lundi 11 avril 2011

Comment vous guérir du ressentiment pour trois fois rien

Il n'y a rien de pire que la haine et le ressentiment. Cela vous empoisonne et vous échauffe les sangs pour rien.

Un plus zéro est égal à un. Quand vous vous additionnez à un crétin, vous gagnez à coup sûr, avant même que d'avoir ouvert la bouche. C'est cruel, les mathématiques, mais sur quoi d'autre s'accrocher pour y comprendre quelque chose, hein? Tous les physiciens comprennent ça et pourquoi pas vous et moi.

Donc, éviter le ressentiment, un mot qui englobe la haine, c'est là l'attitude d'un sage face à un crétin.

Cela signifie qu'il est nécessaire de prêter une valeur égale à zéro pour le crétin en question. Évidemment, ayez l'orgueil de vous accorder la valeur de un. Et vous voilà mathématiquement paré pour affronter n'importe quel idiot, avec flegme, dignité et panache.

Le ressentiment a beaucoup d'effets secondaires. Il peut vous transformer en ce que vous détestez le plus.

Mettons que vous détestez les crétins qui gueulent pour tout et pour rien. Et voilà que vous vous mettez à gueuler contre les crétins, à propos de tout et de rien. Vous êtes donc pris au piège des crétins et êtes vous-même devenu quelque chose de flasque et merdique.

Il importe donc de ne pas s'abandonner à des émotions négatives et à rire des travers des uns et des autres avec cette douceur du propos qui attendrirait les coeurs les plus rustres.

Quand on chasse un rat, il est essentiel de lui accorder une zone de fuite, non seulement pour lui assener un coup de pelle au passage, mais aussi pour éviter de vous faire mordre par un sale porteur de peste bubonique.

Le crétin est comme le rat. Accordez-lui la possibilité de fuir pour qu'il puisse vous éviter une fois pour toutes chaque fois qu'il vous croisera. Sans avoir eu à assener un coup de pelle, avec la seule force de votre caractère débonnaire et de votre ruse, vous aurez su vous débarrasser d'un gêneur qui nourrissait en vous des sentiments désagréables qui viennent troubler le quotidien et parfois même le sommeil.

Évidemment, vous pouvez vous torcher de mes conseils. Il n'est pas dit que je mène une meilleure vie que celle d'un autre. Ce qui n'est pas une raison, j'en conviens, de m'étendre plus longtemps sur le sujet, comme s'il m'appartenait, au nom de quelque médiocre service rendu aux arts et à la philosophie.

Allez en paix, chers lecteurs, et que Kitché Manitou vous chatouille les neurones.