vendredi 24 septembre 2010

Est-ce que Jésus riait?

J'ai presque tout lu Fedor Dostoïevski sous l'impulsion de feu Alexis Klimov, qui fût mon professeur de philosophie, mon directeur de thèse de maîtrise inachevée et mon ami à bien y songer. Avec tout le vin que j'ai bu sur son bras lors des rencontres du Cercle de philosophie, je crois bien qu'il savait transformer la sécheresse d'esprit en vin. Parce que la philosophie à l'UQTR, c'était somme toute rasant.

Ce n'était pas en vain que l'on buvait les paroles de Monsieur Klimov. C'était un vrai érudit et poète avec ça. Sa philosophie devait beaucoup aux arts et aux lettres, peut-être plus qu'à la philosophie elle-même, souvent froide, sinon fallacieuse, surtout quand elle se donne des airs de science. Alors là, c'est à en vomir. Ce qui fait que j'ai presque tout lu Dostoïevski.

Dostoïevski ou Tolstoï, voire tous les grands auteurs russes, c'est toujours une ballade au pays des grandes questions existentielles.

On plonge évidemment dans une atmosphère un peu mystique.

Et on se demande pourquoi tous ces grands auteurs classiques russes dépensaient tout leur argent au casino.

On finit par croire que le Québec est sur la voie de produire de la grande littérature, au rythme où se multiplient les siphonneuses à cash du jeu d'État.

Sûr qu'il sortira des Dostoïevski et des Tolstoï de ces jeux de roulettes et autres niaiseries qui finissent par hypnotiser son homme au point de parfois lui faire porter une couche.

Une couche d'adulte, pour y faire pipi-caca plutôt que de risquer de perdre son combat final avec la machine à sous. Je vous jure que je n'invente rien: l'être humain peut vraiment se transformer volontairement en loque et accuser les autres de s'être lui-même détruit.

Vous vous demandez sans doute pourquoi j'ai choisi pour titre «Est-ce que Jésus riait?» pour ce billet ridicule. Et vous ne vous y trompez pas. Je vais en venir au fait. Vous le savez bien. Mais il faut parfois de ces caresses mentales pour bien présenter une idée toute simple.

Je poursuis.

Je n'ai pas tout retenu et tout annoté des grands auteurs russes. C'est que j'ai fait le ménage.

J'avais cette manie de me faire des tas de petites fiches remplies de belles citations quand j'étais jeune. Il a bien fallu que je m'en libère un jour en jetant tout ça par la fenêtre pour tout simplement aller baiser à plein régime, histoire de vivre un peu.

Les livres, ça enivre, mais pas tant que ça. Je parle pour moi, évidemment. Et je lis encore des tas de livres, parce que c'est devenu une manie avec laquelle ma vie concrète s'accommode.

La chair n'est pas si triste et, non, je n'ai pas lu tous les livres... Les amateurs de lieux communs auront compris que je paraphrasais Mallarmé, histoire de me délier les doigts en adoptant une pose toute didactique.

-Au fait! hurlez-vous.

J'y viens.

«Est-ce que Jésus riait?» C'est une question de Dostoïevski. Je ne suis pas foutu de vous dire d'où elle est tirée puisque j'ai jeté toutes mes notes. Était-ce dans Les frères Karamazov ou bien dans Crime et chatiment? Je ne le sais plus.

Mais je sais que cette question tourmentait Dostoïevski. Comme elle tourmente toute la littéraire chrétienne et post-chrétienne, même au Nouveau-Monde.

Est-ce que le Bien peut rire?

Regardez Batman, est-ce qu'il sourit?

Et le Joker? Et le Diable? Et Bouddha? Toujours souriant et bedonnant, Bouddha... Hum...

On peut transposer ça dans le domaine de la politique, où le Bien se propose trop souvent de ne pas sourire.

Combien de militants qui sont incapables de s'accrocher un sourire dans la face... Et ça veut notre bien, nos biens, quoi?

Ce qui me laisse songeur puisque je ris tout le temps. Et que je ne veux rien ou presque. Juste la calice de paix.

Je suis un hostie d'idéaliste qui n'a pas envie de se prendre au sérieux.

Je suis un Sauvage.

Que Jésus riait ou non, je vais rire. Je ne jouerai pas au casino.

Je vais encore lire Tolstoï et Dostoïevski, juste pour le fun.

Ça vous étonne?

C'est que vous ne me connaissez pas.

Bon, eh bien je m'en retourne me connaître moi-même.

À plus.

4 commentaires:

  1. me dis qu'un "bon" peut sourire, mais rire, non. la différence entre les deux, si tu réfléchis deux minutes, c'est que dans le premier cas, on voit pas les dents, et dans l'autre, oui.

    enfin, pas forcément.
    regarde le joker.

    décidément...

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  2. à propos du rire, t'as qu'à te rensaigner chez le vieil aveugle du "nom de la rose", de jean-jacques annaud.
    le type qui disait, avec un air de folie d'aveugle enfermé dans son trip :
    "LE RIRE TUE LA FOI", ready to kill pour que la FOI persiste, et singe, yo!

    je sais plus ce que james bond 007 répondait. un truc comme "décontracte toa, gertrude"

    le mélange

    je crois que james bond avait du nez.
    en même temps, une météorite dans l'univers, hein ?

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  3. la foi serait pas rigolote, en fait.
    mais persisterait à tous prix.
    pour le machin.

    y'a qu'à la révérer, accueillir les victimes dans sa piaule pendant qu'elle continue d'exanguer tout le monde à la ronde, au nom de la lumière.

    bise

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  4. hoplite est chiant, car il pense trop à l'ensemble. il veut te fourrer sa logique du monde dans la gueule... ce qu'il a compris, LUI hoplite.

    un connard d'efficace avec de la foi dans son truc tout pourri, c'est tout. incapable d'adhérer aux nuances. un malade mental.

    http://www.youtube.com/watch?v=Yh1mMjsPGjo

    merde, bise, t'es un con toa aussi

    t'adhères pas à mes sphères
    je te sens réfractaire

    pisse un coup contre la pierre

    réveille toa

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