mardi 8 mars 2016

Le féminisme est révolutionnaire!

« Le sang, même des coupables, versé avec cruauté et profusion, souille éternellement les Révolutions »
Olympe de Gouges

Savez-vous pourquoi les larbines n'aiment pas le féminisme? Parce que le Jour de la Femme, célébré le 8 mars un peu partout dans le monde, tire son origine de la plus grande révolution survenue sur Terre.

Le 8 mars 1917 fût en effet le premier jour de la révolution russe qui mena à l'abdication du tsar Nicolas II et à l'instauration de la république ainsi que du droit de vote des femmes.

Ce jour-là, des milliers de femmes russes sont descendues dans les rues de Petrograd pour réclamer du pain, la paix et la république.

Cela prit tout le monde par surprise. Personne n'aurait cru que l'on devrait la plus grande révolution de l'histoire à... des femmes.

La révolte fût spontanée, sans aucune forme d'organisation, comme ce fût le cas du Printemps Érable en 2012.

Les femmes défilèrent en paix dans les rues de Petrograd et, en moins de cinq jours, l'empire tsariste s'écroulât.

Cela terrifia tous les banquiers de l'Europe, évidemment, qui eurent tôt fait de financer Lénine et les bolcheviques pour contrer cet authentique mouvement populaire et pacifique initié par des femmes.

Pourtant, le souvenir de ces femmes courageuses et intrépides est parvenu jusqu'à nous.

Il nous lègue encore des leçons.

D'Olympe de Gouges à nos jours, il y a toujours lieu pour les femmes de revendiquer l'égalité des droits pour elles-mêmes, condition sine qua non des droits égaux pour tous.

Renier le féminisme parce qu'on fait partie de l'élite et qu'on veut faire accroire à tort que tout le monde a le droit de piller la communauté est un leurre.

Ce n'est pas vrai que tout un chacun peut réussir en suivant l'exemple de telle ou telle personne qui prétend que tout le monde a droit à l'assiette au beurre. C'est faux de prétendre que tout le monde peut profiter de l'injustice et de l'iniquité. Cela prend nécessairement quatre-vingt-dix-neuf pauvres pour créer un riche. Il n'y a que le bourgeois pour nous siffler aux oreilles qu'en faisant comme lui tout le monde deviendra riche...

Il en va ainsi des femmes qui se détournent du féminisme en ignorant leurs consoeurs victimes d'une culture qui les écrase consciemment et les oblige à jouer un rôle secondaire.

-Elles n'ont qu'à faire comme moi! Je suis libre! Je sens bon! J'ai une maison! Je voyage!

Y'aurait-il sept milliards de larbins que rien n'y changerait. Les loups dévoreraient les moutons.

Or, l'homme n'est pas un loup pour l'homme. Les membres de l'élite veulent nous rentrer de force dans la tête leur conception purement mesquine et opportuniste du monde.

Il ne suffit que des milliers de femmes, d'enfants et d'hommes descendent dans les rues pour faire lever le couvercle de l'exploitation.

Elle viendra cette révolution qui n'est pas achevée.

Elle nous surprendra tous et toutes, au moment où nous nous y attendrons le moins.

Elle aura lentement mûrie d'une manifestation à l'autre, sans se soucier du mépris des notables et autres valets des pharaons de la phynance...

Oui, le féminisme est intrinsèquement révolutionnaire.

Et, oui, les larbins et les larbines ont raison de s'en dissocier.

Au fait, le 8 mars est un congé férié en Afghanistan.

L'est-il au Québec et au Canada?

Sommes-nous si avancés que nous le croyons?

Pour finir, je laisse la parole à Olympe de Gouges:

"Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnois tes droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation. L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes ! femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ?" (Source:Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791)











lundi 7 mars 2016

Je suis féministe en tabarnak

J'ai été estomaqué la semaine dernière par la déclaration de Lise Thériault, ministre responsable de la condition féminine dans le présent gouvernement libéral du Québec. Sa collègue Stéphanie Vallée, ministre de la Justice, en a même rajouté une couche.

Ces deux libérales ne sont pas féministes...

On se demande un peu pourquoi.

Lorsqu'on gratte un peu, on se rend bien compte qu'elles sont avant tout libérales. Elles officient au sein d'une organisation politique entièrement dédiée à l'élite corrompue. 

Pour un libéral, l'homme est un loup pour l'homme et il vaut mieux être un loup qu'un poulet qu'on déplume ou bien un mouton que l'on égorge.

Lise Thériault prétend ne pas être féministe mais "égalitaire".

Égalitaire mon cul! Son parti est essentiellement à la solde des riches et se fout carrément de l'égalité, tant en matière de santé, d'éducation ou de droits des travailleurs. Les femmes? Elles n'y sont qu'accessoires et il faut faire avec comme s'il fallait calmer Bobonne avant que d'aller aux danseuses avec ses chums.

Qu'est-ce qui dérange tant les Lise Thériault et Stéphanie Vallée dans l'énonciation du mot "féminisme"?

Je vais vous le dire ce qui les dérange. C'est que le féminisme est essentiellement associé à un combat social sur lequel elles crachent comme elles le font pour la santé, l'éducation et tout ce qui tombe sous le coup des politiques d'austérité.

Nos ministres anti-féministes se comportent comme les domestiques d'une grande maison d'esclavagistes qui se sentent dans une meilleure posture que leurs consoeurs et confrères qui travaillent sur la plantation. Elles sont profondément "individualistes" et se désolidarisent de ces féministes qui ne sont jamais très loin des socialistes, écologistes et autres bébites qui portent des pancartes et brandissent le poing dans les rues.

-Manifester? Ça ne donne rien de manifester, prétendent ces égoïstes narcissiques centrées sur leur je-me-moi de petites bourgeoises.

Dans le confort et l'indifférence de leurs petites vies, les ministres se disent "égalitaires", dans le sens que tout le monde doit supporter sa souffrance et y remédier par ses propres moyens. Les femmes n'ont qu'à louvoyer, manipuler et atteindre leurs fins par les moyens si chers aux libéraux et autres troufions. On n'a qu'à tricher pour obtenir ce que l'on veut et l'affaire est ketchup...

Nos féminines abruties oublient qu'il y a moins de soixante ans les femmes mariées ne pouvaient pas avoir un compte bancaire et signer des chèques sans la permission de leur époux.

Ces cocottes ne savent pas que les femmes n'avaient pas le droit de vote il y a moins de cent ans.

Elles tiennent à ignorer qu'elles ne seraient jamais devenues ministres ou animatrices de télévision sans ces milliers de féministes anonymes qui sont descendues dans les rues pour réclamer l'égalité.

Nos Yvette libérales agissent en ceci comme bien d'autres larbins qui renient toutes les conquêtes du mouvement ouvrier tout en profitant des résultats pour eux-mêmes comme s'ils avaient été obtenus à partir du néant.

***

Je suis féministe en tabarnak. Ou si vous préférez, c'est parce que je suis en tabarnak que je suis féministe.

Mes gosses ne tomberont pas par terre parce que je m'affiche en tant que féministe.

Je ne ressens aucune perte de virilité ou de masculinité en reconnaissant l'importance du mouvement de libération des femmes pour me libérer moi-même d'une civilisation inégalitaire fondée sur l'atavisme et les pires valeurs humaines qui soient. Les droits obtenues par les femmes sont des droits qui profitent à tous parce que c'est la résultante d'un authentique combat pour l'égalité, et non pas un trivial discours de femmes pléonastiquement "pro-actives" qui méprisent les femmes qui se battent pour tout le monde.

La femme est l'égale de l'homme. Je le dis sans rire, sans quiproquos, sans malentendus.

Je ne crois pas que ce combat soit terminé. Bien au contraire. Je suis convaincu qu'il y a encore lieu de le mener pour plusieurs raisons, à moins d'être aveuglé par l'argent et d'ignorer l'état du monde.

Les pressions se font encore sentir dans le monde pour que les femmes prennent leur trou, pour que les femmes ne soient qu'un trou...

Que la ministre responsable de la condition féminine se désolidarise du féminisme en dit long sur ce gouvernement libéral de trous de beignes.

On ne s'attendait pas à mieux.

On les connaît, ces libéraux québécois, fer de lance du conservatisme social qui font honte à leur propre histoire.

Télesphore-Damien Bouchard, ancien député libéral de Saint-Hyacinthe, anticlérical avoué et soutien indéfectible du suffrage féminin, doit certainement se revirer dans sa tombe en voyant ce que sont devenus les Rouges. Une christ de bande de pleins de marde, de licheux de balustres et d'adorateurs du Veau de Ville...

Le féminisme a toutes les raisons d'être.

Et nous avons toutes les raisons, en tant que Québécoises et Québécois, de nous débarrasser au plus vite de ce gouvernement libéral à la solde de tout ce qui pue tant en Amérique que dans le monde.



dimanche 6 mars 2016

Ça ne va jamais assez vite pour Zoé

Zoé n'était pas du genre à tolérer la lenteur.

-Y'a rien qu'ej' déteste plus que les lambineux! qu'elle disait. I' faut qu'ça y aille pis qu'ça y aille... Quand ça i' va pas, moé ça eum' met en tabarnak!

Elle était souvent en tabarnak parce que ça n'allait jamais assez vite à son goût.

Et pour oublier que tout n'allait pas assez vite, elle surconsommait tout ce qui, paradoxalement, contribuait à l'amplification de son impatience. Zoé fumait comme trois cheminées, absorbait des litres de boissons énergisantes, avalait des pilules pour on ne sait trop quelle déraison.

Je voudrais vous dire que c'était une boule d'énergie alors qu'elle était plutôt une boule de marde.

Je vous dirai donc qu'elle était une boule de marde.

Je sais bien que c'est facile de regarder la paille dans l'oeil de Zoé.

Mais bon, je trouverai bien un jour ou l'autre l'occasion de me rabaisser sous la poutre contre laquelle ma tête se cogne presque tous les jours.

Et puis on ne parle pas de moi. On parle de Zoé.

Et tant qu'à parler d'elle, aussi bien la décrire. Il semble que les grands écrivains se distinguent par la finesse de leurs descriptions. Je suis déjà grand, quoi que je fasse. Il me reste à devenir écrivain. Ce qui pourrait être confirmé après le point final de ce récit si je ne m'en tire pas trop mal.

Zoé était belle comme une image. Voilà. Malheureusement, elle n'était que cette image. Sa personnalité se trouvait contrefaite par cette image de star de journaux à potins qu'elle souhaitait projeter.

Elle voulait ressembler en tout à une reine du vidéoclip. Sa chevelure coulait sur ses épaules comme si quelque drôle lui avait renversé une lasagne sur la tête. Sa tignasse était outrancièrement ondulée et blanchie à la chaux. Ses paupières étaient fardées comme si elle avait quatre-vingt-dix-neuf ans à faire oublier. Ses lèvres étaient trop gonflées pour ne pas y voir l'intervention d'un chirurgien plastique plein aux as.

-Les hommes aiment ça les bouches de suceuse! qu'elle affirmait sans vergogne en se réjouissant outre mesure d'avoir une paire de seins hors normes qu'elle n'avait pas eu besoin de faire souffler au garage.

Zoé était une vraie pétasse pour tout dire. On pouvait la sentir à trois kilomètres à la ronde tellement elle ne lésinait pas sur les parfums. Elle sentait fort l'encens de messe, le melon d'eau et la poudre pour bébés cancérigène.

Pour revenir au tout début de notre récit, Zoé était surtout impatiente. Impatiente de devenir riche. Impatiente de ses relations amoureuses et de ses multiples amants jetables qui peinaient à lui offrir ce qui lui revenait de droit, c'est-à-dire TOUT et TOUT DE SUITE!

Elle s'était au bout du compte trouvé un larbin qui travaillait dans la construction. Ce pauvre gars, Claude alias Cloclo, passait son temps à s'arracher la tête en se demandant comment il allait calmer cette femme qui ressemblait tant à une star et se comportait ainsi.

-Faut qu'ej' lui paye une robe... Faut qu'ej' lui paye un voyage dans l'Sud... Faut qu'ej' lui paye l'esthéticienne... Faut qu'ej' lui paye une piscine, un spa, un char, un foulard, des gants, des cours de pole-dance, un fer à friser spécial, un cheval, un chien de race, un chat pas achetable, un livre sur l'art de rester calme tout en étant hyperactif... Comment vais-je y arriver? Ej' su's endetté par-dessus la tête! Ej' su's su' l'bord d'me faire saisir sacrament!

-J'connais des hommes qui travaillent soixante heures par semaine pour leur femme... lui répétait souvent Zoé. Si t'es un homme, montre-le moé... Tu travailles même pas quarante heures! Trouves-toé une deuxième job pis tu vas y arriver... Slaque sur la bière pis l'pot! Tu penses juste à toé!!! Pis moé, là-d'dans, ej' su's quoi? Une dinde? Qui qui va payer ma coiffeuse, pis mes massages, mes sessions d'bronzage, mon voyage à Las Vegas? Maudit égoïste! Grouille-toé el' cul!

J'oubliais de vous dire que Zoé était infirmière. Elle avait choisi cette profession parce que c'était payant et qu'elle souhaitait tomber un jour ou l'autre sur un médecin qui la ferait vivre. Ce qui ne s'était pas encore produit.

C'était comme si les intellectuels la fuyaient en plus d'être laids. Zoé voulait que son mec soit beau, avant toute chose, et elle s'occuperait bien ensuite de le pousser de force vers la fortune. quitte à emprunter de l'argent à des médecins laids qu'elle ne rembourserait jamais.

Elle ne s'imaginait pas aux côtés d'un prince à moitié chauve qui pue du scrotum. Aussi préférait-elle les douchebags. Et Cloclo en était tout un après s'être pomponné comme une petite princesse pour sa Zoé. Il sentait l'encens, le melon d'eau et la limette. Son scrotum était remarquablement propre même si Zoé dédaignait de plus en plus souvent ces parties de son corps pour se consacrer un peu plus à Charles, Henri et Nathan, desquels Cloclo ne savait rien bien entendu, sinon qu'ils étaient ses voisins.

Au travail, Zoé ne démontrait aucune empathie envers les patients. Elle les traitait comme des nuisances et effectuait le strict nécessaire pour conserver son emploi. Elle était une spécialiste des griefs syndicaux, des congés sans solde et autres caprices. Ça n'allait jamais assez vite avec ses patients et elle leur signifiait méchamment qu'elle n'avait pas que ça à faire.

-J'ai pas juste ça à faire...  On passera pas la journée là-dessus!

Et paf! Elle leur piquait violemment le cul, leur introduisait des sondes sans crier gare et allait même jusqu'à pincer le cul des vieilles séniles qui ne se tournaient pas assez vite sur le côté afin qu'elle puisse faire rapidement son boulot.


***

Je m'épuise sur mon sujet sans y trouver une finale digne de ce nom.

Je pourrais ajouter que Zoé passe son temps sur Facebook à poster des selfies d'elle-même en train de se sécher les dents.

Ça donnerait quoi, hein?

L'essentiel à retenir, c'est que Zoé est une nuisance publique. Une personnalité si tordue est malheureusement au goût du jour.

Les Cloclo de ce monde ne valent guère mieux. Ils souhaitent vivre auprès d'un pitoune et se comportent en larves pour y arriver. Ils font semblant d'être forts, virils et musclés, alors que ce ne sont que de vraies lopettes.

En vous parlant comme ça, j'arrive tout de même à une conclusion.

Elle est toute simple: les gens heureux ne font pas de bonnes histoires.

Il n'y a rien de plus facile à raconter que la médiocrité.

On trouve tous les mots pour la décrire sans trop se casser le bicycle.

Les exemples affluent. Les comparaisons s'établissent d'elles-mêmes.

Au final, nous finissons tous par penser que nous vivons dans un monde de marde.

Et Zoé, tout comme vous et moi, ne sommes au fond que des greluchons bourrés de vices et de contradictions.

Ce qui n'est pas une raison pour s'acoquiner avec une pétasse.

Ou bien avec un douchebag.

Au fond, on est bien avec Maupassant, Tchekhov et Satie.

Et, contrairement à ce que peut penser Zoé, les intellectuels ne puent pas tous du scrotum.

Pueraient-ils tous de scrotum que cela ne la regarde pas.

Cette conclusion fera sans doute de moi ce genre de grand écrivain pour ceux qui ne sont pas trop difficiles.





vendredi 4 mars 2016

Les hommes d'exception sont des charognes

Romuald Lacrécelle était un homme d'exception. C'est du moins ce que prétendaient les journalistes, les présentateurs de nouvelles, les chroniqueurs, les animateurs de radio, les politiciens et même les Premiers Ministres. En plus d'être prêtre, Lacrécelle avait enseigné aux journalistes, aux présentateurs de nouvelles, aux chroniqueurs, aux animateurs de radio, aux politiciens et même aux Premiers Ministres. Comment pouvait-on penser qu'un tel être ne fusse pas un homme d'exception?

Dans cette lamentable colonie, on ne trouvait que ça, des hommes d'exception. Surtout dans cette génération-là. Chaque fois qu'un membre de la secte mourrait, les braillards réclamaient qu'on coule un bronze, qu'on débaptise des rues et tout le saint-frusquin.

Il arrivait aussi que des femmes meurent. Elles avaient rarement droit aux funérailles civiques et aux hommages. Une femme, voyez-vous, est rarement un homme d'exception...

Quelle femme a enseigné aux Premiers Ministres, hein? Quelle femme a fait suffisamment d'argent pour s'acheter des politiciens? Et même si elle est morte riche, tout le monde sait bien que les hommes d'exception sont nécessairement son mari défunt ou bien ses fils, tous avocats, enseignants ou médecins, des métiers bien plus nobles qu'éboueur, torcheuse de cul ou mère au foyer.

Romuald Lacrécelle, pour ceux qui l'ont bien connu, n'était pas un homme digne d'éloges et de louanges. C'était un gros cochon vicieux qui se fourrait le nez dans tous les trous du cul en plus de manger avec ravissement ses propres crottes de nez. Il avait aussi cette manie de commander à ses subordonnés de lui apporter un verre de lait tiède avec deux biscuits mous. Si le lait était trop froid, voire trop chaud, Lacrécelle piquait une sainte colère en vouant tout un chacun aux gémonies pour témoigner du caractère tout à fait exceptionnel de cet actif notable de la bourgeoisie sale.

Les sans-culottes et blogueurs à la petite semaine disaient de lui qu'il avait été une vraie charogne tout au cours de sa vie. Une charogne que les charognes de métier vénéraient afin que les charognes fassent oublier le souvenir de leurs turpitudes.

-L'homme du ressentiment, disaient les plus philosophes d'entre toutes ses charognes, est celui qui ne sait pas témoigner d'égards envers les hommes d'exception de notre secte! Comment peut-on se montrer aussi dur envers le génie, le talent et l'argent? Une société qui ne respecte pas ses maîtres et ne lèche pas la raie de ses guides n'est pas digne de survivre à l'Histoire avec un grand H! L'Histoire est faite par les hommes d'exception, pas par ces remueurs de fumier, ces bouseux et ces vulgaires cyniques aux propos fortement teintés de mépris et de scatologie! S'ils ne savent pas honorer la mémoire des grands, c'est qu'ils ne peuvent pas les atteindre. Ce qui les rend jaloux, mesquins et indignes... Une société qui méprise les membres de son élite est vouée à l'échec!!!

C'était ce qu'avait enseigné le prêtre Lacrécelle tout au cours de sa vie. Tout ça pour être certain qu'il aurait lui aussi sa statue, ses médailles et autres décorations émises par quelque magicien d'Oz dissimulé derrière son écran de fumée. (On ne peut imaginer une meilleure position lorsqu'il s'agit de se régaler clandestinement de ses propres crottes de nez.)

Bref, Romuald Lacrécelle était bel et bien mort.

Tous les drapeaux étaient en berne sur à peu près tous les édifices publics de la colonie, hormis ceux où l'administrateur était trop saoul pour lire les mémos ministériels.

Pendant ce temps, les culs se torchaient encore dans les hôpitaux.

Les mères de famille élevaient leurs enfants en faisant deux repas avec trois fois rien.

Les prolétaires prolétarisaient.

Et les chômeurs chômaient.

Le monde n'avait pas cessé de tourner parce que Romuald Lacrécelle était mort.

Ses victimes comprenaient trop bien pourquoi les notables honoraient la mémoire de cette charogne qui avait les mains trop longues et avait joué impunément avec leurs organes génitaux de jeunes enfants.

Dans ce monde-ci, quand un bourgeois pète, ça sent bon.

Quand un bourgeois écrit un livre, c'est excellent.

Quand un bourgeois répète des lieux communs, c'est du génie.

C'est comme ça depuis que le monde est immonde.

Et on ne peut rien y faire, sinon continuer de maugréer ici et là sur l'Internet.

Comme si l'Internet changeait quelque chose au génie...





jeudi 3 mars 2016

Le plus beau printemps de ma vie

Le plus beau printemps de ma vie s'est produit il y a déjà plus de vingt ans.

J'étais encore jeune et j'avais probablement traversé l'hiver le plus sombre de ma jeune existence inexpérimentée.

J'avais traversé cet hiver de mille manières, de Trois-Rivières jusqu'à Vancouver, en passant par Montréal, Toronto, Winnipeg, Saskatoon et Edmonton.

L'hiver et le printemps alternèrent plusieurs fois au cours de ma traversée de la Colombie-Britannique.

Au sommet des Rocheuses, il neigeait. Dans les vallées, les lilas étaient en fleurs. Puis on remontait dans les montagnes pour revoir encore l'hiver. Puis on redescendait vers le printemps. Ce fût ainsi pendant plusieurs heures, d'une montagne à l'autre, d'une vallée à la prochaine. Froid, chaleur, neige, pluie, soleil et fleurs...

À la déprime de l'Est succédait l'espoir de l'Ouest qui, paradoxalement, me faisait aussi rejoindre l'Orient. Je ne savais plus si j'étais à Vancouver ou bien en quelque grande ville de l'Asie. Des moines bouddhistes vêtus de saris jaunes déambulaient sur les trottoirs. Des itinérants aux traits de fakirs arboraient des barbes teintes en rose ornées de fleurs... J'étais carrément ailleurs et pouvais oublier tout ce que j'avais vécu précédemment. Un nouveau moi venait au monde. L'ancien était cette vieille peau de serpent abandonnée derrière moi. Le nouveau moi parlait difficilement l'anglais, ne connaissait pratiquement personne et devait se débrouiller avec des gestes et des mimiques pour s'expliquer tant bien que mal.

J'y songe encore aujourd'hui comme si ce n'était jamais arrivé.

Et pourtant, cela s'est produit.

J'ai bien respiré l'air salin soufflé par l'Océan Pacifique.

J'ai bien vu l'Alaska, le Yukon et tout le reste.

Jamais je n'oublierai ça. Jamais.

Que serais-je devenu sans cette renaissance?

Je n'ose même pas y penser.

Une partie de moi sera toujours quelque part dans la Fraser Valley, quelque part près du Bear Glacier en Colombie-Britannique, quelque part aux environs de Whitehorse.

Cela ne s'explique même pas.

C'est comme ça, tout simplement.





mardi 1 mars 2016

Chaque premier du mois est le Jour des Rois

Le premier du mois est le Jour des Rois. Je dois cette appellation à l'un de mes amis, le grand Routhier. Je l'ai retenue.

Pourquoi le Jour des Rois? Eh bien parce que les chèques d'aide sociale sont émis le premier jour de chaque mois, à moins que le premier ne tombe un samedi ou un dimanche.

Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Le premier du mois tombe un mardi. C'est donc aujourd'hui que la manne tombe du ciel pour 315 441 ménages. Ce qui représente, au bas mot, près de un million de personnes pour une population d'environ 8 263 600 Québécois.

C'est beaucoup. Je ne juge pas de la pertinence d'accorder ou pas des chèques d'aide sociale. En fait, si: je conçois qu'il est nécessaire d'accorder de quoi survivre à ceux qui n'ont rien.

On veut nous faire accroire qu'il y a du travail pour tout le monde. Ce n'est pas le cas. Et ça n'ira pas en s'améliorant au fil des ans. Il y aura de moins en moins de travail pour tout le monde, de plus en plus de robots, de plus en plus de ghettos de chômeurs à vie... Ceux qui prétendent le contraire sont de fieffés menteurs.

***

J'ai eu dans ma vie l'insigne privilège de siéger sur des comités d'embauche. J'ai vu défiler des tas de gens qui se cherchaient du boulot. Je me suis moi-même trouvé dans cette situation désolante. Se promener d'un bureau à l'autre avec son cévé n'est pas une mince affaire. On doit parfois sacrifier son repas pour se payer une entrevue. On arrive affamé devant l'employeur, les yeux sortis de la tête, prêt à tout pour s'extirper de la misère.

L'ahuri derrière son bureau nous regarde de bas en haut avec un air de merlan frit. Il voit des trous dans notre cévé. Il veut qu'on porte absolument une cravate. Il n'a pas le temps de montrer la job et veut quelqu'un avec trente-huit ans d'expérience alors qu'on a seulement vingt-deux ans...

J'ai vu passé toutes les sortes de candidats, dont d'extrêmement mauvais qui avaient l'air d'avoir couché dans les vidanges. Qui les embauchera? Probablement personne. Et on leur reprochera, évidemment, d'être crottés et de vivre de l'aide sociale... On leur reprochera d'être illettrés, analphabètes, incultes et ignorants.

J'ai vu aussi d'excellents candidats que l'on n'a pas retenus parce qu'ils étaient quarante à passer une entrevue pour un seul poste disponible.


***

Le Jour des Rois, le jour du chèque d'aide sociale, n'est pas si réjouissant qu'on ne le croie tout compte fait.

C'est un jour qui apporte un peu de baume sur la misère.

Il se pourrait que le pauvre s'offre une consolation pour tout le mois de merde qu'il vient de traverser. Il aura peut-être l'envie de boire une bière, de fumer un joint ou de s'acheter une palette de chocolat. Les riches et les larbins le regarderont de haut, comme toujours.

Moi, je le regarderai aujourd'hui avec beaucoup de compassion et de solidarité.

Je ne le jugerai pas.

Je sais c'est quoi de vivre sur l'aide sociale.

Je souhaite ne jamais y retourner.

Et fuck pour tous ceux qui ne comprennent pas.

Fuck aux honnêtes gens, aux larbins et autres renifleurs de pet du capitalisme cannibale.

***

Je me souviens du gouvernement conservateur ontarien de Harris, un fort en gueule issus d'une quelconque radio-poubelle qui a souhaité s'attaquer à la pauvreté en réduisant les chèques d'aide sociale. Dans la semaine qui a suivi ce sabotage social, des milliers de pauvres se sont mis à entrer dans les supermarchés pour s'y servir sans payer. Les proprios et les policiers furent bientôt débordés par ces hordes de barbares qui vidaient les étagères en toute impunité.

Le gouvernement Harris s'est étouffé et a rétabli les chèques d'aide sociale de crainte de basculer dans une révolution sociale sans précédent.

Quiconque osera s'en prendre à l'aide sociale devra avoir en tête cette histoire. Quand un pauvre n'a plus rien à perdre, parce qu'on lui a tout enlever, il devient un excellent soldat pour foutre à terre la Bastille.

***

J'étais en Alberta lorsque le gouvernement tout aussi conservateur décida de couper l'aide sociale pour les moins de trente ans. Le chèque fût réduit à moins de trois cents dollars par tête de pipe. Par conséquent, les jeunes assistés sociaux désertèrent en masse l'Alberta pour se rendre en Colombie-Britannique ou bien en Saskatchewan dans l'espoir de s'en sortir. C'est donc les autres provinces canadiennes qui ont payé pour ces jeunes pauvres que l'Alberta s'acharna à éliminer.

Depuis que l'Alberta renoue avec les déficits et ne réussit plus à vendre son pétrole sale puisé dans les sables bitumineux, voilà qu'elle réclame de l'aide des autres provinces...

Le Québec devra bientôt émettre un chèque d'aide sociale pour l'Alberta qui n'aura pas su profiter de l'argent de l'or noir parti dans quelques inaccessibles paradis fiscaux au détriment des Albertains et de l'ensemble des Canadiens...

***

L'aide sociale n'est pas une sinécure.

Personne ne souhaite s'y maintenir toute la vie, hormis ceux qui ont perdu tout espoir de plaire à qui que ce soit, dont à un éventuel employeur.

Si vous aviez à passer votre vie dans un camp de concentration, je ne doute pas un instant que vous finiriez par trouver des trucs pour agrémenter votre ordinaire. Vous feriez appel à un certain marché noir à l'intérieur du camp pour combler certains caprices qui rendent la vie moins intolérable. Vous marchanderiez pour un mégot. Vous vendriez vos souliers pour un quignon de pain rassis.

Les gens sur l'aide sociale n'ont pas vraiment le choix d'avoir recours à des expédients pour combler le vide de leurs poches.

Les plus rusés finissent par mener une vie parallèle et à fricoter avec le crime organisé comme le font d'ailleurs les politiciens de métier, ces assistés sociaux de luxe.

Les autres sont toujours un peu plus malades, un peu moins présentables, un peu plus moribonds.

Tout le monde leur chie sur la tête.

La caissière du supermarché les dévisage.

L'employée de la Caisse populaire les méprise.

Le chauffeur de taxi les barouette d'un bout à l'autre de la ville en maugréant.

Le chauffeur d'autobus démarre à toute trombe pour les voir vaciller et tomber derrière lui.

Le petit employé au salaire minimum se réjouit de pouvoir les détester, comme s'il avait trouvé quelqu'un d'encore plus minable que lui.

***

Franchement, le premier du mois n'est pas vraiment le Jour des Rois...

lundi 29 février 2016

Spotlight sur les pédophiles de l'Église catholique

J'ai vu Spotlight vendredi dernier. Ce film de Tom McCarthy mettant en vedette Micheal Keaton a remporté hier l'Oscar du meilleur film. McCarthy en a profité pour envoyer un message au Vatican. Il faut dire que son film traite des prêtres pédophiles qui ont pu agir pendant des années en toute impunité. L'Église catholique camouflait tout et usait de son influence pour que rien ne transparaisse.
Ces actes de pédophilie ne se sont pas produits qu'à Boston, là où se déroule l'action du film oscarisé, mais partout dans le monde catholique. À la fin de Spotlight, on voit défiler des noms de lieux où l'Église catholique a étouffé des cas répugnants de pédophilie. Le Québec n'y était pas en reste...

Trop souvent on entend des fervents cathos dire que les prêtres sont des hommes comme les autres et qu'il peut s'y glisser des pommes pourries comme dans n'importe quel autre milieu.

Cela m'irrite un peu d'entendre ça.

Ils ne sont pas des hommes comme les autres, c'est ce qu'ils prétendent eux-mêmes devant leurs fidèles. C'est ce qu'ils ont fait pour cacher leurs viols à répétition sur des enfants.

Ils sont des hommes de Dieu. Ils sont là pour combattre le Mal et le péché. Et ces hommes de Dieu lorsqu'ils fouillaient dans les culottes des enfants demeuraient impunis. Ce qui n'en fait pas des hommes comme les autres, mais d'authentiques prédateurs sexuels qui ont bouleversé la vie de milliers d'enfants. Des milliers d'enfants qui sont plus tard devenus des adultes troublés aux prises avec des souvenirs douloureux.

Personne n'a voulu les croire lorsque les victimes ont dit que Frère Masturbus a joué avec leurs organes génitaux ou bien les a forcés à lui faire une fellation.

L'Église catholique n'a pas à nous dire qu'il faut pardonner les gestes des pédophiles. Elle aura amplement pratiquer cette forme de pardon.

Par contre, il y a lieu de se questionner quant à sa compassion envers les victimes de pédophilie.

Elle aura tout fait pour les écraser.

Et, aujourd'hui, elle mérite plusieurs taloches derrière la tête.

Elle mérite son sort: des centaines et des milliers d'églises qui ferment les unes après les autres.

Elle mérite le mépris généralisé de la communauté.

Ces prêtres n'étaient pas des hommes comme les autres. Non. Ils étaient pires que les autres...

***

Chaque fois que je vois une église, une statue sacrée, un symbole religieux ou une amulette je ressens un profond dégoût. Le phénomène religieux ne suscite aucune forme d'extase chez-moi.

Groucho Marx disait que l'institution du mariage était une bonne chose hormis pour ceux qui ne souhaitent pas vivre dans une institution.

Il en est ainsi pour toutes les institutions.

Quand on me montre une pyramide, je ne tombe pas en extase. Je vois des esclaves se faire fouetter et manger de la schnoutte pendant des années pour enterrer un fanfaron.

Quand on me montre une cathédrale, je n'y vois pas une merveille d'architecture. J'y vois un édifice administratif pour favoriser l'impunité des pédophiles. J'y vois la perpétuation de l'Empire romain, l'impérialisme qui aura écrasé toutes les formes de culture sur son passage. J'y vois l'impunité des prêtres et des césars.

Quand on me pointe du doigt un monastère, j'y vois une prison.

La religion? Très peu pour moi.

La spiritualité? Je veux bien dans la mesure où l'on ne vient pas me chier des réponses toutes faites à des questions portant sur l'infini. Autrement, c'est de la schnoutte. Cela m'intéresse autant qu'une partie de ouija.

Et la pédophilie? C'est sans excuses.

L'attirance envers les enfants n'est pas une distraction comme les autres.

D'autant plus que ces enfants ne demandaient pas de se faire jouer dans les culottes par de vieux cochons gluants, qu'ils aient porté une croix dans le cou ou pas.

Un cochon reste un cochon.

La souillure reste la souillure.

Il faut avoir quelques écrous en moins dans le cabochon pour trouver des excuses au viol des enfants.

Honte à l'Église catholique.

Elle devra en remuer de l'encens pour faire oublier toute la merde qu'elle aura faite au fil des époques.





vendredi 26 février 2016

Exploités du monde entier, unissez-vous!

Croyez-vous vraiment que les capitalistes soutiennent la démocratie dans le monde? Pensez-vous qu'ils se couchent en se disant qu'il n'y a rien de plus noble que cette chose dite publique?

Le pays d'un capitaliste, c'est l'argent. Il étranglerait sa mère, sa femme et ses enfants s'il y voyait l'occasion de faire une piastre. S'il se retient, c'est parce que ça paraît mal en affaires. Ou parce qu'il y a d'autres mères, d'autres femmes et d'autres enfants à tuer avant d'en arriver là.

L'Iran et l'Afghanistan ont failli connaître une révolution de type communiste. Les capitalistes ont tout de suite compris que cela apporterait de l'eau au moulin du bloc des économies dites socialistes. On y a encouragé les islamistes au détriment des droits des femmes, au détriment d'écoles et de soins de santé gratuits. De sorte qu'il y a un peu de nous dans les talibans, Al Qaïda et même l'Ayatollah Khomeini. Il y a derrière tout ça le souffle puant de nos capitalistes.

Les capitalistes n'ont qu'une chose en tête: développer de nouveaux marchés et exploiter de nouveaux territoires. Rien de plus fâcheux pour un capitaliste que de devoir marchander avec un dictateur qui leur met des bâtons dans les roues. Ils s'accommodent bien d'un Pinochet ou bien d'un cheikh du Moyen-Orient. Moins avec un Castro, un Chavez, un Saddam Hussein ou bien un Bachar Al Assad. Ils aiment les salauds quand ce sont les leurs.

Je ne soutiens d'aucune manière les dictateurs, quels qu'ils soient. Mais je ne suis pas dupe. Il y a les bons et les mauvais dictateurs selon l'échelle de valeurs des capitalistes. Les bons sont ceux qui permettent l'exploitation des ressources naturelles de leur pays. Les mauvais sont ceux qui se ferment au sacro-saint marché.

Les capitalistes aiment les peuples qui n'ont rien, surtout pas des barrages hydroélectriques, des mines et du pétrole.  Tout ça doit appartenir au privé et les gouvernements doivent se soumettre aux plans des banquiers de ce monde. S'ils ne le font pas, on inventera n'importe quoi pour y faire le ménage. On embauchera des mercenaires pour foutre le chaos du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest. On fera semblant de combattre les islamistes un jour puis le lendemain on les financera afin de continuer de faire semblant de les combattre. La plupart des larbins de ce monde n'y verront que du feu. Les capitalistes, comme toujours, financeront la maladie et le remède.

La révolution bolchevique, c'est connu, fût financée par les banques allemandes. Cette contre-révolution se donnait pour but de mettre un terme à la vraie révolution russe, celle qui n'avait presque fait aucun mort. Celle initiée par des anarchistes, des sans-partis, des tolstoïens et des syndicalistes. Lénine fût le fossoyeur de la révolution russe avec l'assentiment des banquiers. Le bolchevisme était la concrétisation du vieux rêve des conservateurs: un peuple soumis et docile qui travaillait pour un quignon de pain rassis. Ford et d'autres compagnies américaines ne manquèrent pas d'investir en Russie quand Lénine leur donna le feu vert.

-Oui, mais c'est ça la realpolitik! On ne vit pas au Royaume de Walt Disney...

Fort bien! Pourquoi faudrait-il accorder de l'importance aux contes de fées des médias traditionnels si tel est le cas?

Si ce monde est constitué de caca, permettez au moins que l'on se bouche le nez et les oreilles.

Les desseins des capitalistes sont clairs. Ils veulent s'accaparer toutes les ressources naturelles du monde et nous traiter comme des esclaves. Ils ne veulent pas notre bien, mais nos biens. Ils se financent des marionnettes politiques sous tous les régimes pour nous exploiter jusqu'à l'os.

Ils s'engagent des mercenaires, qu'ils soient bolcheviques ou islamistes, pour nous faire accroire qu'ils sont à la tête d'un combat entre le Bien et le Mal.

Dans les faits, le Mal vient du combat.

Le Mal, c'est le chaos.

Ce chaos qui permet de tout acheter pour trois fois rien.

Marx, qui avait ses défauts, avait tout de même raison de dire que les travailleurs n'ont pas de patrie et qu'ils n'ont que des chaînes à perdre.

Je souhaite que les Irakiens, les Égyptiens, les Afghans, les Russes et les Toltèques obtiennent le plein contrôle de leurs ressources naturelles. Je souhaite la nationalisation de toutes les ressources naturelles pour financer des écoles, des hôpitaux et des salles de concert. La Paix demeurera une illusion tant que nous aurons l'illusion que les capitalistes ne sont pour rien dans ces maux qui nous affligent sur cette Terre.

Exploités du monde entier, unissez-vous!

jeudi 25 février 2016

Le 29 février

La médecine n'est pas une science exacte. Si elle l'était, cela se saurait. On peut bien sûr y faire confiance pour recoudre une oreille ou bien enlever une écharde. Il en va tout autrement lorsqu'il s'agit d'expliquer ces cas spéciaux qui ne font qu'infirmer toutes les règles établies.

Anatole était une anomalie de la science. On ne s'expliquait pas que cet homme né le 29 février 1936 ait encore le physique d'un jeune homme alors qu'il allait célébrer le jour de son anniversaire pour la vingtième fois de sa vie.

En fait. Anatole avait un métabolisme qui ne ressemblait aucunement à la norme humaine. Ça lui prenait quatre ans pour vieillir d'un an.

-C'est impossible! s'étaient dit tous ses médecins, dont plusieurs étaient morts et enterrés. C'est comme si Anatole connaissait un cycle de vieillissement ajusté sur les années bissextiles... Comme s'il ne pouvait pas vieillir avant le 29 février de chaque année où se tiennent les Jeux olympiques d'été... C'est ridicule de l'affirmer et ça ne tient pas debout... C'est pourtant ce qui se passe...

Anatole avait eu un an jusqu'en 1940, même s'il n'y avait pas eu d'Olympiques cette année-là.

Puis deux ans jusqu'en 1944, ce qui confirme que les Olympiques n'avaient rien à avoir avec sa particularité biologique. Il ne s'en est pas tenus en 1944.

Il eut trois ans jusqu'en 1948.

En 1976, lors des Jeux olympiques de Montréal, Anatole ressemblait encore à un enfant de dix ans...

Évidemment, il vivait en institution. Jusqu'à ce qu'il atteigne sa crise d'adolescence en 1988, à l'âge de cinquante-deux ans en réalité, et treize ans selon sa date d'anniversaire qui ne revenait qu'une fois aux quatre ans.

-J'en ai assez d'être ici! Vous ne pouvez pas me garder! Je fous le camp le 29 février prochain! qu'il avait crié en cassant tout ce qu'il pouvait.

Anatole fût un punk plus ou moins anarchiste pendant vingt ans. Il milita même au sein d'un groupuscule anarchiste qui imprimait des tracts dans un squat, des tracts qui disaient grosso modo fuck toutte.

En l'an 2008, il passa à autre chose. Il avait quinze ans selon son étrange constitution. Et soixante-douze ans selon la loi. Il en profita pour obtenir sa pension de retraite tant au fédéral qu'au provincial et se mit à baiser comme un orang-outan des vieilles de son âge qui s'étonnaient d'avoir affaire à un si beau jeune homme.

Le 29 février 2016, Anatole aura quatre-vingts ans. Il en a quatre fois moins quand on le regarde.

Ses médecins n'y comprennent rien.

Anatole n'est jamais malade.

Tous les membres de sa famille sont morts depuis longtemps.

Il lui reste encore quelques belles années devant lui.

Selon toute vraisemblance, il devrait mourir autour de l'année 2268.

Et peut-être jamais.

Il se pourrait bien qu'on ait trouvé le moyen d'atteindre l'immortalité d'ici là.


mercredi 24 février 2016

Les milliardaires et le sens de l'humour

Les communistes ont le sens de l'humour.

Je sais bien qu'en disant cela je m'attirerai la foudre des militants des droits de l'homme. Je les rassure tout de suite en promettant d'être à leurs côtés pour porter ma pancarte.

Cela dit, il est possible de voir de l'humour là où il y a des comportements pour le moins répréhensibles. Il n'est pas aimable de balancer une tarte à la crème au visage de qui que ce soit et pourtant cette blague éculée aura fait la fortune des protagonistes du cinéma muet.

L'humour des communistes a débuté avec Lénine.

L'économie soviétique était en ruines après des mois de guerre civile. Le monde entier pouvait se réjouir d'avoir mis à genoux ce rêve utopique d'une société égalitaire. L'égalité et la démocratie ne furent pas au rendez-vous et c'est la dictature qui fit naturellement son chemin.

Pour remonter l'économie soviétique, Lénine décida d'introduire certains éléments d'économie capitaliste à son plan machiavélique. Ce plan s'appela la Nouvelle politique économique, mieux connue sous l'acronyme NEP.

La NEP permit une certaine liberté économique pour un temps limité, le temps de se refaire une santé financière. Les agriculteurs et les compagnies étrangères purent s'enrichir le temps que cela dura.

Quelques années plus tard, l'État soviétique se chargea de tout reprendre, de tous les exproprier et de  récupérer tout ce bel argent frais pour arriver à ses fins. C'est ce que j'appelle avoir le sens de l'humour.

Cela ne vous rappelle pas quelque chose?

La Fédération russe, suite à la chute du communisme, introduisit de nouvelles libertés économiques. Des mafieux devinrent extrêmement riches sous Boris Eltsine qui pratiqua envers son peuple la thérapie de choc prônée par les libertariens de l'École de Chicago. Il s'agissait en gros d'abolir les droits et avantages sociaux, d'enrichir les riches et d'appauvrir implacablement les pauvres. C'était une autre façon d'avoir le sens de l'humour...

Les Russes ne firent plus la file pour s'acheter une patate, bien sûr, mais ils n'eurent bientôt plus d'argent pour s'en acheter.

Une nouvelle classe de milliardaires russes se mit à aplatir tout ce qui entravait leur ascension sociale. Eltsine en était tellement heureux qu'il se la saoulait tous les jours. Tant et si bien qu'on dut songer à le remplacer pour ces trop nombreuses pertes de facultés.

On songea donc en haut lieu de le remplacer par Vladimir Poutine, ce larbin de Eltsine dont on était sûr qu'il ferait tout ce qu'on lui dirait.

Or, le larbin se comporta bientôt en tsar. Il était nostalgique d'un temps où l'école, la santé et l'éducation étaient gratuites.

Il mit des tas de milliardaires en prison, les expropria puis remit une bonne partie des fruits de son vol dans l'économie nationale. Il redonna une couleur collectiviste à la Russie. Le niveau de vie augmenta de 40%. Les retraites aussi. Du coup, les Russes qui ne mangeaient plus dans les poubelles le virent comme un héros national, au grand dam de toute la presse occidentale qui tenait à ce qu'il poursuive l'austérité et la thérapie de choc de l'École de Chicago...

Les Chinois, qui rient sournoisement pour nous confondre, adoptèrent un tant soit peu les mêmes méthodes que celles de Lénine et Poutine.

Ils laissèrent un temps les riches s'enrichir, histoire de donner du coffre à leurs devises. Puis, peu à peu, ils coffrèrent eux aussi des milliardaires pour s'accaparer leurs biens afin de faire revenir ce bel argent dans la chose dite publique.

L'Islande, pour ne pas être en reste, décida elle aussi d'emprisonner des banquiers.

Dans notre beau pays, où tout le monde est beaucoup trop sérieux, on hésite à emprisonner les banquiers et les milliardaires, voire les maires et les Premiers ministres. Et pourtant, ça pourrait se faire en criant lapin. Celui qui osera le faire, un jour ou l'autre, passera illico pour un héros national.

Nous sommes des maîtres de l'humour au Québec.

Je ne crains pas que nous soyons en passe de devenir la première société nord-américaine à mettre en pratique cette forme d'humour économique.

Nous l'avons fait pour l'électricité. Nous les avons tous expropriés et personne ne viendrait dire aujourd'hui que ce fût une mauvaise décision pour les Québécois.

Voilà pourquoi je ris dans ma sale barbe de séditieux chaque fois que j'entends s'exprimer un milliardaire québécois ou même canadien. Je me dis toujours que ses jours sont comptés. Je me dis que leur fortune est bien plus éphémère qu'ils ne le croient dans un monde qui prend parfois ses leçons de la Russie, de la Chine et de l'Islande.

On peut bien rire de qui l'on veut, non?

D'autant plus que l'on ne se gêne pas pour rire de nous...