lundi 18 octobre 2010

Alex Coriandre, écrivain

Alex Coriandre est un bon écrivain. On ne peut pas dire qu'il a publié beaucoup. Par contre, son oeuvre fesse dans le dash. Ce n'est pas l'oeuvre d'un gus qui s'amuse avec les mots. Il n'a pas cette manie de transformer ses récits en calembours et calembredaines. Il en vient toujours au fait, que ce soit subtil ou non, laid ou joli. Bref, on lit Alex Coriandre comme on se fait une bonne tartinade au beurre. C'est frais, vivifiant, vivant et surtout très drôle.

Coriandre ne fait pas dans la dentelle et pourtant il maîtrise sa langue. Il en a saisi tout le génie le jour où il s'est mis à raconter des histoires plutôt que d'écrire des poèmes cons qui ne valent pas une chansonnette. Alex a brûlé toute son oeuvre d'adolescent pubescent pour mieux renaître en tant qu'authentique littérateur, capable de vous raconter des tas de trucs qui vous allument comme le tabarnak.

Et pour raconter ses histoires, vous savez ce que fait Alex? Il se faufile dans la vie, dans tous les milieux, des bas-fonds jusqu'aux hauts-fonds de la société. Et il ne s'enlise jamais nulle part parce qu'il aime la solitude.

Alex est petit, ressemble un peu à Balzac et porte des verres de contact. Ses cheveux sont noirs et crépus.

Il est entre deux âges.

Et il gagne sa vie à changer des pneus dans un garage.

Parce que la littérature, ça ne donne pas un rond.

Ou si peu que même un artiste-peintre s'en tire mieux.

-Tu devrais écrire en anglais Alex. Fuck le français! que je lui dis souvent.

Et l'imbécile me répond qu'il aime mieux écrire en français parce que son anglais est trop poche.

C'est une raison valable.

Une raison qui nous vaut tous ces romans de Coriandre. Publiés aux Éditions Pirate. Une maison qui ne reçoit aucune subvention de l'État, qui n'enregistre pas ses bouquins à la Bibliothèque nationale et qui vend sous le manteau, à la bonne franquette, dans les marchés aux puces et les centres d'achats.

Vous aimerez sûrement Saint-Chrême de calice! C'est un récit à la deuxième personne sur l'art de démonter un pneu.

dimanche 17 octobre 2010

Au restaurant Mama Mia

La moelle de ses os avait commencé à sécher. Son corps était noueux comme un vieil arbre tout croche. Ses lunettes avaient l'apparence de deux fonds de bouteille. À part de ça, il portait son habit du dimanche et il sentait un peu l'Aqua Felva.

Il s'asseoya à la table comme un grand prince et attendit sagement que la serveuse s'approche de lui pour prendre la parole.

-Bonjour mademoiselle, dit-il sur un ton cauteleux. Est-ce que vous avez des hot-dogs?

-Non. On n'vend pas d'hot-dogs. Juste des hamburgers pis des smoked meat.

-Hum... souffla-t-il, l'air un peu contrarié. Et est-ce que vous avez une soupe du jour mademoiselle?

-Oui. Soupe aux légumes ou soupe aux pois.

-Je vais prendre une bonne soupe aux légumes avec cinq biscuits soda et un petit beurre s'il-vous-plaît.

-Allez-vous prendre autre chose? Une liqueur? Un café?

-Un grand verre d'eau avec de la glace. Merci. Merci beaucoup mademoiselle...

Elle lui apporta sa commande en moins de deux.

Le vieux slurpa sa soupe aux légumes très lentement et but son grand verre d'eau froide méthodiquement, un décilitre par gorgée.

La serveuse, une femme dans la quarantaine qui en avait assez de travailler dans un restaurant, devinait que ce vieillard ne serait pas son client le plus payant.

-J'vais m'fendre le cul pour y amener une soupe pour un petit dix cents de pourboire... se disait-elle.

Et il n'y avait pas d'autres clients ce dimanche-là. Seulement le vieux et un couple de joueurs de bowling qui regardaient dehors pour trouver à chaque passant une occasion d'émettre une remarque désobligeante: une fille avec des grosses fesses, un gars avec une verrue au menton, etc.

Aussitôt que le vieux termina sa sousoupe, il s'en alla discrètement vers les toilettes pour y faire son affaire.

Malheureusement, l'affaire ne se passait pas très bien. Les toilettes étaient bouchées. C'est du moins ce qu'il fit savoir à la serveuse.

-Les toilettes sont bouchées mademoiselle... Je viens de voir ça...

La serveuse réprima l'envie de dire tabarnak ou ciboire. Elle se contenta d'aller aux toilettes avec le siphon pour les déboucher.

Qu'elle ne fût pas sa surprise de constater que le drain était obstrué par un écureuil mort...

-Sacrament! Veux-tu ben m'dire quel hostie d'cochon m'a crissé un écureuil mort dans les chiottes?

L'hostie de cochon en question, c'était le vieux. Le vieux qui profita de cette diversion pour partir lentement du restaurant, sans payer son dû.

Le vieux traînait toujours quelques saloperies sur lui pour boucher les toilettes de tous les restaurants qu'il ne fréquentait jamais deux fois. C'était parfois un vieux journal. Ou bien une guenille. Voire un écureuil mort.

-Le vieux calice a pas payé son addition! constata la serveuse, avec autant de rage que d'amertume. J'parierais que c'est lui qui a calicé l'écureuil mort dans les chiottes! D'mande au livreur d'aller le pogner le vieux ciboire! I' doit pas être ben loin!

Le livreur, Stéphane Langevin, n'était pas chaud à l'idée d'arraisonner un vieux.

-Appelez la police saint-chrême! Pourquoi qu'ce serait moé qui doive courir après l'vieux? Hein? M'en calice du vieux pis d'sa soupe!

Ce qui fait que personne ne courrut après le vieux.

La serveuse ramassa le bol de soupe vide et nettoya la table des miettes de biscuits soda.

Stéphane Langevin ramassa ses commandes et partit faire ses livraisons.

Le couple de joueurs de bowling rota de l'air sans faire de bruit pour ne pas passer pour des porcs.

Et le vieux? On ne le revit jamais.

Pas plus qu'on ne revit d'écureuil mort dans le trou des chiottes du restaurant Mama Mia.

vendredi 15 octobre 2010

À propos des miracles de Johnny Boy Siffleux Charbonneau, original de Saint-Marsouin-des-Mines

Les miracles ça n'arrive pas tous les jours. Et des gars comme Johnny Boy Charbonneau, on en voit tous les jours, tellement qu'on oublie que les miracles peuvent aussi se produire fréquemment. Ce qui fait qu'on n'est jamais trop sûr de rien, sinon qu'on va tous crever un jour, la tête dans le trou des chiotes, à se demander ce qu'il y a par-delà les étoiles.

Johnny Boy Charbonneau n'était pas rongé d'angoisses métaphysiques et donnait à son prochain sans faire de publicité pour sa cause. Il n'avait pas de cause, Johnny Boy. Sinon celle d'avoir sa ration quotidienne de pain tendre, de bière et de cigarettes, tous trois produits étant au coeur même de son existence. Il n'allait pas à l'église et de toute manière il n'y avait plus de paroisse à Saint-Marsouin-des-Mines. Les gens se crissaient de toutte et se faisaient une foi à la mesure de leurs rêves, sans clergé, sans maudits papiers à remplir ou bien à sortir de ses poches.

C'était un gringalet un peu chauve dans la cinquantaine, ce Johnny Boy. Il avait l'air de rien. Un froc de jeans. Des pantalons en jeans. Même sa casquette de baseball était en denim. Aucun logo de marque. Un tee-shirt blanc. Rien de particulier.

Sa barbe était toujours de trois jours, comme s'il l'entretenait ainsi. En fait, il se faisait la barbe avec un rasoir à cheveux. Il coupait le plus long. Et se foutait bien du reste.

Il lui manquait deux dents devant. Les palettes. Ce qui fait qu'on le surnommait aussi Siffleux. Johnny Boy Siffleux Charbonneau était son nom complet pour le club de balle molle du village de Saint-Marsouin-des-Mines. Il jouait dans le champ gauche. Ce n'était pas un très bon joueur mais les autres joeurs étaient saouls aussi.

À Saint-Marsouin-des-Mines, Siffleux passait pour un type qui faisait des miracles. Et pas juste chez les ivrognes, bien qu'ils soient d'excellents diffuseurs de toute bonne ou mauvaise nouvelle.

Siffleux avait redonné la parole à un type qui mendiait dans les bars environnants avec sa petite carte où il était écrit qu'il ramassait de l'argent pour les sourds-muets. Il s'était approché derrière lui et lui avait lâché tout un wac dans les oreilles.

-TOUTUNWAC! hurla Siffleux.

Et le sourd, surpris, lâcha un mot d'église.

-Tabarnak!

Et puis Siffleux lui dit à peu près qu'il était un hostie de crosseur qui n'était ni sourd ni muet, juste un salopard qui ramassait du cash dans les bars pour payer son party. Le gars avait décrissé sans demander son reste.

En plus de redonner la parole aux sourds-muets, Johnny Boy passait aussi pour un gars qui marchait sur les eaux.

C'était dans les années '80. À une époque où l'on se servait encore des cours d'eau pour alimenter les papetières en billes de bois, affectueusement surnommées des «pitounes» par les aborigènes de Saint-Marsouin-des-Mines.

Johnny Boy était saoul et il avait traversé la rivière en marchant sur les pitounes.

Ce n'était pas tout à fait marcher sur les eaux. Mais parmi ceux qui suivirent Johnny Boy cette nuit-là, il est le seul à avoir réussi l'exploit. L'un s'est noyé, Charles Gorille Martel, et les autres sont revenus sur la berge après une ou deux tentatives infructueuses et une noyade. L'enterrement fût triste. C'était à Shawinigan. Dans une des églises qui restent debout pour les vieux. On fit jouer l'air des noyés, vous savez l'air que l'on joua sur le Titanic. Gorille était dans une boîte de carton fermée. On avait retrouvé son corps une semaine après, pas mal balouné.

Siffleux n'était jamais à cours de miracles. Surtout après la mort de Gorille. Comme s'il en avait fait un cas de conscience.

Il a sorti son neveu Luc Lasagne Charbonneau d'une mauvaise passe. Lasagne se shootait à l'héroïne dans la grande ville, là où les gens sont fous.

Johnny Boy était descendu dans sa vieille Buick jusque dans la métropole pour s'enquérir de l'endroit où se trouvait son neveu. Il l'avait finalement trouvé dans un bunker, quelque part en bas de la rue Ontario. Ça sentait l'urine et la claque brûlée.

-Lasagne! prends tes affaires et marche! qu'il lui avait dit, Siffleux.

Et Lasagne avait pris ses affaires et était redescendu avec son oncle à Saint-Marsouin, pour reprendre sa job de débroussailleur après que son oncle l'ait désintoxiqué en lui faisant boire de l'eau tiède dans laquelle il faisait toujours tremper une pelure de patate.

Il n'est recommandé à personne d'essayer cela à la maison. La scopolamine que peut contenir la pelure en fait un produit peu digestible en plus d'être potentiellement dangereux.

Pourtant, c'est ce qui redressa Lasagne.

D'autres miracles du Siffleux? Oh! Il y en a plein et on en fera pas un saint pour autant.

D'abord il faut n'avoir jamais trempé son pinceau pour pouvoir devenir un saint. À moins que je ne m'y trompe en droit canon. Et Siffleux avait déjà trempé son pinceau. Même qu'il a un gars et trois filles. Dont l'une d'entre elles qui est championne olympique de tir à l'arc.

N'allez pas fouiner sur Google pour savoir c'est qui. Vous allez vous y péter les dents.

Johnny Boy a aussi ce don de se rendre invisible tout en étant partout. Il surgit là où nous l'attendons le moins, au hasard d'une escapade dans les nuits froides de Saint-Marsouin, du Bar à Dédé jusqu'au Restaurant Chez Rita.

Chez Rita... Avec son hostie d'enseigne dégueu d'un autre temps qu'ils feraient bien mieux de changer. Sont gratte-la-cenne les Michaud-Lavergne, un couple de lesbiennes propriétaires de Chez Rita. Encore que le monde s'en calice à Saint-Marsouin. En autant qu'il y ait des frites pis des crottes de fromage pis tout le monde est content. La beauté pis ses affaires-là c'est pour les «étranges». Pis la Michaud est imbattable au tir au poignet. Même que la Lavergne a du chien dans le nez. Elle répare des moteurs pis de la machinerie agricole «en d'sour d'la couvarte».

J'oubliais de mentionner un dernier miracle attribué au Siffleux. Il peut siffler même en mangeant des biscuits soda. C'est dû au fait qu'il n'a plus de palettes. Ça laisse rentrer plus d'air. Ce qui fait qu'il peut facilement engloutir jusqu'à cinq biscuits soda tout en sifflant des airs tirés de La Traviata.

Les «étranges», d'habitude des gars d'Hydro-Québec venus rétablir le courant, n'en reviennent pas du légendaire Siffleux de Saint-Marsouin-des-Mines.

Chaque fois qu'un pied-tendre se présente au village, il faut qu'on lui demande s'il connaît le Siffleux. Et quand on lui montre Johnny Boy Siffleux Charbonneau, il faut toujours qu'il leur fasse le coup de La Traviata avec cinq biscuits soda dans la bouche. Ce qui fait que Siffleux, c'est comme le Cow-boy de Trois-Rivières, une vraie légende, un faiseur de miracles comme il y en a trop dans notre belle région 04, alias la Mauricie.

La Mauricie est en fait la cour des miracles du Québec.

Calice que oui.

dimanche 10 octobre 2010

La trajectoire de mon popa

Mon père est né en 1933 dans le Bas du Fleuve, quelque part entre Ste-Luce et Métis-sur-Mer.

Il a passé une bonne partie de son enfance à Sayabec, dans la Vallée de la Matapédia.

C'était l'un des coins les plus pauvres de la province. L'électricité ne se rendait pas encore dans le coin. On se chauffait au bois et on s'éclairait à l'huile.

Popa était l'aîné de ma grand-mère, une Anishnabée originaire de Kanasataké (alias la  réserve de St-Régis), la seconde épouse de mon grand-père qui avait déjà six ou sept enfants avec lui. Selon ce que m'en a dit mon père, sa première femme était morte le jeudi et le veuf s'était marié avec une vieille fille de vingt-quelques années trois jours plus tard.

Je connais le passé de mon père par bribes et j'aurai cette pudeur de ne pas tout vous dire. J'y reviendrai un jour, quand je serai vieux et que le passé sera bien froid.

Ce que je sais, c'est qu'il ne l'a pas eue facile, la vie.

Ils étaient presque vingt autour de la table dans une petite maison mal isolée où les clous pétaient par grands froids.

Ils allaient à l'école à tour de rôle parce qu'il n'y avait pas assez de bottes pour tout le monde. Un jour c'était untel, le lendemain c'était l'autre. L'été, c'était moins problématique. Ils pouvaient tous y aller pieds nus.

Évidemment, on ne voulait jamais d'eux sur les photos d'école. Ils avaient l'air trop pauvres. Mon père, même s'il était premier de classe, devait rester à la maison les jours où il y avait de la grande visite, l'évêque ou bien le député, voire le boss de la shop.

À la maison, ils bouffaient toujours de la morue, des navets et des patates. Avec un peu de pain et de mélasse pour le dessert. Ils ajoutaient à leurs repas le produit de leur pêche et de leur cueillette de baies.

Ils en arrachaient, c'est évident, même si popa n'a jamais été très clair sur cette partie de sa vie.

Ils sont déménagés au Cap-de-la-Madeleine après la guerre.

Toute la trâlée d'enfants est atterrie dans un logement avec de l'eau courante, des toilettes qui flushent et de l'électricité.

Mon grand-père travaillait comme foreman dans une scierie locale, pour ce que j'ai retenu de cette époque.

Ma grand-mère torchait et nourrissait toute la gang, en se faisant dire par son curé de ne pas empêcher la famille les fois où elle aurait souhaité un break ou bien un miracle.

Ce qui fait qu'elle est morte au milieu des années cinquante. Je ne l'aurai jamais connue puisque je suis né à la fin des années soixante.

Les enfants ont probablement tous travaillés dans les usines du coin. Mon père a dû lâcher l'école très tôt pour contribuer à l'économie familiale.

Je connais moins cette partie de son histoire. Je sais qu'il était un bon joueur de billard. Et qu'il a rencontré ma mère, un soir, dans un genre de Casa Loma trifluvienne, où jouaient les idoles du temps, Jen Roger ou Chiquita Tétrault.

À partir de ce moment-là, toute l'histoire de mon popa devient plus claire. Comme si l'amour donnait un sens et des mots à la vie. Comme si sa femme était devenue sa vie.

Ils se marient à la salle de réception du club social des travailleurs de la Wabasso. Ils font un voyage de noces à Deschambeault. Puis ils s'installent à Lachine. Parce que mon père travaille à la Dominion Bridge.

Ma mère s'ennuie à mourir à Lachine. Ils reviennent à Trois-Rivières et hop! mon frère aîné fait coucou.

Popa travaille à la Reynold's Aluminium et ma mère coud des piles de linge pour je ne sais pas trop qui.

Trois ans plus tard, et hop encore! c'est le deuxième garçon.

Puis six ans plus tard, re-hop! c'est moi. L'année suivante: hop un autre braillard. Quatre gars. Sacrament...

Bon, puis c'est le travail, la grève et des bonnes bouffes dans tout ça, de l'amour, du rire et les meilleurs parents du monde somme toute.

Je suis allé visiter la tombe de popa dimanche dernier. Sa tombe est alignée avec celles de mon oncle Marcel, son frère aîné, et de mon oncle Rémi, le frère de ma mère. Pure coïncidence. Une occasion de méditer sur le caractère éphémère de la vie et sur les hasards de la mort.

Popa est mort du cancer en 1995 ou 1996. J'ai un black-out permanent pour l'année de son décès Je ne sais pas pourquoi.

Je préfère me rappeler sa vie. Sa mort me semble arrangée avec le gars des vues, comme si elle n'était jamais survenue.

Sa vie me revient en pleine face quand je me regarde dans le miroir.

C'est vrai que je ressemble à popa.

Comme il ressemblait à sa mère.

La même gueule. Les mêmes yeux un peu bridés. Mais surtout la même shape.

Et la même révolte devant l'injustice, la misère et la pauvreté.

vendredi 8 octobre 2010

La vraie histoire des procédés mnémotechniques de Jacques «Claude Blanchard» Éthier

D'autres se souviennent de rien. Quant à lui, tout lui revenait en mémoire, de la catastrophe humanitaire survenue en quelque coin reculé du monde, en 1947, jusqu'au moindre mouvement de brin d'herbe sous un vent à peu près nul, le 8 octobre 1983...

Jacques Éthier n'était pas autiste. Il était seulement un genre de mémoire vivante. Il tenait ça de ses ancêtres aborigènes, des Micmacs de la Gaspésie, dont certains ont conservé cette formidable mémoire issue de la littérature orale la plus riche du monde.

Physiquement, Jacques ressemblait à Claude Blanchard. Ceux qui ne le connaissent pas ne doivent pas penser qu'il lui ressemblait dans sa période Nestor. Non, Jacques c'était le Claude Blanchard de sa période crooner . L'homme mature qui a du vécu dans l'oeil et du trémollo dans la voix.

Il était, pour le reste, du genre à fredonner des tas de chansons, à toute heure du jour. À rire plus que fréquemment. Ce qui finissait par être lassant pour son entourage, peut-être, mais il ne s'en souciait pas du tout. Le bonheur, ça n'attend pas. Et ça se vit intérieurement. Même si c'est prétentieux d'écrire ça d'un coup sec, sans trop réfléchir. Comme si les lecteurs avaient du temps à perdre avec la description d'un personnage qui avait une sacrée mémoire de vieil indien, qui chantait et riait tout le temps, et qui ressemblait à Claude Blanchard.

Qu'on lui demande n'importe quoi, Jacques avait réponse à tout. D'où lui venait son truc? Fallait bien que quelqu'un le lui demande un jour. Et c'est Rita Laflamme, la concierge de l'immeuble où il habitait qui le lui demanda, comme ça, par l'un de ces jours où cette grosse calice était parlable.

Parce que c'était vraiment une grosse calice, Rita. Les trois quarts du temps elle faisait juste des airs de boeuf, les bajoues pendantes, la cigarette au bec. On savait qu'elle était en sacrament ces fois-là et c'était souvent pour rien. Évidemment, elle était grosse, mais plus grosse calice que grosse. La mauvaise humeur, ça rend le muscle un peu faible. Le bide devient mou. Un fardeau de plus à porter. Remarquez que c'est son affaire de bouffer des petits plats congelés achetés à vil prix chez Wall Marde.

-Calice de ciboire de tabarnak! qu'elle disait, sans y ajouter de verbe ou bien de complément. Comme si la grosse se torchait du bien perler français.

En fait, ce n'est pas tant le français qui la faisait chier que la vie en soi.

-Que j'fasse cecitte, que j'fasse ça, c'est toujours d'la calice de marde! qu'elle pouvait glisser de temps à autres pour que les touristes aient l'impression qu'il y avait deux ou trois écoles dans le coin.

Et c'est cette Rita, évidemment, qui accostait souvent Jacques «Claude Blanchard» Éthier, pour lui demander ceci ou cela.

-Heille Jacques! C'est y'où la Rôtisserie Sainte-Flavienne? C'est-y dans l'quartier Sainte-Flavienne?

-C'est au coin des rues Drolet et Berthelot, dans Sainte-Flavienne. Choubidou-wa! qu'il lui répondait en tchattant sur l'air de Bobino.

-Calice tu r'tiens toutte Jacques! J'ai mon hostie d'voyage! Qu'ça soye pour cecitte ou cela, tu r'tiens toutte! Comment c'que c'est qu'ça s'fait que tu r'tiens toutte de même Jacques? Tabarnak!

-C'est bien simple Rita. J'ai une mémoire absolue. C'est comme si tout était photographié et classé minutieusement dans mon esprit. Je fais usage de procédés mnémotechniques très élaborés pour lesquels tu me priveras de t'étourdir avec une définition qui ne saurait être que soporifique...

-Ah oui? Combien font deux fois quatre? Hein? lui demanda Rita.

-Huit, bien sûr, ha! ha! répondit Jacques avec une bonhomie bien servie par son rire gras mais franc.

-Calice que tu r'tiens toutte de calice que tu r'tiens toutte! rétorqua la grosse calice. Moé je r'tiens rien. C'est ben juste si je r'tiens mes culottes Jéritol!* Ha! Ha! Ha!

Et c'était vrai. Jacques retenait tout, facilement, pour mieux répondre à ces tas de questions que se posent ceux et celles qui n'ont pas d'ordinateur ni de calculatrice.

Ce qui fait que Jacques savait se rendre utile, sans trop se forcer, au hasard de ses allées et venues.

Pour ce qui est de Rita, la grosse calice, je parie qu'elle se plaint encore. Cependant, elle a un coeur d'or, dissimulé sous des airs bourrus, un parfum de vanille et une odeur de cigarettes Weaver's extra fortes.

Je vous en reparlerai un jour.

Pour cette fois, vous vous contenterez de la vraie histoire des procédés mnémotechniques de Jacques «Claude Blanchard» Éthier.


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*Jéritol: souvent entendu, aucune idée d'où ça vient et comment cela s'écrit. Est-ce un Dieu, un laxatif acheté en pharmacie, une onomatopée, du vieux français du temps de Rutebeuf?

jeudi 7 octobre 2010

Virgin Mary

Ça faisait près d'une heure que Jack buvait au comptoir du bar Chez Gogosse. Sa bière d'après le travail était sacrée. Et il y avait toujours un deux pour un sur la bière à tous les cinq à sept de la semaine.

D'habitude, Jack était à peu près seul au bar.

On ne peut pas dire que les foules se pressaient pour aller boire Chez Gogosse. D'abord, on y nettoyait rarement les toilettes, ce qui faisait fuire la clientèle. Jack ne s'en formalisait pas trop puisqu'il ne faisait que pisser un coup, sans plus. Jamais il n'y livrait la grosse cargaison, si vous voyez ce que je veux dire.

Donc, Jack buvait sa bière, puis ses bières. Au bout d'une heure, il en avait enfilé au moins six.

Et c'est à ce moment que Germain Lavertu fit son entrée.

Jack était un solide gaillard dans la trentaine au regard un peu triste mais inflexible.

Il était tout le contraire de Lavertu, un patapouf quinquagénaire un peu mou du bide qui avait un regard un peu hilare mais sans consistance.

-Bonjouuuuur! déclara Lavertu pour signifier qu'il était là. Je vais prendre un Virgin Mary s'il-vous-plaît!

-Tu veux dire un Bloody Mary pas d'alcool? questionna le barman, un type taciturne qui n'avait qu'un seul gros sourcil et beaucoup de poils dans les narines.

-Ex-ac-te-ment! répondit la grosse pâte molle. Je ne bois pas d'alcool!

Jack se demandait bien ce qu'un type qui ne buvait pas d'alcool venait faire dans un bar où, hormis l'alcool, il n'y avait rien d'intéressant. La télé était sur le point de lâcher et le proprio n'avait pas cru bon d'installer le cable, de sorte qu'on ne pouvait capter que deux ou trois postes, dont Radio-Canada. Il n'y avait plus de système de son et la radio jouait en même temps que la télé. Le barman passait ses journées à écouter des lignes ouvertes stupides sur le sport ou bien sur les problèmes psychologiques des auditeurs.

-Je m'appelle Germain, et vous monsieur?

Bon, le gros voulait lier la conversation avec Jack. Comme il ne trouvait pas moyen de se dérober, Jack lui fit un signe de tête puis répondit «Jack» sans plus de cérémonies.

-Je suis membre de l'Association québécoise des hommes hypersensibles... Est-ce que vous connaissez l'AQHH? poursuivit le gros Germain.

-Non. J'connais pas, répliqua Jack tout en calant sa bière comme un assoiffé dans le désert.

-Les hommes ont le droit de pleurer, d'être sensibles... Ce n'est pas honteux de pleurer ou bien d'avoir des sentiments pour un homme... On se réunit tous les mardis soirs... Et c'est justement ce soir... Juste ici, dans le local situé en haut de la pharmacie d'en face...

-Eh ben... ajouta Jack, visiblement irrité.

-Les hommes peuvent pleurer, verser des larmes et se sentir tristes... Oui car...

-Sacrament! gueula Jack, hors de lui. J'm'excuse mais j'viens icitte pour boire mes six à douze bières, ben peinard, pour oublier que j'me suis faitte chier toute la journée à ma job avec des hosties d'innocents émotifs, stressés ou dépressifs... Pis toé tu débarques dans l'bar, tu t'calles un breuvage pas d'alcool, pis tu viens brailler toute ta calice de marde New-Age qui me donnerait l'envie de crisser des grands coups d'poing dans l'mur!?! Veux-tu ben me crisser patience s'i'-vous-plaît avec ton hostie d'braillage? T'es émotif? Tu veux brailler à ta moman? Ben braille hostie! Mais braille loin d'moé pis calice-moé la paix!!! Hostie d'époque de braillards pas d'couilles de tabarnak!!! Les hommes sont devenus des mauviettes!!!

Germain Lavertu se sentit humilié. Il but son Virgin Mary d'un trait, la larme à l'oeil, puis quitta les lieux sans rien dire.

Aussitôt qu'il fût parti, Jack et le barman sentirent un grand soulagement.

-Marci Jack! conclut le barman. Du monde de même j'suis juste pas capable...

-Y'a pas d'quoi... Moé 'ssi...

Les nouvelles du sport jouaient à la télé.

Les toilettes étaient toujours aussi sales.

Et plus personne ne pleurnichait pour rien en buvant des Virgin Mary.

lundi 4 octobre 2010

En vrac

C'est un lundi en vrac parce que je n'ai pas le temps d'organiser mes idées et encore moins celui de me donner du style.

J'ai peint comme un forcené toute la fin de semaine et je ressens mieux ce que me disait le grand peintre Régent Ladouceur, à savoir qu'on déplace des forces quand on peint avec passion. En peignant, nous nous plaçons dans un état de conscience qui nous fait entrer en communication avec l'indicible. Nous passons des messages que nous ne croyions pas avoir à passer.

L'artiste-peintre devient le catalyseur de mystères existentiels qui ne demandent qu'une révélation. Il est en cela semblable au chamane des cavernes qui représentait un boeuf et des chasseurs pour anticiper une bonne chasse. Je parie même que son truc marchait. Il ne suffit que d'évoquer le Nom pour que le Verbe se fasse chair...

Voilà dans quel état de pulsion mentale je me trouve au terme d'une puissante session de peinture. C'est comme si je synthonisais tous les postes de l'univers d'un coup sec. Comme si j'étais sur l'acide alors que je suis sobre en diable.

***

Parlant de grand peintre, j'ai rencontré Maurice Fournier hier. C'est un ami commun à moi et Régent. Il est, entre autres, l'auteur de La maison du Diable, un recueil de nouvelles publié en 1989 aux Éditions du Beffroi. Ça n'a rien à voir avec la peinture, mais il faut quand même le signaler, ne serait-ce que pour souligner son talent. Sa plume exquise rappelle parfois Daudet et Bloy. Et ses pinceaux, pour ce que je me rappelle, était dans la grande tradition d'un Gustave Moreau. De l'intelligence et de la beauté finement travaillée.

Il tenait une table de trouvailles et de merveilles dans le sous-sol de l'église Sainte-Marguerite, à Trois-Rivières. Évidemment, on a parlé de mes niaiseries, lettres aux journaux, manifestations et autres coups de gueule dont je suis coutumier. On a aussi jasé de son accordéon diatonique que j'aurais souhaité m'acheter si j'avais été plus en foin.

Par ailleurs, Maurice a trouvé l'une de mes toiles dans un bazar de l'Armée du Salut, il y a quelques années. J'avais donné cette toile à une résidente d'un foyer pour personnes désorganisées. Quand elle est morte, tous ses trucs ont été donnés aux disciples de William Booth. Et Maurice est tombé sur mon tableau intitulé «Le carrousel». Il l'a eu pour dix cents... Dix sous...

Bon. L'orgueil en prend pour son rhume, mais ça arrive à tous les peintres, grands ou petits, de sorte qu'il y a toujours de bons achats à faire pour qui a bon oeil et bon pied.

Comme je lui parlais de Paul Gauguin, un peintre daltonien comme moi, Maurice m'a sorti un tableau qui pourrait rappeler une oeuvre de celui que l'on surnommait le Sauvage. Ça ne m'a même pas coûté dix cents. En fait, Maurice me l'a donné ce tableau anonyme représentant une éruption volcanique dans un magnifique encadrement en plastique doré.

Je ne sais pas qui a peint cette oeuvre, mais je sais qu'il a déplacé des forces, ce peintre. Ne serait-ce que des forces géologiques, voire des forces telluriques.

***

J'oubliais de dire que je suis allé visiter la tombe de mon père au cimetière St-Michel.  Ça faisait dix ans que je n'y étais pas allé.

C'est ma blonde qui a trouvé sa pierre tombale.

Elle a aussi trouvé celle de mes oncles Marcel et Rémi. Les trois tombes étaient sur le même alignement. Cela m'a tout de suite étonné.

J'ai salué les mânes de mes ancêtres puis c'est comme si toute ma journée s'était déroulé dans un songe vaporeux suite à cette visite.

dimanche 3 octobre 2010

Lulu et Big Brodeur à la Marche bleue

Brodeur, alias le Big, était un gars qui n'aimait voir que deux choses dans son assiette: de la viande pis des patates. Et plus de viande que de patates, s'il-vous-plaît, parce qu'on n'engraisse pas son cochon à l'eau claire. Ce qui fait que la femme de Brodeur, aussi grosse que lui, se chargeait de loader son assiette comme s'il s'agissait d'une auge.

Lui, le Big, il devait faire dans les cinq pieds trois pouces deux cent cinquante livres. Elle, Lucie Boudreaut alias Lulu, faisait à peu près le même poids, moins dix livres pour la semaine dans l'année où elle suivait le régime minceur du magazine Madame.

Les deux n'étaient ni beaux ni laids. Des ronds, comme les personnages de Botero. Rien de bien méchant. Toujours quelque chose d'enfantin, sinon de puéril, dans les visages de ces deux chérubins abonnés à la viande pis aux patates.

Le Big, lui, ne suivait jamais de régime. Il mangeait sa potée de viande et de patates avec l'oeil farouche du guerrier de salon, Tartarin de Tarascon des temps modernes qui s'imaginait une vie toute autre pour mieux mâcher la tiraille qui parfois se mêlait à la bonne chair.

-Y'a d'la tiraille dans l'boeuf! qu'il gueulait en ces temps-là. J't'avais dit de faire cuire la viande toute la nuitte à petit feu, dans l'four, sacrament d'calice!

-Heille le Big! lui répondait Lulu. Mange ta viande pis calice-moé 'a paix tabarnak!

Ça se répondait «solide» dans le couple, comme on dit dans le langage des amateurs de hockey. Et le Big, et même sa Lulu, étaient des amateurs de hockey.

Toute leur vie tournait autour du hockey, quand ils n'étaient pas à s'engueuler pour la viande pis les patates.

-Peter Statsny... Ça c'était du bon hockey! répétait souvent le Big.

-I' faut le retour des Nordiques à Québec! entonnait Lulu à sa suite.

Et voilà que notre couple de tourtereaux, qui ne levaient jamais leur cul pour prendre une marche autour du bloc ou bien pour protester contre une injustice, eh bien les voilà qu'ils s'étaient mêlés à la foule de la Marche bleue, sur les Plaines d'Abraham.

Et ils n'étaient pas seuls, non. Des milliers. Soixante-quinze milles personnes pour que l'argent de nos taxes et de nos impôts soient siphonnés pour le retour des Nordiques, pas pour les infirmes, les impotents ou les indigents, non, pour le sport tabarnak...

Et ça criait.

Et ça hurlait.

Big Brodeur, après cette grande marche qui avait duré tout l'après-midi, avait un petit creux.

-J'ai 'es jambes molles comme des tranches de baloney cibouère! déclamait le Big. J'aspère qu'j'ai pas faitte toute c'te calice de marche-là pour rien sacrament! Ayoye don'!

-En tous 'es cas, d'ajouter Lulu, dès que j'serai à 'a maison m'en va's prendre mon bain pis mettre mon pyjama pis mes pantoufles! Sûr qu'i' vont r'venir à Québec les Nordiques! Y'a ben qu'trop d'monde su' 'es Plaines!

Pour souper, ils se callèrent de la pizza pour faire changement de la viande pis des patates.

Puis le Big s'endormit dans son lazy-boy, la télécommande dans les mains.

Il n'entendit même pas le livreur cogner à la porte.

Il a encore fallu que Lulu se bouge le cul pour son Big qui était parti dans les vapes.

Elle laissa un bon tip au livreur.

Et elle cria un bon coup au Big pour le taquiner un peu:

-Réveille-toé calice!!!

Le Big tressauta dans son fauteuil et, alléché par l'odeur de la pizza et des frites, fit un dernier effort pour se rendre à la table.

vendredi 1 octobre 2010

Ma démarche artistique

Il s'agit d'abord de vivre pleinement. D'observer les gens, les événements et le passage des saisons.

C'est le point zéro de ma démarche artistique.

Quand l'idée me prend de jouer à faire de l'art, je reproduis ces impressions par toutes les formes de communication qui me semblent appropriées: la peinture, le dessin, la musique et même l'écriture, ce qui est le nec plus ultra de la paresse.*

Pour la peinture, je prends mes pinceaux, les trempe dans la peinture et fais ressortir des tas de personnages dans des scènes hétéroclites et polychromes sur des toiles que j'achète ça et là.

Pour le dessin, je me casse encore moins la tête. Un crayon suffit. Pour le support, j'utilise ce qui se trouve à portée de main. Une serviette de table ou bien un bout de papier de toilette.

La musique ne nécessite aucun support. Le seul bout ennuyant, c'est le bout où il faut accorder sa guitare. Entendre la note s'étirer dans l'espace et s'assurer que l'autre corde vibre au diapason. C'est de la grosse job et ça m'a pris bien plus que trois mois pour comprendre l'astuce. Le truc, c'est de reposer ma guitare sur ma bedaine et d'entendre vibrer le caisson. Touuuuuuuuu! C'est comme si le la me rendait all shook up.  Ensuite, ma vieille guitare classique Yamaha s'accorde toute seule.

Et l'écriture? Comment ça l'écriture?

Ah oui, l'écriture...


*Bien écire est à la portée de tous. Il ne suffit que d'écrire des phrases courtes et d'approfondir son dictionnaire des difficultés de la langue française. Trois mois de travail à temps plein et vous rivaliserez de génie avec Voltaire, ne serait-ce que pour la forme. Trois mois de plus seront nécessaires pour les idées, si vous êtes du genre à tout absorber rapidement, comme un enfant de l`ère numérique.
Il y a des écrivains de langue française seulement parce que personne n'a envie de se taper ce trois mois de lectures obligatoires. C'est tout de même plus facile que d'apprendre l'araméen en trois mois, un défi que certains humains relèvent haut la main et sans efforts, comme Champollion. Champollion qui mangeait ses trois repas par jour comme tout le monde. Et qui respirait le même air que tous. Il connaissait des tas de langues parce qu'il n'était pas paresseux. Et aussi parce qu'il ne travaillait pas physiquement toute la journée. C'est vrai qu'il faut un bon trois mois de travaux légers pour devenir un bon scribe. Et avec l'Internet, tout est encore plus facile.
Assez de tout ce galimatias et venons-en au fait: le bon écrire français, ce n'est pas la mer à boire.