mardi 6 septembre 2011

Les préjugés contre les pauvres

Les préjugés sont essentiellement fondés sur de la malhonnêteté intellectuelle. Tout prétexte est bon pour haïr autruis. Un seul barbu qui chie sur ton perron et tous les barbus chient sur les perrons. C'est connu. C'est un truc qui marche. Un truc qui permet aux xénophobes et autres faibles d'esprit de faire leur affaire comme si c'était noble et bon, alors que ça pue encore plus que n'importe quel tarlais qui chie sur ton perron.

Les Indiens, par exemple, ont tous des motoneiges payées par le gouvernement. Dans les faits, j'en suis un et je ne vois pas comment je me ferais payer un skidoo par l'État. Le truc est dans la tête des racistes. Ils ont entendu dire que des Indiens sans emploi et sans avenir s'étaient un jour faits payer un skidoo et une paire de bottes sur une réserve, comme d'autres reçoivent des subsides de l'État pour des projets créateurs d'emplois ici et là dans la province. Et ils ont augmenté jusqu'au délire leurs préjugés, leur besoin viscéral de persécuter les Indiens, les Noirs, les BS, les Zarabes, les Juifs...

La meilleure c'est quand ils disent que les BS ont tous des gros chars de l'année... Je ne sais pas où ils sont allés pêchés ça. L'assisté social conventionnel se promène à pieds. Il ne prend pas toujours l'autobus parce qu'il n'a pas d'argent pour s'acheter une passe. On le voit parfois faire les vidanges assis sur un vieux vélo derrière lequel est attachée une remorque d'infortune toute rafistolée. Il lave son linge dans un bain parce que la machine à laver est foutue. Il ne fume plus parce qu'il n'a plus un rond. Il poste cinq cents cévés par année et se fait refuser dans toutes les entrevues parce qu'il est un peu Indien, Noir ou Zarabe. On lui préfère les cons bien peignés bourrés de préjugés sur les pauvres. Ça fait plus winner.

Personne ne voudrait être associé aux perdants de la société.

Alors on s'associe aux riches. On singe leurs préjugés. Pourtant on partage presque le même sort que les pauvres, à deux doigts, endettés jusqu'au cou pour ressembler à un riche.

Oui, bien sûr, j'ai des préjugés à propos des riches...

Et même à propos des pauvres.

Je me sens de leur bord. De leur classe sociale. De leur réalité quotidienne.

Et par conséquent je me révolte.

Et me dis qu'un jour on leur fera ravaler ces paroles à tous ces serpents qui alimentent les génocides un peu partout sur le globe.

Je suis un Indien, pauvre, sale et pouilleux. Je suis un Juif. Je suis un Arabe. Je suis un Noir.

N'importe quoi sauf un crétin qui souffle sur les braises du fascisme.

No paseran!