vendredi 26 août 2016

Burkini

Femme sur la plage en 1910
Je m'en veux d'aborder ce sujet. J'ai l'impression de m'abandonner aux bêtises alimentées par les journaux jaunes et les radios-poubelles. Je me promets de ne pas en dire plus que le temps d'un billet.

Eh oui! je vais vous dire ce que je pense de la soi-disant polémique entourant le port du burkini à la plage...

Je dois d'entrée de jeu vous avouer que je n'ai jamais vu de femmes en porter sur les plages que je fréquente. J'ai bien sûr vu des femmes voilées de temps à autres qui ne plongeaient même pas le bout de leurs orteils dans l'eau tandis que leurs maris portaient un "maillot-dine" comme on dit par chez-nous, un slip de bain qui moule les organes génitaux. J'aurais préféré voir les formes de leurs femmes. Mais bon, là n'est pas la question.

Il y a quelques années, lors de la soi-disant polémique entourant les accommodements raisonnables, les médias ont relayé toutes sortes de bêtises jour après jour pour effrayer et indigner le bon peuple. On a rapidement confondu tout et rien.

Ainsi, on s'arracha la chemise sur de vieux cons qui demandaient au propriétaire d'un centre sportif de teinter ses fenêtres. Elles laissaient voir des femmes en train de remuer leurs membres. Ce qui outrageait leurs croyances. Ce n'était pas une affaire d'État. Il revenait au propriétaire d'envoyer paître ces juifs hassidiques en leur disant, par exemple, d'aller se remuer l'auguste membre avec une poignée de braquettes. C'était aussi simple et aussi facile que ça. Pas de quoi ameuter tout un peuple au bulletin de nouvelles parce qu'il manquait de chats écrasés sur la route ce jour-là.

Idem pour l'affaire encore plus farfelue des musulmans qui se sont présentés dans une cabane à sucre en demandant au proprio de leur servir des fèves au lard sans porc. Le proprio pouvait les envoyer scier eux aussi. Il aurait aussi pu les accommoder avec des fèves sans gras animal. J'en fais moi-même avec de l'huile d'olive sans avoir l'impression de trahir l'esprit de ma nation. Cet esprit qui ne réside pas dans le lard mais dans la liberté...

Encore une fois, ce n'était pas une affaire d'État. C'était tout simplement une autre connerie de Québecor, toujours à l'affût de controverses fondées sur les peurs et l'ignorance du bon peuple.

C'est qu'il y a le bon peuple et le mauvais peuple. Le bon peuple répète ce qu'on lui répète. Le mauvais peuple pense par lui-même et dit toutes sortes de bêtises non homologuées. Cela va de soi.

Pour revenir au burkini, il faut nécessairement passer par la critique du fanatisme, qui peut être autant religieux que nationaliste. J'ai même connu des athées fanatiques. Dès que l'on ne vit que d'idées fixes, que l'on soit tourné vers la Mecque ou centré sur un discours qui n'admet aucune zone grise, on sombre inévitablement dans la position des anges exterminateurs. Ce qui me fait préférer les gens moins angéliques et pétris de défauts à échelle humaine, dont la tolérance n'est pas le moins funeste.

Je ne tiens pas en haute estime les religions. Par contre, je respecte la quête spirituelle des humains. La religion est une réponse définitive à une question qui me semble d'autant plus insoluble qu'on ne sait même pas comment la poser. S'étrangler pour si peu me fait douter du génie de l'homme. Et la femme n'a certainement pas à obéir à ces valeurs d'hommes qui veulent les tenir en cage ou bien en gage.

Quand je vois une femme en costume de bain sur la plage, voire dans la rue, je n'ai pas l'envie de sauter dessus pour la violer. Je sais me tenir. Et même qu'il m'apparaît étrange qu'on puisse soupçonner qu'un homme digne de ce nom puisse avoir des idées semblables. Il semble que c'est pour contrôler les envies de ces hommes qui devraient "se faire un noeud dedans" que l'on en est venu à voiler des femmes de pied en cap.

Heureusement que cette époque est révolue. Nous ne retournerons pas à ces discours religieux ringards à une époque où toutes les églises sont transformées en marchés aux puces ou bien en entrepôts du pneu, quand elles ne sont pas tout simplement démolies.

Les juifs hassidiques, les islamistes, les bérets blancs et autres fous de l'archange Saint-Michel peuvent bien aller se faire voir loin de ce monde que de toutes façons ils méprisent. Nous n'avons pas à leur accorder la moindre attention sinon pour leur rappeler ce qu'ils savent déjà comme tous les pauvres cons que nous sommes. Il y a des lois pour tout le monde. Et la loi ne dit pas que tu ne peux pas te promener tout habillé sur la plage. Elle dit plutôt que tu ne peux pas te promener tout nu, à moins d'être dans un camp de nudistes. C'est-à-dire sur une propriété privée.

Donc, laissons-les se promener sur nos plages avec leurs burkinis, leurs bérets blancs et leurs tuyaux de poêle sur la tête s'ils le veulent. Cela ne doit susciter tout au plus que notre indifférence teintée d'un peu de cynisme bon enfant. Cela ne mérite pas un mois d'articles savants et d'analyses sociologiques de branleurs constitutionnalistes ou pas.

Si les Français veulent encore plus d'attentats sur leur sol: c'est leur affaire.

La nôtre, c'est que nous avons l'obligation de vivre ensemble même quand nous ne sommes pas capables de nous sentir, de nous voir et de nous aimer.

La meilleure façon de punir un masochiste ce n'est pas de le fouetter. C'est de refuser de lui faire du mal.

La pire condamnation qu'on puisse offrir aux prosélytes de toutes ces traditions religieuses stupides c'est notre plaisir déculpabilisant et notre indifférence à leur endroit.

À Rome, ceux qui ne font pas comme les Romains sont tout de même des Romains. Sauf qu'on se fout un peu de leur gueule. C'est dans la nature des choses.