Les Belles Lettres n'ont jamais tout à fait réussi à me piéger, même si je suis là comme un con en train de vous écrire. Il n'est que cinq heures cinquante-cinq du matin. Et je ne suis pas superstitieux, non. Des suites de cinq, ça ne veut rien dire. Ça ne me fera pas gagner à la loto. Ni voir Dieu ou son beau-frère.
Je sais que j'exagère. À trop avoir lu le mauvais plis se prend. Et je l'ai pris. Même que j'exagérais déjà du temps où je ne faisais que babiller. J'allais déjà d'une digression à l'autre pour oublier que tout peut être calme, plat et silencieux.
...
La contemplation connaît aussi ses limites. On finirait par s'emmerder, n'est-ce pas? D'où l'usage très limité des trois points de suspension dans mon artisanat littéraire. Laissons cela pour ceux qui ne savent pas écrire. Mis à part Louis-Ferdinand Céline, le seul qui ait le droit d'en abuser. Parce que c'était aussi un crétin de raciste, ce qui me fait un peu dégueuler.
Parlant littérature, je lis Tolstoï de l'écrivain et académicien de la langue française Henri Troyat. D'origine arménienne, né en Russie, il a fait du chemin ce prolifique Troyat que j'avoue connaître trop peu. Il passe le test avec sa biographie de Léon Tolstoï.
J'en suis à la page 324. C'est une brique de huit cents quelques pages. Et je la dévore entre midi et midi trente, tous les jours. En mangeant. Je me nourris le corps tout autant que l'esprit. J'évite parfois la politique pour maintenir un certain équilibre mental. Et ça me réussit. Y'a qu'à me voir aller. J'ai l'air sympathique. Même mes ennemis rient avec moi. Sinon ils me narguent ou sont naturellement indifférents, ce que je leur serais gré d'avoir pour comportement.
Mais laissons-moi de côté. Après tout, je est emmerdant. Ce qui vaut bien le fameux «je est un autre» de Rimbaud.
Troyat rapporte que Tolstoï tenait un journal intime dans lequel il consignait ses vicissitudes à la manière des Confessions de Jean-Jacques Rousseau. Lire ce type de journal m'est insupportable. J'ai toujours envie de botter le cul de l'auteur. Des suites de pleurnichades avec des récits de curetage de nombril. C'est endormant. Pourtant, Troyat me surprend avec son Tolstoï puisqu'il adopte le ton du type qui se nargue de ces enculeurs de mouches qui rapportent tout sur eux-mêmes comme si la vie c'était Facebook.
Tolstoï note ses baises, ses rages de dents, ses diarrhées et ses foutues règles de vie qu'il n'est pas capable d'assumer en tant que joueur et déjoué. Car il est tout le temps déjoué dans ses plans trop grands pour lui. Et il ne reste de lui, somme toute, que des grandes oeuvres, sauf son foutu journal intime que Troyat se fait le plaisir de ridiculiser tout au long des trois cent vingt-six premières pages. Way to go Troyat! Fonce dans le tas. Démolis Tolstoï! Car c'est bien une oeuvre de démolition, cette biographie.
J'ai déjà hâte de lire la page 327. Et de relire Tolstoï, avec un nouveau regard peut-être. Que voulez-vous, je suis influençable. Comme vous peut-être. Ou bien un autre.
Toltstoï de Henri Troyat est publié chez Le Cercle du livre de France. En 1952. Ou 1957. Cherchez et vous trouverez.
mardi 31 août 2010
lundi 30 août 2010
Le héron
Il y avait un héron sur le Lac St-Pierre. Sa silouhette qui se fondait dans les eaux vertes rappelait une ombre chinoise. Voire une estampe japonaise.
Ouais, c'était un bel héron.
Ouais, c'était un bel héron.
samedi 28 août 2010
Les rats
On dira ce qu'on voudra, la vie est étonnante. Ça ne fait même pas trois heures qu'un poulain vient de naître qu'il galope sur ses quatre pattes. L'araignée tisse sa toile sans avoir besoin de l'éducation de ses parents. Et l'être humain, eh bien, le mieux que l'on puisse dire c'est qu'il a une puissante colonne vertébrale et des mains trop agiles. Mais ça demande des années d'entraînement. Rien d'inné. Ou si peu que ça ne vaut pas la peine d'en parler.
Les rats sont d'aspect désagréable. Ils nous rappellent la peste bubonique. Ce qui fait que l'on traite les malfrats de rats, de chiens ou de cochons, des mammifères dont les noms sont porteurs de maladies tout autant que d'insultes.
Les rats ont une queue annelée. Des dents jaunes. Leur pelage est gras et puant.
Ce sont des animaux sociables qui nous tiennent rarement compagnie. Ils savent que l'humain a de la colonne vertébrale et que ses mains sont trop maléfiques.
C'est du moins ce que racontait Ozias Laflamme, un cultivateur du rang du Pays-Brûlé qui élève des poules et des cochons.
Ozias n'a pas de moustache et porte une calotte de baseball arborant le sigle de la coop de taxi du coin. Ses lunettes sont rondes. C'est un bonhomme de taille moyenne aux membres parcourus de nerfs de boeuf. Il fait son train tous les matins, nourrit ses poules et ses cochons pour faire vivre ses enfants et leur descendance, une tribu de vingt-huit têtes. Il travaille sans relâche pour augmenter la profitabilité de sa petite entreprise familiale. Et il déteste les rats.
-Les rats, y en a partout! qu'il racontait avant hier au Dépanneur Boissonneault. Ça commence par un pis y'en a mille le lendemain! Ça se reproduit plus vite que les lapins! Et ça forme des brigades pour s'en prendre à mes poulets! I' s'essaieraient pas avec mes poules... Dix poules sur un rat pis il restera même plus de quoi de faire un cache-nez! Sont mauvaises les poules... Mais les poulets... C'est sans défense! Pis dix rats se garrochent dessus lâchement pour les dévorer et nuire à mon profit sacrament!!!
Ozias était vert de rage. Il avait perdu une bonne centaine de poulets à cause des rats. Il avait tout essayé contre eux: les trappes, le truc de la chaudière d'eau avec de la moulée flottant sur de la styromousse pour en noyer quelques-unes, le poison... Cependant les rats s'habituaient à tout. Comme cette vermine ne peut pas vomir, elle ne prend que de petites quantités d'un nouveau mets pour tester son effet. Elles finissent par détecter même le poison et communiquent entre elles les informations à propos des nouveaux trucs des humains pour attenter à leurs jours.
-J'ai toutte essayé... Toutte... Sauf le truc de mon cousin Raymond... Hostie ça me coûtait d'le faire... Mais sacrament ça marche!!! Y'a p'us un maudit rat maintenant! F-i, fi, n-i, ni. Fini les rats. Les tabarnaks! J'les ai eus.
-Et comment t'as fait Ozias, de lui demander Denis, le gars à la caisse.
-Ben c'est ben simple. Je me suis faitte un piège pour en attraper une vivante. C'est une cage avec une grille qui se referme quand le rat rentre dedans pour aller prendre le morceau de fromage. J'ai suivi le truc de mon cousin Raymond. J'ai endormi le rat avec du chloroforme pis j'lui ai cousu l'anus. Après j'ai laissé l'rat en liberté pour qu'il aille rejoindre les autres rats. Quand i' vient pour chier ça lui fait tellement mal que l'rat se met à crier. Les autres rats se demandent c'qu'on fait aux rats dans cette ferme-là et ne r'mettent p'us jamais leurs sales pattes dans l'coin! Ça c'est efficace le cousage du trou d'cul!
Évidemment, nous désapprouvons tous ces méthodes. Cela nous indigne et nous révolte.
Mais Ozias n'en a rien à foutre de ce que nous pensons. C'est lui qui se lève tôt à tous les matins pour ramasser la marde, nourrir les poulets et les vendre au supermarché.
Les rats sont d'aspect désagréable. Ils nous rappellent la peste bubonique. Ce qui fait que l'on traite les malfrats de rats, de chiens ou de cochons, des mammifères dont les noms sont porteurs de maladies tout autant que d'insultes.
Les rats ont une queue annelée. Des dents jaunes. Leur pelage est gras et puant.
Ce sont des animaux sociables qui nous tiennent rarement compagnie. Ils savent que l'humain a de la colonne vertébrale et que ses mains sont trop maléfiques.
C'est du moins ce que racontait Ozias Laflamme, un cultivateur du rang du Pays-Brûlé qui élève des poules et des cochons.
Ozias n'a pas de moustache et porte une calotte de baseball arborant le sigle de la coop de taxi du coin. Ses lunettes sont rondes. C'est un bonhomme de taille moyenne aux membres parcourus de nerfs de boeuf. Il fait son train tous les matins, nourrit ses poules et ses cochons pour faire vivre ses enfants et leur descendance, une tribu de vingt-huit têtes. Il travaille sans relâche pour augmenter la profitabilité de sa petite entreprise familiale. Et il déteste les rats.
-Les rats, y en a partout! qu'il racontait avant hier au Dépanneur Boissonneault. Ça commence par un pis y'en a mille le lendemain! Ça se reproduit plus vite que les lapins! Et ça forme des brigades pour s'en prendre à mes poulets! I' s'essaieraient pas avec mes poules... Dix poules sur un rat pis il restera même plus de quoi de faire un cache-nez! Sont mauvaises les poules... Mais les poulets... C'est sans défense! Pis dix rats se garrochent dessus lâchement pour les dévorer et nuire à mon profit sacrament!!!
Ozias était vert de rage. Il avait perdu une bonne centaine de poulets à cause des rats. Il avait tout essayé contre eux: les trappes, le truc de la chaudière d'eau avec de la moulée flottant sur de la styromousse pour en noyer quelques-unes, le poison... Cependant les rats s'habituaient à tout. Comme cette vermine ne peut pas vomir, elle ne prend que de petites quantités d'un nouveau mets pour tester son effet. Elles finissent par détecter même le poison et communiquent entre elles les informations à propos des nouveaux trucs des humains pour attenter à leurs jours.
-J'ai toutte essayé... Toutte... Sauf le truc de mon cousin Raymond... Hostie ça me coûtait d'le faire... Mais sacrament ça marche!!! Y'a p'us un maudit rat maintenant! F-i, fi, n-i, ni. Fini les rats. Les tabarnaks! J'les ai eus.
-Et comment t'as fait Ozias, de lui demander Denis, le gars à la caisse.
-Ben c'est ben simple. Je me suis faitte un piège pour en attraper une vivante. C'est une cage avec une grille qui se referme quand le rat rentre dedans pour aller prendre le morceau de fromage. J'ai suivi le truc de mon cousin Raymond. J'ai endormi le rat avec du chloroforme pis j'lui ai cousu l'anus. Après j'ai laissé l'rat en liberté pour qu'il aille rejoindre les autres rats. Quand i' vient pour chier ça lui fait tellement mal que l'rat se met à crier. Les autres rats se demandent c'qu'on fait aux rats dans cette ferme-là et ne r'mettent p'us jamais leurs sales pattes dans l'coin! Ça c'est efficace le cousage du trou d'cul!
Évidemment, nous désapprouvons tous ces méthodes. Cela nous indigne et nous révolte.
Mais Ozias n'en a rien à foutre de ce que nous pensons. C'est lui qui se lève tôt à tous les matins pour ramasser la marde, nourrir les poulets et les vendre au supermarché.
mardi 24 août 2010
Publication dans Le Nouvelliste
Ma lettre à propos des conflits d'intérêts a été publié aujourd'hui dans l'édition papier du quotidien Le Nouvelliste. (p. 8)
J'ai bien hâte de voir si les lois se rendent jusqu'ici, à Trois-Rivières...
J'ai bien hâte de voir si les lois se rendent jusqu'ici, à Trois-Rivières...
Rita, Doris et leur tarte au coconut
Rita et Doris se pointent tous les jours au restaurant du terminus d'autobus pour aller prendre leur pointe de tarte au coconut avec un café.
Rita est petite, maigre et fripée. Le cheveu rare. Un petit oiseau déplumé qui s'est échoué sur la plage d'une quelconque ville industrielle.
Doris est grosse et gonflée de partout. Elle a des cheveux de broche rouillés. Une marmote avec des yeux de taupe. C'est elle qui parle le moins dans le duo. Elle a le souffle court et sa langue pend.
Rita occupe toute la conversation avec le bon goût de la tarte au coconut et celui du café.
-Ah! j'ai pour mon dire qui est bon le café du terminus, ben bon, hein Doris?
-Orzmwphe! renâcle Doris en avalant sa bouchée de tarte au coconut.
-Le café c'est bon chaud. Frette, j'aime pas ça. Parle-moé pas du café frette! Pouah! Ça c'est pas bon, du café frette. Mais chaud, oui, ça c'est bon du café chaud. Pis la tarte au coconut, c'est comme qu'i' la servent icitte qu'est juste parfaite. Ni trop chaude ni trop frette. Juste tiède. Ouais. I' faut manger ça tiède d'la tarte au coconut et, j'va's dire comme c'te gars, c'est icitte au restaurant du terminus qu'i' servent la tarte au coconut à la bonne température! En seulement qu'i' faut qu'alle soit fraîche pis icitte, ben, alle est tou'ours fraîche! Hein Doris?
-Moui, rétorque Doris en avalant une autre bouchée.
C'est toujours comme ça. Un long soliloque sur le café chaud ou frette, sur la température de la tarte au coconut et sur rien d'autre. Jamais rien d'autre. Juste le café, la tarte au coconut. De quoi devenir dingue.
Peut-être que Rita et Doris sont un peu dingues. Bien qu'elles font toutes deux des mots croisés en demandant qu'on réchauffe leur café. Tant et si longtemps que le staff du restaurant du terminus doit souvent user d'imagination pour les chasser du restaurant. On passe la moppe sur leurs pieds, pas exemple, ou bien l'on renverse du café sur leurs mots croisés. De quoi faire flipper Rita et entraîner Doris à sa suite, Doris qui la suit comme un chien de poche.
-Bon ben on va y aller, de dire dignement Rita... Bonjour là mademoiselle... On revient demain, comme d'habitude!
-C'est ça bye... répond la serveuse.
N'importe quoi pourvu qu'elles s'en aillent! Pourvu qu'on n'entende plus Rita revenir toujours sur l'hostie de café chaud ou frette et sa tabarnaque de pointe de tarte au coconut tiède...
Il y a des limites à ce que peut supporter du staff payé au salaire minimum.
Même que le gérant a pensé de retirer la tarte au coconut de son menu, juste pour qu'elles leur crissent la paix.
Selon moi, il ferait erreur. Parce que son hostie de resto marcherait pas plus pour autant. C'est trop facile de passer ses erreurs de gestion sur le dos de Rita et Doris, deux pauvres vieilles qui ne font que manger de la tarte au coconut... Ce serait cheap de sa part de retirer la tarte au coconut de son menu. Vraiment cheap. Tout le monde se mettrait à le traiter de fucking trou d'cul dans l'boutte. Parce que l'monde a l'air mauvais, par icitte, mais a bon coeur dans l'fond. On se battrait pour que Rita et Doris mangent leur hostie d'pointe de tarte au coconut au restaurant du terminus, avec un café juste à la bonne chaleur. On se battrait becs et ongles et s'il faisait ça, le tabarnak, sûr qu'on lui ferait savoir que toutte le village est du bord de Rita et Doris. Toutte au grand complet, même les Drouin du fin fond du Rang du Pays-brûlé.
Allélouia!
Rita est petite, maigre et fripée. Le cheveu rare. Un petit oiseau déplumé qui s'est échoué sur la plage d'une quelconque ville industrielle.
Doris est grosse et gonflée de partout. Elle a des cheveux de broche rouillés. Une marmote avec des yeux de taupe. C'est elle qui parle le moins dans le duo. Elle a le souffle court et sa langue pend.
Rita occupe toute la conversation avec le bon goût de la tarte au coconut et celui du café.
-Ah! j'ai pour mon dire qui est bon le café du terminus, ben bon, hein Doris?
-Orzmwphe! renâcle Doris en avalant sa bouchée de tarte au coconut.
-Le café c'est bon chaud. Frette, j'aime pas ça. Parle-moé pas du café frette! Pouah! Ça c'est pas bon, du café frette. Mais chaud, oui, ça c'est bon du café chaud. Pis la tarte au coconut, c'est comme qu'i' la servent icitte qu'est juste parfaite. Ni trop chaude ni trop frette. Juste tiède. Ouais. I' faut manger ça tiède d'la tarte au coconut et, j'va's dire comme c'te gars, c'est icitte au restaurant du terminus qu'i' servent la tarte au coconut à la bonne température! En seulement qu'i' faut qu'alle soit fraîche pis icitte, ben, alle est tou'ours fraîche! Hein Doris?
-Moui, rétorque Doris en avalant une autre bouchée.
C'est toujours comme ça. Un long soliloque sur le café chaud ou frette, sur la température de la tarte au coconut et sur rien d'autre. Jamais rien d'autre. Juste le café, la tarte au coconut. De quoi devenir dingue.
Peut-être que Rita et Doris sont un peu dingues. Bien qu'elles font toutes deux des mots croisés en demandant qu'on réchauffe leur café. Tant et si longtemps que le staff du restaurant du terminus doit souvent user d'imagination pour les chasser du restaurant. On passe la moppe sur leurs pieds, pas exemple, ou bien l'on renverse du café sur leurs mots croisés. De quoi faire flipper Rita et entraîner Doris à sa suite, Doris qui la suit comme un chien de poche.
-Bon ben on va y aller, de dire dignement Rita... Bonjour là mademoiselle... On revient demain, comme d'habitude!
-C'est ça bye... répond la serveuse.
N'importe quoi pourvu qu'elles s'en aillent! Pourvu qu'on n'entende plus Rita revenir toujours sur l'hostie de café chaud ou frette et sa tabarnaque de pointe de tarte au coconut tiède...
Il y a des limites à ce que peut supporter du staff payé au salaire minimum.
Même que le gérant a pensé de retirer la tarte au coconut de son menu, juste pour qu'elles leur crissent la paix.
Selon moi, il ferait erreur. Parce que son hostie de resto marcherait pas plus pour autant. C'est trop facile de passer ses erreurs de gestion sur le dos de Rita et Doris, deux pauvres vieilles qui ne font que manger de la tarte au coconut... Ce serait cheap de sa part de retirer la tarte au coconut de son menu. Vraiment cheap. Tout le monde se mettrait à le traiter de fucking trou d'cul dans l'boutte. Parce que l'monde a l'air mauvais, par icitte, mais a bon coeur dans l'fond. On se battrait pour que Rita et Doris mangent leur hostie d'pointe de tarte au coconut au restaurant du terminus, avec un café juste à la bonne chaleur. On se battrait becs et ongles et s'il faisait ça, le tabarnak, sûr qu'on lui ferait savoir que toutte le village est du bord de Rita et Doris. Toutte au grand complet, même les Drouin du fin fond du Rang du Pays-brûlé.
Allélouia!
dimanche 22 août 2010
Je suis un Sauvage
Je reviens souvent aux Relations des Jésuites. C'est une manière de renouer avec mes ancêtres par auteurs interposés. Les Jésuites ont rapporté des tas d'observations sur la vie des «Sauvages». C'est une mine de renseignements écrits qu'il faut savoir dégager des préjugés.
Cela dit, les aborigènes fondent leur enseignement sur de la littérature orale, hier comme de nos jours. L'écriture est en quelque sorte une perversion de l'esprit. Ce qui dure vraiment doit vivre en nous-mêmes par des procédés mnémotechniques qui défient l'imagination.
Je suis d'ascendance tellement multiple que je ne m'y retrouve pas toujours. La mère de mon père est née sur la réserve de St-Régis, maintenant appelée Akwesasné. C'est une réserve Mohawk. On y trouve majoritairement des Haudenosaunees (Iroquois). On y trouve aussi quelques Anishnabés (Algonquins), dont ma grand-mère Adrienne. Mon grand-père paternel, Éloi, doit être né près de Métis-sur-Mer, dans le Bas Saint-Laurent. Du côté maternel, mes grands-parents Rodolphe et Valéda provenaient d'une lignée d'Acadiens déportés aux alentours de Nicolet. Ils étaient probablement métissés de Micmac ou de Innu.
Bref, je suis en quelque sorte un Sauvage.
Et rien de mieux que de lire les Relations des Jésuites pour rire un peu.
L'impression qui s'en dégage est loufoque. Tous les préjugés des Jésuites sont d'actualité. Ils débarqueraient ici en 2010 qu'ils écriraient les mêmes remarques sur cette tribu décadente, païenne, où tout un chacun vit au jour le jour dans des moeurs sexuelles dépravées, ne reconnaissant aucun chef, aucun dieu, aucun maître.
Même dieu est une fable pour les Sauvages. Ils ne prennent rien au sérieux. Ils n'obéissent pas à leur capitaine, sinon s'il a bien parlé et que tout le monde est d'accord. Ils ne pensent pas au lendemain. Ils tapent sur des tambours toute la journée. Ils donneraient leur chemise et les meilleures parts de leur chasse même s'ils étaient pour crever de faim ensuite. Ils vivent au jour le jour. Au diable vauvert. Comme le peuple le plus misérable de la terre. Et pourtant ils se moquent de nous, nous traitent de pauvres gens qui travaillent sans relâche sans jamais penser à se la couler douce. Ils ne se fâchent jamais et détestent ceux qui se fâchent: comme s'ils ne savaient pas contrôler leurs émotions... De plus, ils ne châtient jamais leurs enfants... La femme décide avec qui elle fait l'amour et la communauté respecte ce choix... Les voilà, ces Sauvages qui sont mes ancêtres et dont la sagesse a enfin reconquis l'Amérique!
Vrai comme je suis encore là, je me sens fier d'être un Sauvage.
Cela dit, les aborigènes fondent leur enseignement sur de la littérature orale, hier comme de nos jours. L'écriture est en quelque sorte une perversion de l'esprit. Ce qui dure vraiment doit vivre en nous-mêmes par des procédés mnémotechniques qui défient l'imagination.
Je suis d'ascendance tellement multiple que je ne m'y retrouve pas toujours. La mère de mon père est née sur la réserve de St-Régis, maintenant appelée Akwesasné. C'est une réserve Mohawk. On y trouve majoritairement des Haudenosaunees (Iroquois). On y trouve aussi quelques Anishnabés (Algonquins), dont ma grand-mère Adrienne. Mon grand-père paternel, Éloi, doit être né près de Métis-sur-Mer, dans le Bas Saint-Laurent. Du côté maternel, mes grands-parents Rodolphe et Valéda provenaient d'une lignée d'Acadiens déportés aux alentours de Nicolet. Ils étaient probablement métissés de Micmac ou de Innu.
Bref, je suis en quelque sorte un Sauvage.
Et rien de mieux que de lire les Relations des Jésuites pour rire un peu.
L'impression qui s'en dégage est loufoque. Tous les préjugés des Jésuites sont d'actualité. Ils débarqueraient ici en 2010 qu'ils écriraient les mêmes remarques sur cette tribu décadente, païenne, où tout un chacun vit au jour le jour dans des moeurs sexuelles dépravées, ne reconnaissant aucun chef, aucun dieu, aucun maître.
Même dieu est une fable pour les Sauvages. Ils ne prennent rien au sérieux. Ils n'obéissent pas à leur capitaine, sinon s'il a bien parlé et que tout le monde est d'accord. Ils ne pensent pas au lendemain. Ils tapent sur des tambours toute la journée. Ils donneraient leur chemise et les meilleures parts de leur chasse même s'ils étaient pour crever de faim ensuite. Ils vivent au jour le jour. Au diable vauvert. Comme le peuple le plus misérable de la terre. Et pourtant ils se moquent de nous, nous traitent de pauvres gens qui travaillent sans relâche sans jamais penser à se la couler douce. Ils ne se fâchent jamais et détestent ceux qui se fâchent: comme s'ils ne savaient pas contrôler leurs émotions... De plus, ils ne châtient jamais leurs enfants... La femme décide avec qui elle fait l'amour et la communauté respecte ce choix... Les voilà, ces Sauvages qui sont mes ancêtres et dont la sagesse a enfin reconquis l'Amérique!
Vrai comme je suis encore là, je me sens fier d'être un Sauvage.
samedi 21 août 2010
Définition du conflit d'intérêt
Qu'est-ce qu'un conflit d'intérêt? C'est une situation où l'administrateur de fonds publics profite des fonds publics pour son intérêt privé. Point à la ligne.
Que doit-on faire en cas de conflit d'intérêt? Faire ce que le bon sens recommande. Exiger la démission de la personne et des éventuels complices de cette situation. Ne plus leur confier de fonds publics.
L'argent de nos taxes et de nos impôts doit être dépensé selon les normes généralement acceptées d'un océan à l'autre. Parmi ces normes, il y a sans doute celle d'obliger l'administrateur de fonds publics à savoir dès le premier jour de son mandat la définition d'un «conflit d'intérêt».
Sinon, ça ne vaut pas la peine de s'indigner lorsque survient des conflits d'intérêts.
À moins que tout ne soit permis. Après tout, nous sommes à Trois-Rivières. Une ville où tout ce qui compte, c'est la réussite. Peu importe les moyens employés. Les plus vils et les plus démagogiques étant sans doute les meilleurs pour justifier l'injustifiable.
On en ressort sans mot, avec un indicible goût de révolte et d'indignation.
On en vient à penser que l'air est vicié à Trois-Rivières. Que l'état de décomposition de son élite financière et intellectuelle nécessite un solide coup de barre à bâbord. Qu'il est temps de passer de la démocratie passive à la démocratie participative.
La démocratie n'est pas un chèque en blanc pour quatre ans.
Les moyens justifient le but que nous poursuivons.
Quand les conflits d'intérêts font partie de ces moyens, c'est qu'on s'en va nulle part.
***
À suivre: Une manifestation devant l'Hôtel de Ville.
Que doit-on faire en cas de conflit d'intérêt? Faire ce que le bon sens recommande. Exiger la démission de la personne et des éventuels complices de cette situation. Ne plus leur confier de fonds publics.
L'argent de nos taxes et de nos impôts doit être dépensé selon les normes généralement acceptées d'un océan à l'autre. Parmi ces normes, il y a sans doute celle d'obliger l'administrateur de fonds publics à savoir dès le premier jour de son mandat la définition d'un «conflit d'intérêt».
Sinon, ça ne vaut pas la peine de s'indigner lorsque survient des conflits d'intérêts.
À moins que tout ne soit permis. Après tout, nous sommes à Trois-Rivières. Une ville où tout ce qui compte, c'est la réussite. Peu importe les moyens employés. Les plus vils et les plus démagogiques étant sans doute les meilleurs pour justifier l'injustifiable.
On en ressort sans mot, avec un indicible goût de révolte et d'indignation.
On en vient à penser que l'air est vicié à Trois-Rivières. Que l'état de décomposition de son élite financière et intellectuelle nécessite un solide coup de barre à bâbord. Qu'il est temps de passer de la démocratie passive à la démocratie participative.
La démocratie n'est pas un chèque en blanc pour quatre ans.
Les moyens justifient le but que nous poursuivons.
Quand les conflits d'intérêts font partie de ces moyens, c'est qu'on s'en va nulle part.
***
À suivre: Une manifestation devant l'Hôtel de Ville.
vendredi 20 août 2010
lundi 16 août 2010
Quand j'étais jeune
Quand j'étais jeune le monde conduisait sans ceinture de sécurité avec une petite bière entre les jambes. Ça fumait comme des cheminées. Le gaz coûtait pas cher. Pour ton cadeau noces, tout le monde se cotisait pour te payer un dentier.
jeudi 12 août 2010
Le client dérange...
Des tarlais et des tarlaises, c'est pas ça qui manque.
Il y en a des flopées. Je ne dis pas qu'ils forment la majorité. Mais on en rencontre un ou deux et on pense tout de suite que c'est l'invasion. Tout simplement parce que ça peut heurter la rudesse, l'impolitesse et l'égotisme chosifiés.
Tu passes à telle ou telle caisse, à la banque, à la pharmacie, à l'hôpital, à la bibliothèque, au supermarché et tu en trouves partout sur ton chemin.
Le client n'est plus roi. C'est à peine s'il est toléré. La plupart du temps, il dérange.
-Ben là! diront les tarlais et les tarlaises.
Ben là... Et tout est dit. Les nihilistes n'ont pas besoin de s'expliquer.
Je possède mille exemples de rusticité des moeurs que je me priverai de vous raconter cette fois-ci pour couper court à ma révolte.
Je suis pour le peuple, les droits de la personne et la tarte aux pommes, d'accord, mais je ne suis pas en faveur d'encourager les tarlais et tarlaises. Ceux et celles qui traitent le client comme si c'était un tas de marde méritent d'être remis à leur place, pour le bien de tous. Parce que tout le monde souffre en bout de ligne de ces comportements de tarlais et tarlaises.
On devient alors une communauté de plus en plus intolérante, permissive pour ce qui est mauvais, généreuse pour les pleins d'marde, détestable pour la noblesse de coeur et d'esprit.
Je ne vous fais pas un sermon.
Je suis seulement en tabarnak.
***
Leçon de service à la clientèle #1
Quand un client passe à la caisse:
-Bonjour monsieur, madame.
Quand le client s'en va:
-Merci monsieur, madame. Au revoir!
Il n'est pas nécessaire de licher les pieds. Juste de ne pas agir en tarlais.
-Ben là...
Il y en a des flopées. Je ne dis pas qu'ils forment la majorité. Mais on en rencontre un ou deux et on pense tout de suite que c'est l'invasion. Tout simplement parce que ça peut heurter la rudesse, l'impolitesse et l'égotisme chosifiés.
Tu passes à telle ou telle caisse, à la banque, à la pharmacie, à l'hôpital, à la bibliothèque, au supermarché et tu en trouves partout sur ton chemin.
Le client n'est plus roi. C'est à peine s'il est toléré. La plupart du temps, il dérange.
-Ben là! diront les tarlais et les tarlaises.
Ben là... Et tout est dit. Les nihilistes n'ont pas besoin de s'expliquer.
Je possède mille exemples de rusticité des moeurs que je me priverai de vous raconter cette fois-ci pour couper court à ma révolte.
Je suis pour le peuple, les droits de la personne et la tarte aux pommes, d'accord, mais je ne suis pas en faveur d'encourager les tarlais et tarlaises. Ceux et celles qui traitent le client comme si c'était un tas de marde méritent d'être remis à leur place, pour le bien de tous. Parce que tout le monde souffre en bout de ligne de ces comportements de tarlais et tarlaises.
On devient alors une communauté de plus en plus intolérante, permissive pour ce qui est mauvais, généreuse pour les pleins d'marde, détestable pour la noblesse de coeur et d'esprit.
Je ne vous fais pas un sermon.
Je suis seulement en tabarnak.
***
Leçon de service à la clientèle #1
Quand un client passe à la caisse:
-Bonjour monsieur, madame.
Quand le client s'en va:
-Merci monsieur, madame. Au revoir!
Il n'est pas nécessaire de licher les pieds. Juste de ne pas agir en tarlais.
-Ben là...
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