jeudi 26 novembre 2015

It's better to burn now than to fade away...

J'aime marcher à l'aube. Les rues sont désertes et, de ce fait, propices aux méditations de tout promeneur solitaire.

Il n'y a pas de très beaux paysages sur le chemin qui mène à mon travail. C'est un environnement mi-urbain, mi-industriel.

La photo ci-contre représente bien ce que je vois tous les matins de la semaine: la voie ferrée, les hangars portuaires, un peu de ciel et de soleil au-travers tout ça.

Aucun touriste ne songerait à immortaliser ça, sauf moi, qui suis un peu sentimental avec la laideur.

Novembre est le mois le plus laid de l'année, je vous l'ai sans doute déjà dit. Tant que la neige ne viendra pas blanchir ce décor, tout sera gris, terne et monotone comme l'automne.

Il y a pourtant quelque chose à aller chercher dans cette monotonie. Quelque chose d'indicible, comme le souvenir de quarante et quelques automnes, tous aussi laids les uns que les autres.

Cette photo, anodine, représente bien ce sentiment qui m'habite.

Qui plus est, le monde va mal. Ou ne va guère mieux.

Notre province est corrompue. C'est la Sicile du Canada. C'est voulu ainsi par les braves gens de Westmount pour qui it's better crooks than separatists...

La Turquie, membre de l'OTAN, se permet de descendre un avion russe pour empêcher la Russie d'avoir le dessus sur l'État islamique qui fait faire du profit à toutes les crapules capitalistes de la planète. Un jour on fait semblant de combattre l'EI. Le lendemain on lui vend des armes et lui achète son pétrole à rabais. Dans tous les cas, la Russie vient contrecarrer les plans de nos salopards internationaux. It's better crooks than Russians...

Vu l'état délabré de ma province corrompue et l'État désaxé du Monde, je préfère parfois mes promenades solitaires à l'aube plutôt que la justesse de mon dégoût politique.

Évidemment, ça ne saurait durer. Je vais sûrement maugréer aujourd'hui contre ces politiciens véreux, ces mafieux qui pervertissent notre démocratie et ces journalistes qui mangent à tous les râteliers.

En prime, ils nous demanderont de nous faire éviscérer pour tout ce en quoi ils ne croient pas eux-mêmes, pour nous donner l'impression que notre société a du sens, du contenu, de la vocation...

Fuck! It's better to burn now than to fade away...




3 commentaires:

monde indien a dit...

Tous les pays ont sans doute leurs Siciles -
Notre vieille France n ' y échappe pas ( La " Bretagne " , le Nord , le Massif-Central ... ) -
Le Canada anglophone a peut-être aussi d ' autres Siciles que Québec ( au fait , ça veut dire quoi Québec ? on dirait un mot indien )
Je comprends ton amour des paysages dévastés , lieux de vie de nos frères et soeurs qui souffrent - d ' ailleurs nous y habitons aussi -
Mais tes tableaux sont beaux , pleins de tous ces gens pleins de vie -
C ' est le plus beau que nous ayons -
Avec l ' automne , les feuilles tombées dévoilent des paysages terribles -
Heureusement vos neiges vont arriver et recouvrir les peines de grands draps de baisers immaculés -
Dans le sud de la France nous n ' avons presque jamais de la neige , mais notre hiver est court ( 4 mois ) - Notre climat ressemble un peu à celui de la Californie et de la Grèce - Le ciel y est le + souvent bleu - Mais l ' hiver aussi triste -
Puis cet hiver se termine et les feuilles des arbres nous aident en cachant un peu touts ces horreurs -
Avec l ' âge je prends de la distance par rapport à toutes ces choses abominables , mais aussi je les supporte de moins en moins - Mais je me battrai jusqu ' au bout -
Pour que " les villes soient entièrement belles " -
Amitiés de Sète -

Gaétan Bouchard a dit...

@Monde indien: Tous les pays sont pourris à plusieurs égards et, heureusement, au Québec, en France ou bien en Iran, il y a toujours des insoumis pour résister à l'ignominie d'un pouvoir illégitime et décevant.

Misko a dit...

@monde indien
(Désolé Makwa d'intervenir comme ça, les langues m'intéressent beaucoup, et surtout les langues autochtones)

Quebec est effectivement un mot d'origine autochtone. Je ne sais pas si ce sont précisément des abénaquis qui ont nommé l'endroit ainsi ou bien si ce sont d'autres gens parlant une autre langue (dialecte) algonquienne, mais en abenaki, de mémoire, "keb-" veut dire fermer, et "-ek" où, à l'emplacement. Si je ne me trompe pas, le fleuve se rétrécit/se referme un peu dans le coin de la ville de Québec. Ou quelque chose comme ça.