La lecture est un vice qui vous fait passer loin derrière le devoir d'écriture.
J'ai lu bien plus que je ne pèse en termes de livres. Je sais bien que ce n'est pas un exercice comptable, mais bon, je suis probablement un rat de bibliothèque, virtuelle ou pas. J'ai dû lire au moins dix milles livres, sinon plus, dont un hommage à Rose Ouellette dite La Poune et le récit de Ti-Dré Lachance, ramoneur des pauvres.
Je n'ai jamais lu Le Capital de Karl Marx. Ni le Kama Sutra. Dans les deux cas, je me suis contenté de regarder les images. Je ne les ai pas lus parce que ce sont des livres soporifiques.
J'ai lu bien pire. Tout ce qu'il y avait de plus grotesque en littérature. Sade et Lautréamont. Et je m'en suis tiré indemne. C'est à peine si je vous parle de monstruosités de temps à autres.
J'ai été bien plus marqué par les récits à propos de la vie d'untel ou untel, dont Diogène de Sinope, Spartacus et Jésus.
Jack London a été celui qui m'a ouvert au monde des lettres, plus que tout autre, si je fais exception de mon père et de mon frère aîné.
Feu mon père lisait des livres d'histoire. Il écrivait presque sans fautes même s'il avait quitté l'école en huitième année pour s'en aller travailler. Il cherchait la vérité dans le passé pour mieux s'indigner au temps présent.
Mon frère aîné, il est dix ans plus vieux que moi, était et est encore dévoré par la passion de lire et de bien écrire.
Nous vivions à deux pas de l'usine Wabasso, dans un quartier pauvre de Trois-Rivières.
Et nous lisions pour nous sortir de cette absurdité qui s'appelle l'exploitation de l'homme par l'homme.
Jack London venait me chercher parce qu'il avait été pauvre, vagabond, voyou avant que de devenir l'auteur le plus riche du monde après avoir raconté des tas de récits extraordinaires ayant pour trame de fond la ruée vers l'or au Klondike. Quelques années plus tard, quelque part sous les aurores boréales du Yukon, j'allais relire ce sacré Jack London en anglais, au beau milieu d'où ces textes sont nés. Ce fût une expérience de lecture des plus voluptueuses...
De Jack London je suis passé par toutes sortes d'auteurs, dont quelques-uns résonnent encore très fort dans ma tête puisque je reviens souvent vers eux.
Il y a bien sûr le grand Voltaire. Je le lis et relis souvent. Sa plume est incisive et n'a rien perdu de son mordant avec le temps. Il est encore le plus moderne des grands auteurs. Le moins lourd. Le plus léger.
Tout auteur qui ne sait pas bien écrire ou bien traduire est d'avance condamné à mon indifférence. Le français est simple et très beau quand on suit l'ordre logique du discours. Cela ne sert à rien de se casser la tête. Si cela ne vient pas tout seul, ce n'est pas vrai.
Cela explique pourquoi je suis incapable de lire Kant et toute cette flopée de philosophes englués dans la mélasse gréco-latine. Trop de mots pour dire si peu, cela me semble inutile. J'ai trouvé bien plus de philosophie dans une phrase de Lao-Tseu que dans mille pages de Hegel. Et ce n'est pas parce que je suis paresseux. Loin de là. C'est parce que j'ai du goût. Je n'adhère pas à ce qui me fait perdre du temps. Si ce n'est pas léger, ça ne peut pas être vrai.
***
Parlant de mon frère, il m'a donné l'autre jour un livre de Victor-Lévy Beaulieu intitulé Pour saluer Victor Hugo. C'est publié chez Stanké dans la collection 10-15. C'est ce que j'ai lu de meilleur sur Victor Hugo. Cela m'a donné l'envie de lire VLB, ce qui ne m'était encore jamais advenu pour une raison qui m'échappe. Peut-être que je l'avais inconsciemment ravalé à la catégorie télévision et divertissements pour journée très morne.
J'ai redécouvert l'un de nos grands auteurs, que j'avais méconnu sans m'en rendre compte, parce que l'on ne peut pas lire partout. J'étais bien trop occupé avec Boulgakov et Chalamov pour m'inquiéter de VLB.
Et voilà qu'il me révèle son univers dans Pour saluer Victor Hugo.
VLB y parle autant de lui-même que de son mentor littéraire par-delà la mort, nul autre que le grand et immense et abyssal Victor Hugo.
Cette ode à la grandeur passe aussi par le récit d'une enfance pauvre dans Morial-Mort (Montréal-Nord) où la lecture passe pour un plaisir coupable qui va vous rendre fou. Je me sens très près de cet état d'esprit pour avoir vécu dans un quartier où tout s'est transformé en marchés aux puces dans les années '80.
Cela m'a rappelé les meilleurs passages de Pierre Vallières qui, dans Nègres blancs d'Amérique, exposait sa vie d'enfant pauvre dans Cartierville, où il rencontrait parfois un autre de nos grands artistes et humains québécois, le docteur Jacques Ferron, lequel lui permettait d'emporter des livres tirés de sa bibliothèque personnelle.
Franchement, je me dois de saluer l'excellent travail de VLB pour cet essai qui sort de l'ordinaire et de la routine.
On y trouve de tout. Comme chez Victor Hugo. On part d'un état d'âme à un récit d'enfance pour finalement aboutir à une étude sur la littérature québécoise du XIXe siècle, littérature qui commence vraiment avec Originaux et détraqués de Louis Fréchette, grand admirateur de Victor Hugo et exilé aux États-Unis parce qu'il détestait tout autant les prêtres et les curés.
mercredi 30 janvier 2013
mardi 29 janvier 2013
Trente ans de conservatisme... Trente ans sans se plaindre... Sacrement!
Jacques Ferron disait du Nouveau Parti Démocratique (NPD) qu'il ne voulait tellement pas faire peur aux électeurs qu'ils votaient pour les conservateurs pour être totalement rassurés.
On peut dire la même chose du Parti Québécois (PQ) et bien pire encore.
Avec le NPD, on sent tout de même un brin d'origine ouvrière. Le syndicaliste de combat Michel Chartrand est tout de même passé par là. Et il n'a jamais été au PQ bien entendu, PQ qu'il vouait aux gémonies.
Le PQ est sorti de la cuisse gauche du Parti Libéral du Québec. L'Action démocratique est sortie de sa cuisse droite. Tout s'est élancé vers le beau risque conservateur: Brian Mulroney, Jean Charest, Lucien Bouchard et Stephen Harper... Quel gâchis. Un conservateur à la tête des péquistes. Un conservateur à la tête des libéraux. Et l'opposition conservatrice... Il n'y en avait que pour les conservateurs depuis 1984, comme si le Québec s'était enfoncé dans sa crasse habituelle, faite de sermons, de tribuns et autres démagogues bon marché que l'on fait passer pour des chantres du patriotisme canadien ou québécois. Puis le décor s'est effondré et le Magicien d'Oz a encore eu l'air d'un nabot se démenant comme un babouin derrière un écran de fumée et un téléphone intelligent.
Le PQ flirte un peu à gauche et toujours à droite. L'indépendance ne se fera jamais avec ce vieux parti qui, par la voix de son ministre de l'éducation, annonce une hausse des frais de scolarité à l'université. Une autre position frileuse de bourgeois qui ne sont à gauche qu'un soir de casserole sur cent. Une autre raison de ne pas laisser traîner trop loin son carré rouge pour mettre un terme à bientôt trente ans de conservatisme que l'on fait passer pour de la social-démocratie ou bien de la tarte aux pommes.
Il faut devenir maîtres chez-nous.
Chaque citoyen est propriétaire de ce pays et de ces ressources naturelles. Nous ne sommes pas des quêteux. C'est nous qui sommes les boss.
L'éducation gratuite n'est pas une charge sociale supplémentaire si nous gérons nous-mêmes notre pays au lieu de le laisser entre les griffes de compagnies qui obtiennent des claims pour siphonner tout ce qu'ils peuvent, relançant quelques peanuts ça et là par la voix de nos peddlers locaux passés si rapidement experts en communications de toutes sortes... On devrait recevoir un chèque de revenus de citoyenneté à la fin de l'année plutôt que de recevoir des factures. S'il y a de l'argent à faire avec les ressources naturelles, pourquoi ce sont eux qui encaissent les profits plutôt que cela ne soit tout un chacun d'entre nous? On pourrait vivre gras dur comme des pachas au lieu de vivre comme des parias à qui l'on botte le derrière pour les déplacer d'un bloc de béton à l'autre.
L'an dernier, en 2012, le peuple québécois s'est tenu debout.
Ce n'est pas Pauline Marois qui a gagné. Elle n'a été qu'une figurante dans le combat mené par la rue. Les élections, c'est aussi un piège à cons. Une fois que le vote est passé, le pouvoir populaire reprend la rue. C'est toujours comme ça. Que voulez-vous...
Les vrais de vrais sont toujours là pour rappeler aux péquistes que porter un carré rouge veut dire quelque chose. Que ce n'est pas une mode. Que ce n'est pas qu'une opinion. C'est porter sur soi le désir sincère de changer l'ordre des choses.
Ce n'était pas une révolte. C'était bel et bien une révolution. Une révolution qui va vous atteindre, vous aussi, membres du PQ. C'est alors que vous devrez choisir votre côté.
lundi 28 janvier 2013
De Paquet Lefebvre à CCR
Par les longs soirs d'hiver, quand le frimas fait péter les clous au grenier, il est toujours bienvenue de se promener jusqu'au bout du cinquième rang pour y retrouver Ti-Polo Marcouiller dans son nuage de fumée et d'alcool distillé.
-Entrez! Entrez! qu'il crie lorsque l'on arrive à la porte. Dégréez-vous! Enlevez vos bottes, vos capines, vos capots pis vos mitaines! Prenez-vous un verre de cardio... La bouteille est sur la table... Pis à côté d'la bouteille, c'est du fromage de lait cru vieilli cinq ans pis baigné dans du Porto...
Ti-Polo Marcouiller est l'une des rares personnes qui pratique avec autant de zèle les lois de l'hospitalité. De nos jours, il est des endroits où l'on hésite encore à t'offrir un simple verre d'eau. Ce n'est pas la manière qu'a adoptée Ti-Polo.
Ce petit bonhomme de cinq pieds six pouces se démène pour vous offrir toutes sortes de merveilles qui lui tombent sous la main, pour le plaisir de partager le plaisir.
Pour rajouter un peu de crédit à cette particularité, il lui arrive aussi de parler beaucoup.
C'est une source intarissable d'anecdotes, toutes entremêlés et souvent inextricables.
J'en tiens pour témoin sa sempiternelle histoire à propos de son beau-frère, Joseph Lefebvre, affectueusement surnommé Paquet Lefebvre. Pourquoi Paquet?
-Faudrait le d'mander à ma soeur! que nous répond invariablement Ti-Polo.
Évidemment, il en est arrivé une et encore une autre à ce Paquet Lefebvre et ce serait trop long que de tout vous raconter, d'autant plus que Ti-Polo ne prend jamais de notes. Il te sort ça comme des ectoplasmes. Et c'est à l'interlocuteur de faire le tri dans tout ce flot d'aventures plus ou moins augmentées pour soutenir un certain fil narratif.
-Mon beau-frère Paquet Lefebvre c'est un hostie d'malade! Un jour il s'en va aux toilettes dans un resto pis y'a un vieux monsieur qui s'approche de lui pendant qu'i' pisse dans l'urinoir... Comme le chemin est étroit, le vieux dit à Paquet Lefebvre que c'est pas large pour passer pis i' s'installe à côté de Paquet pour pisser. Paquet pense que le vieux a dit que'que chose comme est-ce que tu vends du stock? Ça fait que Paquet lui répond.
-Moé j'vends pas mais mon chum qui m'attend dans l'char en vend...
Arrivé dehors, Paquet se rappelle que le vieux a plutôt dit que c'était pas large pour passer... Charland, le gars qui attendait Paquet dans son char, le voit r'venir tout souriant. I' riait, pis maudit qu'i' riait encore.
-Qu'osse que t'as à rire de même Paquet? lui demande Charland.
-Y'a un vieux qui est venu pisser à côté d'moé pis j'lui ai dit que t'avais du stock à vendre, ha! ha!
Le vieux en question était un agent de la SQ. Sa voiture de patrouille était stationnée devant le resto, à trente pieds du char de Charland.
Charland et Paquet comprirent intuitivement qu'ils étaient dans le pétrin lorsqu'ils virent le vieux sortir du resto pour regagner son auto-patrouille.
Ça fait que Paquet Lefebvre dit à Charland de jeter tout son stock, juste de la feuille en plus, pis i' s'en va voir le vieux monsieur de la SQ qui baisse la vitre de son char.
-Excusez m'sieur! lui dit Paquet. Tantôt, j'ai pas dit que mon chum vendait du stock dans son char, j'ai dit qu'à Woodstock la musique jouait trop fort!
Le vieux monsieur n'a rien dit. Il est parti tout simplement sans se retourner. Il n'avait pas que ça à faire, entendre les conneries d'un niaiseux.
Paquet et Charland ont récupéré leur stock. L'histoire ne dit pas ce qui s'est passé ensuite. Ti-Polo Marcouiller est parti sur une autre envolée lyrique à propos des violons du temps de Stradivarius. Bon, on l'a écouté une autre demie heure comme il faut avant que de poursuivre la visite paroissiale du vendredi soir jusqu'au village où un orchestre allait jouer un hommage au groupe CCR.
-Entrez! Entrez! qu'il crie lorsque l'on arrive à la porte. Dégréez-vous! Enlevez vos bottes, vos capines, vos capots pis vos mitaines! Prenez-vous un verre de cardio... La bouteille est sur la table... Pis à côté d'la bouteille, c'est du fromage de lait cru vieilli cinq ans pis baigné dans du Porto...
Ti-Polo Marcouiller est l'une des rares personnes qui pratique avec autant de zèle les lois de l'hospitalité. De nos jours, il est des endroits où l'on hésite encore à t'offrir un simple verre d'eau. Ce n'est pas la manière qu'a adoptée Ti-Polo.
Ce petit bonhomme de cinq pieds six pouces se démène pour vous offrir toutes sortes de merveilles qui lui tombent sous la main, pour le plaisir de partager le plaisir.
Pour rajouter un peu de crédit à cette particularité, il lui arrive aussi de parler beaucoup.
C'est une source intarissable d'anecdotes, toutes entremêlés et souvent inextricables.
J'en tiens pour témoin sa sempiternelle histoire à propos de son beau-frère, Joseph Lefebvre, affectueusement surnommé Paquet Lefebvre. Pourquoi Paquet?
-Faudrait le d'mander à ma soeur! que nous répond invariablement Ti-Polo.
Évidemment, il en est arrivé une et encore une autre à ce Paquet Lefebvre et ce serait trop long que de tout vous raconter, d'autant plus que Ti-Polo ne prend jamais de notes. Il te sort ça comme des ectoplasmes. Et c'est à l'interlocuteur de faire le tri dans tout ce flot d'aventures plus ou moins augmentées pour soutenir un certain fil narratif.
-Mon beau-frère Paquet Lefebvre c'est un hostie d'malade! Un jour il s'en va aux toilettes dans un resto pis y'a un vieux monsieur qui s'approche de lui pendant qu'i' pisse dans l'urinoir... Comme le chemin est étroit, le vieux dit à Paquet Lefebvre que c'est pas large pour passer pis i' s'installe à côté de Paquet pour pisser. Paquet pense que le vieux a dit que'que chose comme est-ce que tu vends du stock? Ça fait que Paquet lui répond.
-Moé j'vends pas mais mon chum qui m'attend dans l'char en vend...
Arrivé dehors, Paquet se rappelle que le vieux a plutôt dit que c'était pas large pour passer... Charland, le gars qui attendait Paquet dans son char, le voit r'venir tout souriant. I' riait, pis maudit qu'i' riait encore.
-Qu'osse que t'as à rire de même Paquet? lui demande Charland.
-Y'a un vieux qui est venu pisser à côté d'moé pis j'lui ai dit que t'avais du stock à vendre, ha! ha!
Le vieux en question était un agent de la SQ. Sa voiture de patrouille était stationnée devant le resto, à trente pieds du char de Charland.
Charland et Paquet comprirent intuitivement qu'ils étaient dans le pétrin lorsqu'ils virent le vieux sortir du resto pour regagner son auto-patrouille.
Ça fait que Paquet Lefebvre dit à Charland de jeter tout son stock, juste de la feuille en plus, pis i' s'en va voir le vieux monsieur de la SQ qui baisse la vitre de son char.
-Excusez m'sieur! lui dit Paquet. Tantôt, j'ai pas dit que mon chum vendait du stock dans son char, j'ai dit qu'à Woodstock la musique jouait trop fort!
Le vieux monsieur n'a rien dit. Il est parti tout simplement sans se retourner. Il n'avait pas que ça à faire, entendre les conneries d'un niaiseux.
Paquet et Charland ont récupéré leur stock. L'histoire ne dit pas ce qui s'est passé ensuite. Ti-Polo Marcouiller est parti sur une autre envolée lyrique à propos des violons du temps de Stradivarius. Bon, on l'a écouté une autre demie heure comme il faut avant que de poursuivre la visite paroissiale du vendredi soir jusqu'au village où un orchestre allait jouer un hommage au groupe CCR.
dimanche 27 janvier 2013
Aphorisme (mot compliqué qui nécessite la consultation d'un dictionnaire)
Trouver un sens à sa vie passe nécessairement par une observation de l'infiniment grand. Je ne renie pas la curiosité à pratiquer pour l'étude de l'infiniment petit. J'envisage que tout se dissous dans l'infiniment grand.
Tous nos problèmes deviennent petits, mesquins et prétentieux quand on regarde les astres, les nébuleuses et les trous noirs.
Qu'est-ce qu'une jambe, du jambon ou bien un pays quand on sait que nous faisons partie d'une encore plus grande aventure? Pourquoi la haine, la violence et l'avidité quand il y a des milliards d'étoiles?
Je ne prétends pas avoir trouver l'idée du siècle. Ça non. Autrement je n'aurais rien écrit du genre et je ferais semblant d'être inspiré par Dieu. Je ne suis qu'une créature qui n'est pas tout à fait le centre de la Création. Je pourrais tout aussi bien me trouver dans un coin, ça et là dans le monde intemporel. Je n'en sais fichtre rien. Tout ce que je sais c'est que le mystère des espaces infinis m'attire autant qu'il effrayait Pascal, un auteur bien plus ennuyeux que François Rabelais.
Où veux-je en venir?
À rien. J'essaie de produire des aphorismes potables. Je me perds en digressions pour noyer le cosmos dans ma logorrhée. Je suis un indécrottable esthète des arts et des lettres. À peine un philosophe.
Je ne suis qu'un oeil rivé sur l'immensité.
Je ne suis qu'un humain, comme vous et moi. Et bientôt, qu'on le veuille ou pas, nous serons morts, chacun d'entre nous. Nous serons ailleurs ou rien du tout. Je n'ai pas le dernier mot là-dessus. Le département des vérités éternelles vous le trouverez chez d'autres cinglés que moi.
***
On a beau dire, on finit toujours par revenir à nos petites affaires parce que l'homme n'est qu'un petit mammifère, à peine plus gros qu'un écureuil. Il doit s'acheter des vêtements parce qu'il n'est pas assez poilu.
Il doit manger, emmagasiner, résister aux intempéries, aux politiciens et autres promoteurs véreux.
***
Les riches n'insultent jamais les pauvres. Ils engagent de pauvres crétins pour le faire à leur place.
Vous pouvez utiliser cette maxime si vous dites qu'elle est de moi. Mais je n'y tiens pas tant que ça. J'ai d'autres choses à faire.
***
Un menteur qui est tenu pour menteur par tout le monde n'est pas un menteur mais un vrai niaiseux.
***
Les menteurs clignent des yeux quand ils mentent et s'ils se font prendre ils ne se mettent qu'à parler d'eux-mêmes à la troisième personne du singulier.
***
Je ne savais pas trop quoi écrire ce matin. Je demande à ma blonde de me trouver un sujet, comme ça, pour faire démarrer ma boîte à poux. Il fait tout de même -20 Celsius ce matin et les idées ne viennent pas toujours toutes seules. Elle me répond calmement d'écrire que mon pénis chante vive le vent. Je ne savais pas comment placer ça dans mon billet matutinal. Maintenant que c'est fait, je me sens dégagé d'un défi qui relie le comique au monde cosmique.
***
Ma blonde contemplait la photo d'une nébuleuse sur son portable. Et là je me suis mis à penser au cosmos puis à Star Trek, Dieu et les Vulcains. J'ai trouvé quelques maximes que j'aurais pu nettoyer un peu avant que de vous les présenter. Ce n'est pas mon fort la propreté. Le fignolé. Le figé. Le Botox littéraire. Nenon. J'écris comme je marche. Et c'est tout mon truc. Toute ma technique. Sans droits d'hauteur.
Vive l'infini et bonne journée.
Tous nos problèmes deviennent petits, mesquins et prétentieux quand on regarde les astres, les nébuleuses et les trous noirs.
Qu'est-ce qu'une jambe, du jambon ou bien un pays quand on sait que nous faisons partie d'une encore plus grande aventure? Pourquoi la haine, la violence et l'avidité quand il y a des milliards d'étoiles?
Je ne prétends pas avoir trouver l'idée du siècle. Ça non. Autrement je n'aurais rien écrit du genre et je ferais semblant d'être inspiré par Dieu. Je ne suis qu'une créature qui n'est pas tout à fait le centre de la Création. Je pourrais tout aussi bien me trouver dans un coin, ça et là dans le monde intemporel. Je n'en sais fichtre rien. Tout ce que je sais c'est que le mystère des espaces infinis m'attire autant qu'il effrayait Pascal, un auteur bien plus ennuyeux que François Rabelais.
Où veux-je en venir?
À rien. J'essaie de produire des aphorismes potables. Je me perds en digressions pour noyer le cosmos dans ma logorrhée. Je suis un indécrottable esthète des arts et des lettres. À peine un philosophe.
Je ne suis qu'un oeil rivé sur l'immensité.
Je ne suis qu'un humain, comme vous et moi. Et bientôt, qu'on le veuille ou pas, nous serons morts, chacun d'entre nous. Nous serons ailleurs ou rien du tout. Je n'ai pas le dernier mot là-dessus. Le département des vérités éternelles vous le trouverez chez d'autres cinglés que moi.
***
On a beau dire, on finit toujours par revenir à nos petites affaires parce que l'homme n'est qu'un petit mammifère, à peine plus gros qu'un écureuil. Il doit s'acheter des vêtements parce qu'il n'est pas assez poilu.
Il doit manger, emmagasiner, résister aux intempéries, aux politiciens et autres promoteurs véreux.
***
Les riches n'insultent jamais les pauvres. Ils engagent de pauvres crétins pour le faire à leur place.
Vous pouvez utiliser cette maxime si vous dites qu'elle est de moi. Mais je n'y tiens pas tant que ça. J'ai d'autres choses à faire.
***
Un menteur qui est tenu pour menteur par tout le monde n'est pas un menteur mais un vrai niaiseux.
***
Les menteurs clignent des yeux quand ils mentent et s'ils se font prendre ils ne se mettent qu'à parler d'eux-mêmes à la troisième personne du singulier.
***
Je ne savais pas trop quoi écrire ce matin. Je demande à ma blonde de me trouver un sujet, comme ça, pour faire démarrer ma boîte à poux. Il fait tout de même -20 Celsius ce matin et les idées ne viennent pas toujours toutes seules. Elle me répond calmement d'écrire que mon pénis chante vive le vent. Je ne savais pas comment placer ça dans mon billet matutinal. Maintenant que c'est fait, je me sens dégagé d'un défi qui relie le comique au monde cosmique.
***
Ma blonde contemplait la photo d'une nébuleuse sur son portable. Et là je me suis mis à penser au cosmos puis à Star Trek, Dieu et les Vulcains. J'ai trouvé quelques maximes que j'aurais pu nettoyer un peu avant que de vous les présenter. Ce n'est pas mon fort la propreté. Le fignolé. Le figé. Le Botox littéraire. Nenon. J'écris comme je marche. Et c'est tout mon truc. Toute ma technique. Sans droits d'hauteur.
Vive l'infini et bonne journée.
vendredi 25 janvier 2013
Bravo Monsieur le Maire!
Il était une fois le maire d'un petit village très pittoresque qui s'élevait au-dessus de la mer, dans l'estuaire du grand fleuve Magtogoek.
Il avait des cheveux mais il se rasait la barbe et affichait un menton glabre. Peut-être qu'il avait même des défauts. Mais l'essentiel, c'est qu'il avait du coeur.
On le surnommait Concombre de mer, histoire de faire un jeu de mots avec le maire qui entendait bien à rire.
-Vous autres mes torrieux! Arf! Arf! J'va's vous en faire un concombre de maire!!! qu'il riait de bon coeur parce qu'il était tout de même mieux payé que la plupart de ces persifleurs pas trop méchants somme toute.
Il avait aussi une cicatrice sur le pied gauche, ce maire. Il avait chuté avec une bouteille de bière à la Saint-Jean-Baptiste de l'année 1982. Il lui était resté cette marque d'environ un pouce et demi de longueur. Pas grand' chose. À peine de quoi vous en parler.
Tout le monde l'aimait bien dans son village, à part deux ou trois crosseurs comme il s'en trouve toujours et d'autres qui se rappellaient de la Saint-Jean-Baptiste de 1982.
Un jour, une compagnie pétrolière arriva dans le village pour forer n'importe où n'importe comment, au risque de s'attaquer aux réserves d'eau potable de tout un chacun sans crier gare.
-Ho minute! qu'il a dit ce maire. Me semble qu'on n's'était pas entendus comme ça!!!
Alors ce sacré concombre de maire fit voter une loi municipale pour protéger l'eau potable de ses concitoyens. La compagnie pétrolière quitta les lieux. Et le village demeura toujours aussi pittoresque et l'eau toujours aussi bonne au goût.
Ce qui fait qu'il devint un genre de héros même si je ne me rappelle plus son nom.
Je me rappelle cependant du nom d'un maire moins illustre que je ne nommerai pas, par lassitude, et aussi par goût de vivre ma vie selon un certain idéal de beauté sans subir l'emprise de la boue.
Ce maire est ignoble et c'est plutôt du genre concombre de marais.
Tout se transforme en béton sous son oeil un peu snappé.
Tous ces projets sont fous, démesurés et stoppés au milieu de nulle part comme si nous étions à quelques minutes de la finale du film Zorba le Grec, quand tout s'écroule, avant la danse de Zorba.
Son pont n'est pas fini.
Son Royaume de Walt Disney en stucco ne lève pas fort.
Il a construit toutes sortes de niaiseries en plus de s'être foutu de toute forme d'exercice démocratique.
Ce petit despote de village ne se fait pas applaudir par ses concitoyens et peut-être qu'il s'en sacre. Après lui le déluge. Nous ne sommes que des minables de ne pas comprendre qu'il sait tout, cet hostie de mongol.
Ça lui permet de faire traiter les eaux usées de l'industrie du gaz de schiste dans le réseau public et de les renvoyer dans le fleuve en deux temps trois mouvements.
Tout le monde sait en ce village que c'est un hostie de cave. Tout le monde sait ça. Même l'élite du village, quelques petits baveux de la polyvalente qui se sont rencontrés pendant la fête de la Saint-Jean-Baptiste, en 1983.
Ce maire-là ne se fera pas réélire cette année. À moins que ce village ne soit vraiment rempli que de vrais et authentiques niaiseux.
Il avait des cheveux mais il se rasait la barbe et affichait un menton glabre. Peut-être qu'il avait même des défauts. Mais l'essentiel, c'est qu'il avait du coeur.
On le surnommait Concombre de mer, histoire de faire un jeu de mots avec le maire qui entendait bien à rire.
-Vous autres mes torrieux! Arf! Arf! J'va's vous en faire un concombre de maire!!! qu'il riait de bon coeur parce qu'il était tout de même mieux payé que la plupart de ces persifleurs pas trop méchants somme toute.
Il avait aussi une cicatrice sur le pied gauche, ce maire. Il avait chuté avec une bouteille de bière à la Saint-Jean-Baptiste de l'année 1982. Il lui était resté cette marque d'environ un pouce et demi de longueur. Pas grand' chose. À peine de quoi vous en parler.
Tout le monde l'aimait bien dans son village, à part deux ou trois crosseurs comme il s'en trouve toujours et d'autres qui se rappellaient de la Saint-Jean-Baptiste de 1982.
Un jour, une compagnie pétrolière arriva dans le village pour forer n'importe où n'importe comment, au risque de s'attaquer aux réserves d'eau potable de tout un chacun sans crier gare.
-Ho minute! qu'il a dit ce maire. Me semble qu'on n's'était pas entendus comme ça!!!
Alors ce sacré concombre de maire fit voter une loi municipale pour protéger l'eau potable de ses concitoyens. La compagnie pétrolière quitta les lieux. Et le village demeura toujours aussi pittoresque et l'eau toujours aussi bonne au goût.
Ce qui fait qu'il devint un genre de héros même si je ne me rappelle plus son nom.
Je me rappelle cependant du nom d'un maire moins illustre que je ne nommerai pas, par lassitude, et aussi par goût de vivre ma vie selon un certain idéal de beauté sans subir l'emprise de la boue.
Ce maire est ignoble et c'est plutôt du genre concombre de marais.
Tout se transforme en béton sous son oeil un peu snappé.
Tous ces projets sont fous, démesurés et stoppés au milieu de nulle part comme si nous étions à quelques minutes de la finale du film Zorba le Grec, quand tout s'écroule, avant la danse de Zorba.
Son pont n'est pas fini.
Son Royaume de Walt Disney en stucco ne lève pas fort.
Il a construit toutes sortes de niaiseries en plus de s'être foutu de toute forme d'exercice démocratique.
Ce petit despote de village ne se fait pas applaudir par ses concitoyens et peut-être qu'il s'en sacre. Après lui le déluge. Nous ne sommes que des minables de ne pas comprendre qu'il sait tout, cet hostie de mongol.
Ça lui permet de faire traiter les eaux usées de l'industrie du gaz de schiste dans le réseau public et de les renvoyer dans le fleuve en deux temps trois mouvements.
Tout le monde sait en ce village que c'est un hostie de cave. Tout le monde sait ça. Même l'élite du village, quelques petits baveux de la polyvalente qui se sont rencontrés pendant la fête de la Saint-Jean-Baptiste, en 1983.
Ce maire-là ne se fera pas réélire cette année. À moins que ce village ne soit vraiment rempli que de vrais et authentiques niaiseux.
jeudi 24 janvier 2013
L'aventure c'est l'hiver
Il fait -26 Celsius ce matin à Trois-Rivières. Cela tourne autour de -35 C avec le facteur de refroidissement éolien.
Comme nous sommes faits forts, personne ne va se plaindre.
Il y a toujours du beau soleil quand il fait froid.
Ceux qui ne sont pas contents devraient foutre le camp d'ici et cesser de nous chiffonner les oreilles avec ces pays chauds où les autochtones n'ont pas le droit d'approcher les plages et les touristes gros, gras et mous du cerveau.
Mon pays n'est pas fait pour les lopettes.
Et c'est tant mieux.
Sur ce, je m'en vais me déguiser en cosmonaute pour me réjouir de vivre en un lieu où les seules aventures extrêmes sont météorologiques.
Comme nous sommes faits forts, personne ne va se plaindre.
Il y a toujours du beau soleil quand il fait froid.
Ceux qui ne sont pas contents devraient foutre le camp d'ici et cesser de nous chiffonner les oreilles avec ces pays chauds où les autochtones n'ont pas le droit d'approcher les plages et les touristes gros, gras et mous du cerveau.
Mon pays n'est pas fait pour les lopettes.
Et c'est tant mieux.
Sur ce, je m'en vais me déguiser en cosmonaute pour me réjouir de vivre en un lieu où les seules aventures extrêmes sont météorologiques.
mercredi 23 janvier 2013
Jimmy Pagé
Mon clavier fait des free-games. Heureusement. J'ai failli radoter encore quelque chose à propos du Journal d'un écrivain de Dostoïevski. Il y entremêle de la politique, souvent conservatrice, avec de la littérature, souvent humaniste. C'était sans doute un être tourmenté. Et ce tourment est transcendé parfois par l'art. Et parfois non. Il sombre aussi dans l'abîme et les bas-fonds.
Je ne radoterai pas longtemps. Le clavier est rétabli. Mais le temps s'est écoulé. Il ne me reste que quatre minutes pour laisser une trace sur le ouèbe, histoire de marquer mon territoire.
C'est donc l'histoire d'un gars qui s'appelait Jimmy Pagé. Tout le monde l'appelait évidemment Jimmy Page, même s'il ne lui ressemblait pas du tout.
Moi, je l'appelais Jimmy Pagé. Parce que j'avais l'impression que ça lui tapait sur le système de se faire surnommer Jimmy Page.
Quant à lui, il ne disait jamais rien. Il se faisait lancer toutes sortes de boulettes de papier et de trognons de pomme par-dessus la tête, Jimmy Page. C'est vrai qu'il en lançait lui aussi. De sorte qu'on ne savait pas qui avait commencé, même s'ils s'en prenaient à vingt contre un, le un étant Jimmy Page bien entendu.
Jimmy Pagé travaille maintenant dans une pharmacie. Il n'est pas pharmacien. On ne sait pas trop ce qu'il fait là. Peut-être qu'il est assistant-gérant ou bien qu'il porte les mêmes vêtements que les autres employés pour se fondre dans la masse.
Il a toujours de grandes dents et un front haut, Jimmy Pagé. Et pas de cheveux. Pas un poil sur le caillou. Rien.
La plupart du monde l'appelle maintenant Jimmy Pagé parce que plus personne ne sait qui c'est Jimmy Page.
Je ne radoterai pas longtemps. Le clavier est rétabli. Mais le temps s'est écoulé. Il ne me reste que quatre minutes pour laisser une trace sur le ouèbe, histoire de marquer mon territoire.
C'est donc l'histoire d'un gars qui s'appelait Jimmy Pagé. Tout le monde l'appelait évidemment Jimmy Page, même s'il ne lui ressemblait pas du tout.
Moi, je l'appelais Jimmy Pagé. Parce que j'avais l'impression que ça lui tapait sur le système de se faire surnommer Jimmy Page.
Quant à lui, il ne disait jamais rien. Il se faisait lancer toutes sortes de boulettes de papier et de trognons de pomme par-dessus la tête, Jimmy Page. C'est vrai qu'il en lançait lui aussi. De sorte qu'on ne savait pas qui avait commencé, même s'ils s'en prenaient à vingt contre un, le un étant Jimmy Page bien entendu.
Jimmy Pagé travaille maintenant dans une pharmacie. Il n'est pas pharmacien. On ne sait pas trop ce qu'il fait là. Peut-être qu'il est assistant-gérant ou bien qu'il porte les mêmes vêtements que les autres employés pour se fondre dans la masse.
Il a toujours de grandes dents et un front haut, Jimmy Pagé. Et pas de cheveux. Pas un poil sur le caillou. Rien.
La plupart du monde l'appelle maintenant Jimmy Pagé parce que plus personne ne sait qui c'est Jimmy Page.
mardi 22 janvier 2013
De la neige dure comme de la glace
La neige avait fondue, gelée, refondue et regelée. Elle était maintenant dure comme de la glace et pas trop glissante. Il n'était plus nécessaire de s'écarquiller les jambes sur des raquettes.
On pouvait marcher sur la neige sans s'enfoncer jusqu'aux genoux. Et ça y allait par tous les sentiers. Un lac gelé par moins vingt Celsius. Un ciel dégagé et sans nuages. Du soleil froid. Des arbres recouverts de frimas d'une jauneur immaculée comme dans un rêve.
Un petit chalet au bout d'un sentier. Puis un autre bout de chemin.
Le gars avait l'air pas mal content et il faisait peu de commentaires.
Cela s'est passé à la télé, à un poste de chasse et pêche américain. L'émission était en anglais mais le gars ne disait rien. Il ne faisait que marcher d'un chalet à l'autre, sans raquettes, parce que la neige était dure comme de la glace.
On pouvait marcher sur la neige sans s'enfoncer jusqu'aux genoux. Et ça y allait par tous les sentiers. Un lac gelé par moins vingt Celsius. Un ciel dégagé et sans nuages. Du soleil froid. Des arbres recouverts de frimas d'une jauneur immaculée comme dans un rêve.
Un petit chalet au bout d'un sentier. Puis un autre bout de chemin.
Le gars avait l'air pas mal content et il faisait peu de commentaires.
Cela s'est passé à la télé, à un poste de chasse et pêche américain. L'émission était en anglais mais le gars ne disait rien. Il ne faisait que marcher d'un chalet à l'autre, sans raquettes, parce que la neige était dure comme de la glace.
lundi 21 janvier 2013
No Man's Land?
Une certaine manière d'envisager la politique s'est grandement affaissée l'an dernier. On voudrait nous faire accroire que la rue ce n'est rien. Et pourtant, le monde change rapidement en ce moment, sans que les politiciens professionnels ne l'aient vraiment vu venir. Le monde change rapidement quand tout le monde est dans la rue.
En 2012, le Québec a vécu au rythme des plus grosses manifestations de son histoire. Les manifestations étudiantes ont débordé en manifestations contre la corruption. J'ai entendu crier des trucs sur la rue des Forges à faire défriser un Premier ministre. Et, comme défaite, il en a eu toute une.
En ce moment, la politique québécoise semble se passer dans un no man's land. On sait qu'une gauche édulcorée est au parlement et que la rue est carrément à gauche de la gauche.
La droite va s'effondrer, ici comme ailleurs, parce que nous ne sommes plus au dix-neuvième siècle. Leurs vieux trucs ne trompent plus personne. Ils semblent aussi passionnants que des collectionneurs de timbres. Ils vous inventent des lois du marché pour vous faire marcher dans la boue jusqu'aux genoux, spoliés de votre terre, de votre pays.
C'est la rue qui, encore une fois, offre le meilleur spectacle. Le spectacle d'hommes et de femmes libres qui ne veulent pas se faire baiser par une poignée de requins rapaces qui profitent de la mollesse des gouvernements.
Si c'est profitable pour eux, pourquoi pas pour nous? Se poser la question c'est y répondre. L'entreprise privée doit être dissociée du domaine de la santé, des ressources naturelles, de l'eau, du logement et de tout le reste que j'oublie.
Nous sommes un pays riche peuplé de pauvres qui ne savent pas qu'ils sont les seuls et uniques propriétaires de ce pays.
Nous pouvons faire beaucoup mieux tous ensemble.
Ce pays-là, comme le chantait Woody Guthrie, c'est notre pays pour moé pis toé.
En 2012, le Québec a vécu au rythme des plus grosses manifestations de son histoire. Les manifestations étudiantes ont débordé en manifestations contre la corruption. J'ai entendu crier des trucs sur la rue des Forges à faire défriser un Premier ministre. Et, comme défaite, il en a eu toute une.
En ce moment, la politique québécoise semble se passer dans un no man's land. On sait qu'une gauche édulcorée est au parlement et que la rue est carrément à gauche de la gauche.
La droite va s'effondrer, ici comme ailleurs, parce que nous ne sommes plus au dix-neuvième siècle. Leurs vieux trucs ne trompent plus personne. Ils semblent aussi passionnants que des collectionneurs de timbres. Ils vous inventent des lois du marché pour vous faire marcher dans la boue jusqu'aux genoux, spoliés de votre terre, de votre pays.
C'est la rue qui, encore une fois, offre le meilleur spectacle. Le spectacle d'hommes et de femmes libres qui ne veulent pas se faire baiser par une poignée de requins rapaces qui profitent de la mollesse des gouvernements.
Si c'est profitable pour eux, pourquoi pas pour nous? Se poser la question c'est y répondre. L'entreprise privée doit être dissociée du domaine de la santé, des ressources naturelles, de l'eau, du logement et de tout le reste que j'oublie.
Nous sommes un pays riche peuplé de pauvres qui ne savent pas qu'ils sont les seuls et uniques propriétaires de ce pays.
Nous pouvons faire beaucoup mieux tous ensemble.
Ce pays-là, comme le chantait Woody Guthrie, c'est notre pays pour moé pis toé.
samedi 19 janvier 2013
Mes origines autochtones
Je suis un Indien au sens de la Loi sur les Indiens de par feue ma grand-mère Adrienne Létourneau. Adrienne était Anishnabée. Elle est née sur la réserve Mohawk d'Akwesasné. Mon grand-père Éloi l'a mariée après la mort de sa première femme. Un mariage probablement arrangé par l'Église. Ce pauvre veuf père de six enfants s'est vu offrir une vieille fille, ma grand-mère Adrienne en l'occurrence. Et il l'a ramenée à Sainte-Luce-sur-Mer puis Sayabec pour lui faire au moins douze autres enfant, dont mon père, Conrad, l'aîné du deuxième lit comme on dit. Cette grand-mère que je n'ai jamais connue, parce qu'elle est morte dix ans avant ma naissance, était une sainte aux yeux de mon père. Elle a en vu de toutes les couleurs.
Mon père ne m'a transmis que des bribes de leur histoire. Leur grande pauvreté ne se racontait pas. Il nous la laissait deviner.
Il ne nous a jamais dit que sa mère était Indienne. Élevé par l'Église, mon père voulait nous faire accroire dur comme fer que nous étions des Bouchard de la Normandie. C'était sans doute pour nous protéger. Sans doute pour ne pas passer pour des Sauvages... À Rome, on fait comme chez les Romains. En Allemagne, on fait comme chez les Allemands. Et mieux vaut ne pas être un Sauvage ou bien un Tzigane dans tous les cas.
On a fini par découvrir que nous étions des Indiens. Je devais avoir dix-huit ans. Tout nous ramenait vers ça, tant du côté paternel que maternel.
Mes grands-parents Rodolphe et Valéda, du côté maternel, sont des descendants des déportés de l'Acadie. On a des liens non seulement avec Zachary Richard, mais aussi avec les Micmacs.
Et je n'ai pas besoin de déballer mes cartes d'identité et mes baptistères pour révéler ce que je suis.
C'est évident que je suis un Métis, comme la plupart des Québécois dits de souche qui l'ignorent encore. Il est probable que l'on ait naturalisé des tas d'Indiens avec des baptistères qui effaçaient toute référence à l'Indien.
Les chercheurs laissent parfois entendre que la côte Est de l'Île de la Tortue aurait pu être abordée par des tribus européennes qui longèrent la banquise au cours de la dernière période glaciaire. Ces tribus se seraient mélangées avec d'autres tribus d'origine asiatique. Et voilà pourquoi certains Autochtones auraient l'air de Tintin. Hollywood a contribué à vendre l'image du Sioux comme seule représentation des traits physiques de l'Indien. L'histoire des aborigènes est beaucoup moins homogène qu'elle ne le semble. Elle est complexe et trop mâtinée d'histoire, justement. Elle est, somme toute, caricaturale.
Qu'est-ce qu'une ceinture fléchée? On la voit comme un symbole vestimentaire du Québécois dit de souche. Et vous savez quoi? C'est surtout un symbole vestimentaire autochtone et métis...
La majorité des Québécois sont des Métis qui s'ignorent.
J'ai surmonté cette ignorance. Je me suis renseigné sur cette partie occultée de ma propre histoire. J'ai spontanément adhéré à la philosophie de mes ancêtres autochtones, par esprit de compensation. J'ai vécu vingt ans comme un Blanc de type vaguement nietzschéen. Je vivrai le reste de ma vie comme un vrai humain, c'est-à-dire comme un Indien.
Vous savez que les Indiens s'appellent tous vrais humains entre eux? Anishnabé veut dire vrai humain. Inuit veut dire vrai humain. Innu veut dire vrai humain. Iyéyou veut dire vrai humain... Et c'est pareil pour les tribus d'Amérique du Sud...
Par ailleurs, aucun lieu ne porte un nom humain chez les Sauvages. On disait le lac des éperviers, la rivière aux renards, mais jamais le Lac Bouchard ou bien la Rivière Saint-Maurice.
Voilà où j'en suis avec cette sagesse retrouvée.
J'ai encore beaucoup à apprendre.
Et beaucoup de luttes à soutenir.
Idle no more mes amis!
Mon père ne m'a transmis que des bribes de leur histoire. Leur grande pauvreté ne se racontait pas. Il nous la laissait deviner.
Il ne nous a jamais dit que sa mère était Indienne. Élevé par l'Église, mon père voulait nous faire accroire dur comme fer que nous étions des Bouchard de la Normandie. C'était sans doute pour nous protéger. Sans doute pour ne pas passer pour des Sauvages... À Rome, on fait comme chez les Romains. En Allemagne, on fait comme chez les Allemands. Et mieux vaut ne pas être un Sauvage ou bien un Tzigane dans tous les cas.
On a fini par découvrir que nous étions des Indiens. Je devais avoir dix-huit ans. Tout nous ramenait vers ça, tant du côté paternel que maternel.
Mes grands-parents Rodolphe et Valéda, du côté maternel, sont des descendants des déportés de l'Acadie. On a des liens non seulement avec Zachary Richard, mais aussi avec les Micmacs.
Et je n'ai pas besoin de déballer mes cartes d'identité et mes baptistères pour révéler ce que je suis.
C'est évident que je suis un Métis, comme la plupart des Québécois dits de souche qui l'ignorent encore. Il est probable que l'on ait naturalisé des tas d'Indiens avec des baptistères qui effaçaient toute référence à l'Indien.
Les chercheurs laissent parfois entendre que la côte Est de l'Île de la Tortue aurait pu être abordée par des tribus européennes qui longèrent la banquise au cours de la dernière période glaciaire. Ces tribus se seraient mélangées avec d'autres tribus d'origine asiatique. Et voilà pourquoi certains Autochtones auraient l'air de Tintin. Hollywood a contribué à vendre l'image du Sioux comme seule représentation des traits physiques de l'Indien. L'histoire des aborigènes est beaucoup moins homogène qu'elle ne le semble. Elle est complexe et trop mâtinée d'histoire, justement. Elle est, somme toute, caricaturale.
Qu'est-ce qu'une ceinture fléchée? On la voit comme un symbole vestimentaire du Québécois dit de souche. Et vous savez quoi? C'est surtout un symbole vestimentaire autochtone et métis...
La majorité des Québécois sont des Métis qui s'ignorent.
J'ai surmonté cette ignorance. Je me suis renseigné sur cette partie occultée de ma propre histoire. J'ai spontanément adhéré à la philosophie de mes ancêtres autochtones, par esprit de compensation. J'ai vécu vingt ans comme un Blanc de type vaguement nietzschéen. Je vivrai le reste de ma vie comme un vrai humain, c'est-à-dire comme un Indien.
Vous savez que les Indiens s'appellent tous vrais humains entre eux? Anishnabé veut dire vrai humain. Inuit veut dire vrai humain. Innu veut dire vrai humain. Iyéyou veut dire vrai humain... Et c'est pareil pour les tribus d'Amérique du Sud...
Par ailleurs, aucun lieu ne porte un nom humain chez les Sauvages. On disait le lac des éperviers, la rivière aux renards, mais jamais le Lac Bouchard ou bien la Rivière Saint-Maurice.
Voilà où j'en suis avec cette sagesse retrouvée.
J'ai encore beaucoup à apprendre.
Et beaucoup de luttes à soutenir.
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