jeudi 26 mai 2016

On connaît le tabac!

Un nouveau règlement ayant trait à la lutte contre le tabac est entré en vigueur aujourd'hui même au Québec. Il sera désormais interdit de fumer à peu près partout, dont sur les terrasses ainsi que dans les véhicules en présence d'enfants de moins de 16 ans. À compter du 26 novembre, on ne pourra plus fumer à moins de 9 mètres de toute porte ou fenêtre qui s'ouvre. La prochaine étape sera l'incarcération pure et simple des trafiquants de tabac si l'on poussait encore plus loin cette logique...

Le plus ironique dans tout ça, c'est que les riches pourront encore contourner la loi. Les gentlemen pourront fumer le cigare dans des clubs prévus à cet effet. Il n'y aura évidemment pas de clubs pour les fumeurs de mégots, de rouleuses et autres "pollocks" de contrebande. Comment ferait-on des affaires sans un bon cigare et un bon porto?

Les voitures pourront bien sûr continuer de laisser s'évaporer le gaz de leurs tuyaux d'échappement à moins d'un centimètre des fenêtres.

Les idiots pourront continuer de rincer le moteur de leur motocyclette et produire plus de 200 décibels de vacarme à toute heure du jour ou de la nuit.

Les usines ne seront pas sanctionnées outre mesure pour le smog et les autres particules fines relâchées dans l'atmosphère. Lesquelles contribuent à l'augmentation des cancers, des maladies pulmonaires et cardiovasculaires.

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Je n'aime pas le tabac. Je ne fume plus depuis 12 ans et l'odeur me répugne au plus haut point. J'en vomis presque de sentir l'haleine et les vêtements empestés des fumeurs.

Je comprends tous les problèmes de santé que cela peut occasionner.

Et je ne vois pas pourquoi l'on pourrait empoisonner ses voisins tant avec le tabac, qu'avec sa voiture, sa moto ou son usine.

Pourtant, on sombre une fois de plus dans la morale à géométrie variable avec les lois sur le tabac, comme c'est le cas pour les lois contre les drogues. On peut vendre de l'alcool à 94% en toute légalité mais le malheureux qui fume de l'herbe risque d'avoir un dossier criminel. Les pharmacies peuvent vous vendre toutes sortes de cochonneries à vous rendre Ti-Clin mais n'allez pas cueillir des champignons qui font rire. C'est comme ça mur à mur. C'est s'inventer des crimes pour remplir des prisons déjà trop pleines.

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Le pétun, alias le tabac, faisait partie des drogues consommées régulièrement par les aborigènes de notre continent.

On ne disait pas que les Indiens fumaient à l'époque. On disait qu'ils "pétunaient". Il y avait même une tribu, les Khionontateronons qu'on surnommait les Pétuns pour leur vilaine habitude de bourrer leur calumet pour se remplir de fumée.

Les aborigènes s'arrêtaient souvent dans les portages et les longues marches pour pétuner, au grand dam des premiers conquérants européens qui ne comprenaient pas grand chose à cette coutume.

Ils croyaient que cela devait les tenir au chaud.

Jusqu'à ce qu'ils s'y mettent eux aussi, puis toute l'Europe et le monde entier avec eux.

Les compagnies de tabac ont "amélioré" le produit en le rendant toujours plus addictif et plus nocif pour la santé.

Il y eut toujours plus de nicotine, plus de goudron, plus de plomb, plus de tout ce que vous n'auriez pas voulu.

L'État aurait pu les obliger à travailler sur l'innocuité du produit. Il fût plutôt décidé de travailler à son éradication en plongeant dans la misère et la criminalité les fumeurs des classes populaires. Tout ça pendant que les ministres et les hommes d'affaires pouvaient fumer tranquillement leur cigare sans se faire inquiéter par l'État...

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Bien que je ne fume pas, il me semble qu'on ne peut pas considérer le tabac comme étant un produit plus nocif que le pétrole ou le bruit.

Que fait-on pour abandonner le pétrole, source majeure de pollution atmosphérique?

Que fait-on pour diminuer le bruit, source majeure de stress et d'anxiété?

S'en prendre aussi drastiquement aux fumeurs de clopes c'est fesser sur les plus faibles.

Je déteste viscéralement le tabac. Cependant, j'abhorre encore plus toutes les autres sources de pollution pour lesquelles l'on fait si peu.

À la limite, je serais en faveur de l'instauration de clubs privés où il serait possible de fumer comme des cheminées et d'y mourir d'emphysème. Cela pourrait s'appeler une taverne ou bien un bar tabac...