samedi 1 mars 2008

L'ART DE LA CHRONIQUE

«L'art de la chronique consiste à aller là où le lecteur ne nous attend pas.» Je tiens cette maxime de mon grand frère. Nous sommes tellement sensés dans ma famille que cela ne m'étonne pas que cela vienne de lui. Il a parfaitement raison, bien sûr, vous vous attendez à quoi?

Entre autres choses, mon frère me racontait qu'il avait cessé de lire un célèbre chroniqueur d'un quotidien montréalais à partir du moment où celui-ci épousa une cause. Quelques temps après, ce chroniqueur perdit non seulement ses lecteurs mais aussi son emploi.

Remarquez qu'on peut perdre l'un et l'autre et avoir parfaitement raison. Il n'en demeure pas moins que l'on devient soporifique à force d'écrire toujours sur le même foutu sujet, comme si l'on était atteint d'une quelconque fixation, état mental qui conduit généralement vers l'asile ou bien une carrière politique.

JEAN-PAUL ARSENEAULT, CHONIQUEUR

Les chroniqueurs que je préfère sont ceux qui savent surprendre. L'un de mes chroniqueurs préférés, quand j'y repense comme il faut, était Jean-Paul Arseneault.

L'homme avait du courage. Il s'était fait congédier d'une station de radio trifluvienne pour avoir dénoncé des cas de négligence dans un centre d'accueil où j'ai moi-même travaillé. Il avait été accusé de libelle diffamatoire alors que tout un chacun savait bien qu'il n'était pas du tout dans le champ. Le malheur voulut que les témoins, des employés de l'établissement, aient abandonné l'animateur par crainte de représailles de la part de leur employeur.

Ça, c'est pour donner la mesure de l'âme.

Je lui ai parlé deux ou trois fois, dans un bar qu'il fréquentait de temps à autres. Un bon Jack, pas de toute. Un géant naturel, comme moi, un bon six pieds deux fabriqué carré.

Ça c'est pour donner la juste mesure de l'homme.

Pour ce qui est du chroniqueur, son style était inimitable, bon enfant, à mille lieues de tout ce qui s'écrivait à ses côtés. Il y avait une part de rêve et de bonheur repus dans ses chroniques publiées un temps par Le Nouvelliste puis, finalement, par un hebdo régional que je ne jetais pas tout de suite aux ordures juste parce qu'il y avait une chronique de Jean-Paul Arseneault.

LES HEBDOS RÉGIONAUX FINISSENT BIEN PLUS VITE AUX ORDURES FAUTE DE BONS AUTEURS...

Je ne sais pas qui fait les études de marché pour les hebdos régionaux mais je peux vous assurer que les bons auteurs sont nécessaires à ce type de commerce.

Prenons moi ou mon frère, tiens.

C'est une honte que nous n'ayons pas une chronique quotidienne dans un quotidien ou bien un hebdo, voire un feuillet paroissial de Trois-Rivières.

Remarquez que je me démerde autrement. Je tiens un blogue et je fais mes simagrées aux côtés de tous ces chroniqueurs qui, franchement, ne valent pas un clou. Et je ne dis pas ça pour me vanter. J'ai du goût. Je sais faire la différence entre un bon vin et de la piquette.

Fuck! je nous lis et je nous trouve super intéressant. On lirait nos chroniques avec délectation, je vous jure, juste avant d'aller lire les annonces de boeuf haché.

J'en connais d'autres dans le patelin qui feraient aussi d'excellents chroniqueurs. Michel Châteauneuf, Guy Marchamps, Maurice Fournier et Réjean Bonenfant devraient aussi avoir leur chronique. Véronique Marcotte itou. Sans oublier l'indicible ***, le seul vrai artiste maudit que je connaisse dont je dois absolument préserver l'anonymat de crainte qu'il ne me pète la gueule pour lui avoir fait une publicité dont il ne veut absolument rien savoir. (Je suis son agent littéraire et il sortira de l'anonymat pour pas moins de 100 000$. Là-dessus, j'aurai mon 20%. Avis aux intéressés. Je ne compte pas des pipes.)

DES TALENTS QUI DORMENT, DES CHRONIQUES QUI ENDORMENT...

Il y a des talents locaux sous-utilisés.

Dans le domaine de la presse imprimée trifluvienne, on publie des chroniques qui semblent tout droits sortis de vieux épisodes de la télésérie The Brady Bunch, un truc populaire du temps où l'on faisait des murs en plywood et portaient des souliers Patof. Ça manque d'audace en sacrement, c'est moi qui vous le dis. Hostie que ça peut être plate!

Deux exceptions malgré tout: Marc Rochette et Jean-Marc Beaudoin. Il y a du métier et du talent, au sens strictement littéraire, c'est-à-dire au plan le plus important du médium employé, l'art d'écrire!

REPUBLIONS JEAN-PAUL ARSENEAULT SVP!

Pour ce qui est de Jean-Paul Arseneault, j'attends avec impatience une publication de ses meilleures chroniques.

Je suis sûr qu'il y a de la matière pour un beau livre dans le cadre des Fêtes du 375e.

Une autre idée me vient à l'esprit, tiens, un livre qui s'intitulerait «Marginaux de Trois-Rivières» où des auteurs raconteraient des vraies légendes vivantes de Trois-Rivières, des personnes exceptionnelles qui se démarquent par leur originalité et leur impact sur la psyché populaire: le Capitaine, la femme aux sacs, Pops, Méo, Tahu, Avance-Recule, etc. (Je vous en reparlerai, promis!)

Je connais des originaux en ville qui confèrent à notre belle cité des airs de Cour des Miracles. Leur histoire m'a toujours semblé plus intéressante que celle de tel ou tel Trouduc qui s'est bien rempli les poches et raconte comment se remplir les poches. Ça, on voit ça partout sur la planète. C'est un mal nécessaire, je veux bien le croire. Cependant, ce n'est pas Trouduc qui doit occuper l'espace culturel. Ne parler que de chiffres, à mon avis, c'est sans intérêt. Pour faire de l'argent, ça prend de la culture. C'est ce que vous dirait probablement un directeur d'usine japonais.

JE SUIS UN CHRONIQUEUR, HOSTIE, PAS UN ACTUAIRE!

Il faut être un parfait idiot pour croire que l'on va rejoindre son public juste avec des photos de steak haché. Surtout de nos jours, avec l'Internet. Toute entreprise de publication d'imprimés est fatalement condamnée à terminer aux ordures au moins dix fois plus vite que l'an passé, chaque année. Je n'ai pas de chiffres et je n'en ferai pas. Je me permets de croire que j'ai du pif et ça me suffit. Je suis un chroniqueur, hostie, pas un actuaire!

Et je suis un christ de bon chroniqueur trifluvien, lalalè-reu!

vendredi 29 février 2008

MOMENTS DE GRÂCE


Les moments de grâce sont rares dans la vie. C'est ce que l'on dit. J'ai peine à y croire puisque j'ai une certaine prédisposition à vivre de tels moments plusieurs fois par jour. Un rien suffit à m'attendrir. Sous ma carapace de colosse, je rêve à l'indicatif présent, les yeux ouverts. En faisant ma promenade matinale, que mes yeux tombent sur un banc de neige géant, un pigeon marbré ou un rat musqué - il y en a dans la rivière Milette, juste à côté du Wal-Mart, sic! - eh bien, voilà, j'atteins un moment de grâce. Et c'est sans compter ceux que j'atteins dans ma vie amoureuse et familiale, mais ça, franchement, ça ne vous regarde pas.

MON PAYS LE KANATA

J'ai la chance d'avoir vu des tas de paysages de toutes sortes: toundras, steppes, forêts, déserts, plaines, côtes, fjords, geysers, sources d'eau chaude, montagnes, lacs, rivières, océans et j'en passe... Bien sûr, même si ça fait quétaine de le dire, j'ai la chance d'être Kanatien, au sens le plus sauvage du terme. Quelque chose me dit qu'on devrait repartir à zéro avec ce pays, le rebaptiser Kanata, tiens, et fonder cela sur un modèle républicain, abandonner la monarchie constitutionnelle britannique pour ses symboles tout en conservant ses principes, qui ne nous ont pas si mal servis somme toute. Au fond, Sa Majesté la reine Élisabeth II est bien gentille et tout le reste mais, foi de Métis, tous les hommes naissent libres et égaux, un principe qui mérite un meilleur symbole qu'une reine, ce qui est plus convenable pour les colonies d'abeilles que pour les humains.

JE NE SUIS PAS UN ARTISTE MAUDIT, CALICE!

Cela dit, je m'excuse, plutôt deux fois qu'une, pour cet apparté qui m'a lamentablement fait dévier de mon sujet principal.
Bref, j'ai la chance unique de vivre plusieurs moments de grâce par jour. Même quand j'étais pauvre à manger de la soupe au chou toute la semaine, je ne fus jamais privé de moments de grâce pour continuer la poursuite de mes rêves.
Je suis chanceux ou bien j'ai le cul bénit, je ne sais pas trop.

Bien sûr, il est à la mode d'être malheureux tout le temps, de vouloir de l'argent, comme le chantait Gilles Vigneault «Tout l'monde est malheureux tout l'temps».
Sauf moi. Je suis à peine malheureux de temps à temps, jamais longtemps, comme si le malheur m'ennuyait trop pour que je m'y morfonde comme tout un chacun, pour me rendre intéressant.
Je ne suis malheureusement pas un artiste maudit. J'ai bien essayé de le devenir à travers mes pérégrinations et pérépities. Rien à faire. Le spleen, en tant qu'attitude esthétique, m'emmerde royalement. Au fond, je suis un rocker dans l'âme, avec toute la tendresse mais aussi la farouche indépendance de caractère que cela suppose. J'aime la vie et la vie me le rend bien, même dans les pires moments. Je suis athée comme ça ne se peut pas et pourtant, je ne sais pas pourquoi, la vie m'a en donné plus que je ne lui en demandais, somme toute. Et je ne parle même pas d'argent. Juste de talents, au risque de passer pour quelqu'un de prétentieux, ce qui ne serait pas tout à fait faux.
LE CULTE DES IDOLES
Je n'ai jamais eu pour idoles des politiciens. Se donner des fonctionnaires pour idoles, ça fait un peu minable, vous ne trouvez pas? Je ne leur manque pas de respect pour autant, mais je préfère vouer un culte à Maurice Mad Dog Vachon, Wolfgang Amadeus Mozart, Tex Lecor, Offenbach, Bob Marley ou Led Zeppelin que de porter des épinglettes à l'effigie d'un politicien, ce qui fait un peu toton selon moi. Quand je vois des jeunes punks porter des tee-shorts de Megadeth cela me rassure plus que de les voir faire l'homme-sandwich pour feu Che Guevara et ses actuels complices. Je me dis que Megadeth va les sauver du fanatisme. Quand ils seront vieux, ils riront de cette période avec un sourire bon enfant.

T W O I S - W I V I È W E S
J'imagine que le comité organisateur des Fêtes du 375e anniversaire de Trois-Rivières doit chercher une chanson thème pour 2009. Pourquoi pas celle-ci, de Rodolphe, trouvée par hasard sur You Tube en tapant «Trois-Rivières» dans le moteur de recherche.

L'accent de Trois-Rivières est très particulier.
À Québec, les «o» sont plus prononcés et les syllabes plus détachées.
À Montréal, il y a chez les aborigènes du quartier Rosemont un certain roulement de «r» rigolo avec des «i» placés en des endroits imprévus: Monrrrial (Montréal), cirrriales (céréales), amourrr orrral (tel quel).

À Trois-Rivières, les «r» sont généralement remplacés par des «w» et les sons en «ère» sont transformés en «è-w».
Voici ce que ça donne, phonétiquement parlant:
«'ai encont'é 'a stagiè'w à twois-wiviè-w pis A m'a dit qu'mé zafèw' s'ra transfé'é. Ciboèwe! J'ai z'attends encow'!»
Traduction libre:
«J'ai rencontré la stagiaire à Trois-Rivières et elle m'a dit que mes affaires seraient transférées. Ciboire! Je les attends encore!»


mardi 26 février 2008

IL ÉTAIT UNE FOIS UN PAYS DE CUL

Il était une fois un pays de cul gouverné par un seul.

Il était gouverné par le seul et le même, depuis toujours, et tout ce qu'il disait était pure poésie aux oreilles du peuple.

«En avant camarades pour le grand bond en avant de la révolution éternelle!» disait l'Unique, le Grand Chef bienaimé, le Soleil du peuple, le charismatique et talentueux ami de tous pour le bien de tous.

Et on l'applaudissait, dans la rangée d'en avant, surtout, parce que l'avant-garde comprend mieux les choses que le peuple, qui n'a pas encore parfait sa connaissance des classiques de la révolution éternelle. Et puis il faut bien qu'il y en ait qui travaillent pendant que d'autres s'occupent de leur trouver de quoi donner un sens à leur vie d'éternels esclaves.

-Le sens de la vie, camarades, c'est le combat! disait l'Unique. Et ce combat, c'est le mien. Nous allons mené ensemble ce combat contre ceux qui ne me reconnaissent pas en tant qu'Unique! Je suis votre personnalité! Je suis Vous. Donc je suis Nous. Et vous, hein, vous n'avez qu'à me laisser faire, croyez-moi je vais m'occuper de tout.

-Hourra! Hourra! criaient mollement les poltrons de la rangée d'en avant pendant que le peuple se demandait s'il allait pleuvoir le lendemain.

-Et viva la vérole lotion!.... je veux dire la dévolution! Enfin, la révolution... On a beau être l'Unique qu'on a parfois un chat dans la gorge...

-Hourra! Hourra encore! répliquaient quelques imbéciles.

Tout aurait pu se passer ainsi pendant encore quelques décennies. Le record absolu étant de soixante-dix ans pour un pays gouverné par l'Unique ou son beau-frère.

Pour ce pays-là, cela ne dura même pas quarante ans. La dictature c'est comme la cordonnerie: le sens du métier se perd. On ne fait plus d'aussi bons souliers comme on ne fait plus d'aussi longues bottes pour les dictateurs. Quelques années et on les jette aux ordures, comme on le fit pour Caligula, Héliogabale, voire Mussolini pour rester en Italie.

L'Unique faisait comme d'habitude un long discours-fleuve, d'une durée de huit heures, où il était question des traîtres, des vendus, des ennemis du peuple, des valets impérialistes, des gens payés par Gesca ou Ottawa, des fous, des malades mentaux, des psychopathes, bref de viles gens qui s'étaient mises dans la tête qu'elles pouvaient parler quand l'Unique parlait.

-Ces traîtres subiront la vengeance du peuple!, se mit-il à crier sur un ton très féminin mais, tout en criant, il lâcha une énorme flatulence qui résonna comme un cor de chasse dans les micros placés devant et derrière lui, partout, quoi.

L'avant-garde de la première rangée ne dit rien, pour une fois.

Parmi le peuple, derrière, on entendit des voix résonner comme les trompettes de Jéricho dans le silence sidéral d'un pet honteux.

-Il chie comme tout le monde ce tabarnak-là! Vous voyez bien que ce n'est pas un Dieu? Juste un christ de magicien d'Oz bien ordinaire, un nain derrière ses manettes pour vous faire peur...

-Hahaha! ria la foule.

-On n'a pas à se faire dire quoi et comment penser par un asti de niaiseux! Et puis moi je veux voir tout ce que je veux sur l'Internet! Merde à l'Inquisition!

-Hahaha! ria la foule.

-Ça fait quarante ans qu'il nous fait chier avec son asti de discours qui nous tient raide pauvre à travailler comme des mules pour ces astis de pourris de la rangée d'en avant!

-C'est vrai ça! dit la foule.

Tout se passa rapidement par la suite.

Les gens de la première rangée se mirent à courir en tout sens, criant que ce n'était pas eux mais Lui, l'Unique, qui les avait engagés là-dedans.

Pendant ce temps, des gens connus de ni Ève ni Adam montèrent sur la tribune pour étriper l'Unique. Ils furent arrêtés par de belles âmes qui passaient par là, d'anciens traîtres et vendus qui demandèrent la clémence pour ces charôgnes.

-On n'est pas pour agir comme eux.

On ne sait pas si ce commentaire anonyme a empêché la foule de lyncher le dictateur.

Peut-être qu'il a réussi à s'enfuir.

Pour la fin de l'histoire, je vous la laisse l'imaginer.

Comme on vit en démocratie, je vous laisse le dernier mot, tiens.

lundi 25 février 2008

ODEURS DE PRINTEMPS

Un contre mille et toujours debout
Différent et fier de l'être
Souverain dans l'âme
Indocile et insoumis
Indépendant d'esprit
Hérétique
Celui que les gensdelettres et les gendarmes
Traitent de traître et de vendu
En se regardant les uns les autres
À la recherche d'une quelconque approbation de triple idiot

Quelle bravoure y'a-t-il à bêler des slogans?
Les chicanes de clôtures et les drapeaux
C'est pour les vieux cons
Qui empêchent Roméo et Juliette de s'aimer

Tous en choeur à faire le salut au drapeau
Pendant des lustres
À entendre les poèmes ronflants de Miron
Une autre version de l'enfer sans doute

Plutôt Céline Dion que Miron
L'amour vrai et sincère pour ceux qui ont du talent
Et qui font preuve d'indépendance de caractère

Les temps changent
Depuis 1534 que le couvert est sur la marmite
L'ordre de Jacques Cartier tire à sa fin

Il est enfin venu le temps des hommes et des femmes libres

Il y a des odeurs de printemps

Il y a de la liberté dans l'air

C'est moi qui vous le dis

Youppi



(CECI EST UN POÈME QUI NE VAUT PAS UN CLOU. JE L'AI ÉCRIT EN DIX MINUTES. MERCI BEAUCOUP. MUSIQUE. Yellowman, un chanteur reggae albinos jamaïcain. LA VRAIE VIE EST AILLEURS.)

René-Daniel Dubois à Tout le monde en parle



Hier, c'était la grand messe de Guy A. Lepage. L'homme n'est pas sans talent. Mais il n'est pas tout à fait délivré de sa grille d'analyse bourgaultienne, laquelle me semble lamentablement fondée sur de mauvaises prémisses. Bourgault était un nationaliste déguisé en socialiste du dimanche qui, pour se distinguer de l'Union Nationale, créa le mot «nationaleux». Comme s'il y avait les bons et les mauvais nationalistes: les «nationaleux». Moi, je ne vois que de l'ennui mortel dans le nationalisme, quel qu'il soit. Nationaleux ou nationalistes, ils m'emmerdent tous profondément et me font bayer aux corneilles.

Quelle surprise que d'entendre les propos de René-Daniel Dubois à Tout le monde en parle. L'écrivain et dramaturge, auteur de Being at Home with Claude, me semblait le plus patriote de toute la bande parce qu'il osait exprimer haut et fort des vérités que personne ne veut entendre au Québec. Les élites en place craindraient de perdre pied dans ce grand recyclage d'idées qui s'opéreraient pour accéder au pouvoir. Ils frappent alors d'ostracisme le bougre qui leur tient tête, ce qui est tout à fait normal, n'est-ce pas? En tout cas, vous semblez trouver ça normal puisque des tas d'intellectuels au Québec sont condamnés à l'exil intérieur. (Parlant d'exil, je vais faire une digression. Il n'y a pas un problème d'immigration au Québec. Ce serait plutôt un problème d'émigration. Tout le monde calisse son camp, depuis deux siècles, pour ne plus vivre sous l'emprise du clergé d'icitte. )

Le patriotisme consiste à ne pas craindre d'être seul contre toute la foule pour lui dire ce qu'elle ne veut pas entendre. Cette formidable force individuelle de celui qui ne craint pas la foule représente l'un des plus beaux fleurons de la démocratie, comme le type qui affrontait une colonne de chars d'assaut sur la place Tien An Men, en 1989. Ânonnés des slogans ne sera jamais une preuve de patriotisme, au sens le plus noble du terme, mais une preuve profonde de lâcheté, d'aveuglement et d'abdication de sa souveraineté individuelle, de laquelle dépend la vraie force d'un État, un État capable de produire des esprits libres et indépendants, et non de vulgaires moutons qui bêlent des niaiseries.

Hier à Tout le monde en parle, René-Daniel Dubois était pour moi le patriote de l'année. Son discours était limpide, lucide et aussi brillant qu'un discours de Vaclav Havel à la veille de la révolution de velours.

Nous vivons dans une société qui dévalorise la culture, où tout un chacun sort son révolver chaque fois qu'un Ovide Plouffe veut chanter Paillasse ou parler de Dostoïevski.

Guy A. Lepage présenta René-Daniel Dubois comme un homme à l' «ego démesuré». Quel ego démesuré? Juste parce qu'il ne parle pas en respectant le discours bourgaultien, l'un des fondements de notre immobilité en tant que société. On pourrait dire aussi que René-Daniel Dubois est frustré. On devait dire ça aussi de Vaclav Havel pour le discréditer, parmi les membres de la fausse élite intellectuelle du régime communiste tchécoslovaque. «Havel? Un ego démesuré. Un frustré qui n'adhère pas aux règles du Parti. Bref, un indésirable. Ne le fréquentez pas si vous voulez prosprérer dans cette république populaire, pour le peuple et par le peuple, parce que nous, l'avant-garde éclairée, sommes le peuple...»

Un beau jour, en Tchécoslovaquie, tout un chacun a ouvert les yeux en même temps. La police, l'armée, rien n'y fit pour arrêter ce profond changement des mentalités qui renversa la dictature.

Je prétends depuis longtemps que le Québec vivra un jour quelque chose de semblable au point de vue des idées.

Un beau jour, au Québec, tout un chacun ouvrira les yeux en même temps et verra bien que le discours a été monopolisé par une idéologie sclérosée qui s'est aplatie un peu partout sur la planète là où elle est passée, tout simplement parce qu'il n'est pas dans la nature humaine que de bêler comme un mouton.

Nous aurons notre révolution de velours.

Elle ne viendra pas de l'ADQ, des Bérets blancs ou d'un quelconque parti nationaliste.

Elle viendra d'elle-même, comme un immense besoin de respirer.

Hier, en écoutant parler René-Daniel Dubois à Tout le monde en parle, j'ai vaguement senti que nous nous rapprochions de ce jour.

dimanche 24 février 2008

CUBA...

J'ai capté deux émissions portant sur Cuba à RDI.

Ce matin, fort tôt, j'ai regardé «Une heure sur terre» . La fille de Fidel Castro Alina Fernandez Revuelta était reçue par Jean-François Lépine. Les reportages avaient de la classe. C'était instructif et sans complaisance envers le dictateur Fidel Castro.

Il y a quelques minutes, à l'autre bout du spectre, j'ai assisté à un panel surréaliste dans le cadre de l'émission «Tour de terre», sur les ondes de RDI. On a réuni pour l'occasion les trois mêmes spécialistes de la question cubaine. L'opposant de service semblait un peu mou ou bien coincé. L'historien Claude Morin, qui passait aussi à LCN quelques minutes plus tôt, a encensé Fidel, Raoul et toute sa clique de bandits. Son attitude correspond à celle de bon nombre de Québécois qui soutiennent sans sourciller le régime totalitaire qui règne d'une main de fer sur Cuba. C'est comme s'il y avait une nostalgie de Duplessis derrière ça. Le fascisme, qu'il soit noir, bleu ou rouge, reste toujours le fascisme.

Dans mon livre d'histoire à moi, Castro est un tyran et ceux qui le soutiennent sont des lèche-bottes. C'est pas plus compliqué que ça.

Beaucoup d'intellectuels québécois se taisent à ce sujet parce qu'ils ne lisent plus depuis qu'ils ont terminé leur occupation du campus universitaire en 1973. Ils sont jammés sur le marxisme et voient le monde par le petit bout de leur lorgnette idéologique. Il n'y a rien à tirer de ces vieux boucs et vieilles biques déconnectés de la réalité. Au fond, l'histoire peut très bien se faire sans eux. Qu'ils bouffent leurs vieux manuels et qu'ils prennent leurs pilules pour leurs rhumatismes...

Le régime communiste va fatalement être renversé à Cuba.

La démocratie va fatalement être instaurée.

Et fatalement, tous les héros cubains d'aujourd'hui seront traduits devant des tribunaux civils pour crimes contre l'humanité.

Il aura l'air bien con, le professeur d'histoire de l'UQAM, quand viendra le temps de constater que la dialectique ne roulait pas du tout de son côté... Comme VLB, il se morfondra dans le désespoir politique, comme le dernier des caves d'une société post-totalitaire.

UN EX-TERRORISTE RENVOYÉ À CUBA...

J'ai promis de ne plus parler de Jacques Lantôt.

Je vais laisser Alain Dubuc le faire à ma place.

Son texte s'intitule «Un terroriste près de chez-vous».

Allez maintenant lire la réplique loufoque de Lanctôt... Il traite Alain Dubuc de salaud. C'est tout ce qu'il a trouvé à dire ce lèche-botte castriste.

C'est un à zéro pour Alain Dubuc.

L'ex-terroriste a été renvoyé à Cuba pour écrire des publi-reportages en faveur de la dictature. Quelle belle âme n'est-ce pas? Il a peut-être crisser son camp parce qu'il sentait que la soupe était trop chaude... Chicken!

samedi 23 février 2008

QUELQUES NOUVELLES TOILES


GALERIE D'ART
Gaétan, 2008, Acrylique sur toile

Je viens de terminer de nouvelles toiles. Je vais en commencer deux ou trois cet après-midi, si je ne perds pas trop mon temps sur l'ordinateur comme je le fais en ce moment.

LA GITANE QUI PERD LA BOULE
Gaétan, 2008, Acrylique sur toile


CAMOUFLAGE

Gaétan, 2008, Acrylique sur toile

Et, en supplément, un peu de musique que je dédie à tous les castristes du monde. C'est ce genre de musique qui rend impossible les rêves des tyrans.

vendredi 22 février 2008

ENCORE JACQUES LANTÔT, POUR LA DERNIÈRE FOIS, PROMIS...

J'ai commis un texte sur Castro en 2003. Il a été publié dans la revue Voir, à Montréal, pour la chronique «Les grandes gueules». Je vous invite à le lire, je crois que ça fessait assez fort.

Je reviens encore sur Jacques Lantôt. Que voulez-vous, il me fait tomber en bas de ma chaise depuis deux ou trois semaines. L'ex-felquiste et chroniqueur du Journal de Montréal n'en finit plus de bander sur la tyrannie communiste de Cuba. Ça finit par faire dur. Personne ne lui dit qu'il est à côté de la track? Heille, le smart, on est en 2008... You-hou, tu n'as pas lu Annah Arendt camarade? Et Soljenitsyne? Et «Le livre noir du communisme»?

Jacques Lantôt a enlevé un diplomate britannique en 1970. Il y a eu mort d'homme dans la suite de cet enlèvement stupide, un geste «politique» qui a privé d'un père des enfants. Il s'est enfui à Cuba et a profité ensuite de la magnanimité de tous les citoyens du Canada pour ses activités terroristes passées. Pierre Laporte n'est plus là pour jouer avec ses enfants ou publier des chroniques dans Le Journal de Montréal. Lanctôt a l'impossible privilège d'y écrire pour nous vanter les charmes de Cuba sous la dictature de Castro.

Vous ne trouvez pas ça inconvenant?

Regrette-t-il ce qu'il a fait?

Dans une «forteresse assiégée» on peut tuer les traîtres?

Et le Québec, c'est une «forteresse assiégée» comme Cuba, selon vous, m'sieur Lantôt? Eh bien si c'est comme ça, je vous dis juste fuck you! Raisonner en cave, ça me tente pas.

Je voudrais bien, chers lecteurs et lectrices assidus, vous renvoyer vers le Journal de Montréal pour signifier au rédacteur votre réprobation morale contre la publication d'articles vantant les mérites de la tyrannie pour l'exporter ici.

Cependant, je ne trouve pas le courriel. Pas plus que celui de Jacques Lantôt.

Finalement, plaignez-vous plutôt à l'ambassade de Cuba...

Et n'oubliez pas de mentionner que je suis un traître et fier de l'être.

Merde aux enculeurs de peuple.

Merde aux révolutionnaires de métier.

Vive la liberté.