mercredi 10 août 2016

Le temps d'un billet posté sur mon blogue...

Les journaux imprimés perdent du terrain à tous les jours. Leur lectorat diminue et les revenus publicitaires se font plus rares. La Presse ne publie plus en semaine. Le Toronto Star doit procédé à des compressions. Tous les journaux se tournent vers le numérique et tentent vainement de faire payer les lecteurs qui préfèrent largement le contenu gratuit. Les chroniqueurs qui ne sont pas publiés en ligne sont privés d'audience. Punir un auteur c'est dire que le contenu de cet article n'est disponible qu'aux abonnés. Du coup, il se sent pourrir tout seul dans son coin.

Moi, votre humble serviteur qui vous offre ce blogue tout à fait gratuitement depuis 2007, me retrouve sans le vouloir aux premières loges. La Presse devient un joueur tout aussi contournable que mon blogue. Ma zone d'influence s'étend au grand dam de ceux qui n'y trouvent pas cette méthodologie noble et distinguée des médias du bon vieux temps. J'ai parfois le vertige de constater que je peux être lu par tant de gens sans bénéficier de l'imprimatur des familles Desmarais ou Péladeau. Que s'est-il donc passé? Et moi qui souhaitais être à jamais un écrivain maudit... Et si je devenais populaire, qu'est-ce que je ferais, hein? De quoi aurais-je l'air?

Avant, je n'aurais été rien du tout. Maintenant, je suis un rien du tout qui peut être lu par tout le monde. J'ai même plus de lecteurs en France et en Russie qu'au Québec pour une raison qui m'échappe... Est-ce pour avoir trop souvent parlé de Tchekhov et du camembert?

Les journalistes de profession ne manqueront pas de se plaindre des nouvelles technologies de l'information. Comme les copistes du Moyen-Âge durent se plaindre de l'invention de Gutenberg.

Il n'y aurait pas eu Montaigne, Shakespeare, Molière, Cervantès, Voltaire et tant d'autres sans l'invention de l'imprimerie qui permit à des trous du cul et des fils de roturiers de faire entendre leur voix.

Il n'y aurait pas moi avec un petit m sans l'Internet. De même que bien d'autres blogueurs et lumpenprolétaires de l'opinion écrite.

Parfois, je me dis que je vis une époque formidable.

Cela ne dure jamais longtemps.

Le temps d'un billet posté sur mon blogue...