lundi 27 septembre 2010

Un feu de patates frites

Pourquoi la boîte à souvenirs peut soudainement s'activer pour un événement anodin qui s'est produit il y a vingt ou trente ans? Peut-être parce que l'événement n'était pas anodin. C'est l'explication qui me suffit ce matin. Je n'irai pas plus loin dans l'introspection et les grandes questions qui n'en finissent jamais d'en voir naître encore d'autres.

Tenez, je pense depuis hier à la scène d'un incendie que j'ai vu dans le quartier de mon enfance, du temps où j'étais plutôt adolescent.

Un bloc à trois étages est en train de flamber, comme d'habitude. C'est un soir d'été. C'est sur la rue Laviolette, à Trois-Rivières, dans le faubourg à m'lasse. Ça sent la boucane et des tas de curieux sont venus nuire au travail des pompiers.

Une indicible tristesse s'empare de moi en pensant à ce qu'il adviendra de ces pauvres gens jetés à la rue. Évidemment, j'ai des yeux et je regarde les flammes jaillir de l'édifice et tout ce qui se passe autour.

Pendant que les pompiers sont à l'ouvrage, mon regard tombe sur des bizarroïdes qui s'achètent des frites à la rôtisserie, située juste en face du bloc en feu. Ils les dégustent dehors tout en contemplant le spectacle. Et de plus en plus de curieux, alléchés par l'odeur de la friture, font la file à la rôtisserie pour se prendre eux aussi un sac de frites. Finalement, ils sont une trentaine à bouffer des frites pendant que le bloc à trois étages est en train d'y passer tout entier.

Pourquoi ce souvenir est-il revenu dans ma tête hier, hein?

Parce que ce n'était pas anodin... Je vous jure, je ne trouve aucune autre réponse.