mardi 31 mai 2011

À propos des Sauvages et des fouilles archéologiques à Trois-Rivières

On effectue des fouilles archéologiques dans ma ville. On cherche essentiellement des vieux clous et des vieilles fondations. Cela fera bientôt cinq cents ans que Jacques Cartier a planté sa croix sur l'Île Saint-Quentin. Bientôt quatre cents ans que monsieur Laviolette a bâti son fort aux Trois-Rivières.

Ça fera bientôt huit mille ans que les Anishnabés, les Attikamekws les Haudenosaunees et les Wendates sont bien installés sur les deux rives du grand fleuve Magtogoek (anciennement Saint-Laurent). Et l'on cherche de l'histoire ancienne au centre-ville de Trois-Rivières, où il n'y a aucun véritable monument rappelant la présence autochtone, sinon un édifice administratif, l'édifice Capitanal (du nom d'un chef anishnabé). On voit des tas de statues en l'honneur de tel ou tel homme blanc, de l'idolâtrie pour un Sauvage qui se contentait de représenter des animaux et des clowns sur ses totems...

Enfin, fouillons l'histoire... Trouvons des clous... Et s'il ne reste pas grand chose des huit cent milles années aborigènes précédentes, c'est peut-être parce qu'ils n'étaient pas forts pour polluer les plages. Elles n'existent malheureusement plus qu'à l'état de folklore là où Cartier a planté sa croix sans que mes ancêtres aient cru bon de le scalper pour cet affront.
Mes ancêtres qui croyaient que la Terre n'était à personne. Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd... Il y a vu de l'or, le Conquérant. Un plan Nord...

lundi 30 mai 2011

L'économie, la Beauté et l'état de grâce

Pourquoi les lois de l'économie seraient-elles plus immuables que celles de la nature? On peine à prédire la temps et on se trouve des raisons pour expliquer l'argent. Bien sûr, il faut des sous, un truc qui vaut le troc, et que le grand cric me croque si l'argent n'est pas lui-même balayé par des tempêtes que personne n'avaient prédites. Comme si la vie se moquait de toutes nos lois et coutumes que l'on croyait éternelles.

Si les économistes étaient si brillants pour expliquer l'argent ils seraient pleins aux as. Ils n'ont somme toute que des salaires bonifiés de fonctionnaires, ce qui n'est pas mal, mais ce qui n'est pas encore la vraie fortune, celle qui t'envoie dans l'espace et te fait acheter n'importe quelle connerie sur un coup de tête, un village ou bien un pays.

On ne peut faire confiance en personne, même pas aux économistes.

Ils vous diront ceci ou cela et beding bedang la vie pourrait vous amener à faire une puissante dérape dans les abîmes de la maladie, de la pauvreté ou du désespoir.

Ce n'est pas pour vous faire peur que je vous dis ça, les amis. C'est seulement pour vous dire que les économistes ne savent rien. Ou si peu que ça ne vaut pas la peine d'en parler.

Tout est possible, le meilleur comme le pire, et le statu quo n'est jamais une solution puisqu'elle est contraire au sens même de la vie. Un sens qui réside dans le changement, le mouvement, l'état de grâce et la transcendance.

On peut créer un monde meilleur, qu'on le veuille ou non. Un pire est tout aussi possible. C'est une question d'esthétique à ce compte-là.

Je suis partisan de la Beauté, que ça soit con ou pas.

«La Beauté sauvera le monde» disait le grand Dostoïevski dans ses moments de lucidité.

J'achète ça sans problème.

Pas vous?

dimanche 29 mai 2011

Trouvons de la poésie

La poésie se trouve ailleurs que dans les livres. Vous ne la trouverez pas plus ici, sur le ouèbe, voire sur mon blogue. Vous avez raison de penser que je vous fais perdre votre temps. Même s'il pleut encore dehors -pour les habitants de la vallée du grand fleuve Magtogoek (anciennement St-Laurent) à tout le moins...

Les mots ont une vie, bien sûr. Certains ont de l'éclat. D'autres non.

Qu'est-ce qu'un livre sinon un dictionnaire mis à l'envers, hein? 

Je paraphrase Jean Cocteau. Il a écrit ça, quelque part. Où? Je n'en sais plus rien. Et pourtant je sais que c'est de lui. Et je le cite, quitte à me taper ses oeuvres complètes pour vous le remettre un jour sous le nez, avec l'orgueil et la vanité d'un authentique scribe.

On ne s'arrêtera pas là. Trouvons plutôt la poésie.

Marchons, tiens, n'importe où, même s'il pleut.

Les pissenlits sont jaune vif et d'une floraison avancée. Les lilas embaument l'air. Les tulipes se faneront bientôt.

La vie est en liesse, même si le temps est constamment couvert depuis deux semaines, sinon une éternité.

Le tempérament devrait être agressif, vu le mauvais temps, et pourtant la poésie est là.

Nous l'avons trouvée, hop! les deux doigts dans le nez.

Elle est là, cibouère. Facile à trouver. Gratuite.

Elle fait cuicui.

Elle sort d'un cocon.

Elle surgit d'un bourgeon.

Et hop! Des canards sur l'étang.

Et puis une corneille avec une branche dans le bec. Une branche de bonne taille. Comme si j'avais un madrier de vingt pieds de large dans la gueule. Aussi, la corneille vole péniblement. Comme un hélicoptère, même si l'analogie est faible. Elle rejoint l'arbre, finalement, et analyse le meilleur endroit pour bâtir son nid, loin des ovovores.

Je la regarde comme un con.

Et hop! C'est de la poésie.

samedi 28 mai 2011

Digressions littéraires, Hérouxville, Régis Labeaume et Clothaire Rapaille

Un écrivain qui se respecte doit traiter des actualités avec parcimonie sous peine d'être réduit en bouilli par la machine qu'il aura lui-même créée. C'est ce qui arrive au pauvre con de la nouvelle de Kafka intitulée Dans la colonie pénitentiaire. Ce pauvre con qui est l'inventeur de la machine à marquer sur la peau des criminels l'article de la loi à laquelle ils ont contrevenu. Le pauvre con, l'administrateur de la colonie pénitentiaire, jouit presque de présenter sa machine, son concept. Et à la fin, pour mieux illustrer l'amour qu'il a pour sa machine, il se fait lui-même déchiqueter par elle.

Donc, attention aux actualités, aux opinions politiques et autres machines à générer de la prose. La poésie est essentielle dans la vie pour ne pas être gobé tout entier par l'esprit de sérieux et la logique de broche à foin qui vient avec.

Cela dit, même le poète et a fortiori l'écrivain ne peuvent demeurer silencieux quand l'affaire devient par trop surréaliste. Ils se sentent invoqués par on ne sait quelle faiblesse de l'âme. Et les voilà qui se mettent à intervenir dans le discours public, aussi bien dire dans un champs de mines.

On te laissera divaguer en littérature mais on te reniflera jusqu'au fin fond de tes caleçons en politique. D'où vient le fait que la politique sent mauvais.

Cependant on ne peut pas toujours rechigner à laver la vaisselle ou sortir les vidanges. Nous ne sommes pas des anges. Chacun doit y mettre un peu du sien pour que la vie n'ait pas l'air d'un dépotoir à ciel fermé.

Hier, je vous ai rabâché les cils avec le Journal d'un écrivain de Dostoïevski. Et aujourd'hui, bon sang, j'ai l'impression de me prendre pour Dostoïevski tellement je singe ce que je lis, surtout quand c'est Dostoïevski. C'est mon dada, la littérature russe. Tellement que je me trouve nul de ne pas lire en russe. Ce que j'apprendrai à faire un jour au lieu de jouer aux cartes dans un foyer pour vieux.

Voici donc deux courtes opinions, livrées comme ça, à la bonne franquette.

Vous pouvez m'envoyer au diable vauvert. Je m'en moque. Je ne publierai pas ce commentaire sur mon blogue. Je n'aime que les propos qui font preuve d'art et de bon goût, sinon d'intelligence. Voire de folie. La folie me convient bien, encore mieux que les déglutis des trolls de la politique.

Le Code de vie de Hérouxville: un canular?

On en parle depuis trois jours de cette affaire. Le fameux conseiller André Drouin et le non moins ignorant Code de vie de la municipalité de Hérouxville, située pas loin de mon bled, en Mauricie. Hérouxville est un petit village perdu dans la forêt où il y a peut-être trois ou quatre immigrants. André Drouin a affirmé qu'il riait en pensant à la manière que les médias réagiraient à ce Code de vie où il était fait mention qu'il était interdit de lapider les femmes et tout le tralala. De la provocation pour démontrer une ferme opposition à toute forme d'accommodements raisonnables avec les communautés culturelles, alors qu'il n'a jamais été question d'autoriser l'excision du clitoris et la lapidation des femmes pour qui que ce soit.

Puis les médias s'emballent encore. On en vient à dire que le Code de vie de Hérouxville était de la provocation, un coup monté et tout le reste pour finalement occulter le fin fond de l'affaire.

Tout le brouhaha sur les accommodements raisonnables est issu de quelques articles de la presse jaune où l'on traquait les porteurs de turban et les cheveux en boudins. C'était à qui ne mangeait pas des fèves au lard. Rien de bien sérieux. Aucune conflit ethnique ou génocide en vue. Seulement deux ou trois événements anodins qui ne donnent même pas l'envie d'en parler.

Et on en remet encore une pelletée avec Drouin et ses escarmouches. Occultant tout le reste. Une chance qu'il y a cet article de Yves Boisvert ce matin, dans La Presse. Ça soulage un peu.

Ce n'était pas un canular, le Code de vie de Hérouxville, c'était plutôt une connerie qui fait honte à notre région.

La méthode Labeaume

Un autre sujet sur lequel je ne m'étendrai pas longtemps. Le maire de Québec va bientôt frapper un mur. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est même un gus que l'on ne pourrait pas taxer d'être un auteur d'extrême-gauche. Il s'agit de Stéphane Gendron. Selon lui, PKP devrait faire attention. Le projet de Labeaume, un amphithéâtre pour recevoir un hypothétique club de hockey de la LNH, est aussi farfelu que Clothaire Rapaille. Dans sa forme actuelle, il contrevient à la Loi sur les cités et les villes. On ne peut pas gérer une entreprise publique comme une entreprise privée. Vous savez pourquoi? Parce que c'est l'argent du public.   Il y a des règles à suivre, des règles qui protègent sensément le contribuable contre la fraude, la corruption et la magouille.

Labeaume veut transgresser ses règles, sauter par-dessus les lois, acculer les politiciens de l'Assemblée Nationale au pied du mur pour son tabarnak d'amphithéâtre à marde.

Que la population de Québec veuille d'un amphithéâtre à marde à 80% pour aller voir revivre les Nordiques c'est leur affaire. Mais qu'ils ne demandent pas à tout le pays de payer pour les rapailleries de leur maire.

Dans cette affaire, le Parti Québécois a perdu 100% de sa crédibilité. On ne peut pas dénoncer la corruption dans le monde municipal, un jour, et proposer en vitesse d'abolir des lois qui protègent les citoyens contre la corruption, juste parce qu'il faudrait aller plus vite pour le petit potentat de Québec et ses loustics.

Les députés Amir Khadir et Éric Caire font honneur aux Québécois en ce moment et passeront pour des héros.

Les électeurs s'en souviendront aux prochaines élections.

Préparons-nous à une vague rouge de type Québec Solidaire. À force de se faire prendre pour des valises, les électeurs vont préférer voter pour des inconnus, une fois de plus, plutôt que pour tous ces trop-connus superficiels qui avilissent la fonction de représentant du peuple.

La gauche a le champ libre. La socialisation des dépenses et la privatisation des profits, no fucking way!

On vaut mieux que ça.

vendredi 27 mai 2011

JOURNAL D'UN ÉCRIVAIN / Feodor Mikhailovich Dostoïevski

Feodor Mikhailovich Dostoïevski n'avait pas que des qualités. Je sais qu'avant même que je n'aie dit un mot sur lui vous me lancerez à la figure qu'il était conservateur, antisémite et tout le tralala. Et pourtant, c'est réduire un homme à rien du tout, et d'autant plus un homme qui demeure un grand écrivain, que cela n'en déplaise aux plus inquisiteurs d'entre nous.

Oui, nous vivons en des temps d'Inquisition. C'est à qui se conformera le plus hypocritement en la Sainte Doctrine du jour. Je ne vaux pas mieux que les autres, cela va de soi. J'ai moi aussi des valeurs. Je n'aime pas les antisémites. Ni les conservateurs. Et pourtant je vais faire la part des choses pour un violoniste comme pour un écrivain. Bon sang de bonsoir, on ne va pas enlever à un gus ce qu'il y avait de plus noble en lui! Et vanter plutôt le crapaud mal chié qui fausse seulement parce qu'il est conforme en la Sainte Doctrine.

Vous constaterez par ailleurs que l'on ne s'amuse jamais avec ceux qui ne voient toujours que la merde chez tout un chacun. Les apparences sont trompeuses. On pourrait croire à prime abord que nous ne valons rien, que nous sommes vraiment des nullités de l'univers. C'est une opinion qui se défend bien. Mais elle est limitative. Elle fait abstraction de tout le reste et focalise sur un abîme. Et moi, je veux entendre du violon, lire des trucs cons et m'amusez!!!

Cela m'incite à vous raconter le plaisir que j'ai en ce moment à lire le Journal d'un écrivain de Dostoïevski. C'est disponible gratuitement, ici, sur la bibliothèque numérique Gallica. Les plaisirs gratuits se font rares, aussi bien en profiter.

J'aime le ton moderne de ses propos. Je sais bien que c'est une traduction. Et même qu'il ne serait pas très bien traduit en français, Dostoïevski, selon l'avis de feu mon prof de philo et russophone Alexis Klimov. Il me recommandait plutôt les traductions anglaises, plus près du niveau de langage de Dostoïevski.

Dostoïevski est naïf et plutôt drôle dans le Journal d'un écrivain. Il saute d'une digression à l'autre. Il y parle bien sûr des destinées de la Russie, mais aussi du climat social de son temps, avec plus ou moins de clarté, de prophétie et de désinvolture.

Dostoïevski écrit comme l'on improvise un air de violon. Rien n'a l'air mûrement réfléchi, peaufiné, brodé. Tout est limpide, même quand c'est con. Entre autres, sur la question juive... Néanmoins, il serait abusif selon moi de réduire le Journal d'un écrivain à un tract antisémite.

À ce compte-là, aussi bien brûler tous les livres de ce temps-là.

Ils étaient cons, certes, et d'autres le sont encore. Mais ça ne s'attrape pas comme la variole, l'antisémitisme ou bien le racisme. Tu en guéris une fois pour toutes et c'est rare que tu reviens en arrière à ce sujet.

Je parle pour moi, qui suis politiquement correct, comblé des dieux que ma nature intrinsèque soit conforme aux plus hautes exigences de la Vertu moderne. Non, je ne suis pas raciste pour deux sous, pas antisémite et même que je lis Dostoïevski en le traitant de crétin quand je tombe sur tel ou tel passage.

Au fond, Dostoïevski est con et je l'aime un peu pour ça. Je crois qu'il le savait lui-même. Toute son oeuvre semble une tentative de rire de lui-même sous plusieurs angles. N'est-ce pas que j'ai raison, hein?

Bon. Je retourne au Journal d'un écrivain. Et ne vous embêterai pas plus longtemps à ce sujet, chers lecteurs et lectrices. Vous perdez votre temps à lire des niaiseries sur le ouèbe, juste parce que c'est gratuit. Vous faites cheap mais je vous aime quand même.

jeudi 26 mai 2011

Voix d'ivrognes trifuviens à trois heures du matin

Un écrivain n'est pas mieux que les autres et il lui arrive de se lever à trois heures du matin, comme ça, à l'heure où l'on sort des bars. Comme je demeure au centre-ville, j'ai droit à cette heure au traditionnel défilé des ivrognes qui vacillent et babillent sur les trottoirs. C'est la sortie des bars. Les saoulons rentrent à la maison. Et ils passent sous ma fenêtre pour me raconter leur vie, l'espace d'un rabattement d'oreille.

Ce matin, c'était un couple. Un couple dans la cinquantaine je dirais. La dame avait une voix rauque de fumeuse au dernier stade de l'anéantissement des cordes vocales. Ça ressemblait à la voix de Mister Roboto dans la chanson éponyme du groupe Styx.

-Ahem... qu'elle disait pour s'éclaircir la voix.

Et l'autre, il avait la voix d'un beignet. Pâteuse et grasse. La voix d'un sanglier. Ou plutôt d'un caniche. Enfin, je ne vais tout de même pas vous l'imiter avec des mots. Il avait la voix d'un beignet, c'est tout.

-La waitress, tantôt, qu'il disait, était correcte la waitress... Moé je l'ai trouvée ben correcte... Pas toé? qu'il demanda à sa partenaire de brosse.

-Ahem, qu'elle répondit. Mouais.

-En tous 'es cas, moé j'la trouve ben correcte pis toutte... J'ai rien à r'dire contre. Moé j'ai été ben satisfait d'la waitress pis j'dirais qu'était vraiment ben correcte pis toutte...

-Ouem, rajouta la voix de cendrier.

-Pis i' paraît qu'i' vont détruire l'église St-Philippe... Toé ça t'fait-tu d'quoi?

-Nomme... Ahem... Nomme... rétorqua-t-elle en reniflant.

Je dois vous dire, chers lecteurs, qu'on va démolir une église dans mon quartier. Ce qui ne me fait ni chaud ni froid. Je doute cependant que l'on s'efforce autant pour conférer un peu d'art et d'inutilité à l'architecture qui la remplacera, probablement un bloc de béton ou bien un stationnement, je ne sais pas trop.

Et l'ivrogne à la voix de beignet ne pouvait pas manquer de nous parler de l'église St-Philippe comme de raison.

-Moé j'su's un gars nostalgique... Ça m'fait d'quoi qu'i' détruisent l'église... Ouem...

Les voix passèrent comme les photons aussi.

La distance parcourue par la lumière ou par le son, cela finit par finir.

Ça s'est passé à trois heures, ce matin, au centre-ville de Trois-Rivières.

Des voix perdues dans la nuit.

Des voix qui se posaient les vraies questions...

mercredi 25 mai 2011

CREDO QUIA SAPIENS

Je ne suis pas un législateur. Seulement un type qui regarde la lune en se rappelant qu’il est possible de s’y rendre, même si c’est difficile.



Ce qui me fait regarder le monde et ses idées de la même manière. Ce n’est pas parce que c’est difficile que c’est impossible. Tout se peut, avec un peu de volonté. Ce n’est qu’une question d’attitude.


La prostration engendre la prostration.


L’action crée le mouvement.


Et une fois que le mouvement est parti, c’est comme la vague, rien ne peut l’arrêter. Elle balaie tout. Elle renverse tout ce que l’on croyait immuable. La vie recommence ensuite, pour le meilleur et pour le pire. Et les sceptiques sont confondus.


Je ne vais donc pas me gêner pour vous présenter certaines réformes qui me trottent dans la tête.


Je vais le faire à la manière d’un credo, pour rire.


***


Credo quia sapiens


Je crois au transport gratuit et non-polluant pour tous.


Je crois en l’énergie libre et gratuite.


Je crois en l’Internet gratuit.


Je crois en la bouffe gratuite.


Je crois en l’éducation gratuite.


Je crois en la nationalisation de toutes les ressources naturelles et industrielles.


Je crois au logement gratuit.


Je crois en un monde moins stressé, moins stressant, moins avide d’argent et d’honneur immérité.


Je crois en huit semaines de congés payés par année.


Je crois aux congés mobiles.


Je crois en l’élimination de la misère et de la pauvreté sur terre tout autant qu’en l’élimination de la peste bubonique.


Je crois en la richesse de l’humanité.

Je crois en la beauté de la Nature.


Je ne crois pas aux économistes, aux banquiers, aux comptables, aux politiciens, aux journalistes, aux philosophes et autres théoriciens qui prônent la liberté pour quelques-uns et le char de marde pour tous.


mardi 24 mai 2011

Aux héraults de la médiocrité et autres animateurs de radio de Trois-Rivières

-Wéyons don'! Qu'est-cé qu'ça peut ben faire que d'rajouter dans l'fleuve, pollué au boutte, que'ques traces de rien du tout après le traitement des eaux usées de l'industrie du gaz de schiste, hein? Le monde braille pou' rien! Le fleuve est capable d'en prendre! Ha! Ha! Ha!

J'ai entendu ça sur les ondes d'une radio-poubelle locale. Cette compagnie, que je ne nommerai pas cette fois-ci, emploie des abrutis. C'est pour abrutir les chauffeurs de taxi et ceux qui n'ont pas le choix d'écouter la radio toute la journée.

Alors on entend essentiellement s'exprimer des caves, des têtes de linottes, des épais dans le plus mince, des tarlais, des sans-dessein, des trippeux de courses de char et des mangeux d'marde.

C'est à qui tirera sur les plus faibles avec le plus de hargne. C'est à qui dira la plus grosse connerie du jour. Une hostie de radio de mononcles qui sont à peine sortis d'chez-eux. Et qui connaissent tout même s'ils ne savent rien. Une radio d'épais, je vous dis.

Pas question de tirer sur les puissants, enfin sur ceux qui font faire du cash à la station.

Le maire a l'air d'une divinité descendue du ciel à entendre ces twits pourvus d'un micro pour déglutir la vacuité et la fatuité. Ils sont pour l'univers de la radio ce qu'est le Ku-klux-klan pour les courses de chevaux. L'analogie n'est pas évidente mais comprenne qui comprend. Ça sent toujours mauvais quand ils parlent. Comme si leurs problèmes de digestion devenaient de beaux proverbes à livrer à la vile populace qui les écoute en se disant la même chose que moi: ça s'peut-tu être cave de même?

Oui, c'est possible d'être cave. De faire de la radio en Mauricie en vomissant des conneries et en déifiant des cons. C'est le genre de twits qui doivent trouver ça l'fun d'arroser leur asphalte le dimanche matin. Et c'est à eux qu'il incombe de sauver notre belle civilisation occidentale... Ils en sont la figure de proue... Qui défend la pollution, la stupidité et le chauvinisme malsain sinon ces héraults de la médiocrité?

C'est la fin d'une époque, sans aucun doute...

Heureusement qu'il n'y a pas de futur pour ces cancrelats des communications. Les médias traditionnels sont appelés à mourir. Ils sont arrivés au dernier stade de leur décadence, stade au-delà duquel il ne peut qu'y avoir qu'un vibrant appel à la négation de la bêtise. Le racisme et le sexisme ne passent plus dans la communauté, mononcle Lecave. Et c'est idoine pour l'écologie: on ne jette plus le contenu de son cendrier sur l'autoroute.

Vous pouvez continuer à vanter l'industrie du gaz de schiste et licher le cul des notables. Au fond, personne ne se trompe sur votre compte. Tout le monde sait pertinemment que vous êtes des caves. Et que vous êtes appelés à disparaître dans un grand bayement aux corneilles.

Je ne vous remercie même pas de nous divertir.

Je voudrais seulement que plus personne n'investisse une cenne sur vous, les tarlais de la radio.

samedi 21 mai 2011

Écrivons, écrivez, écrivette

-Écrivons, écrivez, écrivette... j'fais rien qu'ça écrire pis écrire encore!

Il disait ça d'un ton neutre. Comme tout le reste. On ne peut pas dire qu'il avait de la variété dans l'intonation, Guillaume Preslet.

C'était un gars ordinaire, sans trop de boutons, qui vous regardait sept secondes d'un air absent pour ensuite se contempler la caboche de l'intérieur.

Il écrivait quoi? Des peccadilles. Rien de bien compliqué. Sinon qu'il écrivait tout le temps. Et qu'il disait écrivons, écrivez, écrivette comme s'il s'agissait d'un mantra pour canaliser les forces de l'Art en quelque sorte.

-Madame Bovary, ce n'est pas moi! qu'il finit par écrire sur son calepin tandis que la bibliothécaire lui intimait l'ordre de se taire pour mériter le droit d'être présent en ce sanctuaire de la lecture.

C'était une bibliothécaire tout ce qu'il y a de plus ordinaire, avec un tatouage sur le front, quelque chose qui ressemblait à un tracteur.

Le calepin de Guillaume Preslet ne comprenait que deux inscriptions, dont Madame Bovary, ce n'est pas moi. Cela contrefaisait Gustave Flaubert et Preslet savourait l'astucieux clin d'oeil avec la satisfaction du travail bien fait. Pour l'autre phrase, eh bien Preslet avait écrit «L'âme existe». Bon, ce n'était pas grand chose, ces deux phrases, mais Preslet se trouvait enhardi par ces créations, sorties toutes chaudes de son esprit incandescent, sur un ton neutre, avec un point d'exclamation pour faire changement.

Comme quoi le travail de l'artiste demeure un mystère pour tout un chacun.

Et franchement, c'est très bien ainsi.

Pas vrai Preslet?

jeudi 19 mai 2011

Un nouveau journal trifluvien: L'Accent grave

L'Accent grave est enfin disponible en version papier et électronique.

Il s'agit d'un journal qui traite l'information d'un point de vue trifluvien. Il comble en quelque sorte un vide et met un peu de mordant dans les affaires de la municipalité.

J'y présente une caricature, bien entendu. (Elle est reproduite ici à gauche de l'écran.)

Vous pouvez lire l'édition électronique ici.

Pour plus de renseignements, visitez le blogue de L'Accent grave.