vendredi 11 mai 2012
Images troublantes du Printemps Québécois qui circulent partout dans le monde
Vu sur le ouèbe via le blogue de Éric McComber.
Le ministre Raie va finir commère au canal Vé
C'était vraiment un hostie de cave. On ne sait pas combien de raies il avait léchées pour en arriver à se trouver tous ces postes éminents. Des tas de raies sans doute.Ré, comme on l'appelait, ou bien Raie, c'est selon, eh bien c'était une vraie limace gluante avec un cou de dinde flasque et des épaules de pas fait fort. Il avait une voix très grave pour ceux qu'il considérait comme étant ses inférieurs dans la vie. Pourtant sa voix devenait fluette quand il se perdait en compliments pour ses supérieurs. Un vrai licheux de cul je vous dis.
Raie, c'était le gars qui narguait les pauvres, les laids, les gros, les femmes, les jeunes, les vieux, alouette! Et qui cheminait comme une flèche vers le sommet de l'échelle sociale pour cette manie qu'elle a de ne servir que ce qu'il y a de plus pourri. Tout ça pour décourager les autres d'en vouloir plus de ce sale monde.
Raie avait débuté sa carrière dans le corps enseignant, à l'époque où ils engageaient n'importe qui, dont ceux qui ne font que des fautes d'orthographe. C'est pas que j'en aie contre eux. Mais il faut dire qu'on aurait pu s'attendre à quelque chose de mieux d'un professeur de comptabilité. Surtout qu'il bossait à l'université...
Cet hostie de Raie avait néanmoins la perspicacité de la charogne pour se jeter sur un corps mort et mettre en pratique des valeurs répugnantes qui contribuaient à son élévation sociale. Aussi, l'hostie de cave devint directeur du département. Puis recteur. Puis ministre. Et remarquez bien que Raie était demeuré tout au long de sa carrière le plus parfait imbécile qui soit.
Ah! Toutes ces phrases flatulentes qu'avaient dû endurer ses secrétaires! Ils les répétaient encore au conseil des ministres.
-Ma grand-mère disait... dis-moé-lé pas j'veux pas l'savouère! haie! haie! qu'il couinait, cet hostie de plate, immonde réservoir de jokes poches et de niaiseries pour mononcle qui sent la naphtaline.
Ces secrétaires, des gens brillants, qui écrivaient sans faute, tous les putains de jours de l'année, eh bien ils le regardaient tous avec ce regard vague qui prouvait qu'ils étaient ailleurs, toujours.
L'hostie de cave avaient des idées bien arrêtées sur le monde. Raie n'avait jamais voyagé ailleurs que dans des Club Merde. Il mangeait des légumes en canne. Des fruits en canne. Du voyage en canne.
Et Raie prétendait pouvoir faire la leçon aux étudiants, aux citoyens, au monde entier.
-Un jour... Je serai Premier Ministre! qu'il se disait dans ses rêves en se caressant, Raie, ce fucking crosseur.
Et il crossait, Raie, avec son gouvernement de crosseurs. Il vendait la province pour encore moins cher que ne le faisait Duplessis dans ses pires moments. Il votait toutes sortes de niaiseries, comme détourner l'argent du peuple vers les grosses compagnies qui fourrent le peuple à tour de bras. Moins d'argent du peuple pour les pauvres et tout l'argent du peuple pour les riches! Plus cave que ça, tu meurs. Mais le monde n'est pas seulement composé de gens intelligents. Sinon Raie n'aurait jamais reçu son diplôme.
Et il espérait une meilleure place. Des billets pour Las Vegas.
Raie était encore victime de son hostie d'avidité sale. Et ça lui faisait perdre l'essentiel.
Tu peux crosser le monde de temps en temps. Mais tu ne peux pas crosser le monde tout le temps. C'est Bob Marley qui chantait ça dans Get Up Stand Up. Une hostie de bonne toune, sérieux.
Ça fait que Raie est vite arrivé à la fin de sa carrière.
Il a monté vite pour redescendre tout aussi vite dans le trou.
Pauvre cloche. Il était pourri en comptabilité. Pourri comme professeur. Pourri comme recteur. Et pourri comme ministre.
Raie a été l'un des premiers rats à quitter le navire quand son gouvernement subit sa chute. Raie souhaitait récupérer sa mise, comme l'hostie de frimeur qu'il a toujours été. Peut-être pouvait-il se placer les pieds dans la fonction publique ou dans quelque poste honorifique avant la grande débâcle... Mais non! Tout lui était bloqué. Comme si plus personne n'avait besoin d'une grosse ploye.
Misère de misère. Raie va sans doute finir commère au canal Vé.
jeudi 10 mai 2012
Limoilou libre!
My dear friend Robert Rebselj alias Robbob lance Limoilou libre, son premier album, dimanche prochain à Trois-Rivières. Il chante, roucoule et gazouille en français, en anglais, en serbo-croate et en innu tout en s'accompagnant au ukulélé. C'est un as en son genre et vous rateriez quelque chose de ne pas entendre sa chanson Mon gruau.
Il sera accompagné d'une flopée de musiciens et de danseuses de french cancan (on peut s'attendre à tout de cet énergumène!).
C'est dimanche à 17h00 à L'Accro Bar, au coin des rues St-Georges et St-Olivier à Trois-Rivières.
J'y serai avec mon harmonica en la. L'entrée est gratuite.
Je vous laisse sur cet extrait sonore tiré de son album: Let's Build a Canoe.
***
Robbob lancera son album "Limoilou Libre" pour ses ami(e)s à Trois-Rivières, avec une performance musicale accompagnée par d'illustres artistes limoulois et trifluviens dont Robert Rebselj (voix, ukulélé, gazou), Samuel Poirier (contrebasse), Roxanne Chabot (voix et guitare acoustique), Luc Boissoneault, Julie Morneau et Marie Dubois (voix), Dan Simard (guitare lap-steel) et Alex "Ti-Plamme" Plamondon (planche à laver).
Notre magicien de son, René Talbot, le réalisateur de "Limoilou Libre", sera à la console.
Entrée gratuite
Il sera accompagné d'une flopée de musiciens et de danseuses de french cancan (on peut s'attendre à tout de cet énergumène!).
C'est dimanche à 17h00 à L'Accro Bar, au coin des rues St-Georges et St-Olivier à Trois-Rivières.
J'y serai avec mon harmonica en la. L'entrée est gratuite.
Je vous laisse sur cet extrait sonore tiré de son album: Let's Build a Canoe.
***
Robbob lancera son album "Limoilou Libre" pour ses ami(e)s à Trois-Rivières, avec une performance musicale accompagnée par d'illustres artistes limoulois et trifluviens dont Robert Rebselj (voix, ukulélé, gazou), Samuel Poirier (contrebasse), Roxanne Chabot (voix et guitare acoustique), Luc Boissoneault, Julie Morneau et Marie Dubois (voix), Dan Simard (guitare lap-steel) et Alex "Ti-Plamme" Plamondon (planche à laver).
Notre magicien de son, René Talbot, le réalisateur de "Limoilou Libre", sera à la console.
Entrée gratuite
mercredi 9 mai 2012
Et si personne ne contrôlait rien?
Il y a des tas de raison de déprimer après que l'on ait délibérément arraché les yeux et les dents de sales hippies communistes... Voir une jeune femme en sang, devant la virilité des mercenaires de Charest, cela me trouble un peu. Et les deux gus qui ont perdu un oeil, des gus pacifiques, pas violents, presque des Gandhi sacrament... Eh bien, j'aimerais dire que c'est tout... Mais il y a tellement de trucs qui circulent sur le ouèbe que l'on peut parler de trois cents blessés depuis les premières manifs, dont plusieurs ayant été amenés au seuil de la mort. On a utilisé non seulement des balles de caoutchouc à Victoriaville, pour casser la gueule des manifestants, mais aussi des balles faites de plastique rigide. Pendant ce temps, tous les délégués du Dream Team libéral en buvaient une bonne frette dans un motel transformé en bunker.
Cette folle jeunesse ne se laisse pas empissetter par ce gouvernement corrompu. Elle se fait tapocher dessus sous la pression des pleutres encravatés qui vendraient leurs enfants pour lécher les rogatons que lui garroche l'élite. Ils sont braves derrière ces pauvres gars du peuple, les policiers, payés pour faire les sales jobs de l'élite. Une chance que les flics sont syndiqués. Il y a de l'espoir qu'ils finissent pas se ranger du côté du peuple. Ça finit par être dur sur le moral, tapocher sur des kids. Ça ne se fait pas en Syrie, tapocher sur son peuple. Ici non plus, quoi qu'en disent les sadiques de La Graisse et du Ournal de Monrial.
Évidemment, les étudiants refusent les offres de Charest.
Première offre? De la marde. Deuxième offre? Cinq pourcent plus de marde. Et la troisième offre? Fuck you again. Vous allez le manger le tas mes tabarslaques.
On demande aux étudiants de négocier avec un gouvernement corrompu, hypocrite et menteur. Et voilà ce que ça donne: des tas d'associations étudiantes encore plus enragées qui vont remplir nos rues en ralliant le peuple à cette lutte populaire, ce printemps québécois qui transcende de loin la simple question des frais de scolarité universitaires. C'est l'écoeurantite aiguë qui se manifeste partout au Québec, même dans un trou presque perdu comme Trois-Rivières, où il ne se passe jamais rien.
Je souhaite ardemment la cessation de toutes les violences. C'est encore possible, ici à Trois-Rivières, où il n'y a eu aucune arrestation alors que des manifestants prennent la rue aux deux jours. C'est donc dire que c'est une foule qui avance à mains nues, sans peur et sans reproches. C'est de la désobéissance civile pacifique. Le dernier rempart contre la violence.
Gabriel Nadeau-Dubois, au fait, ne contrôle rien. Les manifestants n'adhèrent pas à un leader en particulier. Les leaders c'est pour Le Lundi ou La Semaine. Pour Facebook, vous faites la manif dont vous êtes le héros. Et fuck les chefs. On se réunit à telle heure à telle place. Et on demande la démission de Charest. That's it. Et ce n'est pas ce brave petit Nadeau-Dubois, que j'aime bien moi, qui va faire rentrer ce beau monde chez-eux.
Je prêche la paix. Cependant, je ne prêcherai jamais la résignation.
Puisse le Printemps Québécois se transformer en un Été de l'amour déjanté qui fera défriser tous les fascistes du Québec et d'ailleurs.
Cette folle jeunesse ne se laisse pas empissetter par ce gouvernement corrompu. Elle se fait tapocher dessus sous la pression des pleutres encravatés qui vendraient leurs enfants pour lécher les rogatons que lui garroche l'élite. Ils sont braves derrière ces pauvres gars du peuple, les policiers, payés pour faire les sales jobs de l'élite. Une chance que les flics sont syndiqués. Il y a de l'espoir qu'ils finissent pas se ranger du côté du peuple. Ça finit par être dur sur le moral, tapocher sur des kids. Ça ne se fait pas en Syrie, tapocher sur son peuple. Ici non plus, quoi qu'en disent les sadiques de La Graisse et du Ournal de Monrial.
Évidemment, les étudiants refusent les offres de Charest.
Première offre? De la marde. Deuxième offre? Cinq pourcent plus de marde. Et la troisième offre? Fuck you again. Vous allez le manger le tas mes tabarslaques.
On demande aux étudiants de négocier avec un gouvernement corrompu, hypocrite et menteur. Et voilà ce que ça donne: des tas d'associations étudiantes encore plus enragées qui vont remplir nos rues en ralliant le peuple à cette lutte populaire, ce printemps québécois qui transcende de loin la simple question des frais de scolarité universitaires. C'est l'écoeurantite aiguë qui se manifeste partout au Québec, même dans un trou presque perdu comme Trois-Rivières, où il ne se passe jamais rien.
Je souhaite ardemment la cessation de toutes les violences. C'est encore possible, ici à Trois-Rivières, où il n'y a eu aucune arrestation alors que des manifestants prennent la rue aux deux jours. C'est donc dire que c'est une foule qui avance à mains nues, sans peur et sans reproches. C'est de la désobéissance civile pacifique. Le dernier rempart contre la violence.
Gabriel Nadeau-Dubois, au fait, ne contrôle rien. Les manifestants n'adhèrent pas à un leader en particulier. Les leaders c'est pour Le Lundi ou La Semaine. Pour Facebook, vous faites la manif dont vous êtes le héros. Et fuck les chefs. On se réunit à telle heure à telle place. Et on demande la démission de Charest. That's it. Et ce n'est pas ce brave petit Nadeau-Dubois, que j'aime bien moi, qui va faire rentrer ce beau monde chez-eux.
Je prêche la paix. Cependant, je ne prêcherai jamais la résignation.
Puisse le Printemps Québécois se transformer en un Été de l'amour déjanté qui fera défriser tous les fascistes du Québec et d'ailleurs.
mardi 8 mai 2012
lundi 7 mai 2012
Exemple de violence
Johnny-la-matraque a dit aujourd'hui qu'il n'y a pas beaucoup de Québécois qui auraient aimé être dans les bottes des policiers lors de son vendredi sanglant de Victoriaville. C'est passé plus ou moins inaperçu. Pourtant tout est là. Personne ne ferait cette job-là gratis. Alors que devant, il y a le flot ininterrompu des manifestants qui, soir après soir, résistent à des méthodes de gouvernance indigne d'un pays démocratique. On croirait revivre les pires moments de la répression des étudiants dans les dictatures d'Amérique latine. Ce n'est pas anodin. Ça sent la fin de régime pour ce gouvernement corrompu.
Il y a eu une vague orange. Comme il y a en ce moment une vague rouge. Rien n'arrêtera ce tsunami.
Les politiciens et les mercenaires à la solde des médias traditionnels ont perdu la partie. Leur vieille game est déjouée par les médias sociaux. Leurs messages sont sans effet sur des foules qui, jour après jour, partout au Québec sentent renaître en eux le sens des mots partage et communauté.
On ne peut rien contre le bénévolat créatif de milliers de gens, comme vous, comme moi.
Le pouvoir ultime, c'est celui de milliers et de millions de conscience qui refusent que notre démocratie repose sur le mensonge, l'hypocrisie et la corruption.
Ce pouvoir-là est craint de tous les despotes. Quand tout un chacun crie dans les rues que le roi est nu, la propagande de l'État demeure sans effet. À tous les jours des Québécois et Québécoises crient ce qu'ils pensent de nos pantins de l'Assemblée Nationale. Et c'est relayé partout dans le monde sur YouTube, Facebook, CNN, Al Jazeera, name it. Comme cette petite caricature que j'ai dessiné rapidement pour me soulager. Elle est déjà partout. Et je ne suis certainement pas le seul fou qui souhaite ardemment la destitution de Jean Charest et la démission en bloc de tout son gouvernement pourri qui alimente le chaos. Nous sommes des milliers de bénévoles. Des millions. Des milliards...
L'enseignement du partage
J'ai grandi dans le christianisme. Mes parents m'ont enseigné Jésus, le partage et plein de proverbes où les riches et les pharisiens passaient au cash.
En marchant avec les manifestants, samedi soir à Trois-Rivières, nous sommes passés devant le Christ en croix du couvent des Ursulines. Certains se sont mis à scander Jésus avec nous! Jésus dans la rue! On ne l'a pas scandé vingt fois, mais bon, ça m'a marqué de voir ce Christ crucifié, flagellé et martyrisé pour ses idées. Et pourquoi cette image du Christ qui a perdu la partie? Pourquoi pas un Christ ressuscité, qui leur envoie un fuck you mes tabarnaks, vous ne m'avez pas eu? Je vous le demande... Le symbole des premiers Chrétiens, c'était un poisson. Un poisson qui représentait le partage, la multiplication des pains et du poisson, pour tout le monde sacrament, pas rien que pour César, les libéraux et leurs amis.
Bon, je ne vous ferai pas une profession de foi bien plus longue. C'était simplement pour rappeler que rien ne tue une idée.
Nul ne doit servir deux maîtres, qu'il disait, Dieu ou l'Argent sale, choisis. À César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Donne-lui sa vision sale de l'argent, n'embarque pas dans son jeu, dans ses sondages bidon, dans sa morale de démon. Il est plus facile à un chameau d'entrer par le chas d'une aiguille qu'à un riche d'entrer au paradis. Et je vais marcher sur les eaux s'il le faut. Voler dans les airs. Ressusciter les morts. Rameuter la communauté. Renverser César.
Bon, tout ce charabia m'excite encore même si je me sais beaucoup plus animiste que chrétien, compte tenu de mes racines anishnabées. Je crois qu'il y a une âme dans tout. Et le Grand Esprit, Kitché Manitou, on ne sait pas trop c'est qui ou quoi. Mais il y a une âme dans tout, même dans la roche, et cela ne ment jamais. On ne se ment qu'à soi-même. Tous les menteurs clignent des yeux. C'est à peu près mon credo.
Cette société est fondée sur toutes sortes d'hypocrisies et de mensonges. La moitié du monde y marche tout croche sous l'effet des pilules. La jeunesse, encore solide intellectuellement parlant, se fait ramasser un peu partout dans la province parce qu'elle prône la plus haute des vertus de toute communauté humaine digne de ce nom: le partage.
Et c'est ce que l'on veut tuer dans la tête voire dans la chair de tous ceux qui prennent la rue pour demander non seulement l'éducation pour tous, mais la santé et le travail pour tous, la maîtrise de nos ressources naturelles, la saine gestion du pouvoir populaire et la fin de toutes les violences exercées envers nos frères et soeurs humains où qu'ils se trouvent sur ce globe. C'est un programme lourd qui s'apprend par le ventre encore plus que par la tête.
La raison, c'est le partage. On se fend pas mal plus le crâne pour défier la loi de la gravité. On pourrait faire un petit effort pour défier la loi des banquiers.
En marchant avec les manifestants, samedi soir à Trois-Rivières, nous sommes passés devant le Christ en croix du couvent des Ursulines. Certains se sont mis à scander Jésus avec nous! Jésus dans la rue! On ne l'a pas scandé vingt fois, mais bon, ça m'a marqué de voir ce Christ crucifié, flagellé et martyrisé pour ses idées. Et pourquoi cette image du Christ qui a perdu la partie? Pourquoi pas un Christ ressuscité, qui leur envoie un fuck you mes tabarnaks, vous ne m'avez pas eu? Je vous le demande... Le symbole des premiers Chrétiens, c'était un poisson. Un poisson qui représentait le partage, la multiplication des pains et du poisson, pour tout le monde sacrament, pas rien que pour César, les libéraux et leurs amis.
Bon, je ne vous ferai pas une profession de foi bien plus longue. C'était simplement pour rappeler que rien ne tue une idée.
Nul ne doit servir deux maîtres, qu'il disait, Dieu ou l'Argent sale, choisis. À César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Donne-lui sa vision sale de l'argent, n'embarque pas dans son jeu, dans ses sondages bidon, dans sa morale de démon. Il est plus facile à un chameau d'entrer par le chas d'une aiguille qu'à un riche d'entrer au paradis. Et je vais marcher sur les eaux s'il le faut. Voler dans les airs. Ressusciter les morts. Rameuter la communauté. Renverser César.
Bon, tout ce charabia m'excite encore même si je me sais beaucoup plus animiste que chrétien, compte tenu de mes racines anishnabées. Je crois qu'il y a une âme dans tout. Et le Grand Esprit, Kitché Manitou, on ne sait pas trop c'est qui ou quoi. Mais il y a une âme dans tout, même dans la roche, et cela ne ment jamais. On ne se ment qu'à soi-même. Tous les menteurs clignent des yeux. C'est à peu près mon credo.
Cette société est fondée sur toutes sortes d'hypocrisies et de mensonges. La moitié du monde y marche tout croche sous l'effet des pilules. La jeunesse, encore solide intellectuellement parlant, se fait ramasser un peu partout dans la province parce qu'elle prône la plus haute des vertus de toute communauté humaine digne de ce nom: le partage.
Et c'est ce que l'on veut tuer dans la tête voire dans la chair de tous ceux qui prennent la rue pour demander non seulement l'éducation pour tous, mais la santé et le travail pour tous, la maîtrise de nos ressources naturelles, la saine gestion du pouvoir populaire et la fin de toutes les violences exercées envers nos frères et soeurs humains où qu'ils se trouvent sur ce globe. C'est un programme lourd qui s'apprend par le ventre encore plus que par la tête.
La raison, c'est le partage. On se fend pas mal plus le crâne pour défier la loi de la gravité. On pourrait faire un petit effort pour défier la loi des banquiers.
dimanche 6 mai 2012
Une autre foutue manif nocturne à Trois-Rivières hier soir
Quand un gouvernement en est rendu à un tel point de corruption, de brutalité et de malhonnêteté, c'est un devoir pour chaque citoyen de dénoncer ce gouvernement, voire de s'insurger contre lui.
Ce devoir demande un tant soit peu de courage.
Et je suis étonné d'en trouver autant à Trois-Rivières. Dans les années '80, nous étions parfois deux ou trois à manifester. Peut-être quatre quand on payait la bière pour le quatrième. Et encore.
Trois-Rivières était peu à peu redevenue la petite ville duplessiste des années trente, avec ses politiciens des années '30 et les idées brunes qui viennent avec.
Puis tout à basculer. Les médias sociaux ont permis de réunir des forces et des esprits pour combattre cet insaisissable vide qui nous mène depuis si longtemps. Le vide se débat, par le biais de la télé et des médias traditionnels, pour ne pas dire folkloriques. Un sondage par ci par là dans les journaux de Desmarais et Péladeau et on pense que ça va faire l'affaire. Ça va rabattre le caquet des indignés.
Néanmoins les étudiants en grève ont compris que la nature a horreur du vide. Les manifestants en faveur de l'éducation pour tous ont largement gagné la bataille de l'opinion publique sur le plan international. Ce sont leurs images que CNN et Al Jazeera diffusent. On ignore les images et le point de vue de Jean Charest. On ne sait même pas qui c'est, Jean Charest. Mais on sait qu'il fait matraquer son propre peuple. Qu'il a poussé sa jeunesse à un point d'écoeurement inégalé dans l'histoire du Québec, voire du continent Nord-Américain. Printemps Érable, Printemps Québécois ou Printemps Rouge, le Québec a plus changé en deux mois qu'en quarante ans.
Depuis deux semaines, je me joins à ces irréductibles manifestants de tous âges, majoritairement jeunes sans doute, qui réclament l'éducation pour tous.
Un site Facebook annonçait une manif nocturne pour 20:30 hier soir. Le lieu de rendez-vous était encore le Parc Champlain, à Trois-Rivières. Encore une fois, il n'y avait pas de chef. Une pensée commune. Oui. Mais pas de chef, heureusement. Comme ça s'est passé pendant le Printemps arabe. Des manifs spontanées venant de nulle part et de partout. De la désobéissance civile à l'état brut. Personne ne contacte les policiers. Aucun trajet n'est soumis aux autorités. Qu'est-ce qui peut bien mener tous ces gens à combattre le vide à pratiquer la désobéissance civile non-violente?
Pour le savoir, il n'y avait qu'à se trouver parmi tous ces braves, hier soir au Parc Champlain.
Mon compte-rendu de la manif
Je suis parti vers 20:12. J'ai croisé un couple des Balkans en me rendant au Parc Champlain. Ils étaient en train de siroter un café sur la rue des Forges.
-Zdravo! tu t'en vas où Gaétan, me demande l'homme.
-J'm'en vais à la manif! et moi de lui pointer mon carré rouge.
Les deux comprennent que le pouvoir du peuple se passe quelque part, dans le parc. Et ils viennent me rejoindre. Il est 20:23. Nous ne sommes même pas douze personnes. Il y a une fille qui joue Alouette gentille Alouette sur sa flûte à bec. Elle porte un carré rouge, des pantalons rouges. On sait qu'elle est là pour la manif. C'est évident. Puis il y a le gars à ses côtés avec un harmonica entre les dents, suspendu après un rack qu'il porte au cou. C'est pour lui laisser les mains libres pour tapocher sur une tambourine. Je sors mon harmonica pour accompagner un tant soit peu ces camarades dont j'ignore encore le nom. Et je chante Alouette gentille alouette je te plumerai...et la tête... et le bec... et un bras, une jambe, un oeil...
La foule grossit. Il y a plein de policiers autour. Des policiers sans calotte ni casque. Des chars de police. Des paniers à salade.
Des journalistes et des caméras se fondent à la foule. Une foule de cent cinquante personnes j'imagine. Il y a des drapeaux rouges, des drapeaux des Patriotes de 1837, des fleurdelisés, des pancartes rouges. Puis je vois arriver de vieilles connaissances: Al, David, Bourgon et son chum dont le nom m'échappe parce que je deviens vieux. Nous ne sommes pas tuables. Le temps passe et nous sommes encore du côté des luttes populaires, corps et âme. À mains nues. Si c'est pas du courage ça, hein?
Je me suis trouvé deux autres types avec qui jammer. Le gars qui porte le drapeau des Patriotes jouait du xylophone. Un guitariste l'accompagnait. J'ai sorti un petit blues saturnal sur mon harmonica qui tue les fascistes avec ces deux nouveaux amis. Même les policiers semblaient se détendre. C'est toujours bien de se détendre avant que d'entreprendre une longe marche.
La marche a débuté autour de 21:03 j'imagine. Personne n'a encore su comment c'est parti. 21:04 nous sommes 150 personnes ou plus sur la rue Royale à scander Charest dehors! On va t'trouver une job dans l'Nord!
Le cortège s'élance ensuite vers le pont Lejeune. Un policier semble intimer l'ordre de prendre un autre chemin. L'ordre n'est pas respecté. La foule s'enfonce sur le pont Lejeune. Le policier nous suit...
-Si la police nous suit, c'est parce qu'elle nous appuie! que l'on se met à scander.
La direction se précise peu à peu: le pavillon Ste-Marie du CHRTR où se trouvent les blessés des matraquages du congrès libéral de Victoriaville tenu la veille. Dont le jeune manifestant Maxence Valade qui a perdu un oeil.
Passant devant le Ludoplex, on se met à scander quelque chose comme Poubelle à fric du gouvernement.
Le policier qui nous accompagne a un sourire bon enfant. Pas sûr qu'il apprécie de faire les sales jobs de Johnny la matraque par ce beau samedi de printemps où luit la pleine lune. Les jeunes discutent avec le policier qui marche à nos côtés. Je ne sais pas ce qu'ils se disent.
On tourne à droite devant le poste de police du boulevard des Forges.
-La police avec nous! La police avec nous!
Bourgon a soif comme le christ. Je lui tends ma dernière gorgée d'eau dans ma bouteille. À peine une cuillère à thé. De quoi nous rendre au bout de notre longue marche qui tourne sur la rue de la Terrière puis sur Louis-Pasteur où se trouvent des tas de logements pour étudiants. Des étudiants sont sur leurs balcons et nous font le V de la Victoire.
-Charest! Charrue! Le peuple est dans la rue!
Atmosphère de pays en train de se libérer de sa fatigue mentale et de ses antidépresseurs communautaires. On tourne ensuite sur Laviolette puis sur le boulevard du Carmel.
On s'arrête un moment au pied de la croix.
-Jésus dans la rue! Jésus dans la rue!
Je ne sais pas c'est qui qui crie ça. Peut-être Bourgon mais ça m'étonnerait. La soif lui coupe la parole. Enfin, je crois.
On marche encore quelques pieds. Puis nous nous trouvons toute la bande devant l'hôpital.
On observe une minute de silence pour les blessés du gouvernement, autant les flics que les manifestants, avec une pensée toute particulière pour Maxence Valade qui est encore au CHRTR et qui vient de perdre un oeil.
C'est un moment émouvant. Même les flics ont la mine basse. Ils sont plus dignes que leur Premier ministre, premier responsable de tous ces maux et souffrances inutiles.
22:04 peut-être? On reprend la marche. Je me sens pas mal en forme pour un vieux.
-On avance! On avance! On recule pas!
Direction centre-ville via le boulevard du Carmel. Un christ en croix au couvent des Ursulines rappelle le sort réservé aux manifestants de toutes les époques. On reprend le boulevard des Forges et on redescend vers le fleuve Magtogoek (anciennement Saint-Laurent).
C'est samedi soir. Les terrasses et les trottoirs sont remplis de fêtards. Il est tout près de 22:30. On nous applaudit spontanément. Qui a dit que le peuple n'était pas du bord des manifestants?
On se transmet le V de la Victoire avec nos doigts.
Puis au beau milieu de cette fièvre du samedi soir, à la pleine lune, alors que l'un boit sa bière et l'autre sa sangria, l'on se met à scander quelque chose de malcommode.
-D'l'argent y'en a dans les poches d'la mafia!
Ça fesse d'entendre ça sur la rue des Forges, la belle rue des Forges de cette belle et TR-ès rebelle Trois-Rivières.
On tourne sur Notre-Dame puis sur la rue Radisson.
-Duplessis, charogne, retourne dans ton cercueil!
Ça c'est moi qui l'ai parti. On m'a fait l'honneur de scander ce poème de la rue avec moi.
23:00. Retour au point de départ, au Parc Champlain. Nous ne sommes plus qu'une vingtaine. Ils se sont peut-être tous dispersés quelque part sur Radisson quand j'ai gueulé Duplessis, charogne, retourne dans ton cercueil. Ce n'était peut-être pas ma meilleure. Je m'en fous. Ça m'a fait du bien.
23:12 Je suis chez-moi. Je bois deux litres d'eau pour m'éclaircir la voix. Je me fais couler un bain. Je suis seulement fier et heureux de ne pas avoir fait tout seul mon devoir de citoyen. Mon devoir de m'insurger contre un gouvernement corrompu avec lequel il est absurde et surréaliste de négocier.
Après la vague orange viendra la vague rouge. Vous saurez me le dire.
Je n'ai pas vu personne manifester hier soir pour dire «oui Johnny la matraque, toé tu l'as l'affaire». Personne.
À qui la rue? À nous la rue!
PS: Images et liens vidéo suivront au cours de la journée...
Ce devoir demande un tant soit peu de courage.
Et je suis étonné d'en trouver autant à Trois-Rivières. Dans les années '80, nous étions parfois deux ou trois à manifester. Peut-être quatre quand on payait la bière pour le quatrième. Et encore.
Trois-Rivières était peu à peu redevenue la petite ville duplessiste des années trente, avec ses politiciens des années '30 et les idées brunes qui viennent avec.
Puis tout à basculer. Les médias sociaux ont permis de réunir des forces et des esprits pour combattre cet insaisissable vide qui nous mène depuis si longtemps. Le vide se débat, par le biais de la télé et des médias traditionnels, pour ne pas dire folkloriques. Un sondage par ci par là dans les journaux de Desmarais et Péladeau et on pense que ça va faire l'affaire. Ça va rabattre le caquet des indignés.
Néanmoins les étudiants en grève ont compris que la nature a horreur du vide. Les manifestants en faveur de l'éducation pour tous ont largement gagné la bataille de l'opinion publique sur le plan international. Ce sont leurs images que CNN et Al Jazeera diffusent. On ignore les images et le point de vue de Jean Charest. On ne sait même pas qui c'est, Jean Charest. Mais on sait qu'il fait matraquer son propre peuple. Qu'il a poussé sa jeunesse à un point d'écoeurement inégalé dans l'histoire du Québec, voire du continent Nord-Américain. Printemps Érable, Printemps Québécois ou Printemps Rouge, le Québec a plus changé en deux mois qu'en quarante ans.
Depuis deux semaines, je me joins à ces irréductibles manifestants de tous âges, majoritairement jeunes sans doute, qui réclament l'éducation pour tous.
Un site Facebook annonçait une manif nocturne pour 20:30 hier soir. Le lieu de rendez-vous était encore le Parc Champlain, à Trois-Rivières. Encore une fois, il n'y avait pas de chef. Une pensée commune. Oui. Mais pas de chef, heureusement. Comme ça s'est passé pendant le Printemps arabe. Des manifs spontanées venant de nulle part et de partout. De la désobéissance civile à l'état brut. Personne ne contacte les policiers. Aucun trajet n'est soumis aux autorités. Qu'est-ce qui peut bien mener tous ces gens à combattre le vide à pratiquer la désobéissance civile non-violente?
Pour le savoir, il n'y avait qu'à se trouver parmi tous ces braves, hier soir au Parc Champlain.
Mon compte-rendu de la manif
Je suis parti vers 20:12. J'ai croisé un couple des Balkans en me rendant au Parc Champlain. Ils étaient en train de siroter un café sur la rue des Forges.
-Zdravo! tu t'en vas où Gaétan, me demande l'homme.
-J'm'en vais à la manif! et moi de lui pointer mon carré rouge.
Les deux comprennent que le pouvoir du peuple se passe quelque part, dans le parc. Et ils viennent me rejoindre. Il est 20:23. Nous ne sommes même pas douze personnes. Il y a une fille qui joue Alouette gentille Alouette sur sa flûte à bec. Elle porte un carré rouge, des pantalons rouges. On sait qu'elle est là pour la manif. C'est évident. Puis il y a le gars à ses côtés avec un harmonica entre les dents, suspendu après un rack qu'il porte au cou. C'est pour lui laisser les mains libres pour tapocher sur une tambourine. Je sors mon harmonica pour accompagner un tant soit peu ces camarades dont j'ignore encore le nom. Et je chante Alouette gentille alouette je te plumerai...et la tête... et le bec... et un bras, une jambe, un oeil...
La foule grossit. Il y a plein de policiers autour. Des policiers sans calotte ni casque. Des chars de police. Des paniers à salade.
Des journalistes et des caméras se fondent à la foule. Une foule de cent cinquante personnes j'imagine. Il y a des drapeaux rouges, des drapeaux des Patriotes de 1837, des fleurdelisés, des pancartes rouges. Puis je vois arriver de vieilles connaissances: Al, David, Bourgon et son chum dont le nom m'échappe parce que je deviens vieux. Nous ne sommes pas tuables. Le temps passe et nous sommes encore du côté des luttes populaires, corps et âme. À mains nues. Si c'est pas du courage ça, hein?
Je me suis trouvé deux autres types avec qui jammer. Le gars qui porte le drapeau des Patriotes jouait du xylophone. Un guitariste l'accompagnait. J'ai sorti un petit blues saturnal sur mon harmonica qui tue les fascistes avec ces deux nouveaux amis. Même les policiers semblaient se détendre. C'est toujours bien de se détendre avant que d'entreprendre une longe marche.
La marche a débuté autour de 21:03 j'imagine. Personne n'a encore su comment c'est parti. 21:04 nous sommes 150 personnes ou plus sur la rue Royale à scander Charest dehors! On va t'trouver une job dans l'Nord!
Le cortège s'élance ensuite vers le pont Lejeune. Un policier semble intimer l'ordre de prendre un autre chemin. L'ordre n'est pas respecté. La foule s'enfonce sur le pont Lejeune. Le policier nous suit...
-Si la police nous suit, c'est parce qu'elle nous appuie! que l'on se met à scander.
La direction se précise peu à peu: le pavillon Ste-Marie du CHRTR où se trouvent les blessés des matraquages du congrès libéral de Victoriaville tenu la veille. Dont le jeune manifestant Maxence Valade qui a perdu un oeil.
Passant devant le Ludoplex, on se met à scander quelque chose comme Poubelle à fric du gouvernement.
Le policier qui nous accompagne a un sourire bon enfant. Pas sûr qu'il apprécie de faire les sales jobs de Johnny la matraque par ce beau samedi de printemps où luit la pleine lune. Les jeunes discutent avec le policier qui marche à nos côtés. Je ne sais pas ce qu'ils se disent.
On tourne à droite devant le poste de police du boulevard des Forges.
-La police avec nous! La police avec nous!
Bourgon a soif comme le christ. Je lui tends ma dernière gorgée d'eau dans ma bouteille. À peine une cuillère à thé. De quoi nous rendre au bout de notre longue marche qui tourne sur la rue de la Terrière puis sur Louis-Pasteur où se trouvent des tas de logements pour étudiants. Des étudiants sont sur leurs balcons et nous font le V de la Victoire.
-Charest! Charrue! Le peuple est dans la rue!
Atmosphère de pays en train de se libérer de sa fatigue mentale et de ses antidépresseurs communautaires. On tourne ensuite sur Laviolette puis sur le boulevard du Carmel.
On s'arrête un moment au pied de la croix.
-Jésus dans la rue! Jésus dans la rue!
Je ne sais pas c'est qui qui crie ça. Peut-être Bourgon mais ça m'étonnerait. La soif lui coupe la parole. Enfin, je crois.
On marche encore quelques pieds. Puis nous nous trouvons toute la bande devant l'hôpital.
On observe une minute de silence pour les blessés du gouvernement, autant les flics que les manifestants, avec une pensée toute particulière pour Maxence Valade qui est encore au CHRTR et qui vient de perdre un oeil.
C'est un moment émouvant. Même les flics ont la mine basse. Ils sont plus dignes que leur Premier ministre, premier responsable de tous ces maux et souffrances inutiles.
22:04 peut-être? On reprend la marche. Je me sens pas mal en forme pour un vieux.
-On avance! On avance! On recule pas!
Direction centre-ville via le boulevard du Carmel. Un christ en croix au couvent des Ursulines rappelle le sort réservé aux manifestants de toutes les époques. On reprend le boulevard des Forges et on redescend vers le fleuve Magtogoek (anciennement Saint-Laurent).
C'est samedi soir. Les terrasses et les trottoirs sont remplis de fêtards. Il est tout près de 22:30. On nous applaudit spontanément. Qui a dit que le peuple n'était pas du bord des manifestants?
On se transmet le V de la Victoire avec nos doigts.
Puis au beau milieu de cette fièvre du samedi soir, à la pleine lune, alors que l'un boit sa bière et l'autre sa sangria, l'on se met à scander quelque chose de malcommode.
-D'l'argent y'en a dans les poches d'la mafia!
Ça fesse d'entendre ça sur la rue des Forges, la belle rue des Forges de cette belle et TR-ès rebelle Trois-Rivières.
On tourne sur Notre-Dame puis sur la rue Radisson.
-Duplessis, charogne, retourne dans ton cercueil!
Ça c'est moi qui l'ai parti. On m'a fait l'honneur de scander ce poème de la rue avec moi.
23:00. Retour au point de départ, au Parc Champlain. Nous ne sommes plus qu'une vingtaine. Ils se sont peut-être tous dispersés quelque part sur Radisson quand j'ai gueulé Duplessis, charogne, retourne dans ton cercueil. Ce n'était peut-être pas ma meilleure. Je m'en fous. Ça m'a fait du bien.
23:12 Je suis chez-moi. Je bois deux litres d'eau pour m'éclaircir la voix. Je me fais couler un bain. Je suis seulement fier et heureux de ne pas avoir fait tout seul mon devoir de citoyen. Mon devoir de m'insurger contre un gouvernement corrompu avec lequel il est absurde et surréaliste de négocier.
Après la vague orange viendra la vague rouge. Vous saurez me le dire.
Je n'ai pas vu personne manifester hier soir pour dire «oui Johnny la matraque, toé tu l'as l'affaire». Personne.
À qui la rue? À nous la rue!
PS: Images et liens vidéo suivront au cours de la journée...
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