Le je est détestable. Tout le monde a pu se l'est dit à un moment ou l'autre de sa vie. Même moi. Alors vous dire à qui l'on attribue cela m'est indifférent.
Tout comme vous pourriez être tout à fait indifférent à mon ego.
D'ailleurs, ce n'est pas pour me vanter mais j'ai réussi le tour de force de limiter autant que faire se pouvait la surutilisation de mon je dans tout ce qui s'appelle écriture, peinture et musique.
Je l'ai fait par défi, plus que par convention, pour que de la contrainte naisse des parcelles de ce que je considère sûrement à tort pour du génie.
Je ne suis pas parfait, moi. Ni vous. Ni personne.
Cependant, j'ai refusé de centrer mes créations sur mon nombril, avec plus ou moins de réussite puisque je me permets parfois un texte comme celui-ci...
Je fais de mon mieux et plus encore. Si, si...
Je ne vous raconterai pas mes journées mais, croyez-moi, je bosse en sacrament pour arriver à ces quelques choses que je donne ou vends ça et là pour me faire accroire que je me taille une place dans l'épopée des arts et des lettres.
«Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite de vent», raconte l'Ecclésiaste.
Ce n'est pas fou. Pourtant, l'artiste carbure trop souvent à la gloire, au «prrrré-cieux», par tous les moyens.
Que le Grand Esprit que je ne connais pas personnellement me préserve de la gloire.
Et qu'il m'apporte mon pain quotidien.
Des gens aimables qui m'achètent des toiles ou bien des mots parce que je ne les emmerde pas tout le temps avec mon je. Mes bons produits du terroir urbain suivent leur chemin et meublent ma vie d'un peu de féérie.
Il y a du bon et du beau monde aussi.
Et vous n'êtes même pas obligés de m'acheter quelque chose pour qu'en quelque part je nous aime.
Il m'arrive de penser que l'être humain est une merde, la plus vile de toutes les créatures vivantes, la pire série d'ADN de l'univers. Hitler et compagnie, sérieusement, ça porte à vomir l'être humain.
Il m'arrive aussi de peindre tous les êtres humains souriants, aimables, loufoques...
Je nous vois tous nobles et bons, la main sur le coeur, prêts à soutenir son prochain dans l'épreuve.
Et je ne sais pas pourquoi je fais ça.
Je suis peut-être stupide.
Pourtant, je m'assume bien ainsi.
Nous sommes du bon monde, simplement du bon monde...
lundi 31 octobre 2011
vendredi 28 octobre 2011
La nature a horreur du vide
La nature a horreur du vide.
Cela ne vient pas de moi.
Mais c'est de la musique pour mes oreilles.
Quand j'entends des niaiseries, je me dis qu'elles ne comptent pas.
Le vide ne se compte pas.
Bref, la nature a horreur du vide.
Cela ne vient pas de moi.
Mais c'est de la musique pour mes oreilles.
Quand j'entends des niaiseries, je me dis qu'elles ne comptent pas.
Le vide ne se compte pas.
Bref, la nature a horreur du vide.
jeudi 27 octobre 2011
Un cadavre sur une civière dans le corridor menant à la morgue de l'hôpital
La mort fait partie d'un hôpital. C'est l'ultime arrêt avant le cimetière. Et elle advient de jour comme de nuit, la Chamarde, la Grande Faucheuse, la Maudite...
Sauf que cette fois-là, ça se passait de nuit, dans cet hôpital.
Il faisait noir, comme de raison, mais pas tant que ça tout compte fait puisque les étages du sous-sol sont toujours bien éclairés à l'hôpital. Surtout l'étage SS2 qui mène à la morgue. C'est plein de fluorescents, comme dans un salon de coiffure.
Il était deux heures du matin. Bertrand alias Ti-Bert lisait L'histoire de la révolution russe de Léon Trotsky lorsque l'infirmier de service, Napoléon, un Haïtien, vint le voir pour lui demander de descendre à la morgue un cadavre déjà monté sur sa civière et recouvert d'un drap.
Ti-Bert s'en alla d'un pas assez énergique vers la chambre 456.
Il s'empara de la civière et conduisit le corps du trépassé à travers les dédales du centre hospitalier. On aurait pu s'y perdre toute une journée. Pourtant Ti-Bert retrouvait facilement son chemin. Chaque porte, chaque tuile et chaque recoin lui étaient familiers.
Ça roule dans les corridors. Puis hop! L'ascenseur. Ti-Bert y pousse la civière puis compose l'étage SS2.
Dans l'ascenseur, tout est un peu lugubre. Ti-Bert médite un tant soit peu sur le sens de la vie. Et il parle au défunt, comme il parle d'ailleurs à ses plantes.
-Pauvre toé! Réal Robichaud... Soixante-dix ans... C'est pas drôle de mourir de même... En tous 'es cas... J'espère que t'es ben où c'que t'es Réal... Cibouère... Turlututu chapeau pointu... T'as connu cette chanson-là de Léo Ferré, Réééééal, hein? Est bonne... Est drôle... Ouep...
Il arrive à l'étage SS2. Il tourne sa civière vers la gauche. Puis... Eh bien il entend comme un souffle...
-Ho.... Ho-o...
Éberlué, Ti-Bert se demande d'abord s'il ne fait pas une hallucination auditive.
Puis ça continue.
-Ho... Ho-o...
Ti-Bert stoppe la civière, s'éponge le front, puis il lève le drap. Ti-Bert est saisi de frayeur.
-Hostie d'niaiseux à Ti-Bert! Ha! Ha! fait le défunt avec une lampe de poche sous le menton et agitant une langue qui tient plus de serpent que de l'appendice buccal. Happy Halloween christ de cave! Oua!
C'était ce satané Mercier, toujours en train de faire des coups pendables. Il avait dû s'arranger avec Napoléon. Il s'était glissé sur la civière et avait pris une lampe de poche avant que de se dissimuler sous le drap.
Si ça se savait, ces hosties-là auraient un grief... Un grief de l'Halloween...
Mais Ti-Bert n'est pas un mouchard.
Ce qui fait qu'on s'amuse bien avec lui. Il est toujours disponible pour une bonne farce. On a beau travaillé à l'hôpital, dans l'antichambre de la mort, qu'on peut se détendre un peu. Les gens trop sérieux ne travaillent pas souvent dans les hôpitaux par ailleurs. On envoie pas toujours les soldats au front comme on veut. On prend ce qui reste, Ti-Bert, Mercier, Napoléon... La crème de la nation pour conduire des cadavres à la morgue de l'hôpital. Oui monsieur. Oui madame.
Sauf que cette fois-là, ça se passait de nuit, dans cet hôpital.
Il faisait noir, comme de raison, mais pas tant que ça tout compte fait puisque les étages du sous-sol sont toujours bien éclairés à l'hôpital. Surtout l'étage SS2 qui mène à la morgue. C'est plein de fluorescents, comme dans un salon de coiffure.
Il était deux heures du matin. Bertrand alias Ti-Bert lisait L'histoire de la révolution russe de Léon Trotsky lorsque l'infirmier de service, Napoléon, un Haïtien, vint le voir pour lui demander de descendre à la morgue un cadavre déjà monté sur sa civière et recouvert d'un drap.
Ti-Bert s'en alla d'un pas assez énergique vers la chambre 456.
Il s'empara de la civière et conduisit le corps du trépassé à travers les dédales du centre hospitalier. On aurait pu s'y perdre toute une journée. Pourtant Ti-Bert retrouvait facilement son chemin. Chaque porte, chaque tuile et chaque recoin lui étaient familiers.
Ça roule dans les corridors. Puis hop! L'ascenseur. Ti-Bert y pousse la civière puis compose l'étage SS2.
Dans l'ascenseur, tout est un peu lugubre. Ti-Bert médite un tant soit peu sur le sens de la vie. Et il parle au défunt, comme il parle d'ailleurs à ses plantes.
-Pauvre toé! Réal Robichaud... Soixante-dix ans... C'est pas drôle de mourir de même... En tous 'es cas... J'espère que t'es ben où c'que t'es Réal... Cibouère... Turlututu chapeau pointu... T'as connu cette chanson-là de Léo Ferré, Réééééal, hein? Est bonne... Est drôle... Ouep...
Il arrive à l'étage SS2. Il tourne sa civière vers la gauche. Puis... Eh bien il entend comme un souffle...
-Ho.... Ho-o...
Éberlué, Ti-Bert se demande d'abord s'il ne fait pas une hallucination auditive.
Puis ça continue.
-Ho... Ho-o...
Ti-Bert stoppe la civière, s'éponge le front, puis il lève le drap. Ti-Bert est saisi de frayeur.
-Hostie d'niaiseux à Ti-Bert! Ha! Ha! fait le défunt avec une lampe de poche sous le menton et agitant une langue qui tient plus de serpent que de l'appendice buccal. Happy Halloween christ de cave! Oua!
C'était ce satané Mercier, toujours en train de faire des coups pendables. Il avait dû s'arranger avec Napoléon. Il s'était glissé sur la civière et avait pris une lampe de poche avant que de se dissimuler sous le drap.
Si ça se savait, ces hosties-là auraient un grief... Un grief de l'Halloween...
Mais Ti-Bert n'est pas un mouchard.
Ce qui fait qu'on s'amuse bien avec lui. Il est toujours disponible pour une bonne farce. On a beau travaillé à l'hôpital, dans l'antichambre de la mort, qu'on peut se détendre un peu. Les gens trop sérieux ne travaillent pas souvent dans les hôpitaux par ailleurs. On envoie pas toujours les soldats au front comme on veut. On prend ce qui reste, Ti-Bert, Mercier, Napoléon... La crème de la nation pour conduire des cadavres à la morgue de l'hôpital. Oui monsieur. Oui madame.
mercredi 26 octobre 2011
Déguisement de l'Halloween
Cela se passait à Québec en 1988.
On s'en va au bar Le Toxique dans le Vieux Québec pour une fiesta quelconque.
C'est l'Halloween. Tout le monde est déguisé sur la rue Saint-Jean.
On arrive au bar et j'apprends qu'il y a un hostie de cover charge.
Je ne suis pas fointé. Je suis préposé de nuit au Centre hospitalier de l'Université Laval. Je suis à l'âge où je bois toutes mes payes.
Aussi je me rends compte avec ravissement que c'est gratuit pour ceux qui portent un déguisement. Je m'en crée un tout de go. Je fouille dans mes poches. Je trouve un gros crayon feutre. J'enlève du ruban gommé sur une affiche collée au mur. Puis je fixe le crayon feutre sur mon crâne nu avec le bout de ruban gommé.
Je me présente à l'entrée.
Le doorman me regarde, l'air perplexe.
-En quoi tu t'es déguisé? qu'il me demande.
-Je suis déguisé en artiste maudit, que je lui réponds.
Il accepte ma réponse avec un sourire un peu niais et me laisse entrer gratuitement en faisant des signes à l'un de ses amis, puis à un autre.
Mon déguisement fait sensation. Il n'a rien d'extravagant. Mais dans ce bar qui en a vu d'autres, plus on a l'air de se crisser de toutte plus on monte dans l'intérêt général.
À force d'épater si naïvement la galerie pour ne pas payer de cover charge, je gagne un prix pour le déguisement le plus insolite.
J'hérite d'un tas de consommations.
Puis le reste, bof! C'était la bohême quoi.
On s'en va au bar Le Toxique dans le Vieux Québec pour une fiesta quelconque.
C'est l'Halloween. Tout le monde est déguisé sur la rue Saint-Jean.
On arrive au bar et j'apprends qu'il y a un hostie de cover charge.
Je ne suis pas fointé. Je suis préposé de nuit au Centre hospitalier de l'Université Laval. Je suis à l'âge où je bois toutes mes payes.
Aussi je me rends compte avec ravissement que c'est gratuit pour ceux qui portent un déguisement. Je m'en crée un tout de go. Je fouille dans mes poches. Je trouve un gros crayon feutre. J'enlève du ruban gommé sur une affiche collée au mur. Puis je fixe le crayon feutre sur mon crâne nu avec le bout de ruban gommé.
Je me présente à l'entrée.
Le doorman me regarde, l'air perplexe.
-En quoi tu t'es déguisé? qu'il me demande.
-Je suis déguisé en artiste maudit, que je lui réponds.
Il accepte ma réponse avec un sourire un peu niais et me laisse entrer gratuitement en faisant des signes à l'un de ses amis, puis à un autre.
Mon déguisement fait sensation. Il n'a rien d'extravagant. Mais dans ce bar qui en a vu d'autres, plus on a l'air de se crisser de toutte plus on monte dans l'intérêt général.
À force d'épater si naïvement la galerie pour ne pas payer de cover charge, je gagne un prix pour le déguisement le plus insolite.
J'hérite d'un tas de consommations.
Puis le reste, bof! C'était la bohême quoi.
mardi 25 octobre 2011
Feu mon père et son rapport au temps
Mon père se couchait tôt s'il travaillait de jour à la Reynold's, une shop d'aluminium où il était opérateur de chariot roulant.
Et il aimait non seulement se coucher tôt mais aussi se coucher auprès de sa douce. À neuf heures le soir, il lui fallait être au lit. Il se lèverait à cinq heures le lendemain matin pour se préparer mentalement à une autre journée de shop. Une autre journée dans ce sauna d'où s'échappaient des vapeurs d'huile, de bauxite et d'aluminine. Alors vous comprenez qu'à neuf heures, il avait son quota. C'était merci bonsoir je vais me coucher.
Si la visite collait trop longtemps ces jours-là, le père crinquait son cadran devant eux.
Ça mettait ma mère sans connaissance.
-Mautadine! Faire ça devant la visite! Tu m'fais honte!
-Viens t'coucher ma fiancée... Y'est neuf heures... Sont touttes partis... Héhéhé! lui répondait-il avec un petit sourire en coin imprimé sur son visage aux traits faussement durs.
Bien sûr, elle finissait par aller se coucher avec en le traitant de fatigant, mais bon, il réussissait tout de même son coup tout compte fait.
Et il dormait auprès de sa douce jusqu'au petit matin.
Debout très tôt il avait aussi cette faculté d'être étonnamment de bonne humeur le matin. Il se faisait des toasts tout en chantant avec sa grosse voix d'ours.
-Il faut savoir savoir garder, garder toujours sa bonne humeur! qu'il nous chantait si souvent...
Et puis il enfilait L'orange, Comme un million de gens, Mon pays bleu...
Vers six heures, il passait à J'entends frapper.
C'était l'heure de nous lever. Le père voulait voir ses flos grandir avant de partir à 'a shop.
-Six heures et une! qu'il disait. Six heures et une! qu'il répétait.
On le laissait aller. Mais il n'était pas arrêtable.
Sa voix se faisait plus forte. Six heures et deux! SIX HEURES ET TROIS! SIX HEURES ET QUATRE!!!
On finissait par se lever en beau tabarnak mais ça ne lui enlevait pas pour autant son sourire. Il était fier de ses enfants. Ils étaient enfin debout, gros, grands et en santé. Il ne serait plus tout seul à manger ses toasts...
Il pourrait nous chanter une autre chanson pour nous taquiner...
-Le p'tit sous-marin jaune! Le p'tit sous-marin jaune! Huhuhu!
Et il aimait non seulement se coucher tôt mais aussi se coucher auprès de sa douce. À neuf heures le soir, il lui fallait être au lit. Il se lèverait à cinq heures le lendemain matin pour se préparer mentalement à une autre journée de shop. Une autre journée dans ce sauna d'où s'échappaient des vapeurs d'huile, de bauxite et d'aluminine. Alors vous comprenez qu'à neuf heures, il avait son quota. C'était merci bonsoir je vais me coucher.
Si la visite collait trop longtemps ces jours-là, le père crinquait son cadran devant eux.
Ça mettait ma mère sans connaissance.
-Mautadine! Faire ça devant la visite! Tu m'fais honte!
-Viens t'coucher ma fiancée... Y'est neuf heures... Sont touttes partis... Héhéhé! lui répondait-il avec un petit sourire en coin imprimé sur son visage aux traits faussement durs.
Bien sûr, elle finissait par aller se coucher avec en le traitant de fatigant, mais bon, il réussissait tout de même son coup tout compte fait.
Et il dormait auprès de sa douce jusqu'au petit matin.
Debout très tôt il avait aussi cette faculté d'être étonnamment de bonne humeur le matin. Il se faisait des toasts tout en chantant avec sa grosse voix d'ours.
-Il faut savoir savoir garder, garder toujours sa bonne humeur! qu'il nous chantait si souvent...
Et puis il enfilait L'orange, Comme un million de gens, Mon pays bleu...
Vers six heures, il passait à J'entends frapper.
C'était l'heure de nous lever. Le père voulait voir ses flos grandir avant de partir à 'a shop.
-Six heures et une! qu'il disait. Six heures et une! qu'il répétait.
On le laissait aller. Mais il n'était pas arrêtable.
Sa voix se faisait plus forte. Six heures et deux! SIX HEURES ET TROIS! SIX HEURES ET QUATRE!!!
On finissait par se lever en beau tabarnak mais ça ne lui enlevait pas pour autant son sourire. Il était fier de ses enfants. Ils étaient enfin debout, gros, grands et en santé. Il ne serait plus tout seul à manger ses toasts...
Il pourrait nous chanter une autre chanson pour nous taquiner...
-Le p'tit sous-marin jaune! Le p'tit sous-marin jaune! Huhuhu!
lundi 24 octobre 2011
Comme un grizzli dans une boutique de verroterie
Le zoo de St-Zéphirin regroupait tout un tas d'animaux plus morts que vivants qui mangeaient à peu près toujours la même moulée. Gaspard, le lion, était famélique. Il avait attrapé un cancer. On le gardait parce que ça coûte cher, un lion. Et il avait beau manquer du poil à sa crinière qu'il faisait encore l'affaire pour les enfants. Le zoo de St-Zéphirin ce n'était pas le safari. Personne n'en demandait tant.
Ce qui fait que le babouin, le castor et le rat des champs ne se portaient guère mieux. Ils étaient tous sur le bord d'être relevés de leurs fonctions.
En fait seul Vladimir le grizzli était vraiment superbe dans ce zoo. Il était gros, solide, massif, imposant. Quand il se tenait sur deux pattes, tout le monde reculait de cent mètres, même s'il était dans une fosse. On se reculait instinctivement, par pressentiment d'un grand danger.
C'est vrai que Vladimir n'était là que depuis deux jours. Il avait conservé sa rage de vivre si je puis m'exprimer ainsi. Il se sentait bel et bien emprisonné. De plus, les saumons qu'on lui lançait à heures fixes n'étaient pas très frais.
-De la marde! qu'il s'est dit le lendemain matin. Ce soir je m'enfuie!
Le soir-même Vladimir le grizzli poussa une pierre près de l'endroit le moins profond de la fosse, se donna un grand élan puis franchit son chemin vers la liberté d'un saut massivement superbe.
Vladimir était libre! Il était minuit et aucun humain n'était dans les parages.
Alors Vladimir courut et courut encore de toutes ses pattes velues.
Oumf! Oumf! Oua!
Il était heureux bien que perdu. St-Zéphirin-de-Longval cela ne lui disait rien. Une petite paroisse athée qui se faisait passer pour une zone catholique romaine. Petite paroisse essentiellement constituée de médisance, de flashing et de cruauté envers les animaux.
Vladimir était bien mal tombé! Pourtant, il fallait bien manger. Et s'amuser un peu.
Comme il traversait la rue Principale du village, Vladimir fût attiré par une boutique remplie de bibelots et de verreries étincelantes.
-Oooh! s'est longuement ému le lourdaud en contemplant le merveilleux éclat du verre et autres surbrillance de pacotille de la boutique Chez Rita.
Vladimir, un peu esthète sur les bords, n'allait pas en rester là.
Il défonça la porte d'un coup de patte, rentra dans la boutique et beding, bedang, son gros cul péta tout sur son passage. Il se retourna et zoup! Trois lampes volèrent en éclats. Il revint sur ses pas. Bing! Une bouteille de parfum se fracassa sur le linoléum. Ensuite, ce fût pire encore que toutes les onomatopées qu'il me serait possible d'inventer. Bing! Crac! Boum! Ce que vous voudrez. C'était plus tonitruant qu'un orchestre brésilien en plein carnaval. Un vrai tohu-bohu qui rameuta tout le quartier, puis les pompiers, la police, le maire et les agents de la faune. Les seuls qui furent oubliés sont bien sûr les incompétents du zoo de St-Zéphirin.
Vladimir le grizzli fût évidemment ramené dans sa fosse, où il tua un innocent du nom de Louis Lemire-Cadorette, jobber du zoo, qui voulut lui frotter le museau d'un peu trop près pour faire le frais. Vladimir lui plongea toutes ses griffes dans le bide et lui dévora le gras mou.
Évidemment, on tua Vladimir le grizzli aussitôt. On ne les laisse pas tranquille les pauvres bêtes dans ce patelin hostile et retardé culturellement parlant.
Rita ne fût pas dédommagée par ses assurances pour les dommages commis par Vladimir dans sa boutique puisqu'elle n'avait rien pour la protéger. Elle avait toujours vécu et vivait encore sans filet.
Quoi qu'il en soit, sa marchandise ne valait rien.
C'était du stock que son mari allait chercher dans les poubelles, un peu partout dans les grandes villes. C'est fou comme le monde jette leurs choux gras, n'est-ce pas? La petite Rita et son gros Gérard avait compris ça. Comme ils avaient compris qu'ils pourraient faire beaucoup d'argent avec les images captées par leur caméra de surveillance qui bientôt firent le tour du monde.
Ainsi, Vladimir le grizzli devint célèbre.
Et ce sont les crosseurs de la boutique Chez Rita qui firent fortune.
Vous devriez voir leur boutique maintenant. On se croirait en Égypte en version plus cheap. C'est plein de pharaons de plastique et d'encens pas cher.
Ce qui fait que le babouin, le castor et le rat des champs ne se portaient guère mieux. Ils étaient tous sur le bord d'être relevés de leurs fonctions.
En fait seul Vladimir le grizzli était vraiment superbe dans ce zoo. Il était gros, solide, massif, imposant. Quand il se tenait sur deux pattes, tout le monde reculait de cent mètres, même s'il était dans une fosse. On se reculait instinctivement, par pressentiment d'un grand danger.
C'est vrai que Vladimir n'était là que depuis deux jours. Il avait conservé sa rage de vivre si je puis m'exprimer ainsi. Il se sentait bel et bien emprisonné. De plus, les saumons qu'on lui lançait à heures fixes n'étaient pas très frais.
-De la marde! qu'il s'est dit le lendemain matin. Ce soir je m'enfuie!
Le soir-même Vladimir le grizzli poussa une pierre près de l'endroit le moins profond de la fosse, se donna un grand élan puis franchit son chemin vers la liberté d'un saut massivement superbe.
Vladimir était libre! Il était minuit et aucun humain n'était dans les parages.
Alors Vladimir courut et courut encore de toutes ses pattes velues.
Oumf! Oumf! Oua!
Il était heureux bien que perdu. St-Zéphirin-de-Longval cela ne lui disait rien. Une petite paroisse athée qui se faisait passer pour une zone catholique romaine. Petite paroisse essentiellement constituée de médisance, de flashing et de cruauté envers les animaux.
Vladimir était bien mal tombé! Pourtant, il fallait bien manger. Et s'amuser un peu.
Comme il traversait la rue Principale du village, Vladimir fût attiré par une boutique remplie de bibelots et de verreries étincelantes.
-Oooh! s'est longuement ému le lourdaud en contemplant le merveilleux éclat du verre et autres surbrillance de pacotille de la boutique Chez Rita.
Vladimir, un peu esthète sur les bords, n'allait pas en rester là.
Il défonça la porte d'un coup de patte, rentra dans la boutique et beding, bedang, son gros cul péta tout sur son passage. Il se retourna et zoup! Trois lampes volèrent en éclats. Il revint sur ses pas. Bing! Une bouteille de parfum se fracassa sur le linoléum. Ensuite, ce fût pire encore que toutes les onomatopées qu'il me serait possible d'inventer. Bing! Crac! Boum! Ce que vous voudrez. C'était plus tonitruant qu'un orchestre brésilien en plein carnaval. Un vrai tohu-bohu qui rameuta tout le quartier, puis les pompiers, la police, le maire et les agents de la faune. Les seuls qui furent oubliés sont bien sûr les incompétents du zoo de St-Zéphirin.
Vladimir le grizzli fût évidemment ramené dans sa fosse, où il tua un innocent du nom de Louis Lemire-Cadorette, jobber du zoo, qui voulut lui frotter le museau d'un peu trop près pour faire le frais. Vladimir lui plongea toutes ses griffes dans le bide et lui dévora le gras mou.
Évidemment, on tua Vladimir le grizzli aussitôt. On ne les laisse pas tranquille les pauvres bêtes dans ce patelin hostile et retardé culturellement parlant.
Rita ne fût pas dédommagée par ses assurances pour les dommages commis par Vladimir dans sa boutique puisqu'elle n'avait rien pour la protéger. Elle avait toujours vécu et vivait encore sans filet.
Quoi qu'il en soit, sa marchandise ne valait rien.
C'était du stock que son mari allait chercher dans les poubelles, un peu partout dans les grandes villes. C'est fou comme le monde jette leurs choux gras, n'est-ce pas? La petite Rita et son gros Gérard avait compris ça. Comme ils avaient compris qu'ils pourraient faire beaucoup d'argent avec les images captées par leur caméra de surveillance qui bientôt firent le tour du monde.
Ainsi, Vladimir le grizzli devint célèbre.
Et ce sont les crosseurs de la boutique Chez Rita qui firent fortune.
Vous devriez voir leur boutique maintenant. On se croirait en Égypte en version plus cheap. C'est plein de pharaons de plastique et d'encens pas cher.
vendredi 21 octobre 2011
La Solde: sortie le 26 octobre prochain du nouveau livre de Éric McComber
Éric McComber sort son nouveau livre à Montréal le 26 octobre prochain. Il s'intitule La Solde et c'est publié aux éditions La Mèche. Je n'en sais pas plus pour le moment. Mais je sais que McComber fait partie des meilleures plumes de la littérature québécoise.
Je ne manquerai pas de vous présenter une critique du livre quand je mettrai la main dessus.
McComber nous a habitué à un univers pour le moins expressionniste où le joual côtoie le français standard et tout le saint-frusquin.
En attendant, je vous laisse sur l'un de mes vieux textes à propos du camarade McComber dont le blog figure aussi sur ma blogoliste.
***
Pour commander un exemplaire de La Solde de Éric McComber: editionslameche@gmail.com
Je ne manquerai pas de vous présenter une critique du livre quand je mettrai la main dessus.
McComber nous a habitué à un univers pour le moins expressionniste où le joual côtoie le français standard et tout le saint-frusquin.
En attendant, je vous laisse sur l'un de mes vieux textes à propos du camarade McComber dont le blog figure aussi sur ma blogoliste.
***
Pour commander un exemplaire de La Solde de Éric McComber: editionslameche@gmail.com
La fin des tyrannies
«Et voilà qu'un de ceux qui étaient avec Jésus, mettant la main à son glaive, le tira et, frappant le serviteur du grand prêtre, lui emporta l'oreille. Alors Jésus lui dit: " Remets ton glaive à sa place; car toux ceux qui prennent le glaive périront par le glaive. Ou penses-tu que je ne puisse pas recourir à mon Père, qui me fournirait sur l'heure plus de douze légions d'anges?»
Évangile selon Matthieu, chapitre 26
Loin de moi l'idée de jouer au bon chrétien, mais cette image de mon enfance toute catholique est assez forte pour me remonter à la surface suite au lynchage de Khadafi. Il a tué par l'épée. Il est mort par l'épée. Victime de son propre système, comme Caligula, Néron, Héliogabale, Robespierre, Saint-Just, Mussolini, Saddam Hussein et autres tyrans. Comme l'officier dans La colonie pénitentiaire de Franz Kafka. Comme Robespierre qui gouverne avec la guillotine et se fait lui-même guillotiner.
Héliogabale a été jeté dans les égoûts par le peuple de Rome. Antonin Artaud a même écrit un texte halluciné à ce sujet.
Ce n'est pas que j'approuve la mort de quelque homme que ce soit. Je tiens au principe d'accorder la vie sauve aux bandits. Mais je comprends que la vindicte puisse avoir raison de la loi, surtout quand celui qui devait l'incarner était lui-même une ordure sur tous les plans.
Ce qui est bon pour Bibi est tout aussi bon pour la Lybie.
Qu'elle puisse respirer enfin un grand bol d'air frais, c'est tout ce que je souhaite aux Lybiens.
Comme je nous souhaite la même chose.
La continuation du printemps arabe en sol américain.
La fin des tyrannies.
Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
La fucking démocratie.
Et la justice pour tous cibouère.
Évangile selon Matthieu, chapitre 26
Loin de moi l'idée de jouer au bon chrétien, mais cette image de mon enfance toute catholique est assez forte pour me remonter à la surface suite au lynchage de Khadafi. Il a tué par l'épée. Il est mort par l'épée. Victime de son propre système, comme Caligula, Néron, Héliogabale, Robespierre, Saint-Just, Mussolini, Saddam Hussein et autres tyrans. Comme l'officier dans La colonie pénitentiaire de Franz Kafka. Comme Robespierre qui gouverne avec la guillotine et se fait lui-même guillotiner.
Héliogabale a été jeté dans les égoûts par le peuple de Rome. Antonin Artaud a même écrit un texte halluciné à ce sujet.
Ce n'est pas que j'approuve la mort de quelque homme que ce soit. Je tiens au principe d'accorder la vie sauve aux bandits. Mais je comprends que la vindicte puisse avoir raison de la loi, surtout quand celui qui devait l'incarner était lui-même une ordure sur tous les plans.
Ce qui est bon pour Bibi est tout aussi bon pour la Lybie.
Qu'elle puisse respirer enfin un grand bol d'air frais, c'est tout ce que je souhaite aux Lybiens.
Comme je nous souhaite la même chose.
La continuation du printemps arabe en sol américain.
La fin des tyrannies.
Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
La fucking démocratie.
Et la justice pour tous cibouère.
jeudi 20 octobre 2011
Comment changer le monde, hein?
Vous voulez changer le monde?
Devenez polis, affables et accueillants.
Abusez des mercis, s'il-vous-plaît, je vous en prie, au revoir, à la prochaine et portez-vous bien.
Prenez le temps de tenir la porte quand une personne vous suit avec des paquets ou les bras vides.
Aidez les aveugles ainsi que les sourds-muets à traverser la rue.
Donnez de l'argent aux pauvres et pas seulement aux riches.
Il y a plein d'autres trucs qu'on peut faire pour changer le monde mais pas avant d'avoir fait au moins ceux-là.
Évidemment, vous pouvez me demander pour qui je me prends pour vous faire la leçon.
Et je ne trouverai certainement rien à vous répondre.
Je vous chanterai une chanson, tiens. Ça sera toujours ça de pris.
Devenez polis, affables et accueillants.
Abusez des mercis, s'il-vous-plaît, je vous en prie, au revoir, à la prochaine et portez-vous bien.
Prenez le temps de tenir la porte quand une personne vous suit avec des paquets ou les bras vides.
Aidez les aveugles ainsi que les sourds-muets à traverser la rue.
Donnez de l'argent aux pauvres et pas seulement aux riches.
Il y a plein d'autres trucs qu'on peut faire pour changer le monde mais pas avant d'avoir fait au moins ceux-là.
Évidemment, vous pouvez me demander pour qui je me prends pour vous faire la leçon.
Et je ne trouverai certainement rien à vous répondre.
Je vous chanterai une chanson, tiens. Ça sera toujours ça de pris.
mercredi 19 octobre 2011
Programme de soutien aux gâteaux alternatifs
Les pâtissiers qui font de mauvais gâteaux, durs, secs et dégueulasses pourront désormais obtenir des subsides de l'État. Ils pourront recevoir du financement par le biais d'un nouveau programme du Conseil des arts baptisé Programme de soutien aux gâteaux alternatifs.
On s'est fait accroire que ces artistes-pâtissiers incompris peinaient à vendre leurs produits et ne réussiraient pas à vivre sans le financement de l'État.
C'est bien sûr une bonne cause et nous ne sommes jamais trop généreux quand il s'agit de dépenser l'argent du bon peuple qui a l'insigne privilège de financer l'État.
Évidemment, les bons pâtissiers n'ont pas besoin des fonds publics puisqu'ils vendent déjà leurs produits sur le marché.
Comme ils sont bons et trop brillants, il est normal de leur rabaisser le caquet.
Aussi, tous les premiers prix iront aux mauvais pâtissiers, ceux qui n'ont pas d'autre passion que de faire cuire des gâteaux qui goûtent vraiment la marde. On leur attribuera des bourses, des per diem, des honneurs, des espèces sonnantes, des voyages. Tout ça pour maintenir l'art et les gâteaux au niveau des immondices.
Les autres peuvent bien continuer à faire de beaux gâteaux qu'ils ne recevront pas un sou!
Évidemment, je plaisante. Ou si peu. Je ne sais pas trop...
Merde aux fonctionnaires des arts, Bouvart et Pécuchet crétins! Ils ne peuvent être pris pour Dieu que par des amateurs qui n'aiment rien dans la vie et qui ne font même pas de bons gâteaux.
On s'est fait accroire que ces artistes-pâtissiers incompris peinaient à vendre leurs produits et ne réussiraient pas à vivre sans le financement de l'État.
C'est bien sûr une bonne cause et nous ne sommes jamais trop généreux quand il s'agit de dépenser l'argent du bon peuple qui a l'insigne privilège de financer l'État.
Évidemment, les bons pâtissiers n'ont pas besoin des fonds publics puisqu'ils vendent déjà leurs produits sur le marché.
Comme ils sont bons et trop brillants, il est normal de leur rabaisser le caquet.
Aussi, tous les premiers prix iront aux mauvais pâtissiers, ceux qui n'ont pas d'autre passion que de faire cuire des gâteaux qui goûtent vraiment la marde. On leur attribuera des bourses, des per diem, des honneurs, des espèces sonnantes, des voyages. Tout ça pour maintenir l'art et les gâteaux au niveau des immondices.
Les autres peuvent bien continuer à faire de beaux gâteaux qu'ils ne recevront pas un sou!
Évidemment, je plaisante. Ou si peu. Je ne sais pas trop...
Merde aux fonctionnaires des arts, Bouvart et Pécuchet crétins! Ils ne peuvent être pris pour Dieu que par des amateurs qui n'aiment rien dans la vie et qui ne font même pas de bons gâteaux.
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