samedi 25 mars 2017

Islamophobie et savon de vaisselle à l'eau de source

Je me suis donné pour règle d'éviter autant que faire se peut de commenter sur mon blog les controverses et dérapages qui pullulent sur les réseaux sociaux.

Il me faut parfois réagir, ne serait-ce que pour exprimer ma lassitude.

Il y a deux jours, les députés de la Chambre des communes du Canada ont adopté une motion condamnant l'islamophobie. D'aucuns y ont vu une attaque contre la liberté d'expression. Pas moi. Je n'y ai vu qu'une motion non-contraignante qui n'a aucune force de loi. Du coup, il s'en trouvera pour m'accuser de soutenir l'État islamique... Je saurais m'y faire en évitant de discuter avec tous les fanatiques que je pourrais croiser sur mon chemin. Je ne parle pas aux enragés. Ceux qui ont l'écume aux lèvres doivent se faire soigner, un point c'est tout.

La charte canadienne des droits et libertés, tout comme la charte québécoise du même nom, condamnent la discrimination fondée sur la race, le sexe et même la religion. C'est une des lois fondamentales de notre État de droit. Comme celles qui permettent aussi la liberté d'expression sous réserve de ne pas s'en servir pour commettre un méfait public.

Le fameux code de vie de Hérouxville, dont on a entendu parler pendant les audiences de la Commission Bouchard-Taylor, prétendait qu'on ne pouvait pas lapider des femmes entre autres niaiseries. Or, le Code criminel canadien est déjà assez clair à ce sujet. Il est aussi interdit de pendre quelqu'un ou de le noyer dans un sac de couchage avec un bloc de béton attaché aux pieds.

Cela ne suffisait pas pour calmer la populace réclamant son droit de lynchage. Nous étions envahis par des étrangers qui se méfient du porc dans nos bines au lard.

C'était un peu comme s'il fallait spécifier qu'il est interdit de passer sur un feu rouge pour ceux qui portent une calotte rouge, un turban, un fez ou bien un haut-de-forme. Il vient un temps où il suffit de dire qu'il est interdit de passer sur un feu rouge pour qui que ce soit, point à la ligne.

Cela serait trop simple pour ceux qui sont trop bêtes.

On fera donc des parlementeries à ce sujet en plus d'inonder Twitter d'images sarcastiques sur ceux qui portent des calottes rouges ou bien des hauts-de-forme.

Je n'aurai pas dû commenter cette motion de la Chambre des communes. Je le regrette déjà. Il n'y avait rien à dire là-dessus, sinon que les députés ont cru bon de signifier aux musulmans de ce pays qu'on se préoccupe de leur sort. On pourrait, pour ma part, dire la même chose aux Témoins de Jéhovah et aux athées. À la rigueur, on pourrait passer une motion sur la punkophobie, sur la hiphopophobie ou bien l'athéophobie. Emmenez-en des projets, les députés ne demandent qu'à nous rappeler que tout le monde aime la tarte aux pommes.

Bref, il n'y a pas grand chose à dire à ce sujet mais je puis vous assurer qu'il s'en est dit des tas et encore des tas. Beaucoup de bruit pour rien. Enfin, pour presque rien... Avoir été député, j'aurais approuvé la motion tout en regardant des niaiseries sur YouTube pendant les débats.

***

Changeons de sujet... Il y a des limites à déchirer sa chemise pour si peu. Je ne vous parlerai pas plus du type qui a écrit dans le magazine MacLean's que la société québécoise va tout croche et tout de travers. Monsieur Potter s'en est excusé, a perdu un titre à l'Université McGill et ne mérite pas nécessairement d'être achevé à coups de pelle. Il y a bien sûr un tant soit peu de Quebec Bashing dans le MacLean's mais bon, on ne se gêne pas pour ridiculiser le Rest of Canada aussi souvent que possible de ce côté-ci. Ce ne sont pas deux solitudes qui se parlent mais deux cliques de patriotes autoproclamés qui ne méritent que notre indifférence. J'aime les Anglos et je connais des Anglos qui m'aiment. Cela me suffit amplement.

Allons-y d'un autre sujet, dis-je.

Je suis passé dans une petite boutique de produits bio ce matin. On cherchait un produit sans gluten quelconque parce que je me chie le corps quand je bouffe du gluten sur une base régulière. Depuis que je n'en consomme plus, eh bien je chie normalement. L'eau est toujours claire après que j'y ai évacué ce qui se doit de sortir des intestins. Raison de plus pour continuer de manger des produits sans gluten.

Or, j'ai été surpris de constater qu'on y vendait pour huit dollars une bouteille de 700 ml de savon à vaisselle biologique fabriquée avec de l'eau de source provenant de je ne sais quel Himalaya.

Ça m'a pris au ventre bien plus qu'au portefeuille puisque je ne l'ai pas achetée.

Je ne suis pas un bobo qui rachète sa mauvaise conscience de bourgeois occidental avec ce genre d'attrape-nigauds.

Du savon à vaisselle contenant de l'eau de source... Wow!

Je suis sensible à la lutte contre les changements climatiques tout autant que je le suis pour l'usage de la logique que suppose la dimension éco-logique...

Leur eau de source au savon de vaisselle, donc, ils peuvent bien se la crisser dans l'cul.

***

Après tout ça, franchement, je n'ai plus rien à dire.

Et je retourne peindre dans mon atelier.