vendredi 4 décembre 2015

Donnons une chance à la paix

J'ai marché longtemps ce matin pour me nettoyer l'esprit. Il y a tant de nouvelles qui circulent à droite et à gauche que mes capacités d'absorption et d'analyse en souffrent largement. Mon meilleur filtre, pour comprendre ce sale monde dans lequel j'évolue, c'est encore mon coeur. Accorder raison aux haineux, qu'ils soient pour ou contre mes idées, c'est abdiquer quelque chose comme la souveraineté de mon âme. Je ne suis ni naïf, ni une bête qui bêle avec le troupeau. Je suis simplement un type qui ne reçoit pas de bombes sur la gueule et qui apprend que son pays sert, entre autres, à tuer des pauvres gens qui n'ont rien fait sous prétexte de combattre des mercenaires achetés par les mêmes qui nous imposent des politiques d'austérité.

Je veux bien combattre les mercenaires, les terroristes et, bien sûr, leurs commanditaires. Je comprends que ce combat ne peut pas être mené avec ceux qui prétendent nous soutenir tout en nous tirant dans le dos...

Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes fait partie de la charte de l'Organisation des Nations-Unies. C'est un droit qui, comme tous les autres, justifie tout et son contraire.

Dans les faits, on ne veut pas que les peuples contrôlent leur économie, leurs ressources naturelles et leur destinée. On les veut soumis, dépossédés, à la merci des oligarques internationaux qui n'ont rien à foutre des patries, des cultures et de l'universalité des programmes sociaux. 

La guerre qu'on veut nous voir mener se fait en premier lieu contre nous-mêmes. Ce n'est pas l'État islamique, Saddam Hussein ou le Docteur Terreur qu'on veut éradiquer, mais bel et bien la souveraineté des peuples et le contrôle qu'ils pourraient exercer sur leurs ressources naturelles pour se financer des soins de santé et une éducation dignes de ce nom. Ici comme ailleurs, on veut asservir l'humanité à une poignée de familles riches à l'os. 

Dans ce contexte, je ne peux que me rendre aux arguments des pacifistes. Ils me semblent bien moins naïfs qu'on souhaite nous le faire croire. Justifier le bombardement de populations civiles au nom d'une guerre absurde dont tous les adversaires sont financés par les mêmes fripouilles, cela relève de la schizophrénie collective.

Ce n'est pas le drapeau blanc que l'on me verra agiter. Je n'agiterai aucun drapeau. Je ne veux seulement pas sombrer dans le fanatisme et la démagogie peu subtile des pantins du capitalisme sauvage.

Que doit-on faire contre les extrémistes et les fanatiques? Les empêcher d'agir, bien sûr, tout comme on doit combattre ce qui nourrit les solutions armées: la violence du capitalisme sauvage.

Une société injuste produira des terroristes qui trouveront leur propre justification dans cette atmosphère de fraude et de corruption où nous baignons tout en nous croyant les "plus meilleurs pays au monde".

Au lieu de nous entretuer pour rien, apprenons à vivre ensemble, ici et maintenant.

Apprenons à être plus juste et plus généreux envers notre prochain.

Apprenons la solidarité, la vraie, celle qui refuse la mort d'innocentes victimes pour enrichir les fabricants d'armes et donner de nouveaux territoires aux corporations.

Le capitalisme est à la racine du mal que nous vivons tous sur cette pauvre et misérable Terre.

C'est lui que nous devons combattre pour que nos frères et soeurs humains puissent enfin vivre en paix dans leur coin de pays.

Pour être bref: donnons une chance à la paix.

Sans quoi, ce n'est pas qu'en Syrie que ce sera invivable. Mais ici même, à l'intérieur de nos frontières. On aura ce bel État fasciste dont rêvent les crapules et on pourra acheter, ici comme ailleurs, nos ressources naturelles pour une bouchée de pain.