vendredi 4 mars 2016

Les hommes d'exception sont des charognes

Romuald Lacrécelle était un homme d'exception. C'est du moins ce que prétendaient les journalistes, les présentateurs de nouvelles, les chroniqueurs, les animateurs de radio, les politiciens et même les Premiers Ministres. En plus d'être prêtre, Lacrécelle avait enseigné aux journalistes, aux présentateurs de nouvelles, aux chroniqueurs, aux animateurs de radio, aux politiciens et même aux Premiers Ministres. Comment pouvait-on penser qu'un tel être ne fusse pas un homme d'exception?

Dans cette lamentable colonie, on ne trouvait que ça, des hommes d'exception. Surtout dans cette génération-là. Chaque fois qu'un membre de la secte mourrait, les braillards réclamaient qu'on coule un bronze, qu'on débaptise des rues et tout le saint-frusquin.

Il arrivait aussi que des femmes meurent. Elles avaient rarement droit aux funérailles civiques et aux hommages. Une femme, voyez-vous, est rarement un homme d'exception...

Quelle femme a enseigné aux Premiers Ministres, hein? Quelle femme a fait suffisamment d'argent pour s'acheter des politiciens? Et même si elle est morte riche, tout le monde sait bien que les hommes d'exception sont nécessairement son mari défunt ou bien ses fils, tous avocats, enseignants ou médecins, des métiers bien plus nobles qu'éboueur, torcheuse de cul ou mère au foyer.

Romuald Lacrécelle, pour ceux qui l'ont bien connu, n'était pas un homme digne d'éloges et de louanges. C'était un gros cochon vicieux qui se fourrait le nez dans tous les trous du cul en plus de manger avec ravissement ses propres crottes de nez. Il avait aussi cette manie de commander à ses subordonnés de lui apporter un verre de lait tiède avec deux biscuits mous. Si le lait était trop froid, voire trop chaud, Lacrécelle piquait une sainte colère en vouant tout un chacun aux gémonies pour témoigner du caractère tout à fait exceptionnel de cet actif notable de la bourgeoisie sale.

Les sans-culottes et blogueurs à la petite semaine disaient de lui qu'il avait été une vraie charogne tout au cours de sa vie. Une charogne que les charognes de métier vénéraient afin que les charognes fassent oublier le souvenir de leurs turpitudes.

-L'homme du ressentiment, disaient les plus philosophes d'entre toutes ses charognes, est celui qui ne sait pas témoigner d'égards envers les hommes d'exception de notre secte! Comment peut-on se montrer aussi dur envers le génie, le talent et l'argent? Une société qui ne respecte pas ses maîtres et ne lèche pas la raie de ses guides n'est pas digne de survivre à l'Histoire avec un grand H! L'Histoire est faite par les hommes d'exception, pas par ces remueurs de fumier, ces bouseux et ces vulgaires cyniques aux propos fortement teintés de mépris et de scatologie! S'ils ne savent pas honorer la mémoire des grands, c'est qu'ils ne peuvent pas les atteindre. Ce qui les rend jaloux, mesquins et indignes... Une société qui méprise les membres de son élite est vouée à l'échec!!!

C'était ce qu'avait enseigné le prêtre Lacrécelle tout au cours de sa vie. Tout ça pour être certain qu'il aurait lui aussi sa statue, ses médailles et autres décorations émises par quelque magicien d'Oz dissimulé derrière son écran de fumée. (On ne peut imaginer une meilleure position lorsqu'il s'agit de se régaler clandestinement de ses propres crottes de nez.)

Bref, Romuald Lacrécelle était bel et bien mort.

Tous les drapeaux étaient en berne sur à peu près tous les édifices publics de la colonie, hormis ceux où l'administrateur était trop saoul pour lire les mémos ministériels.

Pendant ce temps, les culs se torchaient encore dans les hôpitaux.

Les mères de famille élevaient leurs enfants en faisant deux repas avec trois fois rien.

Les prolétaires prolétarisaient.

Et les chômeurs chômaient.

Le monde n'avait pas cessé de tourner parce que Romuald Lacrécelle était mort.

Ses victimes comprenaient trop bien pourquoi les notables honoraient la mémoire de cette charogne qui avait les mains trop longues et avait joué impunément avec leurs organes génitaux de jeunes enfants.

Dans ce monde-ci, quand un bourgeois pète, ça sent bon.

Quand un bourgeois écrit un livre, c'est excellent.

Quand un bourgeois répète des lieux communs, c'est du génie.

C'est comme ça depuis que le monde est immonde.

Et on ne peut rien y faire, sinon continuer de maugréer ici et là sur l'Internet.

Comme si l'Internet changeait quelque chose au génie...





3 commentaires:

monde indien a dit...

C ' est rigolo ton texte - C ' est rigolo parce que ces temps-çi en France , l ' expression " d ' exception " est très à la mode - justement chez les chroniqueurs , journalistes , colporteurs en tous genres - précisément au service des charognes -
Partout on nous sert , " des vins d ' exception " , des " hôtels d ' exception " , des " recettes culinaires d ' exception " , des vêtement de " mode d ' exception " , des " yachts d ' exception " , tout ça désignant bien sûr des choses très très très chères - presqu ' ils nous feraient croire que la France est un pays de milliardaires - les journalistes sont la m^me charogne que celle qui les paye -
Ils disent aussi " d ' excellence " , mais plutôt pour désigner des réussites entreprenariales - , pôle d ' excellence , administration d ' excellence , fonctionnaire d ' excellence , ... en général une façon de louer les instigateurs de ces prétendues réussites , parce qu ' ils mènent à bien leurs créations en employant le moins de gens possible ou en en licenciant le + possible . Leurs " créations d ' exception " sont en général de grosses daubes qui ne servent strictement à rien , du style Tablette hollographes , chocolats nappés de feuilles d ' or ( si , si ! ) , papier-cul imprimé à vos initiales - tous aveux de leur connerie . Pendant ce temps les derniers paysans et ouvriers français se pendent sur leur lieu de travail cependant que le travail nécessaire aux besoins basiques est réalisé dans les pays moins riches où la charogne occidentale , main dans la main avec la charogne de ces pays fraîchement émergents , veille à ce que la populace de ces pays ne se rebelle pas contre leur condition d ' esclaves avérés - ( les ouvriers à Pékin qui vivent dans des immeubles entiers emplis de placards où s ' empilent des tonnes d ' ouvriers harassés qui tentent de trouver quelque réparation avant d attaquer la nouvelle journée d ' esclavage - ) .
Parlant d " exception " ces classes-moyennes riches ne savent m^me pas de quoi elles parlent , pas plus que ces ultra-riches auxquels elles espèrent un jour accéder et qui ne le savent pas + qu ' elles - tout au plus ont-ils besoin de se croire ces images de pouvoir pour pouvoir ( pouvoir pour pouvoir ??? ) éjaculer quelques gouttes de sperme rance dans le cul non-moins ranci de leurs grelues .
Ils ne savent qu ' être des images - ( cf. Guy Debord , La société du spectacle ) - Vous voyez bien que ce n ' est pas notre cas -
Très affectueusement à tous et toutes , Charles -

Gaétan Bouchard a dit...

@monde indien: j'aime l'outrance de ton commentaire. Il ne sert à rien de faire dans la dentelle avec les bourgeois.

monde indien a dit...

@Gaetan - non je ne crois pas être outrancier - c ' est vraiment comme ça que je vois les choses - ce qu ' il y a peut-être d ' outrancier qu ' est que tous les bourges de naissance ne sont sans doute absolument tous comme ça ( http://mondeindien.centerblog.net/27- ) , cela je ne le perds pas de vue - mais voilà , il faut bien faire quelques généralités si on veut bien comprendre quelque chose à tout ce bazar - Les vrais outranciers sont bien riches - Il n ' y a pas à faire dans la dentelle avec eux : ce sont d ' abord eux qui ne font pas dans la dentelle bien qu ' ils essayent de nous en donner l ' illusion avec leurs culs enrubannés - Plus mes années passent et moins je me sens d ' indulgence pour ceux et celles qui n ' en ont aucune - Mais le + important , + vivant , et + beau que tout , c ' est l ' amitié qu ' il y a entre nous tous - M^me si j ' ai une grande gueule , c ' est avant tout , tout ce que j ' aime , tout ce qui est important - mes bla-blas ne sont que des trucs de guerre - Amitié à toi -