dimanche 18 décembre 2016

Il neige à gros flocons en ce moment


Musiques de Noël et autres propos décousus

Norman Rockwell
Je n'ai plus honte d'aimer ce que je n'osais pas aimer ouvertement lorsque j'étais jeune par crainte de passer pour un je ne sais quoi.

À seize ans, nous sommes invariablement happés par les modes. Surtout au plan musical. On souhaite se montrer cool, dans le vent, branché.

Trente ans plus tard, on ne craint plus le ridicule à moins d'être franchement imbécile.

Il m'est donc loisible d'écouter des valses, des airs de harpe et des voix bulgares sans avoir besoin de me justifier.

Je suis par contre devenu plutôt allergique au bruit et aux airs tonitruants. J'écoute encore du Led Zeppelin et du Pink Floyd à l'occasion, peut-être parce que leurs mélodies savent jouer avec le silence et les contretemps. Par contre, je suis insensible, pour ne pas dire irritable, avec le heavy metal, le rap, le hip hop et autres fantaisies qui malmènent l'acoustique. Je n'aime pas entendre crier et les borborygmes ne me semblent pas de la musique.

Évidemment, je ne suis pas le maître absolu du goût. Je comprends que certains puissent aimer ça et je ne les juge pas stupides pour autant. Je ne demande même pas un traitement idoine à mon égard. Je vis très bien avec les quolibets que l'on pourrait me servir parce que j'écoute de la harpe.

***

Noël approche et, pour un temps, il m'est possible d'apprécier les airs qui s'y rattachent.

Bing Crosby, Frank Sinatra, Nat King Cole et Mahalia Jackson figurent en ce moment dans les premières positions de mon palmarès avec Le Danube Bleu de Johann Strauss et Les patineurs opus 183 de Émile Waldteufel. Il est vrai que j'en suis à peindre des patineurs sur une rivière. Sans doute que cela m'inspire. Pour ce qui est du Danube Bleu il me rappelle 2001, l'Odyssée de l'espace, un film que l'on voyait souvent dans le temps des Fêtes. Tout comme Docteur Jivago et Astérix et Cléopâtre. La nostalgie vient me chercher, c'est vrai. 

Il ne me manque que Vive la compagnie! de Pierre Daignault. C'était le disque de Noël préféré de mon père. Je me suis surpris cette semaine à chanter ad nauseam Dis-moé don' comme t'un beau casque, au grand dam de ma blonde qui n'en pouvait plus de me voir le piton collé sur cette toune.

***

Ah! dis-moé comme t'un beau casque
J'aimerais bin ça l'avouère
Y'est poilu en poil de vache
I' doit être chaud pour l'hiver

***

Je vais arrêter ça avant de vous faire pleurer...

De rire ou de nostalgie.

Je me fais vieux.

Je deviens con.

Et j'aime ça.

C'est reposant vieillir.


vendredi 16 décembre 2016

Six pieds sous terre

J'ai visionné récemment plusieurs épisodes de la série Six Feet Under. Je me suis claqué la première saison au complet, quelques-uns de la deuxième, puis j'ai sauté à la cinquième par lassitude. Il me reste les trois derniers épisodes de la série à regarder.

Six Feet Under a été créée par Alan Ball à qui l'on doit l'on doit le scénario du film American Beauty de Sam Mendes.

On se trouve relativement dans le même univers. Tous les personnages ont l'air étrangers les uns aux autres. On a l'impression qu'ils sont tous dans une salle d'attente à tuer le temps qui les sépare de la mort. L'anxiété et toutes les névroses imaginables y règnent du début à la fin. C'est déprimant à souhait.

Ce portrait de notre époque est sans doute réaliste. La série ne manque pas de mordant, ni de talent. Mais on finit par se sentir étouffé, même si c'est probablement le but recherché.

On dit de l'art qu'il est le miroir d'une époque. Je ne remettrai pas en question cette vérité. Sinon pour signifier que nous n'avons pas qu'à vivre en esclave de notre temps. Il y a moyen de s'éviter l'ennui et l'anxiété de nos contemporains.

Je le dis sans prétention et ne remets aucunement en question la valeur artistique de Six Feet Under. Ce tableau des moeurs de notre époque est parfait: nous sommes vraiment frappés comme les personnages de cette série, étrangers à tout un chacun, seuls en famille ou en couple, bourrés de pilules ou dopés aux paradis artificiels, doutant de l'amour autant que de l'amitié et assurés que tout fout le camp quoi que l'on fasse.

Je ne crois pas avoir découvert LA voie que tous devraient emprunter.

J'en ai une néanmoins qui ne ressemble pas à celle que mes contemporains empruntent tous les jours.

Je ne suis pas meilleur qu'un autre et il ne me serait pas nécessaire d'autant parler de moi-même si j'avais d'autres exemples sous la main.

Je me sens, pour tout dire, étranger à l'univers de Six Feet Under même si je peux le repérer partout autour de moi.

Je ne ressens pas le poids de la solitude ni la sensation que ma vie n'a pas de sens. Je ne me sens pas submergé par des pensées dévorantes. Je ne fais pas ma psychanalyse à chaque fois que je dis oh et ah.

J'avais honte de mon tempérament solitaire quand j'étais jeune. Je n'ai plus cette honte. J'ai plutôt la joie de cultiver mon propre jardin. Le bonheur de découvrir une nouvelle manière de peindre ou bien un nouvel accord de guitare. Comme le disait si bien Picasso, je ne cherche plus: je trouve.

Ma vie amoureuse n'est pas tourmentée. J'ai la chance de vivre auprès d'une femme avec qui je me sens en paix. Je ne passe pas mes journées à me demander s'il y a ceci ou cela. Je vis un amour sans les doutes et les contraintes suscités par mon époque.

Les grandes questions existentielles ne me font plus un pli sur le scrotum.

J'admets que je peux mourir et même souffrir beaucoup avant que de mourir.

C'est la vie. On ne choisit ni son heure ni ses malheurs. Aucun bonheur n'est éternel. D'où l'importance de savourer le moment présent en ne cherchant pas à l'obscurcir avec des idées noires.

Je laisse à chacun la possibilité de se noyer dans le désespoir.

Je ne le ferai pas.

J'y ai déjà trop goûté et me sens trop vieux pour les grimaces.

Ma sérénité n'est pas feinte.

Je suis vraiment tel que je me présente: un Roger Bontemps sans rancunes ni ressentiment.

Il m'arrive de piquer des colères.

Il m'arrive de porter des pancartes et de manifester.

Néanmoins, je vis bien avec mes engagements et mes désengagements.

Je trouve dommage que l'on se farcisse la tête avec des pensées pessimistes.

Je suis pourtant loin d'être optimiste.

J'ai pleinement conscience que nous sommes tous des triples cons.

Ce n'est pas une raison suffisante pour m'en faire.

J'ai la chance d'être pleinement occupé par mes créations.

Le sens de ma vie est partout autour de moi.

Il y a tellement de sens que je ne sais plus où donner de la tête.

Et cela suffit pour me réjouir d'ici à ce que je sois six pieds sous terre...


jeudi 15 décembre 2016

Le dentiste accusé d'agression... aux maracas

Je m'appelle Étienne Laforme et je suis journaliste, si ce métier veut encore dire quelque chose...

Récemment je lisais un post sur Facebook. Vous me direz que Facebook n'est pas une source fiable et vous aurez sans doute raison. N'empêche que cette parole attribuée à tort ou à raison à Alfred de Vigny me semble digne de mention: les journalistes sont comme des bouches condamnées à être toujours ouvertes et à raconter n'importe quoi.

Même si cette citation provenait de Arthur Lapoche elle n'en serait pas moins vraie. À vrai dire, je ne connais d'Alfred de Vigny que sa célèbre préface pour sa pièce de théâtre Chatterton, où il est question d'un poète maudit qui s'est suicidé. C'est donc dire que je suis journaliste et que je vous raconte essentiellement n'importe quoi...

J'ai étudié le journalisme à l'Université Laval. Je me voyais à l'époque de mes études devenir Albert Londres ou John Reed. J'allais parcourir le monde pour lui livrer des reportages immortels. Cependant, j'avais autant peur de voyager que de me présenter en entrevue pour un emploi. Ce qui fait que mon père, un notable d'un vulgaire trou perdu de la province, a eu recours à son réseau de contacts pour me faire entrer au Bien Public, le quotidien de Trouville-sur-Saint-Laurent qui appartient à la célèbre famille Desharnais qui tient par les couilles l'économie de notre belle province.

Je me suis d'abord fait des idées pour me faire ravaler mon échec. Je me suis dit que j'étais un Mark Twain en mon genre. Mark Twain qui, comme vous le savez, a débuté sa carrière dans de petits journaux miteux de petites villes où il ne se passait rien en-dehors des offices dominicaux.

Au début de ma collaboration avec le Bien Public je n'avais pas droit à ma photo pour accompagner mes textes, constitués essentiellement d'entrefilets sur les chats écrasés et les vieux morts dans leur logement.

Louis Gingras avait pourtant droit à sa photo pour trois fois rien. On lui devait la rubrique mondaine Gens de chez-nous. On y trouvait tout ce qu'on ne voulait pas savoir sur le député du comté qui avait assisté au 20e banquet annuel des Chevaliers de Cochon au cours duquel il était tombé de sa chaise.

Les années passèrent à écrire des textes toujours plus objectifs et insignifiants que d'habitude.

Puis un jour Simon Laverdure, le rédacteur en chef, nommé à ce poste parce qu'il était lui aussi le fils d'un grand bourgeois de Trouville, vint me voir pour me signifier que dorénavant j'aurais droit à ma photo.

J'en fus euphorique pendant une semaine. Puis je me remis à écrire des textes nuls à chier.

Il y a vingt ans, je réussissais encore à impressionner les filles avec mon statut de journaliste du Bien Public. Aujourd'hui, c'est à peine si je les intéresse. Je crois même que l'entrepreneur de pompes funèbres leur fait une meilleure impression que moi.

Le Bien Public n'est plus ce qu'il était. Si ce n'était justement de l'entrepreneur de pompes funèbres qui nourrit le journal via la rubrique nécrologie, je crois que nous serions fermés depuis belle lurette.

Il n'y a plus qu'une seule page d'annonces classées. Et encore que la moitié de cette page est constituée d'autopromotions du journal. C'est la fin des haricots...

Les seuls textes qui vaillent la peine d'être lus, fort honnêtement, sont ceux de la rubrique des lecteurs. Ils sont de qualité inégale mais on y sent encore quelque chose comme une âme. Une âme que moi-même je n'ai plus à force d'écrire des textes bien plus soporifiques que ressentis.

De toute manière, on ne me laisserait pas être original et Laverdure m'a clairement fait comprendre que les gens ne lisent pas le Bien Public de toute façon. Ils lisent à peine les grands titres. Lesquels ne font que sanctifier les décisions du maire de Trouville et de ses renifleurs de pets.

Si je vous écris tout ça, c'est parce que je suis saoul, évidemment.

Je ne me suis jamais remis d'avoir perdu l'été dernier cette chronique hebdomadaire dans laquelle j'ai eu un temps l'illusion d'être quelque chose. Je n'étais plus le pitoyable journaliste, mais celui qui dénonçait l'injustice... Enfin! Je devais tout de même choisir mes injustices... On ne m'a jamais laissé faire ce que je voulais. J'ai pu dénoncer le fait qu'il n'y avait pas d'autobus le dimanche soir. Et je suis monté au front contre un règlement municipal qui interdisait de jouer à traquer des Pokémons sur son cellulaire au parc portuaire. Ce qui me valut presque de perdre mon emploi. Le maire n'avait pas aimé ça et avait signifié à Laverdure que j'étais un petit emmerdeur de rien du tout qui devait se considérer chanceux d'être le fils de mon père, ce généreux contributeur de sa caisse électorale.

Je m'éloigne un tant soit peu du sujet que je voulais aborder parce que j'ai franchement l'envie de tout foutre en l'air et de boire jusqu'à l'évanouissement.

Je m'en voudrais cependant de ne pas vous raconter tout ce qui s'est produit suite à la publication de mon dernier article dans le Bien Public.

Je me tenais au Palais de Justice, mercredi dernier, comme je le fais depuis déjà douze ans. J'étais à l'affût d'une cause digne de susciter l'approbation de mon rédacteur en chef. Il n'y avait pas grand chose ce matin-là, je vous jure. Un type s'était fait prendre avec 20 onces de marijuana. Un autre avait perdu son permis après avoir été pris au volant en état d'ivresse.

J'allais écrire là-dessus quand je vis le dentiste Eugène Gagnon, un notable de Trouville-sur-Saint-Laurent bien entendu, qui est aussi Grand Chevalier des Chevaliers de Cochon.

Cela m'intriguait de le voir là d'autant plus que je n'ai jamais aimé son air fendant de parvenu qui a d'ailleurs déjà couché avec mon ex-blonde, Sarah, une vraie salope qui m'a ruiné avec ses implants dentaires, ses implants mammaires et ses cours de croissance personnelle. Je ne me suis jamais remis de savoir que cette chipie avait mordillé le gland de ce dentiste.

Toujours est-il que je me demandais ce qu'il faisait là, ce satané arracheur de dents.

Je suis allé voir dans le registre des causes pour voir si son nom y figurait. Il y était. Et j'appris qu'il passait en cour pour menaces et tentative de voies de faits avec... des maracas. Son voisin lui avait reproché d'envoyer de la neige sur son terrain et Gagnon, qui était en train d'écouter des rythmes cubains dans son salon, l'avait menacé avec... des maracas!

Je tenais enfin mon sujet: le dentiste Eugène Gagnon accusé d'agression aux... maracas!

Je ne me suis pas contenté d'un entrefilet. J'ai rempli une page au complet avec cette affaire. Mon rédacteur en chef, Laverdure, avait passé sa journée à traquer des chats écrasés. Il n'avait rien trouver pour faire sa une. Grâce à mon article sur l'agressions aux maracas il avait enfin sa page frontispice.

On put donc voir en une du Bien Public l'air stupéfait du dentiste Eugène Gagnon entrant dans la salle d'audience du Palais de Justice sous le titre AGRESSION... AUX MARACAS!

Mon nom et même ma photo figuraient en grosses lettres. UN REPORTAGE EXCLUSIF DE ÉTIENNE LAFORME.

-Ha! Ha! me suis-je dit en voyant la une. Vous pensiez que j'étais mort, hein? But Étienne Laforme is back!!! I'm back!!! Ha! Ha! Ha!

Ce qui advint par la suite est à couper le souffle.

Mon texte fut repris par la Presse Canadienne. Puis par l'AFP. Les grandes chaînes mondiales d'information en continu emboîtèrent le pas: ATTACK WITH MARACAS! Ma nouvelle fit trois fois le tour du monde.

J'étais enfin un journaliste de haute stature!

Je me suis donc présenté ce matin devant Laverdure comme si subitement j'étais devenu Albert Londres et j'ai exigé une chronique régulière en plus d'une augmentation de salaire. Laverdure n'a même pas daigné lever les yeux. Il s'est contenté d'un haussement d'épaule pour finalement me dire que si je n'étais pas content je pouvais aller voir ailleurs...

-Quoi? lui ai-je dit. Ma nouvelle sur l'agression aux maracas a été reprise partout dans le monde! Même Al Jazeera en parle! Et vous voulez encore me confiner à la rubrique des chats écrasés? J'ai fait mes preuves! Je suis Étienne Laforme!!!

-Tu es Étienne? La ferme... Va t'calmer l'pompom à la taverne, comme d'habitude... Si t'étais pas l'fils de ton père ça ferait longtemps qu'on t'aurait crisser dehors mon gars...

-Aha! Puisque c'est comme ça, je démissionne! Je vous quitte! Point final! Fuck off le Bien Public!

J'ai jeté tous ses papiers par terre et suis parti en claquant la porte de son bureau.

Je suis ensuite allé à la taverne Chez Roger où j'ai bu jusqu'à plus soif.

Il est deux heures du matin au moment où j'écris ces lignes...

Je constate avec regret et réalisme que personne ne voudra me prendre ailleurs...

Le journalisme est un métier mort...

On n'imprime même plus le Bien Public à Trouville-sur-Saint-Laurent...

Il ne reste que vingt employés sur les deux cents que nous étions dans les années '80...

Je vais encore devoir rappeler mon père pour qu'il arrange les choses...

Cela me fait chier d'avoir à faire ça.

Mais que voulez-vous que j'y fasse?

Honnêtement, je suis un trou du cul.

Comme tous les trous du cul qui écrivent encore pour le Bien Public.

Et, vrai comme je suis là, ça ne me donne pas l'envie de jouer des rythmes de maracas.


Blouse sur un train

Rien que pour vous: un p'tit blouse avec moé à l'harmonica...



mercredi 14 décembre 2016

Simplement ma rétrospective 2016


Est-il trop tôt pour vous livrer ma rétrospective de l'année 2016 via toutes ces plaisanteries que j'ai publiées sur mon blogue?  Peut-être...

Pourtant, il faut bien que cela se fasse pour démontrer que j'ai saisi les codes de mes contemporains non seulement en matière vestimentaire mais aussi en ce qui a trait à mes publications.

J'ai donc sélectionné un texte par mois qui, selon moi, est représentatif de mon âme déjantée.

J'ai évité autant que faire se peut de faire figurer dans ma rétrospective les textes qui ont été repris par le Hufftington Post, hormis ceux parus ici le 14 avril et le 12 juillet.

Je n'ai pas pris le temps de tout lire ce que j'ai écrit.

En avril 2017, ça fera dix ans que mon blogue est ouvert.

Il s'en sera passé des choses en une décennie...

Cette année, mon lectorat a explosé. J'ai probablement profité de mes publications régulières dans le Hufftington Post. J'ai fracassé des records qui remontaient à 2012, au plus fort du Printemps Érable, où mes billets étaient relayés de tous bords et tous côtés.

Je prétends n'écrire que pour moi seul et, à vrai dire, ce n'est pas tout à fait vrai.

J'écris pour être lu selon le principe qu'un bon lecteur suffit. Or, j'en ai maintenant quelques milliers. C'est plus que je ne l'espérais.

Je vous en remercie.

Voici donc ma rétrospective 2016.

***

vendredi 8 janvier 2016

La pétillante Sheila et ses selfies de marde

lundi 8 février 2016

Il n'y a pas de chefs d'oeuvre soporifiques

dimanche 20 mars 2016

MANIF DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE DE TROIS-RIVIÈRES: On s'en bat les couilles!

jeudi 14 avril 2016
Les Autochtones et les crimes de l'extrême civilisation

mardi 3 mai 2016

Votez Non avec Manon Grenon !

mercredi 1 juin 2016

Ma bibliothèque pas du tout idéale

mardi 12 juillet 2016

Des maximes et des proverbes tout croches et tout de travers

mardi 23 août 2016

Les clous ça dit toutte sur une maison

dimanche 18 septembre 2016

Roger Bontemps 


mercredi 5 octobre 2016

Hommage aux pelleteurs de nuages


vendredi 4 novembre 2016

Le monde selon Wrap


Le joual c'est du français vivant

Une chroniqueuse d'un journal jaune s'en est prise cette semaine à un gars de chantier qui a manifesté son intention de se présenter aux élections. Ladite chroniqueuse, qui tient à être reconnue pour son bon goût et sa bonne éducation, voyait d'un très mauvais oeil qu'un prolétaire ose jouer sur le terrain de jeu traditionnel de l'élite en multipliant les sacres et les fautes de langage.

Selon elle, la grande majorité de la population devrait se la fermer à jamais et se contenter de dire oui maître si elle ne sait pas formuler convenablement sa pensée. C'est sans doute ce genre de raisonnement stupide qui finit par rendre les intellectuels tout à fait détestables.

Je suis un intellectuel, je ne m'en cacherai pas. J'ai lu des tas de livres de tous les formats et, qui plus est, je crois même les avoir compris. Cela dit, je réprime en moi ce mépris hautain qui caractérise ma caste de scribes lorsqu'elle contemple les ouvriers qui bâtissent les pyramides. Plutôt que de les considérer comme des abrutis incultes et ignorants, je me rappelle que beaucoup de scribes ne savent même pas se faire cuire un oeuf. Si la pyramide s'effondrait, ce qui s'est produit de temps à autre au cours de l'histoire, les scribes seraient bien contents de pouvoir lécher les bottes des ouvriers pour profiter de leur débrouillardise, à défaut de disposer d'un pharaon pour jouer auprès de lui au porteur de rogatons.

Mépriser ceux qui ne savent pas bien parler en dit plus long sur la personne qui déprécie que sur ceux qui sont visés par ces préjugés sociaux. Bien sûr, le contempteur du petit peuple idiot laissera entendre que c'est pour conférer le sens du dépassement à la plèbe qu'il lui fesse dessus. C'est par bonté d'âme qu'il l'assomme et lui ordonne de se tenir silencieuse et tranquille au bas de la pyramide à pousser les blocs de granit... Vraiment?

C'est là que je décroche... C'est là que je descends de la pyramide et que je me désolidarise de ma caste. Ce qui explique sans doute pourquoi je suis moi-même condamné à pousser des blocs de granit au bas de la pyramide...

Sans rire, il m'est possible de parler et d'écrire dans un français standard qu'à peine 5% de la population du Québec maîtrise. J'en tire une certaine utilité tout en sachant que le français s'apparente à une langue morte à peine soutenue par ses locuteurs naturels.

Il y a plusieurs raisons à cela et le manque d'éducation en fait probablement partie.

Par contre, le français est intrinsèquement une langue détestable. C'est, de toutes les langues latines, la seule qui ne s'écrive pas au son.

À l'origine, la langue française était le joual du latin. Cette langue mâtinée d'expressions germaniques finit pourtant par faire sa place au fil des siècles.

Rabelais, qui passe pour un génie de la langue françoise, écrivait relativement au son en parodiant les doctes ignorants de la Sorbonne qui mettaient des ph partout pour rappeler la lettre phi (φ) en grec. On s'est mis à écrire philosophie en français alors qu'on écrit naturellement filosofia en italien.

Voltaire lui-même écrivait pratiquement au son. Il n'y a qu'à parcourir les premières éditions de ses oeuvres pour le constater par soi-même. Les formations de mots en ph sont souvent escamotées au profit du f. Voltaire imite souvent la graphie des italiens, des espagnols ou des portugais. Et ce même Voltaire passe, de loin, pour l'un des grands maîtres de la langue française...

Que s'est-il donc passé pour que le français devienne si lourd? La linguiste Nina Catach a éclairé ma lanterne. Son ouvrage intitulé Les délires de l'orthographe (Paris, Plon, 1989) m'a allumé sur une histoire que j'ignorais jusqu'alors. Le français a été coulé dans le béton à l'époque de Chateaubriand dont la langue écrite est devenue la référence de base pour les décennies à venir. Le français actuel c'est les Mémoires d'outre-tombe...

Évidemment que je respecte les standards pour ne pas passer pour un va-nu-pied...

J'ai le droit de m'exprimer sur toutes les plate-formes, dont le Hufftington Post j'imagine, parce que je ne fais pas une faute par phrase. Je suis convenable. Présentable. Un vrai prince de la langue françoise...

Bien que je bénéficie de cette soi-disant maîtrise de la langue, je ne tiens pas à vous raconter des bobards.

Le français, tel qu'il est conçu en ce moment, est un mauvais outil qui sert très mal ceux et celles qui le parlent. S'il collait un peu plus à la graphie des langues latines, on permettrait à plus de locuteurs d'acquérir une certaine maîtrise du nouveau standard. Cette idée est sans doute discutable. Les scribes seront sans doute les premiers à refuser que l'on porte atteinte à leurs privilèges... Ils accepteront nénufar du bout des lèvres, au lieu de nénuphar, mais ne venez pas les emmerder outre mesure. Ils continueront d'écrire nénuphar jusqu'à la fin des temps pour vous tourner en bourrique. Par contre, ils continueront d'écrire fantôme plutôt que phantôme afin qu'il n'y ait rien à y comprendre.

Mentionnons, au passage, que le roi Louis XVIII, en rentrant à Paris en 1814, aurait dit Le roé c'est moé comme tous les Québécois le feraient. On m'a pourtant enseigné à l'école que ce n'était pas beau de dire moé pis toé. Ça faisait malpropre de parler comme mes parents, mes grands-parents et arrières-grands-parents. On m'a aussi appris à ne pas dire tabarnak. Pourtant, je n'ai jamais dit zut après m'être cogné les orteils contre la table de chevet.

Notre joual, si honni par les gens de culture et de bon goût, n'est pas ce mauvais français qu'on tient à nous faire croire. C'est du français vivant. Lorsqu'on dit el chat miaulait au lieu de le chat miaulait nous ne faisons que nous rapprocher de la prononciation des espagnols: el gato maulló... Nous sommes encore en parfaite intelligence avec l'origine latine de notre langue.

Lorsqu'on dit tabarnak, cela signifie que l'on est Québécois.

Si l'on était de Marseille, on dirait peuchère.

Avoir honte de soi-même est le propre des esclaves qui aspirent à bénéficier de misérables privilèges accordés par leurs maîtres.

L'amour de soi-même, comme l'amour de son peuple, repose sans doute sur l'acceptation de ce que l'on est.

Les scribes qui tiennent à jouer aux dompteurs d'animaux de cirque ne sauront jamais prendre la liberté au sérieux.

Comme le dirait en bon français vivant feu mon père: Les diplômes pis les bouches en trous d'cul d'poule ça m'impressionne pas joual vert!

mardi 13 décembre 2016

Le cadeau de Noël de Piwi Veilleux

Piwi est un paumé qui n'a ni le cul ni les dents. Il traîne sa vie dans tous les milieux glauques de la ville, là où ça pue la sueur, le mauvais tabac et l'huile à patates frites. Il se lave peu, se lève tard et se trouve presque toujours dans un état second. Il profite de menus travaux, de l'aide sociale et de quelques minuscules produits de la criminalité pour être toujours dans les vapes. À défaut d'argent, il fait le tour de ses amis et connaissances dans l'espoir de bénéficier d'une dose de bonne humeur artificielle.

Vous dire qu'il est affreux n'arrangera pas son affaire. Il l'est, bien entendu. Il ressemble un peu à Charles Manson avec cent kilos en moins. Il pèse moins 15 kilos, mettons. On peut dire qu'il constitue une entité négative. Un trou dans l'espace-temps. Ses deux joues sont collées ensemble. Ses cheveux sont gras. Ses yeux sont croches. Son nez est poilu. Ses jambes sont arquées. Bref, il n'a rien pour lui et pense néanmoins que tout lui est dû. Vous avez raison de croire que c'est un trou du cul. Mais est-ce une raison pour l'achever à coups de pelle, hein?

Piwi doit avoir dans la cinquantaine dépassée et son teint est sur le bord d'une jaunisse. Il mesure la moitié de la hauteur d'un cadre de porte standard. Piwi est donc très petit sans être tout à fait un nain. Son surnom de Piwi provient peut-être de sa stature petite et famélique. Il s'appelle, pour tout dire, Hervé Veilleux et il est né à Saint-Roch-de-Mékinac, à mi-chemin entre La Tuque et Shawinigan.

Je pense qu'on en a assez dit sur son apparence.

Il faut bien aborder son contenu après avoir décrit son contenant.

Piwi est fucké. Fucké raide. Voilà, tout est dit sur son contenu.

Il vit dans une maison de chambres du centre-ville qui sent l'ammoniaque, l'excrément humain et la pisse de chats.

Chaque jour de sa vie est une histoire à raconter en elle-même pour les amateurs de récits sordides qui feraient passer Charles Bukowski pour François Mauriac.

Or, l'histoire que je vais vous raconter à son propos remonte à la veille de Noël d'il y a trois ans.

De petits flocons tombaient sur la ville et Piwi se sentait triste et seul autant que d'habitude.

Il n'avait rien à boire, rien à fumer et rien à manger.

La banque alimentaire de son quartier était fermée pour trois semaines et il avait vendu le panier de Noël qu'il avait reçu contre un paquet de cigarettes qui ne lui dura pas plus d'une journée.

C'est donc dire que Piwi se sentait triste à mourir.

-Maudite vie d'chien d'calice de tabarnak! J'ai mal à tête, mal au cul, mal aux dents! Je chie du sang! J'ai rien à manger! Rien à boire! Rien à fumer! C'est Noël pis j'su's encore dans 'a marde! Ej' pense que j'va's aller voir Ti-Blême... P't'être qu'i' sera saoul pis pas r'gardant su' l'plaisir!

Fort heureusement pour Tiwi, Ti-Blême était saoul même s'il n'avait rien à boire. Il s'était claqué un acide. Il planait dans sa pièce en délirant sur l'effet kaléidoscopique de la lumière du plafond.

-Quelle lumière man! Oua! J'ai jamais vu d'quoi d'aussi beau! C'est Dieu man! Dieu!!!

-Qu'est-cé qu't'as faite? lui demanda Tiwi. T'as l'air de planer en sacrament!

-Lambda sigma delta! lui dit Ti-Blême qui avait un peu d'éducation et connaissait l'alphabet grec.

-C'est quoi ça lada smegma gros tas?

-C'est l'acronyme en grec de l'acide lysergique 25 mon cher ami!

-Hein?

-LSD-25!

-Oua! T'as fait d'l'acide? Man! J'en veux!

-Prenez et mangez-en tous, ceci est mon buvard livré pour vous et la multitude en rémission de vos péchés! Vous ferez cela en mémoire de moi, toi et lui!

Ti-Blême lui tendit un petit carré de papier sur lequel un chimiste amateur avait déposé une toute petite goutte d'acide lysergique.

Piwi la goba d'un coup sec et remercia Ti-Blême pour son aumône.

-Marci man! T'es bin blood! Qu'est-cé que j'ferais sans toé Ti-Blême? En passant, as-tu une cigarette? M'en va's t'la remettre quand j'va's avoir mon chèque...

-Oui camarade! C'est Noël! La fête de Mithra! Le solstice d'hiver haha! Allez, bienheureux paroissiens, et fumez ce joint gracieusement offert pour la maison où toute douleur s'annihile!

-Un joint en plus? Man t'es trop blood...

-Un joint plus une cigarette... Une Du Maurier pour toi pauvre âme agonisante! lui dit Ti-Blême en lui en balançant une sur le crâne d'un geste tout aussi royal que désabusé.

-Yes! A va être bonne en calice... J'ai rien fumé depuis hier...

Au bout de quinze minutes, Piwi se sentit emporté par une vague de couleurs sonores et de sons colorés. Les lumières étaient jaunes, bleues, vertes et mélodieuses. Et Dieu dansait dans l'ampoule cent watts qui étaient au-dessus des occiputs de Piwi et Ti-Blême. Il dansait des menuets. Il giguait. Il bénissait son peuple.

-Oua! disait Piwi.

-Oua! ajoutait Ti-Blême.

Piwi n'étant pas un homme à faire du sur-place, même quand il défonçait les portes de la perception. Il se retrouva bientôt sur la rue en train de délirer.

-Oua! Des lutins! Oua! Des anges! J'ai jamais rien vu d'aussi beau! Oua! J'ai envie de pleurer! Bouhouhou snif snif! La vie est belle! Trop belle! C'est pas créyable comme la vie est bonne, magnifique, super, cool, pis toutte! Oua! J'aime la vie! J'aime le monde! J'aime l'humanité! J'aime mes voisins! J'aime l'Afrique! J'aime les betteraves! J'aime le jus d'agave! J'aime Albert Einstein! Oua! Toutte est dans toutte! Le monde est ma représentation! L'existence précède l'essence! Oua! Le livre tibétain des morts! Hermès Trismégiste! Philon d'Alexandrie!

Évidemment, cela ne dura qu'un temps. Piwi étant ce qu'il est, il fit la tournée de tous les misérables de la ville pour obtenir des cigarettes, de l'alcool et d'autres substances qu'il n'est pas nécessaire de nommer ici.

Tant et si bien qu'il perdit les pédales avant la fin de l'après-midi.

Piwi se retrouva tout nu, sur le parvis de l'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, à hurler qu'il voyait des lutins se faire décapiter lorsqu'il fermait les yeux.

-Je ne veux pas fermer les yeux! Non! Argue! Je vois des têtes de lutins décapités! Elles saignent! Elles me parlent! Non! Ôtez-vous d'ma tête petits lutins maléfiques! Pas de musique rétro pour Satanas!

Les paroissiens qui passaient par là firent venir la police. La police fit venir l'ambulance. Puis Piwi se retrouva attaché dans un lit dans une chambre à lui tout seul, à l'hôpital.

L'urgentologue était en beau fusil. Il en avait plein le cul de voir Piwi trois fois par semaine pour les mêmes maudites niaiseries. Piwi qui s'est blessé en tombant ivre mort. Piwi qui a une graine dans l'oeil ou une araignée dans le plafond. Piwi qui fait un badtrip d'acide.

-Qu'est-ce qu'on fait avec lui? demanda Nathalie Drouin, une infirmière avec trois mois d'expérience qui n'aimait pas le parfum à la vanille.

-On va lui faire un traitement royal le tabarnak! ironisa le docteur Samuel Gourd qui n'aimait pas le parfum au melon.

-Oua! Arrière lutins! criait Piwi pendant ce temps, lui qui n'avait aucune opinion sur les parfums.

On lui injecta un sédatif puis on lui rentra toutes sortes de trucs dans le corps, dont une sonde dans l'urètre.

-Lâchez mon pénis! S'il-vous-plaît! Ne vous en prenez pas à mon pénis! hurla Piwi. Épargnez ma queue je vous en prie! Oua!

Il ne savait plus où il était, le pauvre. Et, bien qu'il s'assoupit un moment, il se réveilla subito-presto avec la sensation qu'il avait été enlevé par des extra-terrestres qui voulaient le disséquer.

-J'vous ai rien fait! Pitié!

-Hahaha! Joyeux Noël trou d'cul! semblait dire le médecin.

De gros flocons tombaient sur la ville.

C'était déjà la nuit. La douce et sainte nuit de Noël.

Tout était illuminé et scintillant.

C'était féerique comme dans un trip d'acide.

lundi 12 décembre 2016

Trois nouvelles toiles

Seul à trois heures du matin
Acrylique sur toile, 18 X 24 po.
Je vais vous épargner mes envolées sociopolitiques ce matin pour me consacrer sur ce pur bonheur que j'éprouve lorsque je peins. La politique, en fait, c'est comme les vidanges. Il faut bien les sortir périodiquement pour ne pas être atteint par les parasites et la putréfaction. Cela ne veut pas dire qu'il faille caresser ses sacs de vidange et leur prêter plus de vertus qu'ils n'en ont. C'est une obligation que nous impose la vie en société. Et tant qu'à faire le ménage, aussi bien qu'il soit bien fait.

Au lieu de vous livrer mes imprécations contre la corruption et la mafia politiques, je vais plutôt vous montrer ce qui est récemment sorti de mes pinceaux. Je suis sûr que vous ne m'en voudrez pas. "Le gros Gaétan Bouchard finit par se faire lourd avec ses airs d'ange exterminateur." On finirait par se demander si je suis normal...

Il va sans dire que je ne le suis pas. Je suis marginal, plutôt asocial pour préserver ma philanthropie et un tantinet vulgaire parce que je n'en ai rien à foutre de jouer au bourgeois.

Pourtant, je constate que mes peintures sont sans doute plus universelles que mes propos. Mes gros nez et mes gros pouces ne dérangent personne. On a la vague impression que je suis un bon gars, plutôt jovial, rieur et bon enfant lorsqu'on les regarde. Je ne fais pas l'unanimité parmi mes pairs artistes-peintres, mais comme je les fréquente pas plus qu'il ne le faut, je suis faiblement atteint par leur avis.

Je vous présente donc trois tableaux. Le premier, en exergue de ce billet, celui qui s'intitule Seul à trois heures du matin, est une tentative de présenter un sujet sérieux et sans trop d'humour. Un pauvre type au pantalon élimé s'en va au beau milieu d'une rue déserte et passe devant une boutique d'Urgent Argent, spécialisé dans le prêt sur gage et le recyclage des produits de la criminalité.

Libre comme un éléphant
Acrylique sur toile, 6 X 12 po.
Deux petits tableaux s'ajoutent. Libre comme un éléphant se passe d'explications. Un gros qui s'en va tout nu au pied d'une chute dans un environnement relativement luxuriant.  Quant à British Columbia Hitchhiking il est sans doute là pour me rappeler une autre vie, à l'époque où je faisais du pouce dans l'Ouest canadien.

Ces trois tableaux sont disponibles pour un juste prix à mon atelier-galerie d'art sis au 448 de la rue Niverville à Trois-Rivières. Je suis ouvert les samedis et dimanches de 13h00 à 17h00 pendant la période précédant le Temps des Fêtes. Mes tableaux sont un peu plus chers que ceux que vous pouvez acheter au Wal-Mart. Aussi je vous recommande d'aller au Wal-Mart pour économiser. Il s'y vend de très belles reproductions, dont l'une qui représente New-York et l'autre un café de Paris. Je ne serais pas étonné que vous y trouviez aussi des petits anges ou, mieux encore, une reproduction de Michel-Ange. Vous seriez bêtes de passer à côté de telles aubaines pour encourager un artiste-peintre indépendant qui passe son temps à colporter la sédition et la désobéissance civile.

British Columbia Hitchhiking
Acrylique sur toile, 8 X 10 po.