samedi 27 juin 2009

L'AÎNÉ DE MES FRÈRES A UN DEMI SIÈCLE


Christian, l'aîné de mes trois frères, aura cinquante ans très prochainement. Si je réussissais bien à l'école, c'était à cause de lui. Je l'ai pris pour modèle dans mon cheminement tant scolaire qu'intellectuel. Christian a été au collège? J'irai au collège. Il a fait l'université? Je la ferai aussi. Il voulait devenir médecin? Je voudrai devenir avocat. Il a lu tout François Mauriac. Je lirai tout François Cavanna.

Christian est le plus grand de nous quatre. Mon père prenait plaisir à nous surnommer les quatre frères Dalton. Nous ne sommes jamais entendus pour le rôle d'Averell. Nous le partagions tous à un moment ou l'autre de nos vies. Et Christian, bien qu'il soit le plus grand, n'était pas le plus Averell. Cependant, il a hérité de sa bonhomie. Et il n'a jamais cru bon de porter la moustache.

Il a souvent été là pour nous donner un coup de main. Il a joué son rôle de grand frère de façon impeccable pour tous les trois Dalton. Un lecteur de François Mauriac n'aurait pu faire différamment. Idem pour un Bouchard.

Au baseball, c'était un sacré lanceur gaucher. Il avait de la motion en plus d'avoir le bras long. La balle fumait. Et les retraits s'additionnaient au fil des manches. Jusqu'à la victoire.

Je n'ai jamais aimé le baseball. Mon truc à moi, c'était le vélo, le canot et la natation. Des sports individuels. Tout sport d'équipe me donnait et me donne encore la nausée. Heureusement que mes frères n'étaient pas aussi sauvages que moi. Cela nous rachète pour mon manque d'esprit d'équipe.

Christian m'a fait découvrir Harmonium et George Orwell, Vivaldi et Hunter S. Thompson, Alexis Klimov et Goya, Gotlib et Pif Gadget, le fromage qui pue et le théâtre expérimental.

J'étais souvent premier de classe parce que je bénéficiais de ses conversations didactiques. Et de ses corrections, sévères mais justes, quand il était temps d'améliorer mon français écrit ou parlé.

Ce qui fait que c'est un christ de bon Jack, qu'il ait un demi siècle ou non.

Et je ne peux, franchement, que lui dédier cette chanson pour ses cinquante ans.

***

Et j'ajoute celle-ci, tiens.