vendredi 12 juin 2009

STRAWBERRY FIELDS FOREVER

Je n'ai jamais manqué une saison de fraises des champs jusqu'à ma vingtième année. Après cela, je me suis mis à trouver ça banal ou bien à me sentir paresseux. De sorte que je n'ai pas fait la cueillette des fraises des champs depuis très longtemps.

Je ne dis pas ça pour rien. J'ai beau ne pas les cueillir comme dans ma prime jeunesse que je ne les compte pas moins parmi ma liste de repères pour marquer les lunes qui me séparent de mon dernier souffle que je souhaite vivre le plus tard possible, en 2109, tiens. À moins que l'on n'ait trouvé les gènes de l'immortalité d'ici là. Ou bien le moyen de déjouer le continuum espace-temps.

Tout est possible. Même aller sur la lune. N'en déplaise à ceux qui croyaient que c'était impossible, dont ces savants bardés de diplômes qui se moquaient des travaux des frères Wright, prétendant que c'était impossible de faire voler une machine.

Ce sont donc deux simples marchands de vélo qui ont initié la conquête de l'espace. Pas des ingénieurs: juste deux frères qui réparaient des bicyclettes...

On est loin des fraises des champs, je sais.

Entre temps, on a aussi inventé la tondeuse à gazon qui fait des ravages au sein de l'écosystème.

Il ne serait jamais venu à un Indien l'idée de tuer l'âme des plantes pour rien, juste pour contempler l'hécatombe. Notre civilisation pourrie, connectée sur le pillage systématique de tout ce qui demande sa part de photons, se fout bien des plantes et par conséquent des fraises des champs, qui sont bien plus savoureuses que les fraises génétiquement modifiées et plus difficiles à récolter aussi.

Ce qui fait que les parterres et bouts de terrains verts de mon quartier ont été civilisationnément rasés. Les fraises des champs qui s'y trouvaient, personne ne semble les avoir vues. Personne ne s'en est soucié. Personne.

Donc, il nous reste des trottoirs de béton, de l'asphalte, et des gazons austères comme la philosophie de cons qui permet le massacre des plantes pour une raison qui m'échappe. On fait aux plantes ce qu'on faisait aux bisons. On s'en tabarnaque.

Et du coup, il n'y a plus de fraises des champs. Ni de fleurs.

Merci à ceux qui n'entretiennent pas leurs terrains vagues.

Leur paresse en font des bienfaiteurs de la nature.

Merci à vous qui n'avez pas de tondeuse et qui contemplez les herbes hautes, les pissenlits et les fraises des champs...



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«CONSEIL PRATIQUE» DE LA SEMAINE
Tous les vendredis matins, à heure fixe, question de finir la semaine en beauté.

Arrachez le système de son de votre automobile

Arrachez le système de son de votre automobile. Éteignez le moteur. Qu'entendez-vous? Le chant des oiseaux.

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Musique.