mardi 30 juin 2009

Fuck

Il faudrait bien que je publie un livre ou deux. Ça pourrait intéresser un ou deux éditeurs. Cependant, j'ai mes conditions. Un: je ne veux pas que l'on m'ajoute des fautes de syntaxe ou d'orthographe. Deux: je veux faire de l'argent. Autrement ça ne vaut pas la peine de publier.

Si vous souhaitez faire une piastre avec moi, vous savez où me trouver. N'attendez pas de moi que je vous envoie un manuscrit. Faites-moi des propositions. Je suis un joueur de ligue majeure. Si vous ne me prenez pas dans votre club, vous vous en mordrez les doigts un jour car je vous enverrai chier. Je me connais.

J'ai produit plus de huit cents messages sur ce foutu blogue, essentiellement des fables pas piquées des vers, et un ou deux commentaires de gérant d'estrade, comme tout le monde.

La matière s'accumule. Et je vais m'appliquer à y mettre un peu d'ordre, pour le bénéfice de mes lecteurs présents et futurs. Je vais enlever la gangue autour du diamant. Et ça va être le fun en hostie. Autrement, j'aurai raté mon coup. Je ne peux pas concevoir l'idée que la littérature puisse être ennuyante. Ni que certains chefs-d'oeuvre aient été écrits en bâillant, comme le prétendait Marcel Proust, du côté de chez Swann. (Je connais mes classiques, hého. J'suis pas une tête de linote.)

Donc, mes livres s'en viennent en librairie. Quand? Je n'en ai aucune calice d'idée. Ça va dépendre de mon éditeur. À moins que je ne m'édite moi-même, moi qui préfère de loin méditer.
C'est que j'ai déjà donné. Et j'en ai marre un peu de monter des budgets pro forma. Mon truc, c'est les arts et les lettres. Le truc de Machin Chouette c'est les budgets pro forma. Chacun son dada. Et j'ai le même que celui de Tristan Tzara, enligner des mots, des phrases et parfois des paragraphes.

Je sais, je sais: je fais des blagues d'intello. Who cares? Nobody cares. Et comme je parsème un peu d'anglais dans ma prose, tout de suite j'ai l'air louche aux yeux des vieilles pantoufles nationaleuses parfumées à la boule à mythes.

Donc, c'est ça.

Je préférais vous le dire.

Fuck.

lundi 29 juin 2009

Oumf!


Edmond Romarin est surnommé «Tarla» par des gens qui le méprisent. En fait, c'est un scientifique. Il ne devrait pas être si tarlais que ça, Edmond Romarin.

Il marche sur deux jambes. Il a deux bras. Sa tête est ordinaire.

Son âge? Bah! Je dirais quarante-cinq ans. Mais je peux me tromper.

Pour ce qui est de son côté scientifique, ben il faut dire qu'il travaille dans une quincaillerie et que c'est lui qui fait le mélange des couleurs quand on veut repeindre son logement ou bien une chaise.

On ne lui connaît pas de blonde et il ne parle jamais de sexe.

Cependant, Edmond joue encore aux blocs Lego et même qu'il a gagné un prix l'an passé. En Suède imaginez-vous donc. C'était pour sa fabuleuse reproduction du château de Walt Disney.

Il est même revenu de Suède avec un beau petit montant. Mais il ne s'est toujours pas fait une copine et ne parle jamais des activités reliées à sa queue. C'est en quelque sorte un gentleman, Edmond Romarin.

J'oubliais d'ajouter qu'il ne porte pas de chapeau ni de lunettes. Il a une bonne vue et n'a jamais froid au crâne. Il marche tout le temps nue-tête, même l'hiver, et jamais il ne se plaint de la grêle ou bien des autres intempéries.

Ce n'est pas qu'il soit si dur avec lui-même. C'est juste qu'il est bègue et qu'il craint d'être tourné au ridicule par des individus mal intentionnés. Ils riraient de lui si d'aventure il s'exprimait selon les standards d'une communication naturelle en français, suivant l'ordre logique du discours - sujet, verbe et complément - pour faciliter la réception du message...

Edmond Romarin se contente donc d'exprimer un «oumf!» qui n'est ni négatif, ni positif. Un oumf neutre, quoi, qu'il place là ou il ne devrait y avoir qu'un oui ou bien un non, à défaut d'une phrase complète.

***

Tiens, justement, y'a le patron qui s'en vient. On va pouvoir le voir en action, Edmond.

-Edmond, ça me prendrait du vert lime! C'est pour la cliente à la caisse. Si tu veux bien...

-Oumf!

-Bonjour m'sieur, de répondre la dame à la caisse. Ça me prend du vert lime dans ma chambre à débarras. C'est plus gai, du vert lime!

-Oumf!

-Pardon?

-...

Pauvre Edmond Romarin! Que croyez-vous qu'elle dira, la p'tite dame, en rentrant à la maison avec son gallon de vert lime?

-J'ai rencontré un hostie d'tarlais aujourd'hui, à la quincaillerie. Hostie qu'i' était trèfle! Oumf! Oumf! Maudit tarlais!

***

De retour chez-lui, Edmond enlève ses bottes, mange un sandwich au Klik puis reprend ses constructions en blocs Lego. Il essaie de reproduire le Taj Mahal en ce moment. Il en arrache avec les satanées coupoles. Néanmoins, il persiste. Il se défoule. Il vit une vie à peu près normale, une vie remplie de passion et de défis.

-Oumf! fait-il parfois au milieu de la nuit.

-Oumf! Oumf! ça veut dire bonjour.

Et oumf! oumf! oumf!, ça, je ne sais pas trop.

Sacré Edmond! C'est tout de même un bon Jack.

samedi 27 juin 2009

L'AÎNÉ DE MES FRÈRES A UN DEMI SIÈCLE


Christian, l'aîné de mes trois frères, aura cinquante ans très prochainement. Si je réussissais bien à l'école, c'était à cause de lui. Je l'ai pris pour modèle dans mon cheminement tant scolaire qu'intellectuel. Christian a été au collège? J'irai au collège. Il a fait l'université? Je la ferai aussi. Il voulait devenir médecin? Je voudrai devenir avocat. Il a lu tout François Mauriac. Je lirai tout François Cavanna.

Christian est le plus grand de nous quatre. Mon père prenait plaisir à nous surnommer les quatre frères Dalton. Nous ne sommes jamais entendus pour le rôle d'Averell. Nous le partagions tous à un moment ou l'autre de nos vies. Et Christian, bien qu'il soit le plus grand, n'était pas le plus Averell. Cependant, il a hérité de sa bonhomie. Et il n'a jamais cru bon de porter la moustache.

Il a souvent été là pour nous donner un coup de main. Il a joué son rôle de grand frère de façon impeccable pour tous les trois Dalton. Un lecteur de François Mauriac n'aurait pu faire différamment. Idem pour un Bouchard.

Au baseball, c'était un sacré lanceur gaucher. Il avait de la motion en plus d'avoir le bras long. La balle fumait. Et les retraits s'additionnaient au fil des manches. Jusqu'à la victoire.

Je n'ai jamais aimé le baseball. Mon truc à moi, c'était le vélo, le canot et la natation. Des sports individuels. Tout sport d'équipe me donnait et me donne encore la nausée. Heureusement que mes frères n'étaient pas aussi sauvages que moi. Cela nous rachète pour mon manque d'esprit d'équipe.

Christian m'a fait découvrir Harmonium et George Orwell, Vivaldi et Hunter S. Thompson, Alexis Klimov et Goya, Gotlib et Pif Gadget, le fromage qui pue et le théâtre expérimental.

J'étais souvent premier de classe parce que je bénéficiais de ses conversations didactiques. Et de ses corrections, sévères mais justes, quand il était temps d'améliorer mon français écrit ou parlé.

Ce qui fait que c'est un christ de bon Jack, qu'il ait un demi siècle ou non.

Et je ne peux, franchement, que lui dédier cette chanson pour ses cinquante ans.

***

Et j'ajoute celle-ci, tiens.

vendredi 26 juin 2009

L'anti-guide touristique de Twois-Wivièwes

NDLR: Je débute ici un projet littéraire qui demande l'apport de la communauté internautique. Cela s'appelle, mettons, L'Anti-guide touristique de Twois-Wivièwes. C'est pour son 375e anniversaire de je ne sais pas trop quoi. Ce sera gratuit et accessible facilement sur le ouèbe. Personne ne sera payé. Cela ne me tente pas de faire du marketing. Juste de la littérature, pour le fun hostie. Je débute donc avec ce texte. Après on verra.

***
L'Anti-guide touristique de Twois-Wivièwes
Pour le 375e anniversaire d'une croix plantée quelque part où le monde était trop accueillant

Twois-Wivièwes, capitale de l'arthrite et des rhumatismes

Twois-Wivièwes est la capitale de l'arthrite et des rhumatismes. Parlez-en aux quelques rares médecins du patelin ainsi qu'aux gus de la météo. Ils vont vous confirmer tout ça. Twois-Wivièwes est entourée d'eau: le lac Makwa, le fleuve Magtogoek et la rivière Métabéroutin, les trois M qui, conjugués aux vents prédominants du suroît vous laisse avec la sensation de vivre sous des aisselles puantes. D'où nos hôpitaux qui débordent de patients qui souffrent d'arthrite et de rhumatismes.


Un parfum d'air pur?

L'odeur de pet qui flotte sur la ville provient des papetières. Quoique Twois-Wivièwes reçoit parfois ses effluves d'épandage de purin qui proviennent des champs environnants.

L'odeur de la marijuana flotte dans les vieux comme dans les ennuyants quartiers.

Une vie démocratique plate

La population locale ne vote presque jamais à toutes les élections et la ville est représentée par ce qui reste, au mépris de toutes les lois et conventions qui régissent une démocratie à peu près digne d'elle-même.

Bref, Twois-Wivièwes, au plan purement politique, ce n'est pas Vancouver, ni Toronto, ni Washington.

C'est un peu Montréal, un peu Québec, un peu n'importe quoi, broche à foin, monté tout croche, tout de travers et permettant tout, dont le fait de ne pas aller en consultation populaire quand le quorum des signataires est atteint selon la loi.

La loi? Les pétitions? Ici, on s'en torche. Deus nobiscum quis contra, si Dieu est avec nous qui peut être contre nous, devise de Twois-Wivièwes, pour des maires qui parlent d'eux-même à la troisième personne du singulier, comme s'ils vendaient des marques de savon.

La prière qui se poursuit au conseil de ville est la conséquence d'assemblées publiques paquetées de chevaliers teutoniques. Le Christ n'a rien à voir là-dedans, lui qui les aurait certainement traités de pharisiens et d'hypocrites. Ce qui fait qu'on y tord les bras des personnes qui osent protester sans que personne ne s'en indigne, sinon trois ou quatre personnes qui n'ont pas la télévision ou ne l'écoutent pas du tout. Plus un ramassis d'athées qui ne se déplacent pas pour aller voter aux élections.

La beauté de ses terrains vagues

Ce qu'il y a de plus beau à Twois-Wivièwes, c'est tous ces endroits où l'activité humaine se fait le moins sentir. Les terrains vagues sont magnifiques et fourmillants de vie. Tout le reste c'est du toc. Une façade de film de série Z.

Les Trifluviens sont généralement anarchistes mais tout l'univers médiatique appartient aux acteurs de films de série Z, style Louis de Funès.

WE SPEAK ENGLISH

Twois-Wivièwes est composée à 98% de francophones.

Les anglophones sont rares et sont tous professeurs d'anglais, interprètes ou missionnaires.

Alors, welcome to Twois-Wivièwes folks. We're nice people most of the time. And don't worry if it smells like hell sometimes. Business as usual, y'know? What d'you wanna drink or smoke dudes? We're funny people. We're gonna have fun. We'll celebrate anything you want. Fuck off and all that kind of crap. Welcome here, yeah, yeah. And let's play some good music, ah. Yes sir tabarnak!

***


«CONSEIL PRATIQUE» DE LA SEMAINE
Tous les vendredis matins, à heure fixe, question de finir la semaine en beauté.

Retrouvez facilement votre chemin à Twois-Wivièwes

Vous voulez vous rendre sur la rue St-Paul mais vous ne savez pas où c'est parce que vous n'avez jamais mis les pieds ni les roues à Twois-Wivièwes. Accostez la première personne venue en y allant de cette manière pour ne pas passer pour un original:

-Salut coq (ou capitaine) c'est y'où c'que c'est la rue St-Paul?

-Ben c'est juste là coq! que le Trifluvien ou la Trifluvienne vous répondra sûrement.

-Marci coq! que vous devrez répondre, même si c'est une Trifluvienne.

Puis vous serez sur la rue St-Paul en un rien de temps.

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Chanson-thème de Twois-Wivièwes pour les prochaines élections municipales.

jeudi 25 juin 2009

VIE ET MORT DE DIDJI KILL


Il était petit, teigneux, la tête rasée et portait un bandana sous une casquette de baseball dorée sur laquelle était imprimé un signe de piastre. Il s'appelait Didji Kill. C'était le surnom qu'on avait donné à ce triple abruti qui voulait faire ses classes dans le crime plus ou moins bien organisé.

Comme il commençait au bas de l'échelle, il se contentait pour le moment de minables vols par effraction en plus de faire chier le plus de gens possibles dans la journée en feignant de les écraser avec sa voiture ou bien en lâchant ses deux pitbulls dans les parcs publics, sans laisse.

Bref, c'était un tabarnak de trou d'cul qui méritait juste d'en manger une bonne su' 'a yeule pour qu'i' crisse la paix au monde.

Et c'est ce qui arriva ce jour-là.

Didji Kill s'était stationné en sens inverse dans la piste cyclable pour ramener l'un de ses potes à la maison. Comme l'autre sortait de l'automobile revampée, voilà qu'un cycliste s'engage sur la piste cyclable et s'avance vers le bolide de Didji Kill. Évidemment, Didji Kill accélère et fonce vers le cycliste qui lui bloque le chemin, juste pour le faire chier. Cependant, son bolide s'arrête d'un coup sec. Plus de jus. Rien. Et du coup le cycliste rattrape Didji Kill, ouvre la portière et lui rentre l'os du nez dans le cerveau.

Évidemment Didji Kill en est mort. Le cycliste était costaud en plus d'être en beau tabarnak. Un seul coup de poing a suffi pour renvoyer Didji Kill dans les limbes.

Personne ne l'a pleuré. Pas même ses pitbulls. Le quartier est redevenu tranquille et plus personne ne veut louer à des trous d'cul du genre Didji Kill.

C'est fou la vie des trous du cul. Ça se croit tout permis puis un jour, pouf, ils disparaissent.

mercredi 24 juin 2009

Une maison su' l'bord d'la track


Je viens de terminer ce tableau. C'est peint à l'acrylique sur une toile de 45 X 70 cm. Et je l'ai tout simplement intitulée «Une maison su' l'bord d'la track».

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Tiens, j'ai trouvé la musique qui vient avec.

Bon 24 juin

Bon 24 juin.

mardi 23 juin 2009

Good 23rd of June!


Well, it's the 23rd of June and tonite there are some dudes who'll pitch themselves into «les feux de la Saint-Jean». It's always like that. At each fucking St-Jean-Baptiste. They drink. They smoke. They snif. And then, they don't feel the pain and they pitch themselves into the campfires until they burn or even die. What a bunch of idiots. Why are they so moron?

We've got our rednecks too in Quebec. We've got our bluenecks, that's right. And they drink and they pitch themselves into the fire, like everywhere else. And all that kind of crap.

I'm supposed to make a crime right now. I'm writing in English. Booo!!! How can I do that? Well, like I'm doing it right now. Most of the time I write up my texts in standard or colloquial French. As I recognize the knowledge of a foreign language as a plus, that'll be great to write up in English one day per year, like just right now. On a 23rd of June. Just before «la Fête Nationale du Québec». A way to say fuck off to our bluenecks ayatollahs. Inspite they won't understand anything about what I'm writing with the few English I've learned by drinking and working from coast to coast all across Canada.

Actually, I really prefer to write in French. But it could happen that I'd be so disgusted of living in Quebec that I wouldn't have choice to write regularly in English. I'm practicing, who knows what could happen. I might have to immigrate somewhere else, in Italia or France, where they also speak English I guess.

With my poor knowledge of English language, I fortunatly can go everywhere and share everything with the rest of the world, on the web, or wherever. And that's why I say to the youngsters: «Don't give up dudes! Learn your English! Even the sky is not a limit. Way to go, folks! Hey, hey, my, my, rock and roll will never die!»

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I feel like a real Nowhere Man, sitting in a Nowhere's land, making of his nowhere plans for nobody.

Tabarnak...

lundi 22 juin 2009

BON 22 JUIN! / GOOD 22nd OF JUNE!


J'ai déjà détesté les Zanglais. C'était à l'époque où je n'en connaissais aucun. Les Zanglais, pour moi, c'était les vainqueurs, les impérialistes, les méchants qui voulaient faire de moi et mon peuple des porteurs d'eau, scieurs de bois, locataires et chômeurs dans notre propre pays. Ce que je fus, justement, à un moment ou l'autre de ma vie. Et vous savez quoi? Ce n'était pas la faute de Bill Smith. Bill Smith aussi était porteur d'eau, scieur de bois, locataire ou chômeur dans son propre pays.

Ce qui fait que je suis devenu ami avec Bill Smith. Je lui ai appris le français. Il m'a appris l'anglais. Et après deux ou trois bières, fuck off ou tabarnak, ça revenait pas mal au même. On naît Français ou Zanglais par pur hasard. On devient humains ensuite. On s'en crisse des fourmilières, moé pis Bill Smith. On s'en torche totalement. Les drapeaux? Il n'y avait pas de drapeaux sur l'Île de la Tortue, juste des oeuvres d'art, des totems. Et on prétend qu'ils n'étaient pas civilisés, les Sauvages?

Moé pis Bill Smith on est pas mal Sauvages. La mère de Bill Smith est une juive d'ascendance écossaise. Pis moé, ben, c'est ce que c'est. I am what I am cos' I am what I am. On est métis, comme tout le monde. Pis on s'assume comme tel. On n'appartient à rien ni à personne. We are the future. That's it.

Donc, moé pis Bill Smith on voudrait qu'il n'y ait pas de barrières sur l'Île de la Tortue. Que tout le monde puisse un jour y circuler librement et bénéficier des mêmes avantages et des mêmes sécurités. Que tout le monde se paie du bon temps, quoi, à sculpter des totems ou bien à chatter avec des hurluberlus. Librement. Comme dans «sans contraintes».

Bill Smith vit dans le coin de Sherbrooke. Les Smith du coin sont pas ben riches. Sont su' l'bs les trois quarts du temps. Comme quoi les Zanglais, comme i' disent, sont pas tous riches et n'ont pas tous le nez fourchu. Quoi? Y'a des Zanglais pauvres au Québec??? Ben oui, y'en a. Y'a même des juifs pauvres, imaginez-vous donc.

Je ne déteste plus les Zanglais. J'ai même appris à les aimer.

Je suis allé les visiter, d'un océan à l'autre. Et ils m'ont donné du travail, de l'amitié, de la musique et de la boisson, sans parler du reste.

Donc, les Zanglais, ça ne mord pas.

Et les conneries des ultranationalistes, c'est pareil. Ça ne mord plus.

Cos' the times they are a changin'.

Quand ta cause se résume à vouloir empêcher Paul McCartney de chanter à Québec City ou bien à ne pas vouloir entendre de chansons zanglaises à la Saint-Jean-Baptiste, ben man, laisse-nous te l'dire, man, moé pis Bill on pense que tu voles pas haut. Que t'es un hostie d'fêlé. Pis qu'c'est tant mieux si l'peuple suit pas des navets trop bouillis pis des têtes grises d'ayatollahs béni-oui-ouiesques.

Céline Dion parle la langue des Zanglais pis ça l'empêche pas de réussir. C'est pas une maladie, calice, parler l'angla!

Sur ce, bon 22 juin, Fête des chardonnerets et des nénuphars.

Pitchez-vous pas dans l'feu.

dimanche 21 juin 2009

CONTROVERSE AUTOUR DU NOM DU CONQUISTADOR QUI A FONDÉ TROIS-RIVIÈRES


Il y aurait une controverse autour du conquistador qui aurait fondé Trois-Rivières... Il va même y avoir un documentaire là-dessus. On en est encore à se demander si c'est Théodore Bochart Duplessis ou bien un obscur monsieur Laviolette qui a fondé la ville...

J'ai des petites nouvelles pour vous autres, les historiens...


Au lieu de jouer aux histrions avec l'argent public, retournez donc à vos livres d'histoire. Les sources sont là, facilement disponibles et souvent mal lues par des demies-portions intellectuelles qui se donnent des grands airs. N'importe quel autodidacte un tant soit peu passionné vous dépasse en trois lectures.

Le fait est que Trois-Rivières doit exister comme zone de peuplement humain depuis au moins, oh, je dirais huit milles ans...

Les visages pâles ne commencent à compter que lorsqu'ils plantent une croix: ce qui donne à Trois-Rivières trois cent soixante-quinze ans d'existence. Pour les autres, Trois-Rivières c'est un vieux promontoire aux pieds de sable fin, un lieu paisible sous la forêt de pins. On s'y rencontre entre tribus pour y faire du commerce. On y mange. On y dort. On s'y reproduit. Depuis des milliers d'années.

Quoi? Il n'y avait personne ici avant le 4 juillet 1634?

Il y avait des aborigènes dans la Vallée du Saint-Laurent depuis très longtemps. Même qu'il y avait des maisons, des élections, du travail pour tous. Et des médicaments. Et de l'eau courante. Et des enfants. Toutes sortes de trucs.

Fouillez dans les Relations des Jésuites et autres rapports des robes noires de l'époque. Et vous verrez que le fondateur de Trois-Rivières s'appelait peut-être Capitanal. C'était un grand chef algonquin. Il a demandé à Champlain d'envoyer certains de ses hommes au confluent de la rivière Métabéroutin et du fleuve Magtogoek, à l'emplacement actuel de Trois-Rivières, pour y bâtir un fort qui protégerait son peuple des attaques des Iroquois. «Vos fils marieront nos filles et nous formerons une nouvelle nation», qu'il a dit à Champlain, Capitanal. Pierre Boucher, premier gouverneur de Trois-Rivières, a d'ailleurs marié une des filles de Capitanal. C'est dans les Relations des Jésuites aussi. Ça se trouve facilement: pas d'excuses!

Cessons-donc cette mascarade de conquistadores du Régime français qui se promènent en bas-culottes et en talons hauts dans les rues de Trois-Rivières, pour célébrer je ne sais pas trop qui ou bien quoi. L'histoire de Trois-Rivières a bien plus à voir avec celle des Indiens de Mexico ou Lima qu'avec celle des bas bleus de Paris.

Ce n'est pas le Sieur de Laviolette ni Théodore Bochart Duplessis, le fondateur de Trois-Rivières, et je n'aurai pas besoin de tourner un documentaire là-dessus.

Trois-Rivières a été fondée par des Sauvages, il y a fort longtemps. Dont des Sauvages qui comptent parmi mes ancêtres puisque je suis moi-même un métis d'ascendance algonquine/anishnabé, un produit du rêve de Capitanal de former une nouvelle nation.

Il n'y a qu'à gratter un peu sous l'asphalte pour y retrouver la plage et les pointes de flèche des Premiers Trifluviens reniés par les manuels d'histoire officiels qui ne leur consacrent généralement qu'un ou deux paragraphes.

***

C'est aujourd'hui la Fête des Aborigènes (Aboriginal Day).

Kwey à tous les aborigènes, métis et membres honoraires de la grande communauté de l'Île de la Tortue.

La danse du soleil continuera jusqu'à très tard dans la nuit.

Dans nos pieds comme dans nos coeurs.