jeudi 4 août 2016

Encore le Grand Prix de la bêtise...

Comme à chaque année que le Diable nous amène le Grand Prix de Trois-Rivières revient en fin de semaine.

Cet événement en l'honneur de la pollution sonore et atmosphérique viendra une fois de plus perturber la quiétude d'un tas d'être vivants qui n'y voient pas une occasion de célébrer. Les pigeons comme les piétons n'auront qu'à bien se tenir!

Le Grand Prix de Trois-Rivières, comme vous le savez peut-être, a lieu dans les rues de la ville. On trouve à proximité du circuit automobile un hôpital (avec un panneau où l'on voit un H qui suppose le silence...), une résidence pour cancéreux en phase terminale, des centres d'hébergement pour personnes âgées et une piscine publique dont l'accès sera uniquement réservé aux spectateurs du Grand Prix pendant la durée de l'événement. Quoi de mieux que de se rafraîchir avec de l'eau fraîche et pure après avoir assisté à des pétarades, des émissions de gaz carbonique à volonté, des odes à la gloire de notre culture du déchet...

Trois-Rivières, la ville la plus polluée du Québec selon l'Organisation mondiale de la Santé, va se pencher bien bas pour se faire enfiler par toute cette meute d'amateurs de grosses totos qui puent et font du bruit au centre-ville. On va leur montrer nos saltimbanques. On va sortir la boisson. On va faire péter des feux d'artifices au-dessus du fleuve comme l'on ne fait même plus pour la Fête Nationale...

Les visiteurs vont se comporter comme des caves dans nos rues. Ils vont faire vrombir le moteur de leurs voitures comme s'ils faisaient eux-mêmes partie de la course. Ils vont signaler aux piétons et aux cyclistes qu'ils n'ont pas d'affaire dans la rue et que même les pistes cyclables sont de trop. Tout ce qu'il y a d'épais va déferler sur la ville. Les douchbags et les plottes de char vont jouer des biceps et gonfler leur poitrine à l'hélium pour en ricaner un coup en se gaussant du réchauffement climatique et de tout comportement éco-responsable. On va balancer des verres de plastique, des contenants de MacDonald's et autres déchets par la fenêtre de l'auto en hurlant comme des macaques. Des équipes de nettoyeurs vont se charger de ramasser le vomi dans les rues du centre-ville au petit matin pour que Trois-Rivières ait l'air propre même quand elle se fait souiller.

Je gueule à chaque année contre le Grand Prix de Trois-Rivières et me sens franchement impuissant d'y changer quoi que ce soit.

Je devrai fermer mes fenêtres ou bien quitter la ville pour toute la durée de l'événement.

Trois-Rivières appartiendra à ce qu'il y a de plus superficiel et de plus insignifiant dans ce monde. Ne vous étonnez pas d'y rencontrer des tas de politiciens qui viendront s'y sécher les dents et distribuer leurs poignées de main de faux-culs.

Ce sera beau, le Grand Prix de la bêtise...