mardi 29 septembre 2009

À propos des risques d'étendre son linge dehors


Étendre son linge aux grands vents pour le faire sécher comporte de grands risques.

Prenons Jean-Philippe Laferté. Ce grand flanc mou de vingt-neuf ans fait parfois sécher son linge dehors. Il n'a pas de sécheuse. Je devrais même dire qu'il le fait presque toujours sécher dehors, quoiqu'il le rentre quand il pleut. Ok pour parfois, donc. Parfois en-dedans, parfois dehors. Une précision inutile que j'ajoute à ma longue liste de digressions habituelles.

Jean-Philippe a fait sécher son linge dehors avant hier. Et il en a profité pour enfiler un caleçon, un tee-shirt et un jeans propres.

Puis ça s'est mis à lui chatouiller au niveau des couilles. Ça bourdonnait aussi.

-Voyons calice! Veux-tu ben m'dire c'est quoi qui m'picote les gosses de même bâtard?

Il vient pour se gratter et la panique lui prend. Il tourne de tous bords tous côtés, gesticule, perd pied, tombe à la renverse, fait la danse du bacon sur son balcon et finalement fait sortir de son caleçon... un bourdon. Un gros hostie de bourdon.

-Tabarnak! Veux-tu ben m'dire comment un bourdon s'est ramassé dans mes shorts, sacrament? se dit-il en voyant filer le bourdon et en remontant son pantalon.

Étendre son linge aux grands vents pour le faire sécher comporte de grands risques...

C'est ça qui arrive.

***

Post scriptum anecdotique pour la mort de deux inconnus

Je n'ai pas encore parlé de la mort de Nelly Arcand et Pierre Falardeau. Je n'en parlerai pas non plus. Reposez en paix et crissez-moé la paix.

Si c'était des membres de ma famille, je ne dis pas, mais ceux-là je ne les connaissais pas ou si peu que ça ne vaut pas la peine d'en parler. J'ai de l'émotion quand mon père meurt, par exemple, et un peu moins quand c'est des inconnus. Je dois être mal fait...

dimanche 27 septembre 2009

Le presse-papier de Ti-Cul Boulamite


Les états de grâce sont nombreux dans la vie de ces foutus rêveurs qui ne sont pas capables d'être sérieux un seul instant. Ces connards de rêveurs gagnent à tout coup, même quand ils sont pauvres, et s'ils croient susciter l'envie d'autrui c'est bien parce qu'ils ne savent pas qu'un tien vaut mieux que deux tu le rêveras.

Quoi qu'il en soit il n'y a pas plus rêveur que Ti-Cul Boulamite, un surnom qui a fini par supplanter son vrai nom, dont personne ne se souvient sinon son facteur et son agente de l'aide sociale.

Ti-Cul Boulamite c'est un hostie de rêveur. Il passe ses journées à s'imaginer une vie toute autre que celle qui s'offre naturellement à nos yeux devenus sévères, mais justes, résultat notoire d'une symbiose avec la réalité tangible. Vous comme moi savons compter quoi. Et nous payons nos taxes, nos impôts, nos dettes, alouette, sans sourciller, avec le regard de fer d'un citoyen romain, tiens, fier de payer son dû à la chose publique.

Ti-Cul Boulamite, c'est comme s'il se calissait de tout ça...

C'est un fucking rêveur. Et il nous emmerde tout le temps avec ses états de grâce. Une putain de bonne raison pour ne pas se chercher un travail honnête et rémunérateur, de quoi payer pour ses obligations sans lesquelles nos libertés ne sont que des privilèges de naissance qui nous rapprochent bien plus de la brute que de l'État de droit.

Doncques, Ti-Cul Boulamite est aussi un hostie de paresseux.

Il passe toutes ses journées à assembler des trucs qu'il trouve dans les poubelles, le seul travail qu'on lui connaisse. Il ne sort jamais de son minable studio, Ti-Cul Boulamite, sauf le lundi, le soir des poubelles, vous vous en doutez bien.

Et l'innocent rentre chez-lui avec des bouts de métal et des trucs en plastique pour faire de la sculpture moderne. Il n'a pas compris que ceux qui réussissent à vendre de l'art moderne sont généralement issus de la bourgeoisie. Les pauvres n'ont aucune chance de ce côté là. Et ils crèvent dans des logements minables à rêver une vie toute autre, comme Ti-Cul Boulamite, une vie où ils seraient reconnus pour leur art et la blancheur de leurs dents.

Ti-Cul Boulamite, en passant, n'est pas très gros. Il est monté sur un frame de chat. Cinq pieds trois pouces cent douze livres. Chauve depuis sa dix-neuvième année, chauve depuis trente ans. Ce qui lui donne quarante-neuf ans. Né en 1960. Baptisé en la paroisse de je ne sais pas trop où. Joseph-nom-de-son-parrain-alias-ti-cul-boulamite. Je le sais parce que lui et sa famille vivaient juste en face de chez-nous quand j'étais petit.

Quarante-neuf ans d'aide sociale, je vous jure. C'est presque pas croyable et c'est pourtant vrai.

Le pire c'est que Ti-Cul Boulamite croit vraiment en ces assemblages de restants de poubelles qu'il construit de ses propres mains et ne vend jamais. Il atteint même des états de grâce. Des états de grâce tabarnak!

Comment tu peux être heureux avec rien? Ceux qui se contentent de peu vous diront de l'argent qu'il est trop vert, juste parce qu'ils sont trop nabots pour l'atteindre, comme le raisin de la fable de Borne-Fontaine... Hostie que l'monde est maillet!

Franchement, c'est des hosties de trous du cul comme Ti-Cul Boulamite, qui travaillent pas pis qu'i' sculptent des quossins pas vendables qui me pousse à penser que les états de grâce, ouais, ça ne fait pas sérieux.

Sérieusement, hein? Entre vous et moi... Des é-tats de grrrr-âce! J'ai mon sacrement de voyage!

Tenez, je l'ai croisé ce matin au dépanneur, Ti-Cul Boulamite. Il avait les cheveux ébréchés. Ébréchés comme du tabarnak. Je ne dirais pas qu'il relevait de brosse parce qu'il ne boit pas. C'est juste qu'il n'a pas assez d'argent pour s'acheter du savon, faut croire.

Il m'a encore parlé de ses putains d'états de grâce et de ses sculptures laides. Il me faisait pitié. Je l'écoutais et j'entendais sa voix d'enfant immature, d'adulescent attardé, de paresseux qui à force de paresse est devenu asocial, malpropre et impropre au travail.

Eh bien, vous ne me croirez pas, mais je lui en ai acheté une, une de ses foutues sculptures. J'ai pris Ti-Cul Boulamite en pitié, eh oui. J'ai un coeur, quoi. Je suis normal.

Ça ressemble à rien, sa sculpture. Du vomi ça ressemble à quelque chose. Mais ça, franchement, c'est juste pesant et ça ne ressemble à rien.

Sa sculpture, sorte de ready art pitoyable, me sert de presse-papier. Je n'en ressens aucun état de grâce. Juste une forme d'énervement. Une charge sociale de plus. Soutenir un putain de rêveur qui ne veut pas travailler et qui s'amuse comme un enfant dans les vidanges. C'est ça que ça représente, son hostie de presse-papier. Un enfant qui joue dans les poubelles. Et dix dollars en moins dans mon portefeuille.

Et dire qu'il voulait me la vendre cinquante!!! C'est dix dollars ou rien, que je lui ai dit. La pitié a tout de même des limites.

Bon, je dois vous laisser. Je dois prendre mon vol pour Francfort dans quelques instants. Pour affaires. Business as usual, y'know? Il faut bien qu'il y en a qui travaillent pendant que d'autres ne font rien.

Hosties de trous du cul! Pourquoi dois-je toujours les prendre en pitié, moi? Moi et moi seul...

samedi 26 septembre 2009

L'histoire de Ghislain Belhumeur, l'homme le plus timide au monde


Ghislain était le type le plus timide qui soit. Difficile de dire pourquoi. Il n'était pourtant pas laid, bien qu'il n'était pas beau. Comme tout le monde quoi: un visage comme la moyenne des visages, un nez ordinaire, des sourcils pas trop fournis, des cheveux lisses ou frisés selon ce qu'indiquait le baromètre.

Il ne claudiquait pas. Ses oreilles n'étaient pas décollées. Pas de bec de lièvre. Ni de défaut majeur d'élocution. Pour tout dire, il ressemblait un peu à l'artiste de variétés Joël Denis avec vingt-cinq ans de moins. À la différence près qu'il fondait de timidité autant devant les hommes que devant les femmes, d'où l'affirmation préliminaire selon laquelle Ghislain Belhumeur était l'homme le plus timide au monde.

Il traînait sa timidité depuis des années, comme une prison.

À l'école, il n'avait jamais dit un mot plus gros que l'autre. Il avait essayé de se faire oublier, «de se peinturer dans l'coin» comme on dit. Mais comme il est amusant de se moquer des timides, il devint la risée de toute l'école, puis de toute la polyvalente et enfin de tout le cégep.

On le surnommait Boum. Parce que le simple fait d'être en présence d'un humain le terrorisait au point qu'il risquait l'évanouissement. D'où le surnom Boum. Comme dans «Boum! Il est tombé sur le plancher...»

Nous étions quelques-uns, anciens timides pour la plupart, à vouloir lui venir en aide d'une manière ou d'une autre.

-Il faudrait bien que Ghislain rencontre une nénette pour le sucer. Ça le dégénèrerait... hee... Dé-gênerait... En tous 'es cas! I' s'rait ben moins pogné dans ses shorts ciboire!

Le hic, c'est que nous étions tous célibataires et que nous ne connaissions pas de nénette pour nous-mêmes en ces temps-là, sinon Miranda l'entourloupeuse, une fille pas très féminine qui aimait se faire baiser sur de la musique heavy mentale en riant comme une possédée. Elle était laide et plutôt intimidante somme toute. De quoi décourager Ghislain à jamais de tout contact avec la gente féminine.

Donc, nous conclûmes qu'il fallait virer une brosse avec Ghislain dans une discothèque de Québec, loin de tous les regards indiscrets.

Ghislain, évidemment, ne voulait pas déranger et se proposa pour payer l'essence et la nourriture pour tout le monde. Personne ne lui demandait autant et comme nous n'étions pas des rats il n'eut pas à sortir un seul sou noir.

-À soir, Boum, on t'emmène pour se la saouler!

Bien sûr, ça ne se fait pas. Mais Boum était tellement timide que nous ne voulions pas qu'il se passe une corde avec un noeud coulant autour du cou, seul chez-lui dans son placard.

Ce qui fait qu'il y a eu des triples shooters, de la bière à profusion, du pot pis toutes sortes d'affaires pas possibles qu'il n'avait jamais consommées auparavant.

Au bout d'une heure, Boum dansait la java sur la piste de danse en simulant des mouvements de pénétration. Il riait, criait, hurlait et faisait tourner son pelvis dans toutes les directions.

-Rhaaaa!!! Rhooooo! blasphémait-il en dansant comme une bête de sexe qui sent le fond de tonne et la fumée au parfum de mouffette.

-J'veux fourrer tabarnak! ajouta-t-il.

Puis Boum tomba sur la piste de danse, les quatre fers en l'air, sans même avoir fourré.

Il ne tomba pas de timidité.

Il tomba saoul mort. Nous n'étions plus capables de le relever puisque nous étions dans le même état que lui.

Timide ou pas, on ne devrait jamais tout mélanger. Surtout pas la vodka jus de pamplemousse avec de la bière, du vin, du gazon et des champignons qui font rigoler. Trop c'est trop, un moment donné. Et Ghislain, osons-le dire, avait été trop saffe. Il avait beau être timide qu'il aurait pu se contrôler.

Boum a pourtant fini la nuit dans un lit, avec Miranda l'entourloupeuse, qui était avec nous dans l'espoir que l'un d'entre nous la baise d'aplomb. Cette nuit-là, Boum cessa d'être timide et puceau. Il lui mangea la cerise et glissa sa queue bien au chaud dans le nombril de Miranda qui, pendant tout ce temps, chantait Hell's Bells du groupe AC/DC d'une voix qui s'apparentait au grincement d'une poulie dégraissée. Boum criait en faisant gicler sa sauce. Et il recommença le même manège au moins cinq fois, jusqu'à ce qu'il ait terminé sa tournée de toutes les muqueuses possibles et imaginables.

Le lendemain, son regard brillait. Son menton était relevé. Tout à coup, Boum avait de la prestance. Il était avec Miranda. Ils se tenaient tous deux par la taille, s'embrassaient et se pognaient le cul à pleines mains devant nous.

-Merci les gars! déclara-t-il sans bégayer, en fixant son regard dans nos yeux, comme un gars qui sait ce qu'il veut. Merci! Ça fait du bien une bonne brosse!

Il sentait un peu l'aqua vulva.

On a tous ri sous cape, en décapsulant quelques autres bières. Miranda nous a dit que Boum était un sacré baiseur qui la faisait jouir en sacrement. Elle nous proposa de tous la baiser, en autant qu'on mette une capote. Nous nous sommes tous désistés, sauf Boum, qui lui proposa d'autres actes sexuels tous plus dégradants les uns que les autres.

Puis Boum s'est remis à danser la java, avec les amies de Miranda, qui aimaient bien son petit côté timide qui ne l'était plus du tout. Il se défoulait maintenant. Il hurlait. Il criait. Il baisait, enfin. Miranda disait que c'était un guidon, le masculin de guidoune, qui fourrait tout ce qui bouge. Elle disait qu'elle ne s'intéressait plus à lui et nous demandait tout le temps où il était pour aller lui mettre sa main sur les gosses.

Qu'est-il devenu? Je ne le sais pas du tout.

Tout ce que je sais, c'est que Boum était l'homme le plus timide du monde et que la timidité, somme toute, ça se soigne. J'aurais pu me limiter à ne dire que cela que j'aurais écrit quelque chose d'utile pour l'humanité qui souffre.

vendredi 25 septembre 2009

Le Capitaine était au Super C hier soir


Le Capitaine était au Super C hier soir. Il doit avoir tout près des quatre-vingts piges, le p'tit père. Et il monte encore à vélo.

Il est facilement reconnaissable à sa barbe et sa casquette de marin. Il ressemble vaguement au Capitaine Highliner, croisé avec Charlie Chaplin et Monsieur Verdoux.

Ce monsieur-là a beau sacrer de temps en temps que c'est un baptême de bon bonhomme.

Il fait sa tournée des vieux tous les jours, pour voir s'ils sont morts ou vivants, pour leur apporter du lait, de la bière, des cigarettes, n'importe quoi. Il prend soin de ses vieux potes et conte encore fleurette aux grands-mères.

Si ce monsieur-là se présentait pour maire, il ne serait pas élu. La mairie, c'est pas son truc. Son truc à lui, c'est faire la tournée des vieux, aider son prochain, ce qui ne fait pas la une des journaux tous les jours.

Chaque fois que je le vois, il me dit de ne pas manger trop gras car il s'est claqué un infarctus il y a deux ans à cause des hosties de chips. Je prends note de ses conseils et souhaite, comme lui, d'être capable de remonter à vélo suite à un hypothétique infarctus.

-En autant qu'tu fasses du bécique... m'a dit le Capitaine hier soir au Super C. T'es jeune encore mais quand on mange trop gras ça d'jamme dans 'a patate pis là tu cours après ton souffle pis i' t'calisse de quoi dans 'a veine enne-teure les jambes pour t'installer un spring. Après ben... Là ça va mieux mais je r'viendrai pus comme avant... Faut qu'j'aille moins vite...

-Vous êtes encore mauditement en forme Capitaine pour vous promener encore en bécique... Y'a des jeunes de seize ans qui s'raient même pas capables de s'rendre au coin d'la rue à pieds pour aller chercher un chips... Vous êtes plus en forme que ben des ados! que je lui ai répondu.

-C'est ben certain. C'est pour ça que j'continue d'm'entraîner en faisant du bécique. Ça va prendre quelqu'un pour s'occuper d'eux autres si s'rendent malades de même à rien faire!

-Ouin ben... bonne journée Capitaine!

-Bonne journée mon gars! Prends ben soin d'toé pis mange moins gras là!

-Çartain Cheuf!

Et puis le Capitaine est parti après avoir acheté un sac de peppermints et un petit demiard de lait.

Vous le voyez souvent, gensse de Twois-Wivièwes. Si. Si.

Vous ne serez pas étonnés par ce que je vous raconte. Les autres peut-être, mais pas vous.

Et quand vous le verrez rouler près de vous sur la route, vous continuerez à klaxonner et à passer à pleine vitesse pour l'envoyer dans le décor, lui et ses sacs, tout simplement parce que la route n'est pas faite pour les piétons et les cyclistes. Elle est essentiellement conçue pour les abrutis.

jeudi 24 septembre 2009

Un voleur est un voleur quelle que soit sa couleur


Quand on parle d'un visage pâle qui a volé de l'argent dans un dépanneur à la pointe d'un couteau, on ne dit pas: «le suspect serait une personne de race blanche». On ne s'acharne pas sur la nouvelle. C'est même banal, un vol de dépanneur commis par un visage pâle.

Si par malheur le voleur est Noir, vous allez l'entendre six cents fois au cours de la journée: «le suspect serait une personne de race noire». Peu importe qu'il y ait eu vingt vols commis par des «personnes de race blanche» ce jour-là. On va mettre le focus sur ces Noirs qui volent dans les dépanneurs et partout ailleurs. Le petit peuple va s'égosiller à dire des Noirs qu'ils sont tous des voleurs qui viennent ici pour abuser du système et tout détruire... Évidemment, nous ne sommes pas racistes au Québec... Mais on ne va pas chier dans leurs cours... Donc... Etc.

Écoutez la radio dite commerciale tous les jours, vous vous en rendrez bien compte par vous-mêmes. C'est comme qui dirait récurrent.

Un voleur est un voleur, quelle que soit la couleur de sa peau.

Il y en a de toutes les couleurs et nationalités en prison. Les Québécois de souche produisent autant de canailles que les Noirs, les Albanais ou les albinos.

Quand on ne ressent pas besoin de le mentionner pour l'un, il ne faudrait pas le dire pour l'autre.

That's it.

mardi 22 septembre 2009

La journée sans toto


Un type a été honoré à la radio ce matin parce qu'il a passé plus de cent jours à se rendre au travail sans son auto...

Je suis allé au travail sans mon auto pendant au moins vingt-cinq ans, ne serait-ce que parce que je n'avais pas d'auto. Et l'on ne m'a pas honoré pour autant...

J'ai longtemps fait mienne cette vieille prescription aborigène contre l'usage de la roue. Les Indiens connaissaient le cercle, et par conséquent la roue, mais ils étaient superstitieux... Ils se disaient que le monde pourrait être détruit par des trucs montés sur des roues. C'est fou, hein?

Cela faisait mon affaire de m'opposer à l'usage de la roue, et donc de l'automobile, même si je monte à vélo, même si je partage maintenant une automobile que je ne conduis pas et que je laisse conduire par ma douce avec une parfaite sérénité d'esprit...

J'ai de plus un oeil qui se crisse de l'autre. Un oeil en forme de ballon de football qui m'empêche de faire un bon focus. Ce qui fait que j'ai de la difficulté à évaluer les distances. Mon opticien me recommande de ne pas conduire la nuit et je l'assure que je serais un danger public au volant, de nuit comme de jour. Je ne fais que traverser la rue et je me demande tout le temps si la toto est à vingt pieds ou cent pieds. Mes yeux en arrachent. Et je laisse à d'autres de rouler en cheval de fer ou de matériaux synthétiques.

C'est la journée sans toto, eh oui.

L'autobus est gratuite aujourd'hui. Ce qui fait que les bus sont bondées et arrivent en retard un peu plus souvent que d'habitude. Ce qui te donne l'envie d'avoir une toto...

On ne s'en sortira donc jamais!

lundi 21 septembre 2009

Un enfant ça vous décroche du rêve


Ça fait toujours un peu gnangnan de parler des enfants. Pourtant, tout l'avenir de l'humanité réside dans leurs yeux, leur coeur et peut-être même leur lobe d'oreille gauche.

Je n'envie pas ceux et celles qui n'ont pas eu ce bonheur de participer activement à l'éducation d'un enfant. On trouve souvent chez ces derniers une forme d'ironie dure ou douce, selon les circonstances, sinon du cynisme en tout temps. On trouve cela aussi chez certains parents mais, bon, faisons semblant que non pour que ma démonstration serve tout de même à quelque chose.

Un enfant, voyez-vous, ça ne fait pas que vous décrocher un rêve, comme le chantait Brel. Ça vous ramène à la réalité la plus brute qui soit: manger, boire et dormir, régulièrement, jusqu'à ce qu'il quitte la maison. Ce qui vous rend généralement plus responsable, moins cynique et moins narcissique. Enfin, je parle pour moi.

D'abord, vous apprenez à respirer par le nez avant que de gueuler pour rien comme un putois. Puis vous vous revoyez enfant et vous vous dites que vos propres parents ont dû en arracher en tabarnak. Enfin, vous finissez par vous émouvoir et vous apprenez à tout pardonner, à tout écouter, à tout prendre, à tout comprendre.

Et un jour vous vous réveillez vieux bouc avec des petits bébés qui s'ajoutent. Votre enfant est lui-même devenu parent et il vous dit: «calice que tu d'vais rusher!»

Vous êtes ému comme un con, à ce moment-là, et vous dites «i' reste encore des pétates si t'en veux...» ou quelque chose du genre.

On dit que les parents éduquent les enfants. On oublie que l'éducation va dans les deux sens. Les enfants aussi éduquent les parents. Ils les obligent à être autre chose que des nombrils qui se font sécher au soleil. Ils leur enseignent le manger, boire et dormir quotidien; le besoin de vivre sous un toit sécuritaire, avec l'eau potable et le trou pour chier, le chauffage, le frigo et la laveuse, sans compter le reste, dont le sel et le poivre.

Franchement, c'est pas mal cool des enfants. Je vous en passe un papier.

Oui monsieur.

Oui madame.

samedi 19 septembre 2009

Les Trifluviens méritent mieux que ça...


Avec le «Cheuf» de Twois-Wivièwes, il faut s'attendre à n'importe quoi. C'est vrai que notre ville a toujours senti la marde, mais il y a tout de même des limites à en rajouter.

Il n'y aura pas de dépassement de coûts pour les Lévesquoises du 375e anniversaire des conquistadores européens. C'est impossible, sinon hors de question. Et c'est tout simple: il n'y a pas de budget précis pour l'événement. Les vannes sont ouvertes. As much as he can.

Franchement, les Trifluviens méritent mieux que ça...

En novembre, je voterai pour n'importe qui ou n'importe quoi, sauf pour le «Cheuf».

Fuck off. Je suis tanné que ma ville sente la marde. Tanné de passer pour une gang d'arriérés des années '50, avec la p'tite prière au conseil et le mépris des consultations populaires.

On devrait payer des étudiants du Cégep pour aller se confronter aux vieux renifleurs de pets du maire, le lundi soir à l'hôtel de ville. Ils ont transformé notre ville en bourgade de taouins à l'instar de quelques villages sudistes reculés, comme dans Dukes of Hazzard .

Le pouvoir au peuple hostie!

jeudi 17 septembre 2009

Money is a Crime



J'ai un milliard de dollars qui dort dans la boîte anti-spam de mon courriel.

Je ne sais pas ce que j'attends. C'est si simple. Ils ne me demandent que mon nom, mon occupation, ma date de naissance, mon numéro de carte de crédit ainsi que mon numéro de compte bancaire. Je pourrais leur fournir ces renseignements en moins de temps qu'il ne le faut pour dire zut. Cependant, je m'abandonne à la procrastination et remets toujours à plus tard mes réponses à ces courriels généreux qui me tombent dessus jour après jour.

Voici quelques exemples des gains qui sommeillent dans mon courriel.

Un million de livres sterling gagnées par tirage au sort. Le Royaume-Uni me laisse entendre qu'on ne laisse pas dans la pauvreté un sujet de Sa Majesté.

Dix millions de dollars US m'attendent au Sierra Leone. Babi Bobou, qui travaille pour une quelconque banque de ce pays d'Afrique, m'informe qu'il a besoin d'aide pour sortir ces dix millions et, comme par hasard, il est tombé sur moi. Et je suis la seule personne au monde qui puisse l'aider à sortir ces dix millions de dollars US et je ne fais rien, sinon perdre mon temps à écrire des conneries. Pendant ce temps, Babi Bobou se morfond, au loin là-bas, attendant ma réponse avec une impatience de plus en plus accrue.

Les promotions Google m'offrent aussi plusieurs millions de dollars chaque semaine depuis au moins un an et moi, le niaiseux, je travaille encore. Ils ont pigé mon courriel, au hasard, parmi des milliards d'autres. Et je ne profite pas de cette chance unique. Je laisse aller.

Et je ne vous ai pas encore parlé de Mr Ali Wadaji et de Mrs Ruth Wawalala qui m'écrivent eux aussi d'Afrique, comme Babi Bobou, parce qu'ils ne peuvent pas encaisser les millions de dollars que je pourrais faire sortir du pays si j'arrêtais de me décrotter le nez.

Franchement, je suis pitoyable. Je m'en veux de les faire tous poireauter, comme si j'avais les moyens de ne pas vivre richement.

Les quelques réponses que j'ai envoyées n'étaient pas pour m'aider. Je leur ai tous répondu à la blague, un jour ou l'autre, que j'avais transféré leur adresse de courriel à l'escouade des crimes économiques de la Gendarmerie royale du Canada. Je m'attendais à ce qu'ils me répondent quelque chose comme «Déconne pas mec! T'as des millions de dollars qui sommeillent. L'argent, ce n'est pas fait pour rire!»

Mais non. On aurait dit que cela ne leur crissait rien.

Cela dit, je n'ai toujours pas encaissé tout ce bel argent. Et je me prépare à partir au travail par-dessus le marché! Je ne réussirai donc jamais rien.

L'argent fait le bonheur pourtant...