lundi 1 octobre 2012

Pour en finir avec Gentilly 2 et le maire de Trois-Rivières


Le Parti Québécois (PQ) a annoncé la fermeture de l'unique centrale nucléaire du Québec, Gentilly 2. Cette cochonnerie est située à une vingtaine de kilomètres de Trois-Rivières. 

C'est une sage décision. En fait, le PQ a pris pas mal de sages décisions comme coup d'envoi. 

Je puis comprendre que les employés de la centrale soient contrariés et qu'ils manifestent pour sauver leurs paiements. Je pense qu'on peut leur offrir mieux tout en demeurant en santé. Investir dans le nucléaire de seconde main, c'est une aventure trop risquée pour tout le monde.

***

On n'a pas vu le maire Lévesque manifester pour les employés de Fruit of the Loom ou bien pour Aléris, voire pour quelque cause ayant trait à la justice sociale. Ses shows de boucane, il les fait quand c'est le temps de l'année où s'organise le grand Potirothon de Gentilly, un évènement qui offre un prix quelconque au propriétaire de la plus grosse citrouille de la région. 

Le majoret de Trois-Rivières se pointe pour sauver le nucléaire, rien de moins.

En bas de ça, le majoret se battrait aussi pour que l'on puisse traiter les eaux usées du gaz de schiste dans notre réseau public d'aqueduc. 

Et il accepterait volontiers qu'il n'y ait jamais de référendum pour quelque raison que ce soit. 

Il défendrait n'importe quoi qui soulève l'ire et l'indignation de tout citoyen digne de ce nom. C'est un style parmi tant d'autres qui se pratique un tant soit peu dans l'arrière-cour municipale, où le taux de participation frôle celui d'une élection pour la commission scolaire.

La centrale Gentilly 2 va fermer et c'est tant mieux.

Les démagogues peuvent aller se rhabiller.

Le majoret de Trois-Rivières va se faire montrer la porte de sortie aux élections municipales de 2013. Il y a des limites pour un Trifluvien ou une Trifluvienne à supporter la honte.




samedi 29 septembre 2012

C'est ce qui est

Je vous entends tous me dire d'arrêter de parler de Poémou 33 et autres personnages par trop littéraires. C'est le signe évident de ma déliquescence intellectuelle. Elle fait en sorte que je ne serai jamais Sénèque ou bien Montaigne.

Je suis plutôt épais, ça oui, et assez pour livrer mes opinions sans être payé pour les émettre: le comble du ridicule... Comme si je donnais une phrase au Cardinal Richelieu pour qu'ensuite il puisse me faire pendre avec.

Sénèque, Montaigne, le Cardinal Richelieu... Où est-ce que je veux en venir, hein?

À ceci que je ne suis pas gâté par l'esprit de sérieux qui révoltait Nietzsche dans les meilleurs moments  de sa gaya scienza. Pourquoi être lourd, prosaïque et tragique alors qu'il nous est loisible d'être léger?

Bien sûr que je vous lance des grands noms par la tête, comme ça, pour vous faire un peu entrevoir ce que j'ai lu. Une vanité toute philosophique dont j'essaie de me guérir.

Au fond, je ne veux surtout pas faire sérieux. Surtout pas ces temps-ci.

Il s'est passé quelque chose comme un tournant de l'histoire.

Nous avons vécu quelque chose comme un bouleversement.

Cela transcende même le jeu politique.

C'est sur le ouèbe et dans la rue, partout dans le monde.

C'est dans la noosphère, pour reprendre l'expression de Teilhard de Chardin. C'est dans la sphère de la pensée humaine.

C'est ce qui est.

Je n'ai pas d'autres mots à mettre là-dessus.

Et cela ne m'empêche pas de rigoler.




jeudi 27 septembre 2012

Fuck les sermons ce matin

Dans la vie, on ne sait rien. On ne sait pas pourquoi l'on vit ni pourquoi l'on meurt. On est là, bêtement, à nous regarder les uns les autres comme si nous étions tous dans la même salle d'attente depuis des années. On attend qu'il se passe quelque chose. 

Heureusement que dans la vie, on peut dire n'importe quoi.

Dans la vie, on sait tout. On sait pourquoi l'on vit et pourquoi l'on meurt. On est là, intelligemment, à nous regarder les uns les autres comme si nous étions des rescapés de millions d'aventures. On souhaite trouver le temps d'attendre...

Fuck les sermons ce matin...

mercredi 26 septembre 2012

Poémou 33

Poémou s'appelle Poémou parce que c'est un Poitras plus mou que mousclé, je veux dire musclé.

Poémou, c'est pour rire du mou de celui que l'on surnomme aussi Poétras. Poétras c'est un gars pas achalant qui a le désavantage d'être mou quand vient le temps d'octroyer des surnoms et autres quolibets.

Poémou s'en fout un peu. Même qu'il a inscrit son surnom à l'endos de son jacket de baseball. Poémou 33 que c'est écrit en grosses lettres dorées sur fond rouge.

Poémou n'est pas très bon au baseball. Il louche beaucoup et ne court pas vite. Mais bon, le baseball ça sert de prétexte pour boire dans la ligue lumpenprolétarienne dans laquelle évolue Poémou. Ils s'en calissent qu'il soit bon ou mauvais, Poémou. En autant qu'il apporte de la bière.

On ne lui connait aucun métier particulier, Poémou, sinon celui de jouer au baseball et de se pitcher la balle été, automne, hiver et printemps.

Des fois, il pitche une balle de tennis sur un mur et la ramasse avec sa mite. Un combat contre lui-même que Poémou remporte à tout coup parce qu'il ne la lance pas fort. Elle fait poffe sur le mur et poffe dans sa mite. Mollement.

Je ne sais même pas pourquoi je vous parle de Poémou 33 ce matin.

Non, je ne le sais pas du tout.



mardi 25 septembre 2012

Notes à propos de l'idéologie des libertariens

On ne peut pas considérer la vie en communauté comme une science exacte.

Les livres sont divertissants et parfois divergents.

La vie ne tient pas toute entière dans un bréviaire, qu'il soit de gauche ou de droite, d'en-haut ou d'en-bas.

Les libertariens sont des idéologues patentés à la solde des riches.

Ils tirent leur pseudo-science de quelques lectures de juges décrépis et autres économistes bourrés de préjugés ségrégationnistes. Ils sont du genre à partager le thé avec de riches colons sur des plantations sudistes, à savourer leur liberté intellectuelle et toute théorique devant des esclaves dépouillés de droits.

On les entend nous dire que l'on doit démanteler l'État pour laisser le champ libre aux barons des plantations modernes. C'est le marché qui va décider ce qui est bon ou mauvais pour nous.

Ce sera le marché d'esclaves, ouais.

C'est comme s'ils nous regardaient de haut... Je dis ça comme ça.

Il y a d'une part les esclaves qui bâtissent les pyramides. Et d'autre part les Pharaons qui se font déifier sous chaque pyramide, qu'elle soit de gypse ou de roche.

«La liberté c'est l'esclavage» enseigne Big Brother dans le roman 1984 de George Orwell.

C'est en plein la liberté des libertariens, la liberté de pratiquer l'esclavagisme. Un mensonge qui sert Big Brother Inc., un consortium de pharaons et de propriétaires de plantations qui veut nous enseigner la liberté à coups de matraques et de grands coups de pieds au cul.

La vraie liberté elle est pour tout le monde.

Elle n'existe pas que pour une aristocratie qui souhaite disposer de leurs serfs comme de vils objets.

Les objets, c'est nous. Et nous sommes nombreux.

Il y a plein d'excités comme moi pour parler à ce nous que vous méprisez. Aujourd'hui, sur les réseaux sociaux, on trouve toutes sortes d'intellectuels qui écrivent des conneries sans demander un sou. C'est fou ce qu'on peut faire comme bénévolat.

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Joke:

Ce qu'il y a de plus indignant pour un libertarien: bâtir une cantine populaire au coin de la rue pour nourrir des enfants pauvres avec l'argent de nos taxes et de nos impôts...

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On ne les entendrait pas brailler à propos d'un amphithéâtre pour un club de hockey...

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Je connais plusieurs libertariens payés par l'État pour être libertariens... Paradoxe? Ou détournement amorcé de l'État vers son démantèlement?

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La lutte continue les amis.




lundi 24 septembre 2012

Parler de soi-même, c'est nul

J'étais souvent dans la lune à l'école. Je regardais par la fenêtre tout ce qui se passait dehors dans les arbres, dans le ciel et sans doute sur la lune.

Évidemment, le prof me reprochait souvent de manquer d'attention ou bien de trop lui en prêter. C'est que je caricaturais mes profs quand je n'étais pas sur la lune... Je leur dessinais de gros pifs et les plaçais dans des situations plutôt embarrassantes, pour employer un euphémisme.

J'avais un problème avec l'autorité. J'étais fait pour rêver. Et je faisais payer à mes geôliers l'interdiction de rêver. Avec mes crayons. Avec ma bêtise. Je n'ai pas dit encore que j'étais parfait.

Pourtant, sans me vanter, j'étais un premier de classe dans plusieurs matières, dont le français et même les mathématiques. J'enregistrais sans écouter. Cela me permettait de rêver...

J'étais bien sur la lune. Enfin, j'étais plutôt sur la terre. Puisque je me foutais franchement de la lune. J'avais vu mieux que cette roche en suspension. J'avais vu la rivière, les brochets et les barbotes. J'avais vu les feux sur la plage. Bref, j'avais vu mieux que l'école.

J'enregistrais... C'était mon secret. Cela me permettait de passer mes cours sans écouter.   Blablabla bloublou bloubloublou et coetera. Cela me rentrait dans la tête pour me permettre de tout recracher ça stupidement, comme un chien qui fait la belle.

Je préférais la bête. Ou bien le côté végétal de la vie sur terre. Tout ce qui va bien par-delà ces rites intellectuels et ces devinettes folkloriques.

Je ne suis pas mieux qu'un autre et je n'écris pas ça pour me vanter, mais pour dire que je suis fait pour rêver.

Les universitaires m'ont souvent déçu pour l'aspect plutôt perroquet de leurs devinettes. Il ne suffit que de lire deux ou trois bonnes exégèses des lieux communs pour en maîtriser tout le charabia. On en revient vite des antichansons à répondre.

Je ne sais pas où je veux en venir avec ce texte ce matin.

Et je ne sais pas pourquoi je le soumets si facilement aux yeux de tous, sans demander un sou, ni même un commentaire.

Parler de soi-même, c'est nul.

vendredi 21 septembre 2012

Victoire des carrés rouges

Plusieurs bonnes décisions ont été prises cette semaine par le nouveau gouvernement du Parti Québécois.

On abandonne le projet de réfection de la centrale nucléaire Gentilly 2, un projet qui ne tenait pas debout, tant au plan environnemental qu'économique. Les mutants de la Planète des Singes ont perdu.

Il n'y aura pas non plus d'exploitation du gaz de schiste selon ce que vient d'affirmer la nouvelle ministre de l'environnement, Mme Martine Ouellet. Lucien Bouchard devra se trouver une autre province pour vanter cette industrie.

Par ailleurs, les étudiants en grève ont gagné l'annulation de la hausse des frais de scolarité décrétée par les libéraux. La loi 78, dite la «loi spéciale», sera abrogée pour garantir la liberté de manifestation et la liberté d'expression, histoire de ramener la paix sociale.

Les chroniques vomitoires de Richard Martineau sur Canoë seront seulement disponibles pour les abonnés qui paieront pour les lire. Même les libertariens n'investiront pas un sou là-dedans.

Bref, les choses ne tournent pas si mal.

J'ai craint un moment que le PQ allait gouverner à droite pour se rapprocher de la CAQ.

Eh bien non. Ça gouverne à gauche.

Et je dis tant mieux.

On n'aura pas tapé sur des chaudrons et porté des carrés rouges pour rien.


mercredi 19 septembre 2012

Le fer à cheval d'Eul'Frisé

Celle-là, je ne m'attendais même pas à vous la raconter. Pas plus tard qu'il y a trente secondes, je ne savais même pas que je l'avais en tête.

Venons-en aux effets.

Hop-là! Un nouveau conte sorti tout droit du néant qui faisait semblant de m'habiter.

L'angoisse de la page blanche, croyez-moi, c'est bon pour les paresseux et pour ceux qui s'en font pour rien.

Tap-heu-tap-heu-tap et voilà une histoire bien torchée qui s'amène par-delà le clavier.

C'est l'histoire d'Eul'Frisé, Joseph Yvon Dominic Galarneau de son vrai nom, un chauve qui n'a pourtant rien de frisé. Eul'Frisé, c'est sans doute de l'ironie. Enfin! Nous ne sommes pas dans la tête de ceux qui le surnomment ainsi.

Eul'Frisé n'est pas seulement chauve, bien entendu. Il est aussi svelte qu'un gant de kid. Et il ne danse jamais, même quand il est fin saoul. Il se contente généralement d'être sobre et ne dérange personne en particulier.

Il marche, Eul'Frisé. On le voit marcher et marcher et encore marcher. Il arpente les trottoirs comme s'il était payé pour en prendre la mesure. Eul'Frisé est un marcheux, oui.

-J'su's un marcheux, qu'il dit, parfois. Ouais. J'su's un marcheux.

Eul'Frisé ne fait pas que marcher. Il siffle aussi.

-Zwouiii! Zwouiiiiiii! Zwouiiiiii-iii! souffle-t-il d'un air bon enfant, bien qu'il n'aie rien d'un enfant de choeur, Eul'Frisé.

C'est vrai qu'il a l'air un peu méchant. Mais ce n'est qu'un air. Il n'est pas avenant, mais Eul'Frisé n'est pas méchant homme. C'est une vraie pomme. Sa pomme, c'est lui. Et, vous vous en doutez, il mange des pommes pour éloigner le médecin pour toujours. C'est bon ça, des pommes.

On s'arrêterait là qu'on aurait fait au moins quatre-vingt-quinze pourcent du personnage, selon l'avis de quelque misanthrope de passage.

Ah! C'est que tout ce nous connaissons de Eul'Frisé tient encore de la rumeur publique, à laquelle s'ajoute la voix un peu gauche de votre humble serviteur, scribe de basse extraction qui méprise les pharaons.

Eul'Frisé n'est pas qu'un marcheux chauve qui siffle d'un air méchant.

C'est aussi un très bon joueur de fer à cheval. Pas de pétanque, mais vraiment de fer à cheval. Mettez-lui une boule dans la main, Eul'Frisé va vous la pitcher un peu n'importe où.

Mais si c'est un fer à cheval, wo! attends-p'tit peu... Ce n'est plus pareil. Le fer à cheval le fait tomber en transes et il le pitche autour du poteau à tout coup, Eul'Frisé. Clak! Clak! Clak! Il enligne coup sur coup et bat tout le monde sans qu'on ne l'aie venu venir.

-Je suis Eul'Frisé! qu'il crie tout le temps à la fin de chaque partie en se battant le torse comme un gorille dominant. Je suis Eul'Frisé! Heurw! Heurw! Heurw!

Bon, eh bien, je vais décrocher du cas d'Eul'Frisé. Pour en savoir plus, vous n'avez qu'à vous entretenir avec ce brave homme. Il est facilement reconnaissable à sa salopette jaune orange tachée de traces d'eau de javel. Il siffle d'un air méchant et il est chauve. Il arpente les trottoirs de Trois-Rivières avec un fer à cheval dans la main droite.

mardi 18 septembre 2012

Le jus d'orange ce n'est pas si bon que ça pour la santé

Cette histoire ne changera pas le monde, c'est certain. Je vais pourtant vous la raconter, ne serait-ce que pour éviter les culs-de-sac de l'Histoire.

Cela se passe en plein-air, au temps des feuilles mortes qui virevoltent sous les vents forts et frais.

Une odeur nauséabonde flotte dans l'air. C'est Reynald qui se lève en toussant comme un moribond emboucané. Il ne couche pas sous les feuilles mortes, bien sûr, mais il peut les voir tomber de sa fenêtre, ce qui est tout de même pas mal pour un début d'histoire.

-Eurf! Eurf! qu'il fait en réveillant tout le quartier, Reynald.

Reynald est un être tout ce qu'il y a de plus moyen et il s'en fout un peu. Il tousse, ce dont il se fout aussi. Il est plutôt laid, mais il a fini par s'y faire. Par contre il prononce toujours bien ses moi et ses toi.

-Eurf! Eurf! moi j'ai envie d'une bonne cigarette!!!

Reynald fume sa cigarette. Eurf! Eurf! encore, qu'il tousse, oui...

Ça sent le calice, évidemment.

Que fera Reynald aujourd'hui?

-Ej'm'en va's commencer par me l'ver pis après on verra...

Il se lève. Il tousse encore. Eurf! Eurf. Puis il traîne ses savates jusque dehors sur la véranda.

Il y a des étoiles dans le ciel. C'est donc qu'il n'y a pas de nuages.

Quelle meilleure journée pour repeindre sa maison?

Reynald ne le fera pas, bien entendu. D'abord ce n'est pas sa maison. Et puis quand bien même ce serait la sienne, il ne le ferait pas.

Donc, Reynald ne fera rien.

Il tire une poffe de sa cigarette, s'en rallume une autre avec son mégot, puis il tousse.

-Euf! Eurf! moi je prendrais bien un p'tit jus d'orange saint-chrême!!!

Et Reynald prend un saint-chrême de p'tit jus d'orange.

Puis il tousse.

Puis il rote.

Puis il meurt.

Comme quoi le jus d'orange ce n'est pas si bon que ça pour la santé.


lundi 17 septembre 2012

L'Atelier de Régent Ladouceur

J'ai assisté hier au vernissage de l'ami et artiste-peintre Régent Ladouceur. Il expose sous le thème L'Atelier au Musée des Ursulines, sis au 734 de la rue des Ursulines, dans le Vieux Trois-Rivières. Quelques détails apparaissent ici sur le site du Musée. Quelques oeuvres exposées apparaissent sur la photo ci-contre. Il s'agit essentiellement de croquis et de tableaux où se mêlent des influences classiques et romantiques. L'oeuvre de Régent me rappelle spontanément celle de Georges de La Tour, cette mince ligne de clarté sur fond noir. Encore que j'y voie aussi l'influence d'un Gustave Moreau.

Évidemment, son oeuvre s'explique par elle-même et se passe d'imitations. Mais on y sent une certaine mystique. C'est ça du Régent Ladouceur, les amis. Et cela vaut le détour. Je vous dirais qu'il utilise telle ou telle technique, ce n'est pas mon affaire. Comme je le disais hier pendant le vernissage, avec ma coupe de vin blanc à la main, y'a pas de meilleure journée que celle où l'on voit de la beauté partout, dehors comme en dedans, au Musée par exemple.

Est-ce que je beurrais épais? Pas du tout. Régent, c'est pas de la crotte. Ça vaut le détour.

J'ai réalisé par le fait même qu'il m'a initié aux arts sans le savoir. J'ai flâné dans son atelier au cours des dernières années, par le biais d'artistes-peintres tout aussi mystiques que l'était et l'est encore Carl Pelletier, un vrai de vrai qui battait tout le département des arts à plates coutures par sa créativité débordante et ses techniques éprouvées. On allait visiter l'atelier de Henri Boudreault, un artiste-sculpteur de portes monumentales. Il mettait des tonnes de vernis sur ses arabesques. Et son atelier, bien sûr, était à côté de celui de Régent et d'autres artistes de passage.

Je connais son oeuvre et son atelier depuis un bout de temps et c'est très bien rendu, L'Atelier de Régent Ladouceur. Au-delà d'une mystique, c'est aussi pour moi ce voyage dans le temps.

Cela me rappelle par ailleurs que je suis tributaire des vivants pour ce qui ressemble un peu à de l'art chez-moi.

Hier, j'ai revu André, Maurice et Guy. André qui m'a enseigné à réfléchir sans le savoir. Maurice qui m'a enseigné à écrire sans le savoir. Et Guy qui m'a enseigné l'harmonica sans le savoir. Idem pour Régent, qui m'a enseigné la peinture sans le savoir... Finalement, je suis un vrai voleur. J'ai l'air de rien mais je suis toujours en enquête. Je pique ça et là tout ce que je trouve de meilleur. Et je fais semblant que cela vient de moi seul...

Nous ne sommes pas ici pour parler de moi, bien entendu.

Si vous passez par le Vieux Trois-Rivières dans les prochains jours, allez voir l'exposition de Régent Ladouceur au Musée des Ursulines. Et je dis pas ça seulement parce que je le connais. Mais parce qu'il se connaît lui-même. Enfin! vous verrez...