Éric McComber sort son nouveau livre à Montréal le 26 octobre prochain. Il s'intitule La Solde et c'est publié aux éditions La Mèche. Je n'en sais pas plus pour le moment. Mais je sais que McComber fait partie des meilleures plumes de la littérature québécoise.
Je ne manquerai pas de vous présenter une critique du livre quand je mettrai la main dessus.
McComber nous a habitué à un univers pour le moins expressionniste où le joual côtoie le français standard et tout le saint-frusquin.
En attendant, je vous laisse sur l'un de mes vieux textes à propos du camarade McComber dont le blog figure aussi sur ma blogoliste.
***
Pour commander un exemplaire de La Solde de Éric McComber: editionslameche@gmail.com
vendredi 21 octobre 2011
La fin des tyrannies
«Et voilà qu'un de ceux qui étaient avec Jésus, mettant la main à son glaive, le tira et, frappant le serviteur du grand prêtre, lui emporta l'oreille. Alors Jésus lui dit: " Remets ton glaive à sa place; car toux ceux qui prennent le glaive périront par le glaive. Ou penses-tu que je ne puisse pas recourir à mon Père, qui me fournirait sur l'heure plus de douze légions d'anges?»
Évangile selon Matthieu, chapitre 26
Loin de moi l'idée de jouer au bon chrétien, mais cette image de mon enfance toute catholique est assez forte pour me remonter à la surface suite au lynchage de Khadafi. Il a tué par l'épée. Il est mort par l'épée. Victime de son propre système, comme Caligula, Néron, Héliogabale, Robespierre, Saint-Just, Mussolini, Saddam Hussein et autres tyrans. Comme l'officier dans La colonie pénitentiaire de Franz Kafka. Comme Robespierre qui gouverne avec la guillotine et se fait lui-même guillotiner.
Héliogabale a été jeté dans les égoûts par le peuple de Rome. Antonin Artaud a même écrit un texte halluciné à ce sujet.
Ce n'est pas que j'approuve la mort de quelque homme que ce soit. Je tiens au principe d'accorder la vie sauve aux bandits. Mais je comprends que la vindicte puisse avoir raison de la loi, surtout quand celui qui devait l'incarner était lui-même une ordure sur tous les plans.
Ce qui est bon pour Bibi est tout aussi bon pour la Lybie.
Qu'elle puisse respirer enfin un grand bol d'air frais, c'est tout ce que je souhaite aux Lybiens.
Comme je nous souhaite la même chose.
La continuation du printemps arabe en sol américain.
La fin des tyrannies.
Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
La fucking démocratie.
Et la justice pour tous cibouère.
Évangile selon Matthieu, chapitre 26
Loin de moi l'idée de jouer au bon chrétien, mais cette image de mon enfance toute catholique est assez forte pour me remonter à la surface suite au lynchage de Khadafi. Il a tué par l'épée. Il est mort par l'épée. Victime de son propre système, comme Caligula, Néron, Héliogabale, Robespierre, Saint-Just, Mussolini, Saddam Hussein et autres tyrans. Comme l'officier dans La colonie pénitentiaire de Franz Kafka. Comme Robespierre qui gouverne avec la guillotine et se fait lui-même guillotiner.
Héliogabale a été jeté dans les égoûts par le peuple de Rome. Antonin Artaud a même écrit un texte halluciné à ce sujet.
Ce n'est pas que j'approuve la mort de quelque homme que ce soit. Je tiens au principe d'accorder la vie sauve aux bandits. Mais je comprends que la vindicte puisse avoir raison de la loi, surtout quand celui qui devait l'incarner était lui-même une ordure sur tous les plans.
Ce qui est bon pour Bibi est tout aussi bon pour la Lybie.
Qu'elle puisse respirer enfin un grand bol d'air frais, c'est tout ce que je souhaite aux Lybiens.
Comme je nous souhaite la même chose.
La continuation du printemps arabe en sol américain.
La fin des tyrannies.
Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
La fucking démocratie.
Et la justice pour tous cibouère.
jeudi 20 octobre 2011
Comment changer le monde, hein?
Vous voulez changer le monde?
Devenez polis, affables et accueillants.
Abusez des mercis, s'il-vous-plaît, je vous en prie, au revoir, à la prochaine et portez-vous bien.
Prenez le temps de tenir la porte quand une personne vous suit avec des paquets ou les bras vides.
Aidez les aveugles ainsi que les sourds-muets à traverser la rue.
Donnez de l'argent aux pauvres et pas seulement aux riches.
Il y a plein d'autres trucs qu'on peut faire pour changer le monde mais pas avant d'avoir fait au moins ceux-là.
Évidemment, vous pouvez me demander pour qui je me prends pour vous faire la leçon.
Et je ne trouverai certainement rien à vous répondre.
Je vous chanterai une chanson, tiens. Ça sera toujours ça de pris.
Devenez polis, affables et accueillants.
Abusez des mercis, s'il-vous-plaît, je vous en prie, au revoir, à la prochaine et portez-vous bien.
Prenez le temps de tenir la porte quand une personne vous suit avec des paquets ou les bras vides.
Aidez les aveugles ainsi que les sourds-muets à traverser la rue.
Donnez de l'argent aux pauvres et pas seulement aux riches.
Il y a plein d'autres trucs qu'on peut faire pour changer le monde mais pas avant d'avoir fait au moins ceux-là.
Évidemment, vous pouvez me demander pour qui je me prends pour vous faire la leçon.
Et je ne trouverai certainement rien à vous répondre.
Je vous chanterai une chanson, tiens. Ça sera toujours ça de pris.
mercredi 19 octobre 2011
Programme de soutien aux gâteaux alternatifs
Les pâtissiers qui font de mauvais gâteaux, durs, secs et dégueulasses pourront désormais obtenir des subsides de l'État. Ils pourront recevoir du financement par le biais d'un nouveau programme du Conseil des arts baptisé Programme de soutien aux gâteaux alternatifs.
On s'est fait accroire que ces artistes-pâtissiers incompris peinaient à vendre leurs produits et ne réussiraient pas à vivre sans le financement de l'État.
C'est bien sûr une bonne cause et nous ne sommes jamais trop généreux quand il s'agit de dépenser l'argent du bon peuple qui a l'insigne privilège de financer l'État.
Évidemment, les bons pâtissiers n'ont pas besoin des fonds publics puisqu'ils vendent déjà leurs produits sur le marché.
Comme ils sont bons et trop brillants, il est normal de leur rabaisser le caquet.
Aussi, tous les premiers prix iront aux mauvais pâtissiers, ceux qui n'ont pas d'autre passion que de faire cuire des gâteaux qui goûtent vraiment la marde. On leur attribuera des bourses, des per diem, des honneurs, des espèces sonnantes, des voyages. Tout ça pour maintenir l'art et les gâteaux au niveau des immondices.
Les autres peuvent bien continuer à faire de beaux gâteaux qu'ils ne recevront pas un sou!
Évidemment, je plaisante. Ou si peu. Je ne sais pas trop...
Merde aux fonctionnaires des arts, Bouvart et Pécuchet crétins! Ils ne peuvent être pris pour Dieu que par des amateurs qui n'aiment rien dans la vie et qui ne font même pas de bons gâteaux.
On s'est fait accroire que ces artistes-pâtissiers incompris peinaient à vendre leurs produits et ne réussiraient pas à vivre sans le financement de l'État.
C'est bien sûr une bonne cause et nous ne sommes jamais trop généreux quand il s'agit de dépenser l'argent du bon peuple qui a l'insigne privilège de financer l'État.
Évidemment, les bons pâtissiers n'ont pas besoin des fonds publics puisqu'ils vendent déjà leurs produits sur le marché.
Comme ils sont bons et trop brillants, il est normal de leur rabaisser le caquet.
Aussi, tous les premiers prix iront aux mauvais pâtissiers, ceux qui n'ont pas d'autre passion que de faire cuire des gâteaux qui goûtent vraiment la marde. On leur attribuera des bourses, des per diem, des honneurs, des espèces sonnantes, des voyages. Tout ça pour maintenir l'art et les gâteaux au niveau des immondices.
Les autres peuvent bien continuer à faire de beaux gâteaux qu'ils ne recevront pas un sou!
Évidemment, je plaisante. Ou si peu. Je ne sais pas trop...
Merde aux fonctionnaires des arts, Bouvart et Pécuchet crétins! Ils ne peuvent être pris pour Dieu que par des amateurs qui n'aiment rien dans la vie et qui ne font même pas de bons gâteaux.
mardi 18 octobre 2011
Dédale et Icare racontés par Alexis Klimov
Mon professeur de philosophie, feu l'inimitable Alexis Klimov, m'a enseigné à percevoir l'art et comme le grand échappatoire métaphysique.Souventes fois il nous communiquait sa vision de la quête d'absolu en se référant au tableau La chute d'Icare de Bruegel. Icare s'écrase dans la mer sous l'oeil indifférent des autres personnages apparaissant sur le tableau. Il a voulu toucher au soleil. Et tout le monde s'en fout.
Il nous ramenait bien sûr vers le mythe de Dédale et Icare, raconté dans le livre huit des Métamorphoses d'Ovide. Dédale et son fils Icare sont prisonniers du labyrinthe du roi Minos où ils sont poursuivis par une créature mi-homme mi-taureau surnommée le Minotaure. Comme toutes les issues terrestres semblent bloquées, il leur reste la voie du ciel. Et Dédale, pas fou, se construit des ailes pour lui et son fils, avec des plumes d'oiseaux abandonnées ça et là. Il façonne ses ailes avec de la cire d'abeilles et hop! tous les deux s'envolent.
Dédale avait bien dit à son fils de ne pas s'approcher trop près du soleil. Et Icare, fou de liberté, est malheureusement plus fou que libre. Ses ailes fondent. Il plonge dans la mer sous l'oeil indifférent du laboureur de Bruegel. Ce qui laisse croire que l'histoire se passe au printemps.
C'est tout le sens que doit prendre la métaphysique selon feu le meilleur professeur de philosophie que j'aie rencontré de toute ma vie. Un poète doublé d'un humaniste parfaitement érudit. Probablement trop artiste pour l'institution où il enseignait. Ce qui faisait qu'il voyait juste et sagement.
Évidemment, je ne manquais jamais de lui rappeler que le mieux serait encore de battre le Minotaure en lui faisant bouffer de la cire et des plumes. Mais bon, il voyait bien que je n'étais qu'un plaisantin, qu'un personnage dostoïevskien, qu'un adolescent en voie de rédemption.
lundi 17 octobre 2011
Jack London ou comment un surhomme nietzschéen devient socialiste
Jack London a été l'écrivain le plus lu et sans doute le plus riche de son temps.
Sa jeunesse a quelque chose de rimbaldienne. C'est un aventurier, ce Jack London. Il croit férocement en lui-même et se croit presque le surhomme de Nietzsche. Il est jeune, débordant de volonté, de force et de détermination. On le voit errer sur les mers du Sud, puis au Klondike, dans la toundra glacée.
Rien ne lui semble impossible. Marin un jour, chercheur d'or le lendemain, il va et il vient avec l'assurance de faire fortune, de goûter au grand rêve américain.
Jack London a bientôt deux puis trois emplois. Il suit des cours à l'université de jour, des cours qu'il paie avec son salaire de travailleur de buanderie. Il veut devenir écrivain et se farcit la tête de toutes sortes de lectures pour compléter lui-même sa formation intellectuelle: Darwin, Nietzsche, Spengler... Il possède plusieurs cartes de bibliothèque municipale sous plusieurs noms pour lui permettre d'emprunter un maximum de livres.
Puis c'est la crise. Il perd son emploi et ne trouve rien.
Lui qui est grand, fort, le surhomme nietzschéen, le voilà balayé comme des millions d'autres individus, comme s'il n'était rien, sinon de la limaille de révolution industrielle jetée dans la rue puis sur les routes.
Jack London devient mendiant. Il se joint aux «vagabonds du rail» et s'approche peu à peu du socialisme.
Il comprend que le capitalisme peut réduire les espoirs du plus fort à néant. Il assimile l'idée que le talon de fer des princes de la finance écrase le peuple, dont il fait lui-même partie.
Jack London qui croyait tout réussir par sa seule volonté revient vers la communauté en partageant le sort des victimes du système. Il s'indigne avec eux, monte sur les trains et rejoint l'armée de chômeurs du syndicaliste et socialiste américain Eugène Debs qui marche sur Washington.
Il est emprisonné, comme tant d'autres, pour vagabondage.
Puis commence sa carrière d'écrivain et son adhésion au socialisme.
Bon, je ne dirai pas qu'il a tout vu juste, London. La politique est le domaine des erreurs d'appréciation par excellence.
Cependant, je retiens ceci: l'homme le plus fort du monde, celui qui se croit sûr de réussir son rêve, de posséder son entreprise et de s'asseoir sur de l'or, celui-là peut se faire briser en un tournemain, comme un fétu de paille. Le système n'a rien à foutre de la pitié et des rêves de tout un chacun. Il est conçu pour favoriser 1% de la population au détriment de 99% des humains de cette planète.
Même les forts peuvent être balayés. Et se retrouver parmi les pauvres, les mendiants et les clochards.
Ça change le point de vue.
Ça démontre toute la formidable perte d'énergie de l'idéologie de l'argent.
On produit trop de chaises et elles ne se vendent plus? On les envoie au dépotoir.
On ne vend plus de chaises? On fout tout le monde à la rue.
On ne fait plus assez d'argent? On dépossède tout le monde.
Qu'on ne s'étonne pas ensuite de voir même des plus forts se joindre aux plus faibles.
Puisque ce système, somme toute, est illogique et insensé.
Sa jeunesse a quelque chose de rimbaldienne. C'est un aventurier, ce Jack London. Il croit férocement en lui-même et se croit presque le surhomme de Nietzsche. Il est jeune, débordant de volonté, de force et de détermination. On le voit errer sur les mers du Sud, puis au Klondike, dans la toundra glacée.
Rien ne lui semble impossible. Marin un jour, chercheur d'or le lendemain, il va et il vient avec l'assurance de faire fortune, de goûter au grand rêve américain.
Jack London a bientôt deux puis trois emplois. Il suit des cours à l'université de jour, des cours qu'il paie avec son salaire de travailleur de buanderie. Il veut devenir écrivain et se farcit la tête de toutes sortes de lectures pour compléter lui-même sa formation intellectuelle: Darwin, Nietzsche, Spengler... Il possède plusieurs cartes de bibliothèque municipale sous plusieurs noms pour lui permettre d'emprunter un maximum de livres.
Puis c'est la crise. Il perd son emploi et ne trouve rien.
Lui qui est grand, fort, le surhomme nietzschéen, le voilà balayé comme des millions d'autres individus, comme s'il n'était rien, sinon de la limaille de révolution industrielle jetée dans la rue puis sur les routes.
Jack London devient mendiant. Il se joint aux «vagabonds du rail» et s'approche peu à peu du socialisme.
Il comprend que le capitalisme peut réduire les espoirs du plus fort à néant. Il assimile l'idée que le talon de fer des princes de la finance écrase le peuple, dont il fait lui-même partie.
Jack London qui croyait tout réussir par sa seule volonté revient vers la communauté en partageant le sort des victimes du système. Il s'indigne avec eux, monte sur les trains et rejoint l'armée de chômeurs du syndicaliste et socialiste américain Eugène Debs qui marche sur Washington.
Il est emprisonné, comme tant d'autres, pour vagabondage.
Puis commence sa carrière d'écrivain et son adhésion au socialisme.
Bon, je ne dirai pas qu'il a tout vu juste, London. La politique est le domaine des erreurs d'appréciation par excellence.
Cependant, je retiens ceci: l'homme le plus fort du monde, celui qui se croit sûr de réussir son rêve, de posséder son entreprise et de s'asseoir sur de l'or, celui-là peut se faire briser en un tournemain, comme un fétu de paille. Le système n'a rien à foutre de la pitié et des rêves de tout un chacun. Il est conçu pour favoriser 1% de la population au détriment de 99% des humains de cette planète.
Même les forts peuvent être balayés. Et se retrouver parmi les pauvres, les mendiants et les clochards.
Ça change le point de vue.
Ça démontre toute la formidable perte d'énergie de l'idéologie de l'argent.
On produit trop de chaises et elles ne se vendent plus? On les envoie au dépotoir.
On ne vend plus de chaises? On fout tout le monde à la rue.
On ne fait plus assez d'argent? On dépossède tout le monde.
Qu'on ne s'étonne pas ensuite de voir même des plus forts se joindre aux plus faibles.
Puisque ce système, somme toute, est illogique et insensé.
dimanche 16 octobre 2011
Les indignés occupent Wall-Street, Londres, Paris, Rome, Trois-Rivières...
Les indignés occupent Wall-Street, Londres, Paris, Rome, Trois-Rivières...
La noosphère véhicule le même message contre le pouvoir de l'argent.
Obama rappelait aux banquiers de Wall-Street qu'il était le dernier rempart entre eux et les fourches.
Pourquoi défendrait-on les fortunes de l'infime minorité?
Pourquoi 99% de l'humanité devrait payer pour le 1%?
Chez les Autochtones d'avant la Conquête européenne, les chefs étaient pauvres parce qu'ils se dépouillaient de tout pour rendre pleinement service à la communauté. Il prouvait qu'il était au service de la tribu en donnant tout ce qu'il avait.
On a perverti le sens de la communauté. On a perverti la solidarité naturelle entre vrais humains pour privilégier la cupidité de quelques-uns.
Pourtant, la démocratie réelle pointe le nez, partout dans le monde, depuis le printemps arabe.
Les Tunisiens ont ouvert le bal.
C'est à notre tour de danser.
À notre tour de refuser que tout revienne à l'infime minorité.
À notre tour de ne pas soutenir un système où un homme peut empiler cent millions de dollars pour s'asseoir dessus en regardant arrogamment ceux qui ont faim et soif.
Nous sommes les gardiens de ce monde et non pas les propriétaires.
Toutes les richesses, l'eau, l'essence, les sandwiches aux oeufs et l'argent appartiennent en définitive au peuple.
Tout riche est locataire des richesses mises à sa disposition par le travail du peuple.
Pourquoi devrait-on vivre des vies de misère et plier la tête quand nous formons la majorité?
Solidarité avec tous les indignés du monde.
Bravo aux indignés de Trois-Rivières!
Power to the people!
La noosphère véhicule le même message contre le pouvoir de l'argent.
Obama rappelait aux banquiers de Wall-Street qu'il était le dernier rempart entre eux et les fourches.
Pourquoi défendrait-on les fortunes de l'infime minorité?
Pourquoi 99% de l'humanité devrait payer pour le 1%?
Chez les Autochtones d'avant la Conquête européenne, les chefs étaient pauvres parce qu'ils se dépouillaient de tout pour rendre pleinement service à la communauté. Il prouvait qu'il était au service de la tribu en donnant tout ce qu'il avait.
On a perverti le sens de la communauté. On a perverti la solidarité naturelle entre vrais humains pour privilégier la cupidité de quelques-uns.
Pourtant, la démocratie réelle pointe le nez, partout dans le monde, depuis le printemps arabe.
Les Tunisiens ont ouvert le bal.
C'est à notre tour de danser.
À notre tour de refuser que tout revienne à l'infime minorité.
À notre tour de ne pas soutenir un système où un homme peut empiler cent millions de dollars pour s'asseoir dessus en regardant arrogamment ceux qui ont faim et soif.
Nous sommes les gardiens de ce monde et non pas les propriétaires.
Toutes les richesses, l'eau, l'essence, les sandwiches aux oeufs et l'argent appartiennent en définitive au peuple.
Tout riche est locataire des richesses mises à sa disposition par le travail du peuple.
Pourquoi devrait-on vivre des vies de misère et plier la tête quand nous formons la majorité?
Solidarité avec tous les indignés du monde.
Bravo aux indignés de Trois-Rivières!
Power to the people!
vendredi 14 octobre 2011
Le mal imaginaire de Langevin
Réfléchir avant d'écrire c'est comme regarder sa guitare sans la gratter. On finit par avoir l'envie de passer à autre chose. Nous ne sommes pas sur terre pour se casser la tête. On se casse suffisamment le cul comme ça. Alors aussi bien y aller toujours à la bonne franquette, à la va comme je te pousse, pour ne pas laisser la littérature se donner de grands airs nuls à chier.
Voilà pourquoi je vais vous raconter une connerie.
Si vous racontais un truc réfléchi, médité et ayant un quelconque but, sûr que ma prose finirait par sentir le poisson pas frais. Ce qui sentirait vraiment mauvais puisque ma prose à l'état brut contient déjà un fort lot d'expressions truculentes qui ne font pas toujours très propre. Cela dit qu'est-ce qu'il y a de plus fascinant qu'une belle langue vernaculaire, hein? Rien, les amis. Rien.
On ne se cassera pas le cul ce matin, chers lecteurs et lectrices, oh que non.
Et ma connerie?
Elle s'en vient. La voici.
Ça se passe dans un quartier populaire d'une ville tout à fait quelconque située dans la vallée du grand fleuve Magtogoek.
Il y a un genre de guérisseur qui s'est placé une pancarte de rippe pressée devant chez-lui. Ça jure un peu. C'est écrit en bleu sur fond mauve et gris. L'écriture est relâchée et l'orthographe aléatoire.
Le guérisseur, un petit frisé dans la quarantaine qui a l'air de revenir d'un trip de poudre, a cloué sa pancarte de rippe pressée contre le pilier du contretoit. Ça flashe.
GUÉRISON DE L'ARTRITE, DES RUMATISSES ET AUTRE MALADIE. 20 AN DE GUÉRISON. GUÉRRI AUSSI CANCER ET MAUS DE DO.
Devant la pancarte de rippe pressée, il y a une église qui doit bientôt être démolie. C'est une vieille église de briques aux murs croches.
On a beau démolir le cheval qu'il revient au galop, si je puis m'enfarger ainsi.
La foi sera démolie mais les miracles subsistent juste en face.
Et c'est ce gars-là qui s'en occupe sans trop mentionner les prix.
Dernièrement, Gérard Langevin passait par là avec son chum Réal Blanchette.
Les deux étaient encore saouls, bien entendu, et ce n'était que la fin de l'après-midi.
Langevin, un soudeur «soudure la semaine, saoul mort la fin de semaine», ne manquait jamais l'occasion de faire une farce.
Il donna un coup de coude à Blanchette pour lui signaler sa prochaine représentation.
Langevin va cogner chez le guérisseur. Toctoctoc.
Le guérisseur sort, avec sa tronche de crosseur.
-Oui? qu'il dit d'un ton faussement humble.
-Salut! lui répond Langevin, pince sans rire.
-Salut...
-J'ai mal au pénis. Toucherais-tu mon pénis pour cinq piastres?
Blanchette éclate de rire, évidemment. Le guérisseur se sent vexé, comprenant tout de suite qu'il a affaire à des plaisantins.
-C'est parce que j'ai vraiment mal au pénis... Mais j'ai juste cinq piastres...
-C'est pas comme ça que ça marche... réplique le guérisseur.
-Ah oui? Et comment qu'ça marche d'abord? Moé j'te dis qu'j'ai mal au pénis!
Bon, le guérisseur referme la porte derrière lui. Langevin et Blanchette continuent leur chemin jusqu'au dépanneur pour aller s'acheter de la bière. Comme s'ils n'étaient pas assez saouls.
Ça s'est passé dernièrement.
Quand? Je ne sais pas trop. Je ne retiens pas tout.
J'écris sans réfléchir.
Voilà pourquoi je vais vous raconter une connerie.
Si vous racontais un truc réfléchi, médité et ayant un quelconque but, sûr que ma prose finirait par sentir le poisson pas frais. Ce qui sentirait vraiment mauvais puisque ma prose à l'état brut contient déjà un fort lot d'expressions truculentes qui ne font pas toujours très propre. Cela dit qu'est-ce qu'il y a de plus fascinant qu'une belle langue vernaculaire, hein? Rien, les amis. Rien.
On ne se cassera pas le cul ce matin, chers lecteurs et lectrices, oh que non.
Et ma connerie?
Elle s'en vient. La voici.
Ça se passe dans un quartier populaire d'une ville tout à fait quelconque située dans la vallée du grand fleuve Magtogoek.
Il y a un genre de guérisseur qui s'est placé une pancarte de rippe pressée devant chez-lui. Ça jure un peu. C'est écrit en bleu sur fond mauve et gris. L'écriture est relâchée et l'orthographe aléatoire.
Le guérisseur, un petit frisé dans la quarantaine qui a l'air de revenir d'un trip de poudre, a cloué sa pancarte de rippe pressée contre le pilier du contretoit. Ça flashe.
GUÉRISON DE L'ARTRITE, DES RUMATISSES ET AUTRE MALADIE. 20 AN DE GUÉRISON. GUÉRRI AUSSI CANCER ET MAUS DE DO.
Devant la pancarte de rippe pressée, il y a une église qui doit bientôt être démolie. C'est une vieille église de briques aux murs croches.
On a beau démolir le cheval qu'il revient au galop, si je puis m'enfarger ainsi.
La foi sera démolie mais les miracles subsistent juste en face.
Et c'est ce gars-là qui s'en occupe sans trop mentionner les prix.
Dernièrement, Gérard Langevin passait par là avec son chum Réal Blanchette.
Les deux étaient encore saouls, bien entendu, et ce n'était que la fin de l'après-midi.
Langevin, un soudeur «soudure la semaine, saoul mort la fin de semaine», ne manquait jamais l'occasion de faire une farce.
Il donna un coup de coude à Blanchette pour lui signaler sa prochaine représentation.
Langevin va cogner chez le guérisseur. Toctoctoc.
Le guérisseur sort, avec sa tronche de crosseur.
-Oui? qu'il dit d'un ton faussement humble.
-Salut! lui répond Langevin, pince sans rire.
-Salut...
-J'ai mal au pénis. Toucherais-tu mon pénis pour cinq piastres?
Blanchette éclate de rire, évidemment. Le guérisseur se sent vexé, comprenant tout de suite qu'il a affaire à des plaisantins.
-C'est parce que j'ai vraiment mal au pénis... Mais j'ai juste cinq piastres...
-C'est pas comme ça que ça marche... réplique le guérisseur.
-Ah oui? Et comment qu'ça marche d'abord? Moé j'te dis qu'j'ai mal au pénis!
Bon, le guérisseur referme la porte derrière lui. Langevin et Blanchette continuent leur chemin jusqu'au dépanneur pour aller s'acheter de la bière. Comme s'ils n'étaient pas assez saouls.
Ça s'est passé dernièrement.
Quand? Je ne sais pas trop. Je ne retiens pas tout.
J'écris sans réfléchir.
jeudi 13 octobre 2011
James Diamond, tallyman du lot de trappe R-23
James Diamond est un Cri, c'est-à-dire un Iyéyou, un «vrai humain».
C'est un bonhomme sympathique, toujours souriant. James vit comme si rien ne lui appartenait. Tout ce que l'on a peut-être perdu, volé ou repris, alors pourquoi s'en faire, hein? L'important c'est de se débrouiller. C'est-à-dire de trapper, chasser et pêcher.
On lui donnerait cinquante ans, James, mais il doit bien avoir quatre-vingts ans le petit père.
Il est encore tallyman du lot de trappe R-23, au Nord de Chisasibi, et chaque automne il part encore pour trois mois, tout fin seul, pour faire l'inventaire de sa «trapline». Il ne fait pas que chasser. Il compte aussi ses castors, ses caribous, ses orignaux, ses marmotes, ses outardes, ses dorés, ses esturgeons... James dresse l'inventaire de ses ressources comme d'autres font le ménage dans leur garde-manger. C'est son devoir, sa responsabilité d'Iyéyou depuis toujours: être le gardien des ressources, le protecteur des esprits de la forêt.
James prend un peu plus que ce qu'il a besoin pour manger. Les jeunes chassent moins de nos jours: une semaine en avril, une semaine en automne et encore... Aussi, quelqu'un doit bien penser à les nourrir.
James leur ramène donc toujours quelques bons morceaux lorsqu'il quitte son mitogan à l'approche du solstice d'hiver.
Il a toujours son bon vieux cibi dans son mitogan qui lui permet de demeurer en contact avec ses chums, Raymond, Gerald et George ainsi qu'avec Sarah, sa fille. Cependant James n'est pas un parleux. Il aime les sons de la forêt. Et Johnny Cash. Oui. Il écoute parfois Johnny Cash.
Et il marche, marche et marche. Pas de quatre roues, ni de deux roues. Seulement ses dieux vieilles pattes, comme son père, le père de son père et tous les autres depuis des temps immémoriaux.
Il triche un peu en utilisant le chopper de la réserve. James se fait dropper lui et son stock sur son campement principal. Il mange dans de la vaisselle propre et boit dans une tasse aux couleurs des Canadiens de Montréal.
Pour le reste, James est le tallyman. Le grand gardien des lieux. Iyéyou aux yeux du Grand Esprit. Protecteur des âmes de son lot de trappe R-23 qui s'animent sous les aurores boréales.
Wachiya, James... Wachiya...
C'est un bonhomme sympathique, toujours souriant. James vit comme si rien ne lui appartenait. Tout ce que l'on a peut-être perdu, volé ou repris, alors pourquoi s'en faire, hein? L'important c'est de se débrouiller. C'est-à-dire de trapper, chasser et pêcher.
On lui donnerait cinquante ans, James, mais il doit bien avoir quatre-vingts ans le petit père.
Il est encore tallyman du lot de trappe R-23, au Nord de Chisasibi, et chaque automne il part encore pour trois mois, tout fin seul, pour faire l'inventaire de sa «trapline». Il ne fait pas que chasser. Il compte aussi ses castors, ses caribous, ses orignaux, ses marmotes, ses outardes, ses dorés, ses esturgeons... James dresse l'inventaire de ses ressources comme d'autres font le ménage dans leur garde-manger. C'est son devoir, sa responsabilité d'Iyéyou depuis toujours: être le gardien des ressources, le protecteur des esprits de la forêt.
James prend un peu plus que ce qu'il a besoin pour manger. Les jeunes chassent moins de nos jours: une semaine en avril, une semaine en automne et encore... Aussi, quelqu'un doit bien penser à les nourrir.
James leur ramène donc toujours quelques bons morceaux lorsqu'il quitte son mitogan à l'approche du solstice d'hiver.
Il a toujours son bon vieux cibi dans son mitogan qui lui permet de demeurer en contact avec ses chums, Raymond, Gerald et George ainsi qu'avec Sarah, sa fille. Cependant James n'est pas un parleux. Il aime les sons de la forêt. Et Johnny Cash. Oui. Il écoute parfois Johnny Cash.
Et il marche, marche et marche. Pas de quatre roues, ni de deux roues. Seulement ses dieux vieilles pattes, comme son père, le père de son père et tous les autres depuis des temps immémoriaux.
Il triche un peu en utilisant le chopper de la réserve. James se fait dropper lui et son stock sur son campement principal. Il mange dans de la vaisselle propre et boit dans une tasse aux couleurs des Canadiens de Montréal.
Pour le reste, James est le tallyman. Le grand gardien des lieux. Iyéyou aux yeux du Grand Esprit. Protecteur des âmes de son lot de trappe R-23 qui s'animent sous les aurores boréales.
Wachiya, James... Wachiya...
mercredi 12 octobre 2011
Mon Jésus à moi
Lénine avait les yeux de plus en plus bridés sur les portraits officiels au fur et à mesure que l'on s'enfonçait dans les républiques orientales de l'ancienne URSS. Lénine avait une tête de vendeur d'assurances à Moscou et une face de mandarin à l'autre bout de la prison. Chacun avait son petit Lénine à lui.
C'est presque la même chose pour Jésus. Plus on s'approche d'une banque ou bien d'un temple au clocher argenté, plus le vagabond de la chrétienté se fait représenter dans l'or, les paillettes et les diamants, summum de la spiritualité pour toute personne qui touche son trente pourcent de commission.
Je m'en voudrais de faire la leçon aux zélotes d'une foi que je ne pratique plus depuis fort longtemps. Je n'ai pas la légitimité d'un Léon Bloy pour me lancer en imprécations contre les pharisiens modernes.
Pourtant, je me permets quelques petits mots, ne serait-ce qu'en tant qu'ancien servant de messe de la paroisse Notre-Dame-des-Sept-Allégresses.
Mon Jésus à moi pourrait avoir les yeux bridés. Il n'est certainement pas assis sur une montagne d'or. C'est un rabbin qui pratique la religion juive avec quelques innovations ici et là. Comme il est rabbin et qu'on doit nécessairement être père de famille pour porter ce titre chez les juifs, mon Jésus à moi est un papa, il a des frères et des soeurs, et il ne ressemble en rien à l'image que nous en a fait un Franco Zeffirelli.
La seule description physique qui nous soit parvenue de Jésus provient d'un pamphlet écrit par Celse d'Alexandrie. Ce pamphlet intitulé Contre les chrétiens nous est parvenu par la voie d'un long et ennuyeux commentaire produit par un fanatique chrétien qui s'appelait Origène.
Dans son pamphlet, Celse discute avec les chrétiens en leur disant qu'il préfère de loin la philosophie à leur religion qui lui apparaît comme un produit édulcoré de la sagesse.
Il préfère Socrate à Jésus... même si Jésus ressemblait à Socrate, un petit gros au visage disgracieux.
Donc, Jésus aurait ressemblé à Socrate. Les chrétiens se seraient servis de cette publicité aux premiers temps de la chrétienté pour leur prosélytisme.
Il y a d'ailleurs plusieurs traits socratiques dans les évangiles.
Le repas pascal de Jésus et le banquet de Socrate se ressemblent.
Socrate boit la coupe de ciguë que ses bourreaux lui tendent alors qu'il pourrait facilement s'échapper.
Jésus boit le calice et se laisse attraper au Jardin des oliviers alors qu'il pouvait s'enfuir.
Les deux deviennent des martyrs. L'un pour la philosophie. Et l'autre pour une nouvelle religion représentée par le symbole de l'infini dont on aurait coupé la queue, c'est-à-dire un poisson.
Mon Jésus à moi est mort pauvre, sale, petit, gros et laid sur la croix.
Ça le rend plus humain. Plus socratique.
Ça rend plus exaspérant ces représentations de Jésus en or, diamants et gling-gling de punaises de sacristie.
Évidemment, je ne suis pas croyant.
Mon opinion ne vaut rien.
Je ne suis qu'un animiste autochtone qui croit que tout est habité par une âme: les animaux, les arbres, les eaux, le ciel, Jésus, alouette.
Je n'ai rien contre Jésus. Il me semble un type chouette.
J'en ai contre les religions, toutes quelles qu'elles soient.
Ramassis de braillage, d'hypocrisie, de cupidité et de mensonge.
J'en ai aussi contre tous les partis politiques pour les mêmes raisons.
La plupart du temps, je ferme ma gueule. Je laisse les gens vivre avec l'idée qu'ils se font de Lénine, Jésus ou Père Noël.
C'est presque la même chose pour Jésus. Plus on s'approche d'une banque ou bien d'un temple au clocher argenté, plus le vagabond de la chrétienté se fait représenter dans l'or, les paillettes et les diamants, summum de la spiritualité pour toute personne qui touche son trente pourcent de commission.
Je m'en voudrais de faire la leçon aux zélotes d'une foi que je ne pratique plus depuis fort longtemps. Je n'ai pas la légitimité d'un Léon Bloy pour me lancer en imprécations contre les pharisiens modernes.
Pourtant, je me permets quelques petits mots, ne serait-ce qu'en tant qu'ancien servant de messe de la paroisse Notre-Dame-des-Sept-Allégresses.
Mon Jésus à moi pourrait avoir les yeux bridés. Il n'est certainement pas assis sur une montagne d'or. C'est un rabbin qui pratique la religion juive avec quelques innovations ici et là. Comme il est rabbin et qu'on doit nécessairement être père de famille pour porter ce titre chez les juifs, mon Jésus à moi est un papa, il a des frères et des soeurs, et il ne ressemble en rien à l'image que nous en a fait un Franco Zeffirelli.
La seule description physique qui nous soit parvenue de Jésus provient d'un pamphlet écrit par Celse d'Alexandrie. Ce pamphlet intitulé Contre les chrétiens nous est parvenu par la voie d'un long et ennuyeux commentaire produit par un fanatique chrétien qui s'appelait Origène.
Dans son pamphlet, Celse discute avec les chrétiens en leur disant qu'il préfère de loin la philosophie à leur religion qui lui apparaît comme un produit édulcoré de la sagesse.
Il préfère Socrate à Jésus... même si Jésus ressemblait à Socrate, un petit gros au visage disgracieux.
Donc, Jésus aurait ressemblé à Socrate. Les chrétiens se seraient servis de cette publicité aux premiers temps de la chrétienté pour leur prosélytisme.
Il y a d'ailleurs plusieurs traits socratiques dans les évangiles.
Le repas pascal de Jésus et le banquet de Socrate se ressemblent.
Socrate boit la coupe de ciguë que ses bourreaux lui tendent alors qu'il pourrait facilement s'échapper.
Jésus boit le calice et se laisse attraper au Jardin des oliviers alors qu'il pouvait s'enfuir.
Les deux deviennent des martyrs. L'un pour la philosophie. Et l'autre pour une nouvelle religion représentée par le symbole de l'infini dont on aurait coupé la queue, c'est-à-dire un poisson.
Mon Jésus à moi est mort pauvre, sale, petit, gros et laid sur la croix.
Ça le rend plus humain. Plus socratique.
Ça rend plus exaspérant ces représentations de Jésus en or, diamants et gling-gling de punaises de sacristie.
Évidemment, je ne suis pas croyant.
Mon opinion ne vaut rien.
Je ne suis qu'un animiste autochtone qui croit que tout est habité par une âme: les animaux, les arbres, les eaux, le ciel, Jésus, alouette.
Je n'ai rien contre Jésus. Il me semble un type chouette.
J'en ai contre les religions, toutes quelles qu'elles soient.
Ramassis de braillage, d'hypocrisie, de cupidité et de mensonge.
J'en ai aussi contre tous les partis politiques pour les mêmes raisons.
La plupart du temps, je ferme ma gueule. Je laisse les gens vivre avec l'idée qu'ils se font de Lénine, Jésus ou Père Noël.
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