lundi 8 août 2016

Nouvelles toiles sans aucun discours sur l'art

Vue du Premier Coteau
Acrylique sur toile, 18 X 24 po.
Ce que j'aime de l'art c'est qu'il me délivre de l'explication. C'est pourtant ce que notre époque met de l'avant, l'explication, la "démarche artistique", comme si l'oeuvre ne s'expliquait pas d'elle-même.

Pourriez-vous imaginer Michel-Ange justifier les traits de ses pinceaux ou bien ses coups de marteau?

-Vous voyez, il y a de l'intériorité dans mes coups de pinceaux... J'adopte une posture résolument hyperréaliste à laquelle s'allie une dimension métaphysique qui transcende les contingences de l'art à l'ère de sa reproductibilité technique... Donc je... prout... caca... poil...

Les discours sur l'art sont pour moi de la merde. Et encore moins que ça. La merde est vraie.

Pourtant, tentez d'obtenir une subvention sans faire référence à votre démarche artistique et sans s'appuyer sur la reconnaissance de vos pairs, essentiellement des incapables qui parlent plus de leurs oeuvres qu'ils ne savent en produire d'authentiques.

Ce qui fait que je ne mendie pas de subvention et ne fais partie d'aucune association artistique, littéraire, politique, religieuse ou sportive. Je me fous du marché de l'art. Je marche comme je veux. Et j'en suis le plus heureux des hommes.

J'en ai soupé des coteries à la con et de ceux que René Daumal appelait les "fabricateurs de discours inutiles" dans La grande beuverie. Parmi ceux-là, je me sentais comme un chien dans un jeu de quilles. Et ce chien aurait fait passer un pitbull pour un chihuahua. Bref, c'est dans l'intérêt de tout le monde que je me tienne loin de ces regroupements d'empêcheurs de l'art.

Je produis donc une oeuvre tout à fait indépendante. Des particuliers me soutiennent, ici et là, dans la mesure de leurs moyens. Et, qui plus est, je ne leur demande rien. J'avance sans regarder devant ni derrière. Je ne suis jamais décentré face à moi-même. Et c'est vraiment tout ce qui compte.

J'écris déjà trop. Cela pourrait presque ressembler à une démarche artistique. Une pose postmoderne à laquelle l'on peut ajouter un zeste d'expressionnisme anarchisant... J'en dégueule rien que d'y penser.

Pardonnez-moi ces saillies. Je vais plutôt me contenter de vous montrer quelques photos qui témoignent de la continuité de mon travail d'artiste en marge de l'Art avec un grand A. De cet Art rampant qui permet de récolter des médailles et des soupirs de vieilles pantoufles séniles structuralistes. Cet Art-là ne vaut pas un barbouillage d'enfant, ni même un bout de bois gossé par un pêcheur de la Gaspésie. C'est un discours, comme le discours des escrocs du conte de Andersen qui vendent du vent à l'Empereur tout nu comme le dernier des vers de terre.

Voilier, acrylique sur toile 8 X 10 po.
Toile en chantier avec une pancarte utilisée lors d'une manif intitulée tout bonnement Dehors Couillard!

Fresque peinte dans la cave de mon atelier. Au printemps, avec le dégel, il arrive qu'il y ait de l'infiltration d'eau. Ma chute devient alors plus vraie que nature. 

Une partie de mon atelier-galerie d'art.






2 commentaires:

monde indien a dit...

T ' as raison - on fait des dessins pour partager des sensations , pas pour faire des blablas - sinon on ferait des bouquins - ou des blogs ;)

Gaétan Bouchard a dit...

@Monde indien: Oui monsieur!