça mon homme, les meilleures bines au monde! Les bines de Ernie alias Ernesto Ché Mâche-moé-ça!
-Marci Ernie! qu'on lui disait sans plus de façons.
Réjean avait le teint un peu plus rosé que de coutume ces dimanches-là. Il se sentait bon et généreux avec le petit peuple, dont il était lui-même issu. Son père était un Indien de l'Ontario et sa mère une aveugle. Son frère René avait les pieds plats. Donc, Réjean avait connu la misère, y'a pas de doute. Et quand il se sentait bon comme ça, il devenait nostalgique et se mettait à boire comme un trou lui aussi.
Ernie sifflait et chantait en crissant les bines dans les assiettes.
-Lalala... Lalala... Zwiiii... Wouuu... Lalala...
Splof! Splof! faisaient les bines en s'effoirant.
Il y en avait toujours pour tout le monde.
Et même que Ernie faisaient des plats pour les rescapés, à la fin de la soirée, tellement qu'il en faisait pis qu'il en restait des bines. Réjean s'en sacrait un peu. Les recettes avaient été bonnes. Le juke box avait joué les mêmes tounes de Led Zeppelin toute la soirée. Led Zeppelin et Paul Piché, allez savoir pourquoi. Il s'en trouvait un à tous les dimanches qui trippait sur L'Escalier et la faisait jouer sans arrêt.
-Tu peux faire c'que tu veux d'ta moulée mon Ernie! Arf! Arf! lui disait à tous les dimanches soirs un gros Réjean aviné.
-Marci Réjean! C'est une gagnant-gnangnan situéchonne! lui répliquait immanquablement Ernie.
-Oui monsieur!
-Yes sir!
-Ouais.
-En plein ça.
-Arf! Arf!
vendredi 12 octobre 2012
Au Marché Chartrand & Fils
Ça faisait bien trente-quatre ans qu'il travaillait au Marché Chartrand & Fils quand il s'était fait mettre à la porte.
Cela dit, il s'appelait Romuald Lamothe. C'était un grand chauve au dos voûté qui n'en finissait pas d'être dégradé d'un poste à l'autre depuis deux ans en raison de sa lenteur et de sa toux chronique. Le patron, Jean-Michel Chartrand, était un alcoolique notoire qui prenait des décisions chaotiques. Il aimait voir la peur dans le visage de ses employés. Ce n'est pas tant l'argent qui l'intéressait que l'exercice de l'autorité.
Et d'autorité, Chartrand, qui avait l'allure d'un farfadet, fit passer Romuald du poste de commis des fruits et légumes à celui de commis à l'emballage, aux caisses. Puis Romuald passa des caisses à l'entrepôt, de nuit, avec des heures coupées pour lui faire sentir qu'il était désormais de trop.
Évidemment, concédons que Romuald n'était plus présentable pour travailler avec le public. Il n'était pas très propre de sa personne. Il ne se coupait jamais ses longs poils de nez recouverts de flegme. Il puait un peu puisqu'il portait les mêmes pantalons toute la semaine sans les laver.
Néanmoins c'était un coup dur à porter à Romuald que de le congédier après trente-quatre ans de mauvais mais très loyaux services.
-Mon père t'a enduré pendant trente-deux ans sacrament! lui déclara Monsieur-Jean-Michel-Chartrand-lui-même dans son bureau. À c't'heure que c'est moé qui est boss, j'ferai pas d'mon épicerie l'Armée du Salut... Tu tousses, tu t'laves pas pis tu pues... La comptable va préparer ton bleu. Prends toutes tes affaires pis décrisse Romuald... Décrisse, hostie, j'suis plus capable de t'voir la face!
Romuald s'était immédiatement mis à pleurer. Il était tombé à ses pieds et l'avait imploré de ne pas le congédier.
-J'ai rien qu'icitte pour vivre Monsieur Jean-Michel! brailla Romuald aux pieds de son boss. Qu'est-cé que j'va's devenir, hein? Pensez à ma femme pis à mes enfants! Y'a personne qui va vouloir m'engager à mon âge! Eurf! Eurf!
Et il toussa encore quelques coups.
-Eurf! Eurf! Eurrrf!
Monsieur-Jean-Michel-Chartrand-lui-même était un peu embarrassé parce que la conversation avait lieu devant trois ou quatre employés qui attendaient des ordres quelconques.
Chartrand avait beau avoir une roche à la place du coeur qu'il fallait parfois faire contre mauvaise fortune bon coeur - ou quelque truc du genre...
-Bon... Ok Romuald... Tu viendras laver les toilettes pis les planchers le mardi soir... C'est le plus que j'peux t'donner: huit heures... Pour le reste, va falloir que tu regardes ailleurs... C'est mon dernier mot.
-Oh! mille marcis Monsieur Jean-Michel! Eurf! Eurf! Mille marcis! Eurf! Eurf!
C'est ainsi que Romuald devint préposé au ménage après avoir été congédié. Le boss le payait en-d'sour d'la table comme on dit.
N'allez pas croire que Romuald était tout à fait dénué d'orgueil.
Il avait longuement médité sa revanche.
Tous les mardis, après avoir bien récuré les bols de toilette, Romuald montait dans le bureau du boss pour changer les sacs à poubelle et passer un coup d'aspirateur.
Romuald se vengeait en ne remettant jamais à la même place les lunettes de lecture de Monsieur Jean-Michel. Les mettait-il à droite, sur son bureau de travail, qu'il les retrouvait le lendemain sur le bord de la fenêtre ou bien près du télécopieur.
-Y'où c'qu'i' sont mes tabarnaks de lunettes! prit coutume de dire Chartrand. Va falloir que j'me les accroche dans l'cou saint-chrême!!!
ÉPILOGUE
Il y a longtemps que le Marché Chartrand & Fils a été démoli. Cela se passait il y a de cela une vingtaine d'années, ouais.
Chartrand est mort. Romuald aussi.
Comme quoi la vie est trop courte pour se faire chier ici-bas.
Cela dit, il s'appelait Romuald Lamothe. C'était un grand chauve au dos voûté qui n'en finissait pas d'être dégradé d'un poste à l'autre depuis deux ans en raison de sa lenteur et de sa toux chronique. Le patron, Jean-Michel Chartrand, était un alcoolique notoire qui prenait des décisions chaotiques. Il aimait voir la peur dans le visage de ses employés. Ce n'est pas tant l'argent qui l'intéressait que l'exercice de l'autorité.
Et d'autorité, Chartrand, qui avait l'allure d'un farfadet, fit passer Romuald du poste de commis des fruits et légumes à celui de commis à l'emballage, aux caisses. Puis Romuald passa des caisses à l'entrepôt, de nuit, avec des heures coupées pour lui faire sentir qu'il était désormais de trop.
Évidemment, concédons que Romuald n'était plus présentable pour travailler avec le public. Il n'était pas très propre de sa personne. Il ne se coupait jamais ses longs poils de nez recouverts de flegme. Il puait un peu puisqu'il portait les mêmes pantalons toute la semaine sans les laver.
Néanmoins c'était un coup dur à porter à Romuald que de le congédier après trente-quatre ans de mauvais mais très loyaux services.
-Mon père t'a enduré pendant trente-deux ans sacrament! lui déclara Monsieur-Jean-Michel-Chartrand-lui-même dans son bureau. À c't'heure que c'est moé qui est boss, j'ferai pas d'mon épicerie l'Armée du Salut... Tu tousses, tu t'laves pas pis tu pues... La comptable va préparer ton bleu. Prends toutes tes affaires pis décrisse Romuald... Décrisse, hostie, j'suis plus capable de t'voir la face!
Romuald s'était immédiatement mis à pleurer. Il était tombé à ses pieds et l'avait imploré de ne pas le congédier.
-J'ai rien qu'icitte pour vivre Monsieur Jean-Michel! brailla Romuald aux pieds de son boss. Qu'est-cé que j'va's devenir, hein? Pensez à ma femme pis à mes enfants! Y'a personne qui va vouloir m'engager à mon âge! Eurf! Eurf!
Et il toussa encore quelques coups.
-Eurf! Eurf! Eurrrf!
Monsieur-Jean-Michel-Chartrand-lui-même était un peu embarrassé parce que la conversation avait lieu devant trois ou quatre employés qui attendaient des ordres quelconques.
Chartrand avait beau avoir une roche à la place du coeur qu'il fallait parfois faire contre mauvaise fortune bon coeur - ou quelque truc du genre...
-Bon... Ok Romuald... Tu viendras laver les toilettes pis les planchers le mardi soir... C'est le plus que j'peux t'donner: huit heures... Pour le reste, va falloir que tu regardes ailleurs... C'est mon dernier mot.
-Oh! mille marcis Monsieur Jean-Michel! Eurf! Eurf! Mille marcis! Eurf! Eurf!
C'est ainsi que Romuald devint préposé au ménage après avoir été congédié. Le boss le payait en-d'sour d'la table comme on dit.
N'allez pas croire que Romuald était tout à fait dénué d'orgueil.
Il avait longuement médité sa revanche.
Tous les mardis, après avoir bien récuré les bols de toilette, Romuald montait dans le bureau du boss pour changer les sacs à poubelle et passer un coup d'aspirateur.
Romuald se vengeait en ne remettant jamais à la même place les lunettes de lecture de Monsieur Jean-Michel. Les mettait-il à droite, sur son bureau de travail, qu'il les retrouvait le lendemain sur le bord de la fenêtre ou bien près du télécopieur.
-Y'où c'qu'i' sont mes tabarnaks de lunettes! prit coutume de dire Chartrand. Va falloir que j'me les accroche dans l'cou saint-chrême!!!
ÉPILOGUE
Il y a longtemps que le Marché Chartrand & Fils a été démoli. Cela se passait il y a de cela une vingtaine d'années, ouais.
Chartrand est mort. Romuald aussi.
Comme quoi la vie est trop courte pour se faire chier ici-bas.
jeudi 11 octobre 2012
Les Pléiades
Il est encore très tôt le matin. Les Pléiades sont devant mes yeux levés vers le ciel. Aucun nuage. Et des étoiles, pour le peu qu'un centre-ville puisse nous laisser observer sous toutes les formes d'éclairage artificiel. .
Mon arrière-cour est jonché de branches et de feuilles mortes. Le vent ne souffle pas trop fort. Suffisamment pour émonder les arbres.
Pas de chats. Il y en a parfois qui passent dans le coin. Et en ce moment il n'y en a pas.
Je n'en ai que pour les Pléiades ce matin.
Allez savoir pourquoi.
Mon arrière-cour est jonché de branches et de feuilles mortes. Le vent ne souffle pas trop fort. Suffisamment pour émonder les arbres.
Pas de chats. Il y en a parfois qui passent dans le coin. Et en ce moment il n'y en a pas.
Je n'en ai que pour les Pléiades ce matin.
Allez savoir pourquoi.
mercredi 10 octobre 2012
Ronny The Squirrel Runner
Ronny a toujours l'air peureux quand on le croise sur la rue. Il vous fuie des yeux et des jambes.
À l'école, Ronny se faisait déjà niaiser pour ses airs d'écureuil en proie à la déroute. Les gars et les filles l'approchaient calmement, par curiosité, et voilà que Ronny détalait.
Il avait des bajoues, comme un écureuil. Et des dents de rongeur. Tout ce qu'il fallait pour le surnommer Squirrel Runner.
Ronny a encore des bajoues, mais ses dents sont maintenant d'une matière artificielle.
Et il a ce perpétuel air craintif.
On ne lui veut pas tous du tort à ce sacré Squirrel Runner. Moi et ma bande de fuckés nous étions prêts à l'adopter et à le transformer un tant soit peu. On se promettait de lui apprendre l'art de donner des baffes. Ce n'était pas très politiquement correct, mais c'était plus efficace qu'un beau discours d'adulte qui se calisse bien de ce qui se passe dans la cour d'école.
Évidemment, Squirrel Runner n'était pas approchable.
Nous avions beau être fins avec lui qu'il s'enfuyait.
Alors imaginez la surprise lorsque je l'ai vu hier, fier comme un paon, le menton redressé et l'air presque fougueux, lui que je n'avais connu que sous son angle timoré.
Une femme, pas très jolie, mais une femme tout de même, était pendue à son bras.
Ronny bombait le torse et faisait reluire son dentier. Comme s'il était subitement devenu un homme, en tout respect pour les timides qui pourraient se sentir vexés par ce sous-entendu.
Bref, je ne peux plus l'appeler Squirrel Runner depuis ce temps.
La blonde de Ronny a les cheveux probablement teints puisque sa face est trop fripée pour ce noir de jais surnaturel.
Elle ne louche pas, à ce que j'ai pu voir.
Elle a les traits plutôt durs, les sourcils poilus en accents circonflexes, en tout respect pour les gros sourcils.
Enfin! L'important c'est que Ronny soit enfin fier.
Cette femme-là, jolie ou pas, est certainement une sainte.
En tout cas, elle a fait un miracle.
Le miracle de l'amourrrrrrr-r!
À l'école, Ronny se faisait déjà niaiser pour ses airs d'écureuil en proie à la déroute. Les gars et les filles l'approchaient calmement, par curiosité, et voilà que Ronny détalait.
Il avait des bajoues, comme un écureuil. Et des dents de rongeur. Tout ce qu'il fallait pour le surnommer Squirrel Runner.
Ronny a encore des bajoues, mais ses dents sont maintenant d'une matière artificielle.
Et il a ce perpétuel air craintif.
On ne lui veut pas tous du tort à ce sacré Squirrel Runner. Moi et ma bande de fuckés nous étions prêts à l'adopter et à le transformer un tant soit peu. On se promettait de lui apprendre l'art de donner des baffes. Ce n'était pas très politiquement correct, mais c'était plus efficace qu'un beau discours d'adulte qui se calisse bien de ce qui se passe dans la cour d'école.
Évidemment, Squirrel Runner n'était pas approchable.
Nous avions beau être fins avec lui qu'il s'enfuyait.
Alors imaginez la surprise lorsque je l'ai vu hier, fier comme un paon, le menton redressé et l'air presque fougueux, lui que je n'avais connu que sous son angle timoré.
Une femme, pas très jolie, mais une femme tout de même, était pendue à son bras.
Ronny bombait le torse et faisait reluire son dentier. Comme s'il était subitement devenu un homme, en tout respect pour les timides qui pourraient se sentir vexés par ce sous-entendu.
Bref, je ne peux plus l'appeler Squirrel Runner depuis ce temps.
La blonde de Ronny a les cheveux probablement teints puisque sa face est trop fripée pour ce noir de jais surnaturel.
Elle ne louche pas, à ce que j'ai pu voir.
Elle a les traits plutôt durs, les sourcils poilus en accents circonflexes, en tout respect pour les gros sourcils.
Enfin! L'important c'est que Ronny soit enfin fier.
Cette femme-là, jolie ou pas, est certainement une sainte.
En tout cas, elle a fait un miracle.
Le miracle de l'amourrrrrrr-r!
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