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samedi 1 novembre 2008

LE MONDE ET LES TEMPS CHANGENT MÊME À TROIS-RIVIÈRES

Ce matin, Le Nouvelliste était gratuit. Je l'ai reçu dans ma boîte aux lettres.

C'est une promotion. Ou bien un publi-reportage.

J'aimais bien La Presse du temps de Roger D. Landry. L'encre ne tachait pas trop les doigts. Maintenant, on dirait que c'est pire que pire.

Roger D. Landry travaille maintenant pour le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, et c'est pas très loin du Nouvelliste, ni trop loin de La Presse.

Des élections s'en viennent au municipal. Il faut sortir les sondages. Et Le Nouvelliste est gratuit ce matin, distribué dans toutes les chaumières pour répandre la bonne nouvelle toé chose...

La cote de popularité du maire Lévesque, selon Le Nouvelliste, n'a chuté que de 8%, passant de 80% à 72%. La belle affaire! 72% de popularité pour tout ce qu'il a fait tout croche et tout de travers. Mettons que c'est dur à avaler.

Popularité mon cul. Je me fous de sa cote. Je trouve qu'il n'a pas de classe. Et je pense que Trois-Rivières mérite mieux.

Il y aurait 99% d'imbéciles à renifler ses pets que je dirais qu'il ne vaut pas un clou comme politicien. C'est un être imbu de lui-même qui a craché sur l'une de mes valeurs fondamentales: la démocratie. Il a bloqué le référendum sur le projet «Trois-Rivières sur Saint-Laurent». Il a bafoué les règles du jeu démocratique en ne respectant pas les signatures du registre. Il a fait en sorte qu'il n'y ait plus aucune raison d'aller signer un registre à l'Hôtel de Ville tant qu'il sera là. Juste pour ça, la ministre des affaires municipales aurait dû faire sa job mais elle s'en est crissée comme la plupart des Trifluviens s'en crissaient. Pourquoi se formaliser de votes, de respect des règles du jeu et toutes ses affaires-là qui coûtent cher hein? Pourquoi voter hosties de niaiseux?

Eh bien, mesdames et messieurs du Nouvelliste, je vous l'affirme, Yves Lévesque ne sera pas réélu. Parce que les gens iront voter au lieu de se décrotter le nez tout en répondant à des sondages stupides.

Faites rentrer vos sondages dans la gorge des citoyens comme vous le voulez. Ça ne colle plus.

Obama se fera élire président des États-Unis et, ensuite, un vent de progrès soufflera jusque de l'autre côté de la frontière. Les républicains, les conservateurs et les néo-duplessistes seront balayés du paysage politique, ici comme ailleurs.

Il n'y a que 28% de répondants qui semblent voir clair à Trois-Rivières. Parions qu'il ne suffit que de la lueur d'une chandelle pour disperser les ombres.

Rock and roll is still alive and well.

Fuck Duplessis.

mardi 7 octobre 2008

N'IMPORTE QUOI SAUF DUPLESSIS À TROIS-RIVIÈRES

J'ai rencontré un facteur hier, dans la bus. Mettons qu'il s'appelle Cédrick. Si je vous dis son nom, il pourrait vouloir m'arracher la tête, sait-on jamais.

Cédrick travaille pour Postes Canada depuis quelques temps. Nous sommes allés au collège ensemble. On se croise de temps à autres et, inévitablement, on se parle de lettres. Non pas parce que Cédrick est facteur, mais parce qu'il en écrit, des lettres. Des tas de lettres qu'il envoie aux journaux pour dire sa façon de penser au maire Yves Lévesque, par exemple, ou bien à d'autres hurluberlus qui se croient investis par une mission divine. C'est qu'il est un peu comme moi, Cédrick, une grande gueule à sa façon, un type qui ne dort pas au gaz quoi. Et je m'excuse à l'avance de le vanter pour me donner le beau rôle par procuration. Je ne dis pas ça pour moi, en fait, mais pour lui. Bon.

Cédrick est un fédéraliste plutôt proche des libéraux, un social-démocrate de centre-gauche, un modéré. Ce qui me ressemble beaucoup. Comme moi, le facteur votera pour le Bloc Québécois le 14 octobre prochain.

-C'est un vote stratégique, qu'il me disait hier dans l'autobus. N'importe qui sauf Harper! Et à Trois-Rivières, n'importe qui c'est Paule Brunelle...

-Oui, moi aussi je vais voter pour Paul Brunelle, que je lui ai répondu, j'aime bien ses chansons Le train qui siffle et Qu'elle est belle ma vallée. Je voterai pour le roi du country le 14 octobre prochain!

-Hahaha! Paul Brunelle! On a pas l'choix Gaétan... J'suis libéral et fédéraliste, mais les libéraux n'ont pas de chance dans le comté et en plus ils divisent le vote contre Harper...

-Je voterais pour n'importe qui ou n'importe quoi sauf Harper, Cédrick. Je voterais pour Gonzo le chien s'il se présentait. As-tu remarqué que la candidate conservatrice s'est fait faire un traitement Photoshop sur son affiche électorale? C'est pratique, Photoshop, pour rajeunir de quarante ans, tu n'trouves pas?

-Ouais, a répondu Cédrick. As-tu lu ma dernière lettre dans Le Nouvelliste Gaétan? Ça s'intitule «Yves Lévesque, un Staline des temps modernes».

-Ah ouais? T'as écrit ça quand?

-Au mois d'août. C'est paru dans le courrier des lecteurs.

Et là, Cédrick me raconta tout le mal qu'il pensait du maire et, franchement, j'étais étonné de constater qu'il était bien mieux renseigné que moi sur les faiblesses de notre premier magistrat.

Évidemment, la conversation s'est interrompue à mon arrêt d'autobus, près du parc Victoria.

Elle s'est cependant poursuivie par le biais du courriel. Cédrick a eu cette bonté de me faire parvenir ses lettres, toutes plus cinglantes les unes que les autres envers le maire et ses idées qui lui viennent souvent par inadvertance, au gré de son humeur, comme ses idoles, Duplessis et Harper.

Je ne vous donnerai pas tout le détail de ses lettres. Mais ça cognait dur. Ça me porte à croire qu'il ne sera pas réélu, Lévesque. Le temps de Harper est fini avec la crise économique qui pointe à l'horizon. Tout ce qui n'est pas un peu teinté en rouge retournera bientôt dans ces limbes d'où cela n'aurait jamais dû ressortir.

Le projet Trois-Rivières sur St-Laurent, projet tant chéri du maire, est un fabuleux projet dans la droite lignée du projet de la Cité de l'Émérillon: trois condos vendus sur trois milles... Un autre foutu éléphant blanc qui s'en vient, les amis, en pleine récession...

Et le terminus d'autobus, hein? Depuis 2004 que je me plains que les utilisateurs du transport en commun ne disposent pas d'un vrai terminus au centre-ville de Trois-Rivières, ce qui fait qu'ils doivent traverser la rue parmi les enragés du volant qui sortent de leurs bureaux aux heures de pointe. J'ai vu des tas de madames zigzaguer avec le carrosse de bébé entre les chauffards impatients sur la rue St-Georges. Le terminus qui devait occuper le site de l'ancien salon de quilles n'a toujours pas été construit. Pourquoi? Parce que le bon maire a laissé le projet en jachère, histoire d'allouer le site à un autre projet tout aussi louche, un auditorium pour un centre des congrès hypothétique, ou bien un autre espace de stationnement.

Les pistes cyclables, à Trois-Rivières, sont à l'abandon.

Il y a plein de beaux projets que le maire balaie du revers de la main, juste parce que ça ne vient pas de Duplessis, Harper ou l'ADQ...

Évidemment, il y a toujours une belle prière avant l'ouverture du conseil municipal de Twois-Wivièwes, comme à Saguenay, une autre capitale du chômage au Canada...

Franchement, le 14 octobre prochain, n'importe quoi sauf Lévesque, Duplessis, Harper et George W. Bush!

Je voterai pour Paul Brunelle, le roi du country, pis c'est tout'!