Alexis Klimov m'a fait découvrir Dostoïevski. D'abord parce qu'il me fit lire Les Possédés, Crime et Châtiment et Les Frères Karamazov en une semaine, en préparation de son séminaire de philosophie et de littérature à l'UQTR.
J'alternais à cette époque entre Dostoïevski, le whiskey et les méthodes de lecture rapide. J'avais l'ambition de devenir encore plus habile que le Rat-de-bibliothèque dans les vieux épisodes de Batman. Je prenais un livre et, zipzap, je me le versais dans la tête sans effort. J'ai une sacrament de mémoire photographique, qui compense pour toutes les sphères d'activités où je suis moyen, sinon médiocre.
Mes amis du temps de l'université me ressemblaient. Des lecteurs fous furieux, avides d'entasser dans leur caboche tout ce qui s'était dit, écrit ou chanté depuis le début des temps jusqu'à nos jours.
Marginaux, bohêmes et indésirables, nous avions décidé de nous protéger des endoctrinements en nous cantonnant derrière les rayons de la bibliothèque. Quand la bibliothèque était fermée, c'était devant le comptoir du bar étudiant. Nous étions sur les barricades. Et rien ne nous semblait plus vrai que d'entendre Alexis Klimov nous demander de lire le tiers de l'oeuvre de Dostoïevski en une semaine. Ça ne pouvait être qu'un résistant, un brave homme qui nous montrait que le savoir, bien qu'inutile, était tout ce qui comptait.
L'amour de la sagesse, la philosophie, ce n'était pas de la connerie pour Alexis Klimov. Ce qui fait que c'est le seul professeur que j'aie connu dans ma vie, et je dis bien le seul, qui se soit mérité des applaudissements à la fin de ses cours, comme s'il nous avait donné le plus beau spectacle d'enseignement de toute notre putain de vie sale.
Alexis Klimov connaissait Dostoïevski comme pas un. Il a même écrit une étude sur Dostoïevski, parue aux éditions Seghers.
Ce qui fait que je me suis mis à dévorer de la littérature russe, profitant de la généreuse mémoire de Klimov, mais aussi de La bibliothèque idéale de Bernard Pivot, un livre qui présente les bons livres dans toutes les catégories.Un livre qui contribua beaucoup à l'accroissement de mes connaissances générales et de mes rêveries de contestataire métaphysique.
J'aime Dostoïevski pour la psychologie de ses personnages, des âmes tourmentées, jamais tout à fait mauvaises ou totalement bonnes. On sent chez Dostoïevski cet immense besoin de présenter le monde sous son angle le plus absurde afin de lui conférer une valeur de mesure étalon pour évaluer tout l'univers.
On fréquente Dostoïevski comme l'on fréquente un endroit sombre d'où jaillissent des éclats de lumière. Ce n'est pas la sérénité, jamais le bonheur, mais ce n'est pas pour autant sans tendresse. La tendresse de l'animal face à sa condition animale, si je puis me permettre de le décrire ainsi.
Je suis retombé la semaine dernière sur deux romans de Dostoïevski qui traînaient dans ma bibliothèque. Il s'agit de L'Adolescent et de Humiliés et offensés. Ils manquent à ma mémoire vive. Alors j'ai commencé à les télécharger dans mon âme. J'y retrouve ce bon vieux Fiodor dans ce qu'il a écrit de plus jeune. Je lis avec une certaine volupté. J'ai bon espoir de finir ma lecture d'ici une semaine. J'y reviendrai peut-être pour vous emmerder avec.
Je ne suis jamais parvenu à lire L'Idiot en entier. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être que j'étais sur le point d'abandonner le whiskey. Il faudra que je m'y remette et que je secoue le Rat-de-bibliothèque qui sommeille en moi...
jeudi 14 avril 2011
mercredi 13 avril 2011
Encore de la marde à Trois-Rivières et on peut rire jaune...
J'ai réalisé une petite caricature suite à cette nouvelle.
Sa Grandissime Grandeur de Trois-Rivières n'a cessé de hurler que c'était les résultats qui comptaient quand les citoyens se plaignaient comme des culs-terreux devant lui pour la mauvaise gestion des fêtes du 375e.
Et maintenant, un organisme fédéral réclame 600 000$...
Le 375e c'était rien que de la marde et l'amphithéâtre c'est aussi de la marde avant que la première pierre ne soit posée.
«L'important c'est les résultats...»
Va chier majesté. On n'est pas si tarlais.
Sa Grandissime Grandeur de Trois-Rivières n'a cessé de hurler que c'était les résultats qui comptaient quand les citoyens se plaignaient comme des culs-terreux devant lui pour la mauvaise gestion des fêtes du 375e.
Et maintenant, un organisme fédéral réclame 600 000$...
Le 375e c'était rien que de la marde et l'amphithéâtre c'est aussi de la marde avant que la première pierre ne soit posée.
«L'important c'est les résultats...»
Va chier majesté. On n'est pas si tarlais.
lundi 11 avril 2011
Comment vous guérir du ressentiment pour trois fois rien
Il n'y a rien de pire que la haine et le ressentiment. Cela vous empoisonne et vous échauffe les sangs pour rien.
Un plus zéro est égal à un. Quand vous vous additionnez à un crétin, vous gagnez à coup sûr, avant même que d'avoir ouvert la bouche. C'est cruel, les mathématiques, mais sur quoi d'autre s'accrocher pour y comprendre quelque chose, hein? Tous les physiciens comprennent ça et pourquoi pas vous et moi.
Donc, éviter le ressentiment, un mot qui englobe la haine, c'est là l'attitude d'un sage face à un crétin.
Cela signifie qu'il est nécessaire de prêter une valeur égale à zéro pour le crétin en question. Évidemment, ayez l'orgueil de vous accorder la valeur de un. Et vous voilà mathématiquement paré pour affronter n'importe quel idiot, avec flegme, dignité et panache.
Le ressentiment a beaucoup d'effets secondaires. Il peut vous transformer en ce que vous détestez le plus.
Mettons que vous détestez les crétins qui gueulent pour tout et pour rien. Et voilà que vous vous mettez à gueuler contre les crétins, à propos de tout et de rien. Vous êtes donc pris au piège des crétins et êtes vous-même devenu quelque chose de flasque et merdique.
Il importe donc de ne pas s'abandonner à des émotions négatives et à rire des travers des uns et des autres avec cette douceur du propos qui attendrirait les coeurs les plus rustres.
Quand on chasse un rat, il est essentiel de lui accorder une zone de fuite, non seulement pour lui assener un coup de pelle au passage, mais aussi pour éviter de vous faire mordre par un sale porteur de peste bubonique.
Le crétin est comme le rat. Accordez-lui la possibilité de fuir pour qu'il puisse vous éviter une fois pour toutes chaque fois qu'il vous croisera. Sans avoir eu à assener un coup de pelle, avec la seule force de votre caractère débonnaire et de votre ruse, vous aurez su vous débarrasser d'un gêneur qui nourrissait en vous des sentiments désagréables qui viennent troubler le quotidien et parfois même le sommeil.
Évidemment, vous pouvez vous torcher de mes conseils. Il n'est pas dit que je mène une meilleure vie que celle d'un autre. Ce qui n'est pas une raison, j'en conviens, de m'étendre plus longtemps sur le sujet, comme s'il m'appartenait, au nom de quelque médiocre service rendu aux arts et à la philosophie.
Allez en paix, chers lecteurs, et que Kitché Manitou vous chatouille les neurones.
Un plus zéro est égal à un. Quand vous vous additionnez à un crétin, vous gagnez à coup sûr, avant même que d'avoir ouvert la bouche. C'est cruel, les mathématiques, mais sur quoi d'autre s'accrocher pour y comprendre quelque chose, hein? Tous les physiciens comprennent ça et pourquoi pas vous et moi.
Donc, éviter le ressentiment, un mot qui englobe la haine, c'est là l'attitude d'un sage face à un crétin.
Cela signifie qu'il est nécessaire de prêter une valeur égale à zéro pour le crétin en question. Évidemment, ayez l'orgueil de vous accorder la valeur de un. Et vous voilà mathématiquement paré pour affronter n'importe quel idiot, avec flegme, dignité et panache.
Le ressentiment a beaucoup d'effets secondaires. Il peut vous transformer en ce que vous détestez le plus.
Mettons que vous détestez les crétins qui gueulent pour tout et pour rien. Et voilà que vous vous mettez à gueuler contre les crétins, à propos de tout et de rien. Vous êtes donc pris au piège des crétins et êtes vous-même devenu quelque chose de flasque et merdique.
Il importe donc de ne pas s'abandonner à des émotions négatives et à rire des travers des uns et des autres avec cette douceur du propos qui attendrirait les coeurs les plus rustres.
Quand on chasse un rat, il est essentiel de lui accorder une zone de fuite, non seulement pour lui assener un coup de pelle au passage, mais aussi pour éviter de vous faire mordre par un sale porteur de peste bubonique.
Le crétin est comme le rat. Accordez-lui la possibilité de fuir pour qu'il puisse vous éviter une fois pour toutes chaque fois qu'il vous croisera. Sans avoir eu à assener un coup de pelle, avec la seule force de votre caractère débonnaire et de votre ruse, vous aurez su vous débarrasser d'un gêneur qui nourrissait en vous des sentiments désagréables qui viennent troubler le quotidien et parfois même le sommeil.
Évidemment, vous pouvez vous torcher de mes conseils. Il n'est pas dit que je mène une meilleure vie que celle d'un autre. Ce qui n'est pas une raison, j'en conviens, de m'étendre plus longtemps sur le sujet, comme s'il m'appartenait, au nom de quelque médiocre service rendu aux arts et à la philosophie.
Allez en paix, chers lecteurs, et que Kitché Manitou vous chatouille les neurones.
dimanche 10 avril 2011
Du bulletin blanc au vote orange
J'ai souvent déposé un bulletin blanc dans l'urne électorale. Ce n'était pas de l'indécision. C'était une position, voire un programme. Une manière de dire que je refusais de jouer à un jeu où les acteurs eux-mêmes ne respectent pas les règles. Le bulletin blanc, déposé pour la forme, était une concession que je faisais au système. Je préfère voter bulletin blanc que de ne plus voter du tout. Il y a des gens dans le monde qui se battent pour le droit d'être libres au moins une fois tous les quatre ans. Par respect pour cette liberté minimale, je continuerai à voter, dussé-je déposer un bulletin blanc.
Pour les élections fédérales du 2 mai, je ferai une exception. Je ne déposerai pas un bulletin blanc. Je vais m'allier à la force politique la plus susceptible de faire reculer la droite et le conservatisme tant au Canada qu'au Québec. Le 2 mai, je ne voterai ni pour les Bleus de tous les tons, ni pour les Rouges qui ne se remettront jamais du scandale des commandites.
Le 2 mai, je vais voter pour les pauvres. Je vais voter pour les chômeurs et les travailleurs. Je vais cocher d'une croix le candidat et le parti qui soutiendront le mieux mes valeurs: mon bon teint vert ainsi que la justice sociale, la tolérance, la liberté, le principe d'égalité des chances, la solidarité, la communauté, le féminisme, etc. Je vais donc voter orange le 2 mai prochain.
Robert Aubin est le candidat du Nouveau Parti Démocratique (NPD) dans le comté de Trois-Rivières où je vais voter. Comme Jack Layton, c'est aussi un bon Jack. Je lui accorde mon soutien en souhaitant que cela ne vienne pas nuire à ses efforts. Il représente le mieux les valeurs sur lesquelles sont fondées ma vision de la vie en communauté.
Je ne vous dirai pas d'aller voter pour lui. Faites votre propre opinion. Et défendez-la s'il le faut. Permettez-moi, cela dit, de défendre la mienne. Je voterai socialiste le 2 mai prochain pour purger Trois-Rivières de la droite qui n'a pas contribué à faire baisser le nombre de locaux commerciaux à louer, preuve évidente de faillite tant du point de vue économique que communautaire. Je voterai pour une autre vision de l'économie, beaucoup plus généreuse et nettement éloignée de l'idée que les gens doivent être dégoûtés de participer à la vie démocratique de leur communauté.
Relevons Trois-Rivières en donnant un coup de barre à gauche!
Montrons à Québec et Ottawa que les Trifluviens en ont assez de la droite et que les solutions aux problèmes de ce pays peuvent commencer ici.
Le 2 mai, faisons-nous plaisir. Assez de la vieille politique! Favorisons l'élection d'un gouvernement néodémocrate majoritaire!
Pour les élections fédérales du 2 mai, je ferai une exception. Je ne déposerai pas un bulletin blanc. Je vais m'allier à la force politique la plus susceptible de faire reculer la droite et le conservatisme tant au Canada qu'au Québec. Le 2 mai, je ne voterai ni pour les Bleus de tous les tons, ni pour les Rouges qui ne se remettront jamais du scandale des commandites.
Le 2 mai, je vais voter pour les pauvres. Je vais voter pour les chômeurs et les travailleurs. Je vais cocher d'une croix le candidat et le parti qui soutiendront le mieux mes valeurs: mon bon teint vert ainsi que la justice sociale, la tolérance, la liberté, le principe d'égalité des chances, la solidarité, la communauté, le féminisme, etc. Je vais donc voter orange le 2 mai prochain.
Robert Aubin est le candidat du Nouveau Parti Démocratique (NPD) dans le comté de Trois-Rivières où je vais voter. Comme Jack Layton, c'est aussi un bon Jack. Je lui accorde mon soutien en souhaitant que cela ne vienne pas nuire à ses efforts. Il représente le mieux les valeurs sur lesquelles sont fondées ma vision de la vie en communauté.
Je ne vous dirai pas d'aller voter pour lui. Faites votre propre opinion. Et défendez-la s'il le faut. Permettez-moi, cela dit, de défendre la mienne. Je voterai socialiste le 2 mai prochain pour purger Trois-Rivières de la droite qui n'a pas contribué à faire baisser le nombre de locaux commerciaux à louer, preuve évidente de faillite tant du point de vue économique que communautaire. Je voterai pour une autre vision de l'économie, beaucoup plus généreuse et nettement éloignée de l'idée que les gens doivent être dégoûtés de participer à la vie démocratique de leur communauté.
Relevons Trois-Rivières en donnant un coup de barre à gauche!
Montrons à Québec et Ottawa que les Trifluviens en ont assez de la droite et que les solutions aux problèmes de ce pays peuvent commencer ici.
Le 2 mai, faisons-nous plaisir. Assez de la vieille politique! Favorisons l'élection d'un gouvernement néodémocrate majoritaire!
vendredi 8 avril 2011
L'Hebdo: de la matière pour envelopper du poisson mort
Les hebdomadaires qui jouent aux médias traditionnels couchent toujours avec le pouvoir, quel qu'il soit. Ils sont foncièrement dépendants de leurs revenus publicitaires. Puisque la Ville, le gouvernement et le Buffet des Cochons sont leurs principaux annonceurs, eh bien il ne s'y dira rien de mal du maire, des députés et de l'insalubrité de tel ou tel restaurant où le bon peuple va s'empifrer.
Oui, vous le savez tous et toutes, L'Hebdo c'est rien qu'd'la marde et vous avez parfaitement raison de le croire.
Une fois qu'on sait cela, on ne s'étonne pas que ces publications hebdomadaires soient rédigées par des gens qui n'ont pas la passion de leur métier et encore moins celle de la langue française. Tous les articles y sont laborieux en plus d'être licheux comme des mangeux de raies sales.
Dans L'Hebdo, on voit généralement la photo de l'incompétent ou bien de l'incompétente qui a hérité d'un poste bien au-dessus de ses capacités intellectuelles. Le journalisme est jeté aux orties. Et c'est la tronche de l'écrivailleur qui prend la moitié de la page, une tronche de petite vedette déguisée en mononcle ou en matante. On se croirait à Hollywood en version très cheap. Oui, c'est un hebdo, comme tous les autres hebdos du Québec, un hebdo de licheux, de mangeux de raies sales, de pas de colonnes, de larves. Un hebdo ordinaire sous le patronage d'incultes qui font de ce type de journaux de la matière pour envelopper du poisson mort.
Tout est plate dans L'Hebdo, surtout l'éditorial. C'est souvent ronflant, faussement analytique, du genre à peser le pour et le contre en enculant des mouches. L'auteur de l'éditorial se débat comme un diable pour présenter les incohérences de vues de ses patrons, qui en ont long à dire surtout quand ils n'ont rien à dire.
Et il nous baratine tellement mal qu'on en oublie presque la caricature qui, elle aussi, est l'oeuvre d'un amateur qui ne maîtrise ni le mouvement ni la forme. Ce qui fait qu'il y publie ses dessins figés et anémiques. On le paie en monnaie de singe: un deux pour un au Buffet des Cochons ou bien un abonnement gratuit à L'Hebdo.
Évidemment, je m'en voudrais de terminer ce billet sans mentionner la rubrique Des gens de par ici.
Cette rubrique est l'oeuvre de Roger Morin, un alcoolique qui ne sait que dégueuler. Le gros Morin se contente de prendre des photos des personnalités, rencontrées lors de tel ou tel événement mondain, et d'écrire, par exemple, que Jos Tremblay, le propriétaire du Buffet des Cochons, est un type bien sympathique, même qu'on le voit en train de serrer la main du maire de la Ville, etc.
Pour conclure, L'Hebdo c'est nul à chier.
C'est vraiment de la matière pour envelopper du poisson mort.
Ce qui m'incite à placer un petit écriteau sur ma boîte aux lettres: Pas de circulaires, de journaux ou de publicités SVP!
Je tiens à garder mon esprit propre.
Pas vous?
Oui, vous le savez tous et toutes, L'Hebdo c'est rien qu'd'la marde et vous avez parfaitement raison de le croire.
Une fois qu'on sait cela, on ne s'étonne pas que ces publications hebdomadaires soient rédigées par des gens qui n'ont pas la passion de leur métier et encore moins celle de la langue française. Tous les articles y sont laborieux en plus d'être licheux comme des mangeux de raies sales.
Dans L'Hebdo, on voit généralement la photo de l'incompétent ou bien de l'incompétente qui a hérité d'un poste bien au-dessus de ses capacités intellectuelles. Le journalisme est jeté aux orties. Et c'est la tronche de l'écrivailleur qui prend la moitié de la page, une tronche de petite vedette déguisée en mononcle ou en matante. On se croirait à Hollywood en version très cheap. Oui, c'est un hebdo, comme tous les autres hebdos du Québec, un hebdo de licheux, de mangeux de raies sales, de pas de colonnes, de larves. Un hebdo ordinaire sous le patronage d'incultes qui font de ce type de journaux de la matière pour envelopper du poisson mort.
Tout est plate dans L'Hebdo, surtout l'éditorial. C'est souvent ronflant, faussement analytique, du genre à peser le pour et le contre en enculant des mouches. L'auteur de l'éditorial se débat comme un diable pour présenter les incohérences de vues de ses patrons, qui en ont long à dire surtout quand ils n'ont rien à dire.
Et il nous baratine tellement mal qu'on en oublie presque la caricature qui, elle aussi, est l'oeuvre d'un amateur qui ne maîtrise ni le mouvement ni la forme. Ce qui fait qu'il y publie ses dessins figés et anémiques. On le paie en monnaie de singe: un deux pour un au Buffet des Cochons ou bien un abonnement gratuit à L'Hebdo.
Évidemment, je m'en voudrais de terminer ce billet sans mentionner la rubrique Des gens de par ici.
Cette rubrique est l'oeuvre de Roger Morin, un alcoolique qui ne sait que dégueuler. Le gros Morin se contente de prendre des photos des personnalités, rencontrées lors de tel ou tel événement mondain, et d'écrire, par exemple, que Jos Tremblay, le propriétaire du Buffet des Cochons, est un type bien sympathique, même qu'on le voit en train de serrer la main du maire de la Ville, etc.
Pour conclure, L'Hebdo c'est nul à chier.
C'est vraiment de la matière pour envelopper du poisson mort.
Ce qui m'incite à placer un petit écriteau sur ma boîte aux lettres: Pas de circulaires, de journaux ou de publicités SVP!
Je tiens à garder mon esprit propre.
Pas vous?
jeudi 7 avril 2011
Éloge de l'homme inutile
La meilleure chose à faire quand on ne sait pas quoi faire, c'est de ne rien faire. Et si vous le faites tout de même, après avoir pris connaissance de ce mauvais conseil, eh bien tant pis pour vous.
Louis-Fernand Rigolet ne faisait rien, quant à lui, et vantait les vertus de «l'homme inutile», un concept grappillé chez feu Alexis Klimov, un philosophe et érudit trifluvien qui légua sa vision de l'inutilité de Senancour jusqu'à nos jours via le spleen des grands auteurs russes du XIXe siècle.
Tout ce qui est utile n'est pas nécessairement mauvais, mais tout ce qui est beau est inutile. D'où l'idée très dostoïevskienne d'affirmer que la beauté sauvera le monde. L'inutilité aura raison de l'outil, de l'objectivation, de l'homme-machine, de tout ce qui est froid, rationnel et calculateur.
Rigolet, un freluquet de cent dix livres cinq pieds deux pouces, ne faisait rien, absolument rien, sinon lire et relire «L'éloge de l'homme inutile» de Klimov pour se consoler de ne rien faire.
Et vous savez quoi? Il n'avait pas tort, Rigolet. D'abord, personne ne voulait l'engager. Pas moyen de trouver du boulot pour Rigolet: trop petit, trop de lunettes, trop de grosses dents. Alors, il lui restait les livres et ça lui semblait bien suffisant.
-Pourquoi me ferais-je utile, hein? qu'il disait, Rigolet, en rigolant comme une cloche fissurée.
-Treize jours avant l'chèque... répondait stoïquement Raymond, son voisin de chambre et unique compagnon d'infortune.
Ah! misère de misère!
Louis-Fernand Rigolet ne faisait rien, quant à lui, et vantait les vertus de «l'homme inutile», un concept grappillé chez feu Alexis Klimov, un philosophe et érudit trifluvien qui légua sa vision de l'inutilité de Senancour jusqu'à nos jours via le spleen des grands auteurs russes du XIXe siècle.
Tout ce qui est utile n'est pas nécessairement mauvais, mais tout ce qui est beau est inutile. D'où l'idée très dostoïevskienne d'affirmer que la beauté sauvera le monde. L'inutilité aura raison de l'outil, de l'objectivation, de l'homme-machine, de tout ce qui est froid, rationnel et calculateur.
Rigolet, un freluquet de cent dix livres cinq pieds deux pouces, ne faisait rien, absolument rien, sinon lire et relire «L'éloge de l'homme inutile» de Klimov pour se consoler de ne rien faire.
Et vous savez quoi? Il n'avait pas tort, Rigolet. D'abord, personne ne voulait l'engager. Pas moyen de trouver du boulot pour Rigolet: trop petit, trop de lunettes, trop de grosses dents. Alors, il lui restait les livres et ça lui semblait bien suffisant.
-Pourquoi me ferais-je utile, hein? qu'il disait, Rigolet, en rigolant comme une cloche fissurée.
-Treize jours avant l'chèque... répondait stoïquement Raymond, son voisin de chambre et unique compagnon d'infortune.
Ah! misère de misère!
mardi 5 avril 2011
Merci beaucoup
Il est facile de résister à la tentation de devenir un stupide commentateur politique comme tous les autres. Il ne suffit que de s'abandonner à l'absurde pour que tout de suite s'écartent de vous ces sectateurs et proto-disciples qui nuisent considérablement à l'essor d'une pensée libre.
Voilà pourquoi Jonathan Stew ne perdait jamais une minute pour dire quelque chose de con, de vulgaire et de pas racontable afin de mieux cracher sur un statut de commentateur politique qui lui faisait dégueuler jusqu'à son âme.
Physiquement, Jonathan Stew était normal. Je veux dire qu'il n'était pas anormal. Enfin, ses sourcils étaient très droits.
Par contre, c'est sans lien avec le noeud de notre affaire.
C'est métaphysiquement que Jonathan Stew était impressionnant.
Quand il disait, avec un air de défi dans la voix, quelque chose comme «c'est rien qu'd'la calice de marde» ou bien «fuck», voire «qu'est-cé tu veux qu'on faize?» Rien d'extravagant mais carrément déconnecté de tout discours politique. De la métaphysique. Du métalangage. De la transcendance calvaire!
Jonathan Stew disait aussi «ahem» quand il s'éclaircissait la voix.
Et c'est à peu près tout ce que j'avais à dire à ce sujet.
Merci beaucoup.
Voilà pourquoi Jonathan Stew ne perdait jamais une minute pour dire quelque chose de con, de vulgaire et de pas racontable afin de mieux cracher sur un statut de commentateur politique qui lui faisait dégueuler jusqu'à son âme.
Physiquement, Jonathan Stew était normal. Je veux dire qu'il n'était pas anormal. Enfin, ses sourcils étaient très droits.
Par contre, c'est sans lien avec le noeud de notre affaire.
C'est métaphysiquement que Jonathan Stew était impressionnant.
Quand il disait, avec un air de défi dans la voix, quelque chose comme «c'est rien qu'd'la calice de marde» ou bien «fuck», voire «qu'est-cé tu veux qu'on faize?» Rien d'extravagant mais carrément déconnecté de tout discours politique. De la métaphysique. Du métalangage. De la transcendance calvaire!
Jonathan Stew disait aussi «ahem» quand il s'éclaircissait la voix.
Et c'est à peu près tout ce que j'avais à dire à ce sujet.
Merci beaucoup.
samedi 2 avril 2011
Le 2 mai je vote socialiste tabarnak! Je vote pour Jack!
Le 2 mai, pour les élections fédérales, je vote socialiste tabarnak! Je vote pour Jack!
vendredi 1 avril 2011
Gavroche chez le serrurier
Je suis allé chez le serrurier hier pour dupliquer mes clés.
Il y avait trois employés, deux dames d'un certain âge pas très souriantes et un vieux monsieur à la moustache nietzschéenne. Il semblait déguisé en Sergeant Pepper avec son uniforme de sécurité. Les trois employés n'étaient pas tant dérangés par ma présence que par celle d'un client bien plus particulier que moi, avec ma minable commande de doubles de clés. Lui, bien plus ambitieux, voulait savoir le prix des coffres-forts.
Le client en question ressemblait vaguement à un elfe pouilleux. Il était crotté de la tête aux pieds. Il devait avoir entre neuf et dix ans. Un petit carosse de broche l'accompagnait. Il était rempli à ras bords de souliers, bouteilles vides et bouts de bois.
-C'est sûrement un p'tit voleur! exprimaient les visages des trois employés.
Le petit client ne s'en formalisait pas trop. Et il posait ses questions comme un grand monsieur.
-C'est combien... C'est combien un gros coffre-fort de même? qu'il demanda en pointant le modèle qui ne s'était pas rendu plus loin en raison du nerf sciatique de Sergeant Pepper, qui en plus de s'occuper de la sécurité se tapait encore la manutention.
-C'est huit cents dollars, répondit stoïquement la plus aigrie des deux dames d'un certain âge.
Tout dans son attitude me faisait l'entendre «fous-le camp d'ici jeune voyou!».
Il en avait vu d'autres, le jeune pouilleux. Il avait pris l'habitude de se faire poliment expulser des lieux. Tout ça parce qu'il n'avait pas la monnaie exacte pour s'acheter un coffre-fort ou bien un expresso allongé avec une biscotti.
-Un jour j'va's être riche madame, ajouta le jeune Gavroche. Pis j'va's m'acheter un coffre-fort... Comme celui-là... Me le feriez-vous pour cinq cents piastres cash? Hein?
Personne ne répondit à cette réplique saisissante. Sinon votre humble serviteur.
-T'es déjà en business jeune homme. J'parie que tu vas aller loin dans 'a vie! que je lui ai dit, à défaut d'autre chose.
J'ai payé mes clés. Sergeant Pepper et les deux dames d'un certain âge m'ont à peine saluer. Ils avaient le regard fixé sur le jeune crotté, dans la crainte de se faire voler des clés ou des coffres-forts.
Le soleil brillait. La neige fondait. Et leurs hosties de clés ne fonctionnaient pas.
Je suis retourné chez le serrurier en après-midi pour les refaire. Le jeune débrouillard n'était plus là. Sergeant Pepper non plus. Il ne restait que les deux dames d'un certain âge qui m'ont offert un nouveau service de cul avec de nouvelles copies de clés qui ne fonctionnèrent pas plus.
Ce qui fait que je dois encore y retourner ce matin. Trois fois chez le serrurier, pour des hosties de clés. Imaginez si j'avais acheté un coffre-fort...
Il y avait trois employés, deux dames d'un certain âge pas très souriantes et un vieux monsieur à la moustache nietzschéenne. Il semblait déguisé en Sergeant Pepper avec son uniforme de sécurité. Les trois employés n'étaient pas tant dérangés par ma présence que par celle d'un client bien plus particulier que moi, avec ma minable commande de doubles de clés. Lui, bien plus ambitieux, voulait savoir le prix des coffres-forts.
Le client en question ressemblait vaguement à un elfe pouilleux. Il était crotté de la tête aux pieds. Il devait avoir entre neuf et dix ans. Un petit carosse de broche l'accompagnait. Il était rempli à ras bords de souliers, bouteilles vides et bouts de bois.
-C'est sûrement un p'tit voleur! exprimaient les visages des trois employés.
Le petit client ne s'en formalisait pas trop. Et il posait ses questions comme un grand monsieur.
-C'est combien... C'est combien un gros coffre-fort de même? qu'il demanda en pointant le modèle qui ne s'était pas rendu plus loin en raison du nerf sciatique de Sergeant Pepper, qui en plus de s'occuper de la sécurité se tapait encore la manutention.
-C'est huit cents dollars, répondit stoïquement la plus aigrie des deux dames d'un certain âge.
Tout dans son attitude me faisait l'entendre «fous-le camp d'ici jeune voyou!».
Il en avait vu d'autres, le jeune pouilleux. Il avait pris l'habitude de se faire poliment expulser des lieux. Tout ça parce qu'il n'avait pas la monnaie exacte pour s'acheter un coffre-fort ou bien un expresso allongé avec une biscotti.
-Un jour j'va's être riche madame, ajouta le jeune Gavroche. Pis j'va's m'acheter un coffre-fort... Comme celui-là... Me le feriez-vous pour cinq cents piastres cash? Hein?
Personne ne répondit à cette réplique saisissante. Sinon votre humble serviteur.
-T'es déjà en business jeune homme. J'parie que tu vas aller loin dans 'a vie! que je lui ai dit, à défaut d'autre chose.
J'ai payé mes clés. Sergeant Pepper et les deux dames d'un certain âge m'ont à peine saluer. Ils avaient le regard fixé sur le jeune crotté, dans la crainte de se faire voler des clés ou des coffres-forts.
Le soleil brillait. La neige fondait. Et leurs hosties de clés ne fonctionnaient pas.
Je suis retourné chez le serrurier en après-midi pour les refaire. Le jeune débrouillard n'était plus là. Sergeant Pepper non plus. Il ne restait que les deux dames d'un certain âge qui m'ont offert un nouveau service de cul avec de nouvelles copies de clés qui ne fonctionnèrent pas plus.
Ce qui fait que je dois encore y retourner ce matin. Trois fois chez le serrurier, pour des hosties de clés. Imaginez si j'avais acheté un coffre-fort...
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