vendredi 6 mars 2015

L'austérité en tant que source de joie

Une blague n'attend pas l'autre avec le cheikh Philippe Couillard. Hier, alors qu'il continuait de faire honte aux Québécois en France, il nous apprenait que l'austérité pouvait aussi être perçu comme une source de joie.

Depuis qu'il consulte son bréviaire libertarien avec le fanatisme du nouveau converti, le cheikh Couillard applique à la lettre la recette des laborantins de l'économie qui veulent traiter la populace comme de la merde afin de satisfaire l'appétit insatiable des riches qui les financent. On croit qu'il est possible de revenir au servage en oubliant que les aristocrates finissent souvent pendus à la lanterne depuis 1789. On se nourrit de l'illusion que les luttes populaires peuvent être rayées d'un trait de crayon sur une colonne de chiffres. Pourtant, la colère gronde dans les rues et ces larbins qui se réfugient dans les hautes études économiques oublient qu'ils ont une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes trop bien garnies de théories déconnectées des réalités sociales.

L'économie, plutôt que de se relever, se plante d'aplomb. Commerces et entreprises ferment leurs portes puisque tout un chacun craint de manquer d'argent pour passer au travers de l'austérité. Où sont les résultats? Il y a plus de chômeurs, moins d'argent, moins de transactions. Pourtant, le cheikh Couillard n'y voit que de la joie. Une crise économique se pointe à l'horizon et voilà nos libertariens qui accusent la gauche, les syndicats et les rebelles de ne pas les laisser faire tout ce qu'ils veulent, d'où la moins grande source de joie de l'austérité...

Les Américains sont sortis de la crise économique de 1929 en se débarrassant du président Hoover, un genre de libertarien déconnecté, pour le remplacer par Roosevelt et sa politique d'investissements publics appelée le New Deal. Avec les masses de chômeurs qui prenaient la rue, Roosevelt a compris que c'était soit le New Deal, soit la révolution. L'économie a finalement pris de l'essor et, depuis, presque personne n'a remis en question la nécessité des investissements publics pour favoriser la justice sociale ainsi qu'un meilleur partage de la richesse.

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Maintenant, laissez-moi passer de la théorie à la pratique.

Il y aura une manifestation contre l'austérité à Trois-Rivières. Elle aura lieu dimanche le 8 mars prochain. Le rassemblement est prévu pour 10h00, dans le stationnement attenant au poste de police sur la rue des Forges. Tous les détails sont ici.

Il va sans dire que j'y serai avec mes camarades pour démontrer à Couillard et aux libertariens que nous avons une autre définition de l'austérité.

Loin de nous rendre moroses, elle nous incite à combattre l'injustice sociale ainsi que les valets du capitalisme sauvage.

Oui, je serai là parmi mes frères et soeurs de combat pour brandir ma pancarte et scander des slogans à la mesure de mon indignation de voir le Québec entre les mains des laborantins libertariens.

Ceux qui croient que cela ne changera rien n'ont qu'à rester chez-eux. L'histoire saura bien, comme d'habitude, se passer d'eux.

Pour les autres, je me prépare avec cet hymne à la résistance.