lundi 20 février 2017

Comment avait-il pu détester la vie?

Le temps était gris. La neige était sale.

Son humeur était mauvaise. Son travail était sans intérêt. Ses espoirs étaient vains. Ses amours étaient mortes.

Bref, sa vie était triste à mourir.

Tout lui pesait sur l'âme. Et il avait le vague sentiment que rien n'allait s'améliorer.

Plutôt que de s'enfoncer dans toujours plus de désespoir, il s'était résolu à lâcher prise et à partir au loin.

Il avait tout quitté et était parti tout fin seul avec son sac à dos.

Son pèlerinage se fit sans prières et toujours plus à l'Ouest.

Il traversa des tempêtes, des blizzards et j'en passe.

Puis il constata un beau matin qu'il s'était rendu là où les lilas étaient en fleurs.

Le vent du large provenait de l'Océan Pacifique.

Il avait l'étrange sensation d'être enfin en paix avec lui-même.

Il travaillait pour un piètre salaire au gré de ses errances et avait pour amis tous les promeneurs solitaires du monde.

La vie lui semblait dorénavant une aventure digne d'être vécue.

Il avait franchi la porte de sa prison sans savoir que la porte avait toujours été ouverte. Il s'était frappé la tête contre les barreaux d'une cellule qu'il s'était bâti lui-même.

Le soleil le nimbait de poésie autant que de courage.

Il n'avait plus peur d'avoir peur.

Il ne craignait plus le lendemain.

Tout était redevenu lumière.

-Hey Frenchie, what are you thinking about, huh?

-Nothing man... Eveything's fine... I just go with the flow...

-Ok then... But don't forget to let me smoking too... Jizz! You've got the joint in your hand for about five minutes dude... 

-Sorry... Take it man...

-Cool man... Fuck man I'm flying out... don't you?

-Me too... Wow...

Une musique jouait en sourdine. Quelque chose comme if you're going to San Francisco be sure to wear some flowers in your hair...

Il avait atteint son illumination.

Rimbaud pouvait aller se rhabiller.

Le soleil brillait sur l'Océan Pacifique.

Des hippies courraient nus sur la plage avec des couronnes de fleurs dans les cheveux.

Comment avait-il pu détester la vie?



6 commentaires:

monde indien a dit...

Tout simplement !

Gaétan Bouchard a dit...

@Monde indien: La vie est belle, on ne m'enlèvera jamais ça de la tête!

monde indien a dit...

Pour moi aussi - j ' ai toujours dit à mes propres enfants , aini qu ' à mes petits élèves : le vie est dure , mais elle est incroyablement belle et merveilleuse ! C ' est ça le + important !

Misko a dit...

Ça serait tu la côte ouest américaine, la photo? Genre, l'Oregon, ou la Californie? Ou peut-être la côte de la Colombie Britannique, que je connais moins?

Anyway, ça me rappelle de beaux souvenirs de mon voyage sur le pouce dans l'ouest du Canada et des É.U. à l'été 85.

Le genre de voyage qui s'est avéré être initiatique, en quelque sorte.

Gaétan Bouchard a dit...

@Monde indien: Entre vieux hippies on se comprend! ;)

Gaétan Bouchard a dit...

@Misko: C'est une vue aérienne d'une plage sur l'Île de Nootka (Vancouver) dont on parle par ailleurs dans la nouvelle télésérie Taboo présentée par Ridley Scott (Alien, Blade Runner, etc.). Excellente télésérie mettant en scène un Métis Nootka fucked up dans l'Angleterre de 1815.