La source de tout conte, pour un raconteux du coin, c'est la réalité crue.
Tout le monde sait que les Trifluviens parlent trop. C'est ce qui fait tout leur charme. J'en parle en connaissance de cause. On cause dans les quartiers pauvres. Pour les autres quartiers, franchement, je n'en sais rien. Mais dans la Basse-Ville, on cause.
On pourrait se promener avec des drapeaux rouges ou noirs dans la rue, escortés par des policiers syndiqués, et ressentir le besoin qu'on a de causer dans Ste-Cécile ou bien la P'tite Pologne. Ce n'est pas mêlant, le monde sortait sur les balcons pour applaudir les parades du Printemps Érable avec une sincérité qui faisait chaud au coeur. Je le sais puisque nous y étions.
Donc, on cause dans la Basse-Ville et on y retrouve des masses de raconteux et de raconteuses.
Évidemment, on y parle avec une sagesse et parfois une bêtise que l'on ne trouve pas dans les livres. Ce qui rend les causeries d'autant plus appréciées. Elles nous ramènent les pieds sur terre, quoi.
La réalité est crue dans la Basse-Ville de Trois-Rivières. Crue comme un quartier portuaire avec ses pirates et ses honnêtes débardeurs. Comme un ramassis d'humain jetés sur les rives de la rivière Tapiskwan Sipi et du grand fleuve Magtogoek.
C'est là d'où je viens. Et pour avoir vu ailleurs un tant soit peu, je nous trouve pas pires qu'ailleurs. Et peut-être même mieux, sans qu'il ne soit question de faire appel à ce quelconque chauvinisme de politicien poche.
Où en étais-je avec mon conte? Hum... Je l'ai oublié en cours de radotage... Tant qu'à radoter, lisez-moi ça.
mercredi 14 mai 2014
mardi 13 mai 2014
Pour défaire le mythe de l'artiste paresseux
La plupart des artistes que j'ai connus n'étaient pas paresseux. Ils étaient souvent brouillons, désorganisés et rêveurs, mais paresseux? ça non.
J'en ai vu bûcher nuit et jour sur leurs instruments pour en arriver à ce qui semble simple comme bonjour, jouer une mélodie fluide sans fausses notes, comme si cela se faisait tout seul.
J'en ai vu d'autres dessiner, peindre et sculpter comme des enragés. Leurs muscles sont saillants et, croyez-moi, ils ont des nerfs d'acier. Rien à voir avec l'image éculée de l'artiste évanescent qui sombre dans la volupté d'un rêve désincarné.
L'on ne retient en fait que le cliché de l'aspirant-artiste, de «l'artiste à ses heures». L'artiste à toute heure est pourtant le seul qui s'impose en fin du compte. L'artiste qui ne compte plus son temps et qui s'adonne à l'inutilité de l'art avec la persévérance d'un prédateur. Cet artiste-là ne peut pas être paresseux puisqu'il s'agite tandis que la grande majorité de ses congénères regardent la télé ou bien jouent à quelque chose dans ce temps où ils s'avachissent une fois libérés de leurs obligations.
Non, personne ne me vendra l'idée de l'artiste paresseux.
Personne.
J'en ai vu bûcher nuit et jour sur leurs instruments pour en arriver à ce qui semble simple comme bonjour, jouer une mélodie fluide sans fausses notes, comme si cela se faisait tout seul.
J'en ai vu d'autres dessiner, peindre et sculpter comme des enragés. Leurs muscles sont saillants et, croyez-moi, ils ont des nerfs d'acier. Rien à voir avec l'image éculée de l'artiste évanescent qui sombre dans la volupté d'un rêve désincarné.
L'on ne retient en fait que le cliché de l'aspirant-artiste, de «l'artiste à ses heures». L'artiste à toute heure est pourtant le seul qui s'impose en fin du compte. L'artiste qui ne compte plus son temps et qui s'adonne à l'inutilité de l'art avec la persévérance d'un prédateur. Cet artiste-là ne peut pas être paresseux puisqu'il s'agite tandis que la grande majorité de ses congénères regardent la télé ou bien jouent à quelque chose dans ce temps où ils s'avachissent une fois libérés de leurs obligations.
Non, personne ne me vendra l'idée de l'artiste paresseux.
Personne.
dimanche 11 mai 2014
Trois tableaux vendus
Trois de mes tableaux sont partis en fin de semaine. Ils ont été adoptés par de bonnes gens et ne m'en fais plus trop sur ce qui les attendent. Ils poursuivront sereinement leur aventure vers d'autres murs et d'autres cieux.
Mon exposition se poursuit au Café du Cinéma Le Tapis Rouge.
Mes pinceaux et mes plumes s'agitent en toutes les directions pour extirper de mon âme ces parcelles de bonheur qui ne viennent pas d'elles-mêmes.
Il se peut que la joie de vivre soit un antidote bien plus qu'un état d'être.
Les questions métaphysiques ne seront certes pas résolues par le Dépanneur Ti-Oui, ci-contre, ou bien La vente de garage, sur la photo qui vient ensuite.
Ces deux tableaux m'indiquent peut-être la voie à suivre. Plus de personnages. Plus d'énigmes cachées ça et là dans ces visions que je peins de mémoire, sans l'aide de photographies, de papier-carbone ou de rétroprojecteur. Je ne fais pas d'esquisse. Je peins directement sur la toile pour qu'il y ait plus de vie et moins de technique.
Cela donne ce que cela donne. C'est comme si ce n'était pas moi qui les peignais. C'est comme si les pinceaux me menaient. En fait, j'entre presque dans une transe quand je peins. Une transe qui n'a va pas plus loin que le plus pur plaisir de déjouer le quotidien pour mieux le magnifier. Merci à vous tous et toutes de m'inspirer ces visions d'un monde plus poétique
Mon exposition se poursuit au Café du Cinéma Le Tapis Rouge.
Mes pinceaux et mes plumes s'agitent en toutes les directions pour extirper de mon âme ces parcelles de bonheur qui ne viennent pas d'elles-mêmes.
Il se peut que la joie de vivre soit un antidote bien plus qu'un état d'être.
Les questions métaphysiques ne seront certes pas résolues par le Dépanneur Ti-Oui, ci-contre, ou bien La vente de garage, sur la photo qui vient ensuite.
Ces deux tableaux m'indiquent peut-être la voie à suivre. Plus de personnages. Plus d'énigmes cachées ça et là dans ces visions que je peins de mémoire, sans l'aide de photographies, de papier-carbone ou de rétroprojecteur. Je ne fais pas d'esquisse. Je peins directement sur la toile pour qu'il y ait plus de vie et moins de technique.
Cela donne ce que cela donne. C'est comme si ce n'était pas moi qui les peignais. C'est comme si les pinceaux me menaient. En fait, j'entre presque dans une transe quand je peins. Une transe qui n'a va pas plus loin que le plus pur plaisir de déjouer le quotidien pour mieux le magnifier. Merci à vous tous et toutes de m'inspirer ces visions d'un monde plus poétique
jeudi 8 mai 2014
Sans titre
Cette toile va me quitter aujourd'hui. J'ai pris une photo en catastrophe pour en conserver le souvenir.
Je n'y ai pas donné de titre. Elle s'appelle donc «Sans titre». Aux nouveaux propriétaires d'y trouver une appellation, une rêverie, un rien qui n'a pas d'autre but que de ne servir à rien. Bref, c'est une oeuvre d'art. C'est sorti de ma tête sans réfléchir. Et ça m'a donné une femme couleur café qui danse un mambo en solo en se passant une serviette autour du col pour se conférer un côté sensuel ou bien énigmatique.
C'est tout pour aujourd'hui, à moins que je ne trouve quelque truc à vous communiquer, comme la publication de ma dernière lettre d'opinion dans un journal...
mercredi 7 mai 2014
À la fucking justice!!!
«Heureux ceux qui ont faim et soif de justice car ils seront rassasiés...»
Je récite de mémoire l'évangile de Mathieu. Je suis trop lâche pour vérifier la référence exacte. Google me dit que c'est Mathieu, chapitre 5, verset 6.
Je m'accroche à cette phrase ce matin comme je m'y suis accroché depuis ma tendre enfance.
Le Jésus de mon enfance, sous l'influence de mon père, était bien plus près de Michel Chartrand que d'une quelconque charogne de l'Église qui baise des enfants et vote conservateur.
Ce qui fait que j'ai délaissé l'Église, Dieu et ses saints reproduits en série pour nous faire douter de la justice.
Pourtant, les mots sont demeurés dans ma mémoire. Le Verbe s'est fait chair. In principio erat verbum et verbum erat apud deum...
J'ai beau avoir chassé le surnaturel de mes idées qu'il revient parfois au galop, comme une consolation, pour m'aider à croire qu'il sera un jour plus facile à un chameau d'entrer par le chas d'une aiguille qu'à un riche de se cacher de ceux qui n'ont pas connu le paradis de leur vivant.
D'une digression à l'autre, ma mémoire n'est pas toujours solide.
Je me souviens vaguement d'un dirigeant athénien qui avait condamné un riche à balayer les rues d'Athènes après l'avoir dépossédé de sa fortune pour la remettre au peuple affamé. Il me semble que c'était Périclès mais je n'en suis pas certain. J'ai beau googlé que je ne trouve rien.
Cela dit, les antiquités vivent en moi comme une consolation.
Je trouve dans l'histoire toutes sortes de raison de m'inquiéter et, paradoxalement, toutes celles qu'il faut pour ne pas m'en faire.
Le monde va changer, inexorablement.
Que nous le voulions ou pas, Héraclite remarquait que l'on ne se baigne jamais deux fois dans les mêmes eaux d'une rivière.
Où veux-je bien en venir?
À la justice pardi!
À la fucking justice!!!
mardi 6 mai 2014
lundi 5 mai 2014
À propos de la magie qui s'évapore et des personnalités fortes
On entend souvent dire chez les organisateurs électoraux de la droite que le bon peuple nécessite des «personnalités fortes» comme le maire Untel. La maire Untel qui, comme tout le monde le sait, est un démagogue de fond de cour. Il s'adresse aux bas-instincts de son troupeau pour satisfaire les désirs de ses maîtres tout en haut de la pyramide. Il prend la pose du gars rough and tough mais, dans les faits, c'est un pauvre type qui jappe comme un caniche dont on pourrait se débarrasser d'une chiquenaude en d'autres temps et d'autres mœurs.
Comme la mode est aux «personnalités fortes», les médias et les maîtres des nouvelles n'en ont que pour les grosses mâchoires carrées qui gueulent comme des ignorants anxieux et effrayés au moindre coup de vent.
Ces «personnalités fortes» sont intrinsèquement des larves lorsque l'on dissipe l'écran de fumée derrière lequel ils se cachent comme autant de magiciens d'Oz. Ils se donnent des airs de grandeur à défaut de l'atteindre par l'esprit. Ils duperont les spectateurs jusqu'à l'effondrement de leur magie.
Ce n'est pas pour rien que Hitler s'en remettait à la magie. Cette «personnalité forte», élue démocratiquement par d'honnêtes Allemands, n'était en fait qu'un avorton au plan spirituel. Ce raté ne pouvait que s'en remettre à la magie, aux activités récréatives en commun et aux jeux pour se donner des airs de Grand Chef porté sur un bouclier par sa horde d'esclaves.
***
Évidemment, la magie finit toujours par s'évaporer.
Il vient toujours un temps où la «personnalité forte» se retrouve tout nu comme dans Les habits neufs de l'Empereur de Andersen.
Tout nu avec sa mâchoire carrée et ses billevesées de «personnalité morte».
Tout nu comme un ver.
Tout nu comme un con.
dimanche 4 mai 2014
Le règne du rire amer et de la rage à l'UQTR
C'est le règne du rire amer et de la rage
De se savoir poète et l'objet du mépris,
De se savoir un coeur et de n'être compris
Que par le clair de lune et les grands soirs d'orage!
Émile Nelligan, La romance du vin
En ce moment, les autorités de l'UQTR ont fait savoir leur intention d'investir dans la construction d'un Colisée sur le campus de l'université. En plus d'abattre mille arbres pour rien, cette décision n'a rien à voir avec la mission d'une université. À moins qu'elle n'en ait pas. Il est vrai que Rabelais, Thomas More ou bien Érasme ne sont plus à la mode...
On peut très bien débarrasser l'UQTR de la musique, de la théologie, de la philosophie, voire de tout ce qui ne se rapporte pas au sport ou bien aux pilules. L'UQTR survivra bien à tout ça si les jeux continuent. C'est ce qu'ont compris les promoteurs de l'UQTR. D'où leur saccage éhonté de l'institution. Les invasions barbares se poursuivent. Bientôt, tout se réglera sur la patinoire en laissant tomber les gants.
Pour les autres, il restera toujours les bibliothèques publiques et l'Internet, mince espoir d'assurer la transmission du savoir dans un trou reculé comme le nôtre où l'on bande sur le hockey, le vroumvroum des grosses totos et les monuments au kitsch de son élite pas très reluisante.
Ça fait dur à Trois-Rivières. Tout le monde le sait. Ce qui en fait l'endroit rêvé pour détruire n'importe quoi n'importe comment. Un stencil qui tient lieu de fresque, un escalier ici, un amphithéâtre là-bas et les niaiseries suivent leur cours, menaçant d'annihilation les deux pelés et trois tondus qui défilent en colère dans nos rues. Ils peuvent bien gueuler que Trois-Rivières est une sale ville malgré tous les efforts déployés par les gentils organisateurs électoraux du Club Merde local pour jeter ce parfum de push-push cheap sur sa séculaire odeur de soufre et de putréfaction politique.
Évidemment, la rectrice de l'UQTR et ses fidèles molosses se chargeront de faire taire les vieux messieurs et vieilles madames qui ne sortent pas leur revolver quand ils entendent le mot culture. Au diable ces professeurs Tournesol et autres intellectuelles à lunettes qui ne comprennent rien à l'économie du savoir!
Il faut économiser sur le savoir pour bâtir un Colisée sur le campus. On ne rase pas mille arbres pour apprendre quelque chose. On ne fait pas de l'argent autrement qu'en élaborant des projets de fous qui ressemblent follement à des chèques en blanc.
Pourtant, mille arbres et sans doute autant de citoyens vous regardent, mesdames et messieurs les promoteurs de hockey de l'UQTR, faussaires de l'institution universitaire, marchands du temple et majorettes d'une économie de la déchéance intellectuelle. Laquelle est élevée au rang des plus hautes vertus parmi ceux et celles qui n'ont pas de classe.
C'est à en chier par terre.
J'ai vraiment honte pour l'UQTR.
Gaétan Bouchard
Bachelier en philosophie (1992)
Université du Québec à Trois-Rivières
jeudi 1 mai 2014
Premier Mai Fête internationale des travailleurs et travailleuses
C'est aujourd'hui le Premier Mai, Fête Internationale des travailleurs et travailleuses. Hommage à tous ceux et celles qui ont combattu, combattent et combattront le capitalisme.
mercredi 30 avril 2014
Il n'en peut plus de se faire traiter de Mini-Moi
Il paraîtrait que le nouveau député libéral de Trois-Rivières n'en puisse plus de se faire traiter de Mini-Moi. Cet «homme d'affaires» - n'est-il pas gérant de caisse? - et ancien organisateur électoral du maire de Trois-Rivières a tout de même de l'orgueil. D'autant plus qu'il est devenu ministre.
Quoi qu'il en soit, je remercie ce nouveau duo comique de chercher à nous faire rire aux larmes. Les gens de Trois-Rivières, qui n'ont pas voté pour eux dans une proportion de plus de 60% minimum, vont se régaler des farces qu'ils nous préparent.
Les spotlights sont sur notre belle et trop chère ville.
Docteur Terreur et Mini-Moi nous amuseront à satiété.
Du pain mais surtout des Jeux!
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