samedi 6 août 2016

Canicule

C'est la canicule. On se sent comme dans le cul d'un chien. Lorsqu'on passe près d'une bouche d'égout ça sent mauvais. L'eau du robinet est chaude comme de la pisse. Que le soleil soit au rendez-vous ou pas on vit sous l'impression d'être dans le brouillard. Une grosse fumeuse peine à pomper son oxygène. Elle s'enferme dans sa voiture stationnée et laisse tourner le moteur pour faire fonctionner son air climatisé afin de fumer au frais. Il fait chaud, ça pue et on n'est pas bien. Rien ne va changer. Ou si peu. Dans vingt ans, on va se promener l'été avec une bonbonne d'oxygène dans le dos. On va pomper l'eau des mers pour en extirper l'oxygène et on se débarrassera de l'hydrogène d'une manière ou d'une autre. Des millions de réfugiés climatiques seront refoulés aux frontières. Les pétrolières seront encore là. Il y aura encore des grosses niaiseuses qui laisseront tourner le moteur de leur auto pour fumer à l'air climatisé en pleine canicule. On se moquera des écologistes. On parlera encore de croissance économique et il y aura encore des politiciens corrompus qui s'en mettront plein les poches en nous regardant tous crever. La minorité qui vote votera pour la pourriture, comme toujours. Et la grande majorité de ceux qui n'iront pas voter devront subir la politique, comme d'habitude. Ceux qui s'indigneront de la situation passeront pour des gens négatifs et chicaniers. L'harmonie, aujourd'hui comme demain, ce sera de fermer sa gueule en respirant sa part de marde.