mercredi 16 décembre 2015

Le relativisme des larves




Le relativisme, qu'il soit moral ou artistique, est la position préférée des tièdes et des blasés. Je dirais même des impuissants psychiques.

Une montagne d'excréments n'est pas une oeuvre d'art.

La charia n'est pas une vision juridique parmi tant d'autres.

Chaque fois que j'entends un zouf relativiser tel ou tel aspect de la vie humaine, je me rends compte des limites de la philosophie. Tout justifier au nom du relativisme me donne l'envie de devenir méchant.

Bien que je sois ouvert, tolérant et tout le saint-frusquin je ne suis pas du genre à tout cautionner pour ne pas faire de pépeine à un artiste, un poète, un prêtre, un imam ou bien un fanatique.

Assumez vos non-pensées, vos idées inconsistantes, vos visions merdiques de la vie. Et ne me demandez pas d'acquiescer comme le dernier des cons pour ne pas vous offusquer.

Vous vous déguisez en sac à poubelles pour nous faire accroire que vous faites une performance artistique? Demeurez dans votre sac à poubelles. Et ne m'invitez surtout pas à votre happening de misérable fabricateur de discours inutiles. Épatez le bourgeois si vous le pouvez. Entourez-vous de précieuses ridicules et autres universitaires désincarnés. Mais s'il-vous-plaît: oubliez-moi!

***

On trouve toutes sortes de cons sur les médias sociaux.

Un d'entre eux me reprochait mon paternalisme écoeurant.

J'avais osé dire que le voile est un signe de soumission qui va à l'encontre des droits de la femme.

Paternalisme mon cul! Ce bougre d'imbécile qui n'ose pas critiquer des coutumes archaïques de crainte de faire de la pépeine aux aborigènes mérite mon mépris le plus pur.

Je n'ai plus de temps à perdre avec le relativisme, vous dis-je.

Tu n'aimes pas ma vision du monde? Va donc baiser le cul du prophète.

***

L'histoire de la montagne d'excréments que l'on veut faire passer pour de l'art n'est pas tout à fait une invention. J'ai malheureusement connu un type qui réalisait une sculpture avec ses propres excréments au département d'arts plastiques de l'université que je fréquentais. Pas besoin de vous dire que je n'osais plus lui serrer la main...

Le type disait qu'un tas de marde vaut bien une cathédrale.

Est-ce que Shakespeare vaut plus qu'une paire de bottes? se demandait Dostoïevski à travers l'un de ses personnages de son roman Les Possédés.

Il s'en trouvera des tas pour dire qu'une paire de bottes vaut plus que Shakespeare, surtout ceux qui n'en ont pas, j'imagine...

Mais je ne vois pas comment l'on peut affirmer qu'un tas de marde vaut bien une sculpture de Michel-Ange.

Ce relativisme-là me pue au nez.

Je m'écarte autant que faire se peut de ce genre de personnes qui carburent à tout relativiser.

Je m'écarte de ceux qui ne savent ni aimer l'amour, ni apprécier la beauté, ni rêver.

Ces gens-là sont des coquilles vides.

On perd son temps à s'expliquer avec eux.

Tout est relatif? C'est ça. Écarte-toi de mon chemin, larve!