samedi 12 novembre 2016

399$ par mois et plus rien à perdre

Marie-Antoinette...
Le gouvernement libéral du Québec, un gouvernement au service  de la haute finance, ne nous étonne plus. Comme aux États-Unis, où moins de la moitié des électeurs vont voter, on finit toujours par se faire gouverner par des baveux qui sont à peine supporter par le quart des citoyens en âge de voter.

Cela ne les empêche pas de se comporter en monarques qui se croient investis de toute la légitimité du monde.

C'est pareil pour les administrateurs de la Caisse populaire Desjardins où le quorum est toujours constitué des membres présents aux assemblées: trois pelés et un tondu... L'ordre du jour est décidé un an à l'avance. Quoi que vous tentiez de faire pour remuer l'apathie des membres, vous êtes foutu par un système qui profite de l'aboulie. On appelle ça la démocratie, alors que ce n'est qu'une crosse organisée. Démotiver les membres à participer aux activités du club est la manière la plus efficace de les plumer en leur faisant accroire que c'est un privilège qui leur est dû.

Nous sommes théoriquement les propriétaires de tout le sol et de tout le sous-sol de ce pays. Pourtant, nous nous faisons traiter comme des quêteux par les gouvernements qui sont au service des corporations.

Les capitalistes ravagent le globe et s'attaquent à toutes les formes de souveraineté nationale au nom d'une philosophie factice créée de toutes pièces pour maquiller leur pillage. Ils ne voudraient pas d'une démocratie où les membres pourraient décider quoi que ce soit. Si d'aventure le peuple se met à rêver tout haut, on lui enverra un Pinochet ou un Trump pour le mater. On lui apprendra le sens des vraies valeurs et des vraies traditions. Du genre les gens qui chialent et qui revendiquent, on ne veut pas de ça dans notre business. Travaillez, payez et fermez vos gueules. Faites comme tous les autres avant vous. Ne compromettez pas le succès de nos gens d'affaires, misérables vers de terre! Make America, Quebec or Chili great again!

Les politiciens traditionnels ne mordront pas la main qui les nourrit. Ils ne s'en prendront ni aux banquiers ni à la mafia. Ils leur diront plutôt hahaha messieurs et mesdames que vous êtes grands, vous êtes les phénix des hôtes de ce monde merveilleux et nous accepterons bien des petits cadeaux si votre grandeur le permet. Nous ne serons pas exigeants. Nous dépouillerons le peuple pour vous et vous nous donnerez des billets de saison pour les Canadiens.

Les professionnels de la démocratie licheront le cul de la marquise. Ils fermeront les yeux sur les crimes des barons de la finance. Le monde est tel qu'il est. D'autres ont bien tenté de le changer. Mais ils ont tous mal finis. Regardez ce qu'est devenu Salvador Allende... Personne ne veut le suivre dans cette voie qui mène à un cul de sac. Le pouvoir du peuple est très bien là où il n'est pas. Fin de la discussion. La démocratie c'est un chèque en blanc pour quatre ans quand le peuple ne fait pas le choix de déplaire aux créanciers.

Les politiciens professionnels saboteront donc notre économie pour la servir sur un plateau d'argent aux banquiers. Ils gonfleront des dettes artificielles qui nous étoufferont tous et feront passer ça sur le dos des crottés de socialistes et autres sans-culottes édentés qui, par ailleurs, n'ont jamais vraiment gouvernés quoi que ce soit. Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il pue...

Les valets libéraux et autres néo-cons laisseront filer les sangsues avec l'argent de la caisse commune. Ils seront gentils et adorables avec ces vampires qui placent leur argent dans les paradis fiscaux et nous feront acquitter toutes ces dépenses publiques dont ils se tapent comme de l'an quarante. Ça ne les regarde pas le sort de grand-père ou de l'enfant infirme de la famille. Occupez-vous de vos affaires. Les nôtres sont de vous détrousser et de vous faire cracher le morceau.

Il est donc tout à fait naturel de dépouiller tous ceux qui ne gagnent pas assez d'argent pour s'acheter quelqu'un pour leur apprendre comment ne pas payer d'impôts. Nous faisons tous partie des serfs de ces saigneurs de la Terre. Le type de l'échelon supérieur de la classe moyenne se pense évidemment plus rusé que celui qui n'a rien. Mais, au bout du compte, son sort est plus près de celui des pauvres que de celui des millionnaires qu'il admire. Nous sommes sur la même échelle et si la base pourrit tout le monde va tomber ensemble.

Le gouvernement libéral du Québec ne nous surprendra donc jamais avec des politiques progressistes ou humanistes. Il est tout au service de la ponction publique et profite pleinement du vieux principe qui consiste à faire reporter toute la faute sur ceux qui ne peuvent pas se défendre. C'est un vieux principe que l'on apprend dès l'école secondaire. On ne brille que mieux en groupe en intimidant les plus faibles. Rien de plus drôle que de fesser sur quelqu'un qui ne peut pas se relever. Ça fait rigoler les baveux de l'école et les peureux ne voudront certainement pas s'en faire des ennemis pour subir les mêmes sévices. If you can't beat them, join them...

Les libéraux se sont donc choisi une victime pour se donner l'impression de gérer quelque chose.

Ils vont couper le chèque des assistés sociaux qui refuseront de participer à des mesures d'employabilité. Oubliez l'idée d'un revenu de citoyenneté ou d'un revenu minimum garanti, qui serait une forme de ristourne sur la richesse produite sur notre sol.  Les pauvres sont coupables parce qu'il faut bien un bouc émissaire. Parce qu'il faut aussi détourner l'attention.

Quelle joie que de frapper sur celui qui est à terre et ne peut pas se relever! Quel plaisir que d'écraser sa botte dans le visage du paumé!

On sait que le chômage réel de la population active dépasse la barre du 20% quand on n'est pas un politicien. On sait qu'il n'y a pas de jobs pour tout le monde et que c'est même voulu ainsi pour que ceux qui travaillent ne demandent pas d'augmentation de salaire. Ce qui n'empêchera pas, par ailleurs, nos gouvernements de les grever d'impôts et de taxes.

On pointera les blessés du capitalisme sauvage à la populace avide de justice mais pétrie d'ignorance crasse.

Les garde-chiourme forceront des moins que rien, des camés et de pauvres idiots qui oublient leurs rendez-vous à se contenter de 399$ par mois.

Le trou du cul, avec 399$ par mois, n'aura pas d'autre choix que de travailler au noir ou de voler un pauvre pour survivre. Voler un riche lui sera d'autant plus difficile que les riches vivent maintenant dans des forteresses ultra-sécurisées, comme en Colombie par ailleurs. On n'accusera pas les riches de nous voler, bien entendu, mais les affamés de ne par respecter la loi et l'ordre des riches.

Quand le Premier Ministre Mike Harris avait coupé l'aide sociale en Ontario dans les années '90 il s'est passé quelque chose d'étrange. Ceux qui n'avaient rien à perdre se sont mis à dévaliser les supermarchés en masse pour arrondir leurs fins de mois. Les paumés arrivaient par groupes de cinq cents personnes pour vider les supermarchés devant les gérants, les caissières et les commis ahuris. Harris a dû reculer. Il était en train de gérer une révolution sociale et les capitalistes ont compris qu'ils étaient menacés de perdre autant la piastre que la face. Le chèque a donc été rétabli.

Les libéraux du Québec refont le coup de Mike Harris à petite échelle.

Pourtant, ils devraient se méfier de ceux qui n'ont rien à perdre.

3 commentaires:

monde indien a dit...

( j ' ai déjà dit que je crois pas à la révolution parce que nous sommes minoritaires - pas dans la misère , mais dans la façon de partager ) .
Par contre je suis persuadé que nous réussirons à neutraliser tous ces porcs et treues . Comme dans la nature c ' est une question de ruse .
J ' ai la patience du .... comment on dit ? La patience du serpent ? j ' en sais rien -

Eremita a dit...

Ça c'est le genre de texte que j'aime. Bien dit.

Gaétan Bouchard a dit...

Excusez-moi de ne pas vous répondre on dirait que je suis un zombie aujourd'hui: grippe qui court et moi qui ne cours plus...