Le Québec forme une petite communauté de 8,21 millions d'habitants selon les données de 2014 de l'Intitut de la statistique du Québec.
La France compte 66 millions de Français.
Il y a 322 millions d'Étatsuniens.
Le Québec peut faire vivre un ou deux hommes de théâtre. deux ou trois écrivains et une poignée d'artistes toutes catégories confondues. Les autres vont tous crever de faim ou recevoir des subventions pour bonifier leur aide sociale.
Un pourcent de marginaux au Québec, cela représente 82 100 personnes. La population d'une ville.
Un pourcent de marginaux en France, c'est 660 000 personnes.
Un pourcent de marginaux aux États-Unis: 3 220 000 personnes...
Cela signifie qu'il est plus facile d'être un artiste marginal aux États-Unis qu'au Québec. Plus facile d'être un bédéiste aux États-Unis qu'au Québec. Plus facile de sortir son épingle de jeu dans tous les cas.
Cette évidence me frappe chaque fois que je tombe sur des artistes québécois bourrés de talent qui peinent à joindre les deux bouts.
Ne croyez pas que je me plains de mon cas. Je trouve au contraire que je m'en sors pas si mal dans la mesure où je m'en contrefous.
Par contre, c'est clair que nos chanteurs vivent mieux en France qu'au Québec. Que nos cinéastes ont tout à gagner à produire des films aux États-Unis.
J'ai débuté dans l'univers de la bédé underground en souhaitant devenir Gotlib, Reiser ou Robert Crumb. Il n'y avait rien au Québec pour diffuser mes bédés. J'ai produit des tas de fanzines photocopiées à moins de cent exemplaires et, évidemment, je n'ai pas pu vivre de mon art. C'était de la faute de personne. C'était la réalité de vivre au sein d'une petite communauté.
Je me suis résigné en ajoutant d'autres cordes à mon arc. J'ai ajouté la musique, l'écriture, la peinture et tout le tralala sans me soucier de ma notoriété et de mes moyens de subsistance.
Pourtant, j'ai compris avec une certaine amertume que le Québec ne pouvait pas m'offrir de vivre de mon art comme je l'aurais souhaité. J'en vis tout de même, dans la mesure où je ne saurais vivre sans les arts et les lettres. Mais il est clair que je ne dois rien attendre du Québec et ne rien lui reprocher. C'est mathématique: nous ne pouvons pas faire vivre plus qu'une petite poignée d'artistes et parie même que nous surpassons largement notre quota toutes proportions gardés lorsque l'on se compare à la France et aux États-Unis.
Le Québec, je le dis sans chauvinisme, est bourré de talents dans tous les domaines.
On voudrait que tout un chacun soit reconnu. On ne saurait demander plus.
Contrairement à ce que j'aurais pu croire dans ma jeunesse, le Québec est très généreux envers ses artistes. Les Québécois leur accordent plus d'audience et d'intérêt que n'importe où dans le monde, même si cela semble difficile à croire à prime abord.
Peut-être faut-il accepter les contingences de la vie au sein d'une petite communauté et ne pas rechigner pour rien.
Personne n'est tenu de lécher les pieds d'un artiste en prétendant qu'il est un pur génie.
Personne n'est obligé à cet artiste.
Personne ne peut donner plus qu'il ne pèse.
C'était ma réflexion du jour.
Elle vaut ce qu'elle vaut.
Rappelez-la moi les jours où je serai amer envers le Québec.
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vendredi 27 mai 2016
vendredi 30 novembre 2007
ON AIME ÇA D'MÊME NOTRE P'TIT QUÉBEC!
Les jeunes Québécois seraient les Canadiens les moins aptes à la lecture. Rien pour se réjouir, non plus, quant aux capacités de lecture à l'échelle mondiale. C'est du moins ce que révèle un article d'Ariane Lacoursière paru aujourd'hui dans Cyberpresse.
Cela ne me surprend pas. Cependant, je trouve un peu courtes les réponses que cet article fournit pour expliquer la situation.
Il n'y a pas de reconnaissance réelle du savoir lire et écrire dans la société québécoise. Des intellectuels de talent lavent de la vaisselle tandis que des analphabètes incultes occupent des postes de direction: «on aime ça d'même, notre P'tit Québec»...
Nos jeunes Québécois ont de la difficulté à comprendre le contenu d'un texte plutôt simple. On pourra donc les bourrer avec n'importe quelle connerie plus tard et maintenir en place nos ânes de service qui ne sont pas «impressionnés» par les études, Dostoïevski, Molière ou les logarithmes. Et qui ne comprennent pas le contenu d'un texte plutôt simple... À vrai dire, ils s'en torchent. Comme ils se torchent de la culture, de l'art, du savoir-faire, des compétences, du talent et du génie.
«Il n'y a pas de place nulle part pour tous les Ovide Plouffe du monde entier», braillait l'autre.
Certes, il n'y a pas de place pour ceux qui savent lire et écrire au Québec et nos jeunes Québécois, pas fous, ont bien compris que la lecture est accessoire. Il faut seulement savoir faire du cash en profitant de l'apathie généralisée de notre société. Tout n'est qu'apparences pour se propulser à l'avant-scène d'une société où le nivellement vers le bas triomphe, condition nécessaire pour que le pouvoir soit toujours entre les mains de gens mesquins et dénués de réelles compétences, dont celles bien élémentaires de savoir lire et écrire.
Vraiment, «on aime ça d'même notre P'tit Québec»! C'est la seule société au monde où il est vraiment mal vu de savoir lire et écrire...
Alors, ne faisons pas trop chier avec les jeunes Québécois qui ne savent ni lire ni écrire. Ce n'est reconnu qu'à l'école. Dans la vraie vie, la plupart des Québécois sont fiers de réussir tout en étant incapables d'écrire une phrase de trois mots sans faire six fautes. C'est dans l'air du temps. Aussi, je me console d'assister à l'arrivée d'immigrants qui savent lire et écrire: cela va remonter le niveau général, qui en a bien besoin. Évidemment, ces immigrants devront surtout laver de la vaisselle pour les dix prochaines années, d'ici à ce que l'on se rende compte que la situation n'a plus de bon sens... On y est presque. Mais pas encore. Il reste encore bien des livres à s'empoussiérer d'ici là.
Cela ne me surprend pas. Cependant, je trouve un peu courtes les réponses que cet article fournit pour expliquer la situation.
Il n'y a pas de reconnaissance réelle du savoir lire et écrire dans la société québécoise. Des intellectuels de talent lavent de la vaisselle tandis que des analphabètes incultes occupent des postes de direction: «on aime ça d'même, notre P'tit Québec»...
Nos jeunes Québécois ont de la difficulté à comprendre le contenu d'un texte plutôt simple. On pourra donc les bourrer avec n'importe quelle connerie plus tard et maintenir en place nos ânes de service qui ne sont pas «impressionnés» par les études, Dostoïevski, Molière ou les logarithmes. Et qui ne comprennent pas le contenu d'un texte plutôt simple... À vrai dire, ils s'en torchent. Comme ils se torchent de la culture, de l'art, du savoir-faire, des compétences, du talent et du génie.
«Il n'y a pas de place nulle part pour tous les Ovide Plouffe du monde entier», braillait l'autre.
Certes, il n'y a pas de place pour ceux qui savent lire et écrire au Québec et nos jeunes Québécois, pas fous, ont bien compris que la lecture est accessoire. Il faut seulement savoir faire du cash en profitant de l'apathie généralisée de notre société. Tout n'est qu'apparences pour se propulser à l'avant-scène d'une société où le nivellement vers le bas triomphe, condition nécessaire pour que le pouvoir soit toujours entre les mains de gens mesquins et dénués de réelles compétences, dont celles bien élémentaires de savoir lire et écrire.
Vraiment, «on aime ça d'même notre P'tit Québec»! C'est la seule société au monde où il est vraiment mal vu de savoir lire et écrire...
Alors, ne faisons pas trop chier avec les jeunes Québécois qui ne savent ni lire ni écrire. Ce n'est reconnu qu'à l'école. Dans la vraie vie, la plupart des Québécois sont fiers de réussir tout en étant incapables d'écrire une phrase de trois mots sans faire six fautes. C'est dans l'air du temps. Aussi, je me console d'assister à l'arrivée d'immigrants qui savent lire et écrire: cela va remonter le niveau général, qui en a bien besoin. Évidemment, ces immigrants devront surtout laver de la vaisselle pour les dix prochaines années, d'ici à ce que l'on se rende compte que la situation n'a plus de bon sens... On y est presque. Mais pas encore. Il reste encore bien des livres à s'empoussiérer d'ici là.
lundi 9 avril 2007
Et maintenant je fais quoi?
Mon premier message est lancé dans le cyber-espace. Et maintenant, je fais quoi? J'attends qu'on me réplique? Je provoque un débat sur un thème? Je livre simplement mes pensées du moment? Le choix sera difficile, puisque je cherche autant que tout autre à épater la galerie, tendance naturelle que je combats âprement en développant le goût à rire de moi-même.
Pour ceux qui se demandent quelle est mon allégeance politique, permettez-moi tout de suite de vous décevoir: je n'en ai pas.
La vie est trop complexe pour n'appliquer qu'une seule solution à des problèmes multiples. On ne peut pas toujours trancher le noeud gordien, comme Alexandre le Grand le fit, d'un coup net, au fil de l'épée. La légende prétendait que celui qui dénouerait le noeud s'emparerait de la ville. Alexandre a solutionné le problème haut l'épée. Mais s'il avait à désamorcer une bombe, parions que son épée lui serait d'aucun secours, comme sont d'aucun secours les solutions passées pour des problèmes d'aujourd'hui. Le monde change. Comme disait le philosophe Héraclite, on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau.
La politique partisane, c'est trancher le noeud gordien, tout le temps, sans réfléchir à la bombe qui pourrait exploser tout au bout. La limite de l'action politique, c'est le consensus. Si nous ne voulons pas de consensus, ne souhaitons-nous pas plonger le pays dans la guerre civile aux noms de vagues idéaux qui, demain, seront tournés au ridicule, comme tous les idéaux passés et à venir?
La vraie politique, la politique directe, c'est prendre la parole, simplement, pour ne pas laisser aux politiciens professionnels le loisir d'occuper tout le discours associé aux affaires publiques.
Bon, j'ai assez réfléchi pour ce matin. Je vais aller jouer un peu de guitare.
Pour ceux qui se demandent quelle est mon allégeance politique, permettez-moi tout de suite de vous décevoir: je n'en ai pas.
La vie est trop complexe pour n'appliquer qu'une seule solution à des problèmes multiples. On ne peut pas toujours trancher le noeud gordien, comme Alexandre le Grand le fit, d'un coup net, au fil de l'épée. La légende prétendait que celui qui dénouerait le noeud s'emparerait de la ville. Alexandre a solutionné le problème haut l'épée. Mais s'il avait à désamorcer une bombe, parions que son épée lui serait d'aucun secours, comme sont d'aucun secours les solutions passées pour des problèmes d'aujourd'hui. Le monde change. Comme disait le philosophe Héraclite, on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau.
La politique partisane, c'est trancher le noeud gordien, tout le temps, sans réfléchir à la bombe qui pourrait exploser tout au bout. La limite de l'action politique, c'est le consensus. Si nous ne voulons pas de consensus, ne souhaitons-nous pas plonger le pays dans la guerre civile aux noms de vagues idéaux qui, demain, seront tournés au ridicule, comme tous les idéaux passés et à venir?
La vraie politique, la politique directe, c'est prendre la parole, simplement, pour ne pas laisser aux politiciens professionnels le loisir d'occuper tout le discours associé aux affaires publiques.
Bon, j'ai assez réfléchi pour ce matin. Je vais aller jouer un peu de guitare.
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