-Personne n'y échappe mon gars! Ça va te rattraper un jour ou l'autre. Je t'en passe un papier!
Thomas Lafrenière alias Tomtom lui avait chuinté ça entre ses dentiers trop flottants. Il n'était pas commode, Tomtom. C'était un vieux de la vieille qui sentait un peu le gras de peau et qui malheureusement ramenait tout à la politique.
Et ce jour-là, après la partie de baseball, personne ne voulait l'entendre parler de politique. Surtout pas Boubou.
-Il n'y a pas que la politique dans la vie, Tomtom, lui avait répondu Larry Boudreau alias Boubou, justement, numéro 14 du club de baseball de la Taverne Bullpen où ils étaient d'ailleurs tous rassemblés.
-Ah ouin? Eh pis y'a quoi d'autre, hein? De la poésie? cracha Tomtom. Ça vivrait pas sans subventions pis les subventions c'est politique MON PE-TIT GARS!
Tomtom haussa le ton sur MON PE-TIT GARS pour humilier Boubou, un p'tit bonhomme qui aurait pu jouer un lutin dans Blanche-Neige.
-Voyons don' Tomtom! Tabarnak! répliqua Boubou. Il y a aussi la bière, les femmes, pas vrai les gars? ajouta Boubou en levant sa bouteille pour marquer un toast.
Cependant, personne ne vit Boubou lever sa bouteille. Il était vraiment trop petit parmi sa bande de géants gonflés au poulet de rôtisserie bourré d'hormones de croissance.
Incidemment, ils s'était tous commandé du poulet barbequiou ce soir-là, comme ils le faisaient après chaque partie. Hormis Boubou qui avait préféré se quâller de la poutine.
Quant à Tomtom, il préféra boire plutôt que de manger. Aussi ce ne fut pas long avant qu'il ne tombe saoul mort, comme d'habitude.
-C'est tous des crosseurs! qu'il s'est mis à dire tout en crachant son dentier. Ce qui fait que la suite de son discours devint plutôt inintelligible.
Cela ressemblait à ceci:
-E'j'su's tanné d'payer pou' la mafia calice!!! L'a'gent d'nos taxes pis d'nos impôts s'en va chez l'Yab calice! On vit dans une pwovince co'h'ompue! Nos politiciens sont touttes co'h'ompus! Des pou'h'itu'h'es! La 'h'évolution s'en vient taba'nak! Y'a p'us PA'r'SONNE qui koé en e'ce'système-là! PA'r'SONNE n'va e's'lever pou' le défend'h'e quand i' va s'éc'ouler! Ça va y'êt'h'e bon déba'h'as taba'nak! Mes dents calice? Y'où c'qui est mon dentier calvette? MON DEN't'IER CIBOUÈWE D'HOSTIE!!!
Le dentier de Tomtom avait revolé derrière le comptoir, du côté du bar. Il était tombé en plein dans l'eau de vaisselle. Ce qui fait qu'il était propre.
Jocelyn, qui était barman ce soir-là, lui remit son dentier, comme d'habitude. Et Tomtom le fourra dans sa poche, après l'avoir emballé dans une serviette de table en papier.
Boubou n'était plus là. Ni les autres. Ils étaient partis rejoindre leurs blondes et leurs enfants.
Il ne restait plus que Tomtom et le barman.
-C'est mon lastcall Tomtom. Tu prends-tu un' autre bière pour la route?
-Enwèye don' Jocelyn! Hin autwe pour la Ruth!
Une vieille toune de Pete Seeger jouait en arrière-fond tandis que Jocelyn fermait la porte de la taverne pour compter les recettes de la soirée en toute sécurité.
Tomtom ne parlait plus de politique. Encore quelques gorgées et son taxi l'attendrait dehors, devant la Taverne Bullpen, comme d'habitude.
L'air était chaud et humide mais peut-être pas.
Ce qui était bien certain, c'est que Tomtom était chaud et humide.
-Les taba-nacks! Libawté!!! gueulait-il tout en faisant du shadow boxing contre les forces occultes de la politique...
vendredi 30 septembre 2011
jeudi 29 septembre 2011
La fausse sagesse incarnée de Daphné Malapart
La sagesse n'est pas autre chose que de ne pas devenir fou, stressé, complètement à côté de ses pompes.
Prenons n'importe quel homme de l'ère glaciaire et foutons-le au beau milieu d'une ville, avec le bruit des véhicules, le grondement de l'électricité et le sillement de toutes les sortes d'ondes dans lesquelles on baigne.
Eh bien il ne ferait pas mieux que la plupart d'entre nous, le troglodyte. Il deviendrait fou, stressé et complètement à côté de ses pompes. Comme quoi l'évolution prend du temps.
Quoi qu'il en soit, la sagesse nous incite à vivre autrement, n'est-ce pas?
Et la partie n'est pas facile.
Ne serait-ce que du fait de partager les mêmes ruines et de renifler les mêmes vapeurs méphistophéliques.
Ce n'est pas facile. Vous avez bien raison de le croire vous aussi.
Voilà pourquoi Daphné Malapart était la sagesse incarnée, enfin, presque ça...
Je vais vous revenir là-dessus...
Elle était toute menue, Daphné. Plutôt osseuse qu'adipeuse. Et pas vraiment jolie en fait.
Mais elle était super gentille, ce bout de bonne femme de quarante ans, attentionnée et plein d'enthousiasme pour aider les vieillards aveugles à traverser la rue.
Daphné, c'était de la bonne pâte, oui monsieur, et tout le monde l'aimait.
Tout le monde sauf la bonne femme Bilodeau, sa voisine, une grosse mégère de soixante-trois ans qui se plaignait toujours du fait qu'elle plaçait ses sacs de vidanges tout de travers dans le bac vert. Entre vous et moi, la Bilodeau est une grosse crisse qui crie pour rien. Elle ferait mieux de soigner son amphysème et d'écraser sa cigarette. Sa voix de cendrier d'outre-tombe est bien moins fréquentable que la jolie voix de pipeau de la Malapart.
Pourtant, Daphné n'en faisait pas de cas, jamais.
-Daphné cibouette! lui disait souvent la bonne femme Bilodeau. Place don' tes sacs à vidanges dans le bon sens dans le bac vert! Quand i' sont tout de travers, y'en rentre moins pis on n'est p'us capable de fermer l'couvert calvinousse!
-J'vais y voir, lui répondait gentiment Daphné qui avait les cheveux teints en rouge vif cette semaine-là.
Évidemment, Daphné avait la sagesse de ne pas vraiment se soucier de ce que lui disait la bonne femme Bilodeau.
Elle continuait son chemin en sifflant, toujours au service de celui-ci ou bien de celui-là.
Son chum, c'est drôle à dire, était le fils de la bonne femme Bilodeau.
Eh oui, Daphné était la brue de la bonne femme.
Ce qui fait qu'elle avait crissement raison de la laisser brailler toute seule avec ses calices de sacs de vidanges.
Daphné marchait sur les trottoirs ou bien dans les champs en sifflant des chansons joyeuses.
Elle pouvait respirer le monoxyde de carbone avec une certaine aisance.
Et oublier que tout était laid autour d'elle, la ville, le ciel, les gens.
Parce que les gens ne deviennent pas seulement fous.
Ils deviennent méchants aussi, dans les vapeurs méphistophéliques de l'ère industrielle.
Et ce qui devait advenir arriva.
Daphné péta les plombs. Elle péta sa coche comme on dit par chez-nous.
C'était pas plus tard qu'avant-hier.
La bonne femme Bilodeau se plaignait encore de ses hosties de vidanges.
-Là, là, Daphné, ç'a vraiment p'us d'bon sang! On s'crérait dans un vrai capharna-y-üm! Les sacs à vidanges tout croches, toé chose, tiens, jetés comme si l'on s'calissait d'toutte! Ah! Ça va vite! On n'prend plus l'temps d'faire bien les choses! Zoup! Les vidanges tout croches dans le bac vert! Pour voir si ça a d'l'allure! J'ai jamais vu ça! J'ai mon maudit voyage! Après ça qui c'est qui les replace, les sacs? C'est bibi! La bonne femme bibi, la Bilodeau va s'en occuper encore! Ben, ma p'tite fille, faut que t'apprennes à prendre tes responsabilités!!!
Et vous savez ce qu'elle a fait Daphné? Elle lui a roté dans la face. Elle venait de manger un truc grec avec du yogourt à l'ail et le borborygme n'en fut que plus puissant.
-Bweeee-aaaaaarp! It's for you my dear! qu'elle lui a répondu, Daphné, en lui rotant dans la face.
La bonne femme Bilodeau en a eu le souffle coupé. Comme si c'était l'insulte de sa vie. Dix secondes après elle téléphonait son fils sur son cellulaire pour se plaindre de sa brue, cette truie qui ne sait pas vivre.
***
Épilogue
Ça ne se fait pas ce genre de chose, bien entendu.
Mais Daphné n'est pas faite en bois.
Toutes les pressions de la civilisation ont passé à travers ce rot.
Depuis, plus personne ne croit vraiment qu'elle est la sagesse incarnée.
D'ailleurs il est plus sage de ne pas chercher à l'incarner. Survivre est bien suffisant. La vie n'en demande pas plus.
Ah! J'oubliais de dire que Daphné Malapart n'est plus avec le fils de la bonne femme Bilodeau.
Ils se sont séparés.
Ils vivaient en union libre, comme tout le monde quoi.
Qu'est-ce que ça peut bien foutre dans cette histoire?
Je me le demande.
Mais je l'ai ajouté au cas où ça servirait à quelque chose.
Écrire un conte, ce n'est pas toujours de la tarte.
Prenons n'importe quel homme de l'ère glaciaire et foutons-le au beau milieu d'une ville, avec le bruit des véhicules, le grondement de l'électricité et le sillement de toutes les sortes d'ondes dans lesquelles on baigne.
Eh bien il ne ferait pas mieux que la plupart d'entre nous, le troglodyte. Il deviendrait fou, stressé et complètement à côté de ses pompes. Comme quoi l'évolution prend du temps.
Quoi qu'il en soit, la sagesse nous incite à vivre autrement, n'est-ce pas?
Et la partie n'est pas facile.
Ne serait-ce que du fait de partager les mêmes ruines et de renifler les mêmes vapeurs méphistophéliques.
Ce n'est pas facile. Vous avez bien raison de le croire vous aussi.
Voilà pourquoi Daphné Malapart était la sagesse incarnée, enfin, presque ça...
Je vais vous revenir là-dessus...
Elle était toute menue, Daphné. Plutôt osseuse qu'adipeuse. Et pas vraiment jolie en fait.
Mais elle était super gentille, ce bout de bonne femme de quarante ans, attentionnée et plein d'enthousiasme pour aider les vieillards aveugles à traverser la rue.
Daphné, c'était de la bonne pâte, oui monsieur, et tout le monde l'aimait.
Tout le monde sauf la bonne femme Bilodeau, sa voisine, une grosse mégère de soixante-trois ans qui se plaignait toujours du fait qu'elle plaçait ses sacs de vidanges tout de travers dans le bac vert. Entre vous et moi, la Bilodeau est une grosse crisse qui crie pour rien. Elle ferait mieux de soigner son amphysème et d'écraser sa cigarette. Sa voix de cendrier d'outre-tombe est bien moins fréquentable que la jolie voix de pipeau de la Malapart.
Pourtant, Daphné n'en faisait pas de cas, jamais.
-Daphné cibouette! lui disait souvent la bonne femme Bilodeau. Place don' tes sacs à vidanges dans le bon sens dans le bac vert! Quand i' sont tout de travers, y'en rentre moins pis on n'est p'us capable de fermer l'couvert calvinousse!
-J'vais y voir, lui répondait gentiment Daphné qui avait les cheveux teints en rouge vif cette semaine-là.
Évidemment, Daphné avait la sagesse de ne pas vraiment se soucier de ce que lui disait la bonne femme Bilodeau.
Elle continuait son chemin en sifflant, toujours au service de celui-ci ou bien de celui-là.
Son chum, c'est drôle à dire, était le fils de la bonne femme Bilodeau.
Eh oui, Daphné était la brue de la bonne femme.
Ce qui fait qu'elle avait crissement raison de la laisser brailler toute seule avec ses calices de sacs de vidanges.
Daphné marchait sur les trottoirs ou bien dans les champs en sifflant des chansons joyeuses.
Elle pouvait respirer le monoxyde de carbone avec une certaine aisance.
Et oublier que tout était laid autour d'elle, la ville, le ciel, les gens.
Parce que les gens ne deviennent pas seulement fous.
Ils deviennent méchants aussi, dans les vapeurs méphistophéliques de l'ère industrielle.
Et ce qui devait advenir arriva.
Daphné péta les plombs. Elle péta sa coche comme on dit par chez-nous.
C'était pas plus tard qu'avant-hier.
La bonne femme Bilodeau se plaignait encore de ses hosties de vidanges.
-Là, là, Daphné, ç'a vraiment p'us d'bon sang! On s'crérait dans un vrai capharna-y-üm! Les sacs à vidanges tout croches, toé chose, tiens, jetés comme si l'on s'calissait d'toutte! Ah! Ça va vite! On n'prend plus l'temps d'faire bien les choses! Zoup! Les vidanges tout croches dans le bac vert! Pour voir si ça a d'l'allure! J'ai jamais vu ça! J'ai mon maudit voyage! Après ça qui c'est qui les replace, les sacs? C'est bibi! La bonne femme bibi, la Bilodeau va s'en occuper encore! Ben, ma p'tite fille, faut que t'apprennes à prendre tes responsabilités!!!
Et vous savez ce qu'elle a fait Daphné? Elle lui a roté dans la face. Elle venait de manger un truc grec avec du yogourt à l'ail et le borborygme n'en fut que plus puissant.
-Bweeee-aaaaaarp! It's for you my dear! qu'elle lui a répondu, Daphné, en lui rotant dans la face.
La bonne femme Bilodeau en a eu le souffle coupé. Comme si c'était l'insulte de sa vie. Dix secondes après elle téléphonait son fils sur son cellulaire pour se plaindre de sa brue, cette truie qui ne sait pas vivre.
***
Épilogue
Ça ne se fait pas ce genre de chose, bien entendu.
Mais Daphné n'est pas faite en bois.
Toutes les pressions de la civilisation ont passé à travers ce rot.
Depuis, plus personne ne croit vraiment qu'elle est la sagesse incarnée.
D'ailleurs il est plus sage de ne pas chercher à l'incarner. Survivre est bien suffisant. La vie n'en demande pas plus.
Ah! J'oubliais de dire que Daphné Malapart n'est plus avec le fils de la bonne femme Bilodeau.
Ils se sont séparés.
Ils vivaient en union libre, comme tout le monde quoi.
Qu'est-ce que ça peut bien foutre dans cette histoire?
Je me le demande.
Mais je l'ai ajouté au cas où ça servirait à quelque chose.
Écrire un conte, ce n'est pas toujours de la tarte.
mardi 27 septembre 2011
Un Premier ministre libéral qui s'enfuie du Parlement déguisé en femme
On connait peu notre histoire et c'est dommage puisqu'il y a un tas d'histoires drôles.
Dont celle de l'émeute du 5 avril 1932 devant le Colonial Building de Terre-Neuve, l'équivalent de la Chambre des Communes à cette époque.
C'était en pleine crise économique, comme celle qui s'en vient sur nos rivages en ce moment.
Dix milles Newfies ont marché sur le parlement et y sont entrés de force en faisant péter toutes les barrières.
Le capitalisme a mangé une sacré raclée cette journée-là dans le Dominion of Newfoundland.
Oua! Le Premier ministre libéral de l'époque, Richard Squires, s'est échappé par la porte d'en arrière, sous escorte policière, déguisé en femme...
Ah! Qu'il serait chouette de présenter une vignette Héritage Canada avec le gus déguisé en femme qui tente d'éviter la canaille qui réclame sa destitution. «Un autre beau moment de l'histoire du Canada présenté par Jeanfoutre Inc.»...
Les vaillants Newfies ont d'ailleurs obtenu sa démission. Qu'on le veuille ou pas, l'opinion de la rue ça compte toujours un peu plus qu'un discours froid lu à la radio ou bien à la Chambre de commerce.
C'est pas de ma faute si le capitalisme n'a pas d'avenir.
Dont celle de l'émeute du 5 avril 1932 devant le Colonial Building de Terre-Neuve, l'équivalent de la Chambre des Communes à cette époque.
C'était en pleine crise économique, comme celle qui s'en vient sur nos rivages en ce moment.
Dix milles Newfies ont marché sur le parlement et y sont entrés de force en faisant péter toutes les barrières.
Le capitalisme a mangé une sacré raclée cette journée-là dans le Dominion of Newfoundland.
Oua! Le Premier ministre libéral de l'époque, Richard Squires, s'est échappé par la porte d'en arrière, sous escorte policière, déguisé en femme...
Ah! Qu'il serait chouette de présenter une vignette Héritage Canada avec le gus déguisé en femme qui tente d'éviter la canaille qui réclame sa destitution. «Un autre beau moment de l'histoire du Canada présenté par Jeanfoutre Inc.»...
Les vaillants Newfies ont d'ailleurs obtenu sa démission. Qu'on le veuille ou pas, l'opinion de la rue ça compte toujours un peu plus qu'un discours froid lu à la radio ou bien à la Chambre de commerce.
C'est pas de ma faute si le capitalisme n'a pas d'avenir.
lundi 26 septembre 2011
MA DÉCLARATION DES DROITS HUMAINS SIMPLIFIÉE
J'ai suivi quelques cours à la faculté de droit de l'Université Laval. Cela ne fera pas de moi le constitutionnaliste qu'il faudrait pour expliquer en huit millions de pages quelques expressions simples comme «bonjour comment ça va?» ou bien «aimez-vous les uns les autres».
Aussi, je vais y aller d'une proposition constitutionnelle à la bonne franquette.
DÉCLARATION DES DROITS HUMAINS SIMPLIFIÉE
Tous les êtres humains naissent vrais, libres et égaux.
Quiconque veut chier sur la tête d'un autre doit être exclus de la communauté pour une période proportionnelle à la stupidité de son délit. Idem pour les pollueurs et autres baveux.
Tout être humain peut vivre une vie digne de ce nom du berceau jusqu'au tombeau, même les prisonniers et les baveux.
Il y en aura pour tout le monde de la sauce et des patates.
Ceux qui ne sont pas d'accord peuvent bien aller chier.
Merci bonsoir.
Aussi, je vais y aller d'une proposition constitutionnelle à la bonne franquette.
DÉCLARATION DES DROITS HUMAINS SIMPLIFIÉE
Tous les êtres humains naissent vrais, libres et égaux.
Quiconque veut chier sur la tête d'un autre doit être exclus de la communauté pour une période proportionnelle à la stupidité de son délit. Idem pour les pollueurs et autres baveux.
Tout être humain peut vivre une vie digne de ce nom du berceau jusqu'au tombeau, même les prisonniers et les baveux.
Il y en aura pour tout le monde de la sauce et des patates.
Ceux qui ne sont pas d'accord peuvent bien aller chier.
Merci bonsoir.
samedi 24 septembre 2011
La putasserie ordinaire de l'Art
Je reviens souvent sur cette citation de la grande poétesse américaine Emily Dickinson: «Publier c'est mettre aux enchères l'esprit humain».
Et c'est idoine pour toutes les formes d'art. C'est toujours mettre aux enchères l'esprit humain.
Que valent mes mots, mes sons, mes toiles? Honnêtement, elles me valent des aventures spirituelles à proprement parler extraordinaires. Tout ce qui vient ensuite, démarche artistique, promotion, vente, pour moi c'est de la fiente. Du caca pour nourrir le Système dont je ne suis qu'un quelconque prisonnier en quête d'évasion et de rédemption.
D'aussi loin que je me souvienne, l'art m'est apparu comme un bouclier entre moi et le monde.
Les associations d'artistes et autres groupes me sont insupportables. C'est comme si j'introduisais le Système dans mon art et que je cessais de rêver...
Dès qu'on parle d'argent ou de subventions, on ne voit pas le meilleur de l'homme ressortir.
Tout un chacun y va de sa parade pour recevoir son aumône. Untel vous chie une théorie sur l'art pour justifier sa bouette séchée. Tel autre vous cite des statistiques. Et c'est presqu'un miracle s'il reste encore des artistes au bout de toute cette folle cupidité.
Les associations d'écrivains et d'artistes sont des repaires d'animaux domestiques que ne fréquentent jamais les grands artistes.
Les grands artistes sont généralement d'indécrottables individualistes, sans doute plus près du chamane que du perroquet en termes de configuration d'esprit.
On y trouvera des auteurs de plaquettes et des peintres du dimanche dans ces associations à la noix. Des Bouvard et Pécuchet des temps modernes englués dans leurs vieilles pantoufles théoriques. Une culture générale tissée de lieux communs et de slogans. Ceux qui n'en sortent pas rebutés reçoivent ensuite la manne, quelques rogatons jetés par les bureaucrates dans la cour des chiens.
Les vrais artistes se cachent n'importe où, là où ne s'attend pas les rencontrer.
Le prix de leurs oeuvres, leur démarche artistique, leur cévé et tout le reste, c'est bon pour ceux dont les oeuvres ne veulent rien dire.
L'oeuvre parle d'elle-même quand on est vraiment un artiste.
L'oeuvre se passe d'explications.
Comme elle se passe d'argent, de subventions, de lichages de cul, de tout ce que vous voudrez.
Tout ce qui est en-dehors de l'oeuvre n'est souvent que de la putasserie trop ordinaire.
Et c'est idoine pour toutes les formes d'art. C'est toujours mettre aux enchères l'esprit humain.
Que valent mes mots, mes sons, mes toiles? Honnêtement, elles me valent des aventures spirituelles à proprement parler extraordinaires. Tout ce qui vient ensuite, démarche artistique, promotion, vente, pour moi c'est de la fiente. Du caca pour nourrir le Système dont je ne suis qu'un quelconque prisonnier en quête d'évasion et de rédemption.
D'aussi loin que je me souvienne, l'art m'est apparu comme un bouclier entre moi et le monde.
Les associations d'artistes et autres groupes me sont insupportables. C'est comme si j'introduisais le Système dans mon art et que je cessais de rêver...
Dès qu'on parle d'argent ou de subventions, on ne voit pas le meilleur de l'homme ressortir.
Tout un chacun y va de sa parade pour recevoir son aumône. Untel vous chie une théorie sur l'art pour justifier sa bouette séchée. Tel autre vous cite des statistiques. Et c'est presqu'un miracle s'il reste encore des artistes au bout de toute cette folle cupidité.
Les associations d'écrivains et d'artistes sont des repaires d'animaux domestiques que ne fréquentent jamais les grands artistes.
Les grands artistes sont généralement d'indécrottables individualistes, sans doute plus près du chamane que du perroquet en termes de configuration d'esprit.
On y trouvera des auteurs de plaquettes et des peintres du dimanche dans ces associations à la noix. Des Bouvard et Pécuchet des temps modernes englués dans leurs vieilles pantoufles théoriques. Une culture générale tissée de lieux communs et de slogans. Ceux qui n'en sortent pas rebutés reçoivent ensuite la manne, quelques rogatons jetés par les bureaucrates dans la cour des chiens.
Les vrais artistes se cachent n'importe où, là où ne s'attend pas les rencontrer.
Le prix de leurs oeuvres, leur démarche artistique, leur cévé et tout le reste, c'est bon pour ceux dont les oeuvres ne veulent rien dire.
L'oeuvre parle d'elle-même quand on est vraiment un artiste.
L'oeuvre se passe d'explications.
Comme elle se passe d'argent, de subventions, de lichages de cul, de tout ce que vous voudrez.
Tout ce qui est en-dehors de l'oeuvre n'est souvent que de la putasserie trop ordinaire.
vendredi 23 septembre 2011
Larivée prêche des idées d'extrême-droite
Marc-Aurèle Larivée pue au nez de tous ses voisins. C'est le genre de type qui vous emmerde avec Dieu, le crime d'avortement, les taxes des communistes et le rétablissement de la peine de mort. Ses idées semblent toutes avoir germées d'une certaine frustration sexuelle, voire d'un quelconque spasme mal assumé.
Larivée, c'est un gars pogné dans ses culottes, entre vous et moi. Il a même le look de ses idées fixes: la lippe boudeuse, le regard sévère et un peu nul, les cheveux gras d'où s'échappent des tas de pellicules, le dos voûté, le tronc plus long que les jambes. Bref, il n'attire aucune sympathie dans le quartier, ne serait-ce que pour sa laideur identitaire.
-On n'fait plus de bébés! qu'il dit, le cave, lui qui n'a pas plus d'enfant que de femme. Notre race est menacée d'extinction caltor! Pis qu'est-ce qu'on fait nous autres, hein? On avorte à tour de bras! Enwèye! Au détriment des lois de Dieu!!! Ça prend une patrie pis des enfants pour faire une patrie!
La plupart de ses voisins ne l'écoutent pas vraiment. On le perçoit comme un genre de taré d'un autre temps qui ferait mieux de baiser ou bien de se laver au lieu de s'accrocher à des chimères, dont celles de tous nous plonger dans sa damnation.
Les idées de Larivée n'ont rien pour séduire. Leur émissaire n'est pas tout à fait présentable ni fréquentable, vous l'aurez sans doute compris.
-Le paradis de Larivée? Plutôt être en enfer que de m'faire chier à côté de cet hostie d'tarlais! qu'on se dit à peu près tous, sauf le gros Moreau.
-C'est un pauvre diable ce gars-là... Vous voyez bien qu'il est un peu détraqué, qu'il manque de cul ou bien de j'sais pas trop quoi...
-Qui qui voudrait d'ça? qu'on lui répète tous, à ce gros Moreau. Il ressemble à Séraphin en plus maigre!
-C'est un pauvre gars... Laissez faire ses idées... qu'il nous répond tout le temps, le gros Moreau.
Pour ce qui est de Larivée, ce n'est jamais fini. Au dépanneur, il peut discuter pendant des heures parce qu'il profite de la trop grande mansuétude du gros Moreau.
Moreau qui le laisse même évangéliser dans son dépanneur.
Moreau pense pourtant tout le contraire de Larivée. Mais qui fait vraiment attention à Larivée, avec ses cheveux gras et ses idées fascistes, hein? Personne.
-Le monde s'en va chez le démon! qu'il crie, ce cave de Larivée. Les communistes sont aux portes de la ville! Les bandits courent les rues et on devrait les assire sur la chaise électrique!
-Larivée, cibouère, décroche un peu, que lui répond le gros Moreau de temps en temps. Jésus a prêché la bonté, cibouère, y'a pas prêché d'prendre une hache pis d'la crisser dans 'a tête de son prochain!!!
-Viendront des temps d'infamie qui...
-Ah! Ta yeule Larivée! Bois ton Pepsi pis respire un peu par le nez...
C'est comme ça tous les jours, entre le gros Moreau et Larivée.
Le plus drôle c'est que le gros Moreau est le seul ami connu de Larivée, bien que le mot ami soit un peu fort.
N'empêche que le gros Moreau a pris l'habitude de l'inviter à dîner avec lui, au dépanneur. Il lui paye la pizza et lui offre des tas de cigarettes, parce que Larivée en arrache. Il ne travaille pas et n'a probablement jamais travaillé.
Tout ce qui le tient en vie, Larivée, ce sont ses maudites idées fixes.
Aussi, de temps à autres, à Noël ou bien à Pâques, le gros Moreau lui permet de livrer toute la fiente de ses idées fixes sans le contredire, comme s'il avait conscience qu'on devait lui porter respect de temps en temps, ne serait-ce que pour éviter qu'il ne se pende dans son garde-robe.
Le gros Moreau respecte la vie, voyez-vous. Il respecte les araignées, les chats de gouttière et même les tarlais comme Larivée, ce qui représente le plus gros test de compassion que le destin lui ait mis sous le nez.
Le gros Moreau fait aussi des crédits mensuels de trente piastres par mois à la plupart de ses clients. La plupart paye le premier du mois, la journée du chèque.
Larivée, c'est un gars pogné dans ses culottes, entre vous et moi. Il a même le look de ses idées fixes: la lippe boudeuse, le regard sévère et un peu nul, les cheveux gras d'où s'échappent des tas de pellicules, le dos voûté, le tronc plus long que les jambes. Bref, il n'attire aucune sympathie dans le quartier, ne serait-ce que pour sa laideur identitaire.
-On n'fait plus de bébés! qu'il dit, le cave, lui qui n'a pas plus d'enfant que de femme. Notre race est menacée d'extinction caltor! Pis qu'est-ce qu'on fait nous autres, hein? On avorte à tour de bras! Enwèye! Au détriment des lois de Dieu!!! Ça prend une patrie pis des enfants pour faire une patrie!
La plupart de ses voisins ne l'écoutent pas vraiment. On le perçoit comme un genre de taré d'un autre temps qui ferait mieux de baiser ou bien de se laver au lieu de s'accrocher à des chimères, dont celles de tous nous plonger dans sa damnation.
Les idées de Larivée n'ont rien pour séduire. Leur émissaire n'est pas tout à fait présentable ni fréquentable, vous l'aurez sans doute compris.
-Le paradis de Larivée? Plutôt être en enfer que de m'faire chier à côté de cet hostie d'tarlais! qu'on se dit à peu près tous, sauf le gros Moreau.
-C'est un pauvre diable ce gars-là... Vous voyez bien qu'il est un peu détraqué, qu'il manque de cul ou bien de j'sais pas trop quoi...
-Qui qui voudrait d'ça? qu'on lui répète tous, à ce gros Moreau. Il ressemble à Séraphin en plus maigre!
-C'est un pauvre gars... Laissez faire ses idées... qu'il nous répond tout le temps, le gros Moreau.
Pour ce qui est de Larivée, ce n'est jamais fini. Au dépanneur, il peut discuter pendant des heures parce qu'il profite de la trop grande mansuétude du gros Moreau.
Moreau qui le laisse même évangéliser dans son dépanneur.
Moreau pense pourtant tout le contraire de Larivée. Mais qui fait vraiment attention à Larivée, avec ses cheveux gras et ses idées fascistes, hein? Personne.
-Le monde s'en va chez le démon! qu'il crie, ce cave de Larivée. Les communistes sont aux portes de la ville! Les bandits courent les rues et on devrait les assire sur la chaise électrique!
-Larivée, cibouère, décroche un peu, que lui répond le gros Moreau de temps en temps. Jésus a prêché la bonté, cibouère, y'a pas prêché d'prendre une hache pis d'la crisser dans 'a tête de son prochain!!!
-Viendront des temps d'infamie qui...
-Ah! Ta yeule Larivée! Bois ton Pepsi pis respire un peu par le nez...
C'est comme ça tous les jours, entre le gros Moreau et Larivée.
Le plus drôle c'est que le gros Moreau est le seul ami connu de Larivée, bien que le mot ami soit un peu fort.
N'empêche que le gros Moreau a pris l'habitude de l'inviter à dîner avec lui, au dépanneur. Il lui paye la pizza et lui offre des tas de cigarettes, parce que Larivée en arrache. Il ne travaille pas et n'a probablement jamais travaillé.
Tout ce qui le tient en vie, Larivée, ce sont ses maudites idées fixes.
Aussi, de temps à autres, à Noël ou bien à Pâques, le gros Moreau lui permet de livrer toute la fiente de ses idées fixes sans le contredire, comme s'il avait conscience qu'on devait lui porter respect de temps en temps, ne serait-ce que pour éviter qu'il ne se pende dans son garde-robe.
Le gros Moreau respecte la vie, voyez-vous. Il respecte les araignées, les chats de gouttière et même les tarlais comme Larivée, ce qui représente le plus gros test de compassion que le destin lui ait mis sous le nez.
Le gros Moreau fait aussi des crédits mensuels de trente piastres par mois à la plupart de ses clients. La plupart paye le premier du mois, la journée du chèque.
jeudi 22 septembre 2011
Histoire de chasse
Arnold Lemay était chasseur de père en fils, comme son père, le père de son père et la grand-mère de son arrière-tante.
C'était un petit gros pas trop obèse qui n'en ratait pas une quoiqu'il ratait souvent sa cible ou bien sa proie.
Lemay avait des moustaches tournées et cirées comme il ne s'en fait plus, une coquetterie qui lui donnait un drôle d'air dans les bois, comme s'il s'y était perdu après un gala de la Chambre de commerce.
Lemay était d'ailleurs président de la Chambre de commerce. Il était gérant d'une succursale de souliers bon marché. Il avait toujours de beaux souliers, Lemay. Ça, on ne peut pas dire le contraire.
Mais ses souliers de ville dans le bois, c'était pas fûté pour la chasse. Ils prenaient l'eau, la glaise, la boue. Lemay se disait qu'il en prendrait d'autres à la boutique en les mettant sur le compte des pertes en magasin.
-Quand bien même qu'j'en scrapperais vingt paires, j'en ai cinq milles en inventaire! disait-il en se lissant les moustaches comme un chat qui se raserait le menton.
Pour la chasse, les chats sont bien meilleurs que Lemay. Lemay chassait comme un pied. Ce n'est pas la chasse qui l'intéressait, mais le look de la chasse, la panoplie de chasseur se substituant à l'habit de ville pour mettre en valeur autrement sa moustache cirée.
Ah! Qu'il aimait se vanter de son équipement dispendieux et de tout le reste. C'était toujours «ça, ça coûte tant». On lui disait à Lemay que l'habit ne fait pas le moine. Mais chaque fois qu'on lui disait ça l'épais tentait de dévier la conversation en racontant des jokes de moines, de totons ou de graines. On bayait aux corneilles devant ses jokes de mononcle. Et on fixait sa moustache cirée en se disant qu'elle était affreuse et un peu gluante.
-M'en va's vous montrer c'est quoi un chasseur! qu'il disait encore, vendredi dernier, avant de fermer la boutique. J'ai acheté ceci, cela et blablabla...
Eh bien il n'aura pas montré grand chose. Il est non seulement revenu bredouille, mais il est revenu dans un sac de plastique, avec des étiquettes aux jambes et aux poignets.
Les gars qui étaient avec lui racontèrent aux policiers qu'ils avaient retrouvé Lemay sans vie, à deux pas de sa cache pour la chasse au chevreuil. Un ours, probablement une ourse avec ses petits, s'est senti menacé-e. C'est rare qu'ils attaquent, les ours. Mais la moustache cirée de Lemay ne devait pas revenir à cet ours-là quel que fût son sexe.
Il s'est fait déchiqueté, Lemay, et il est mort au bout de son sang.
Triste histoire d'un chasseur chassé.
Comme celle de l'arroseur arrosé avec plus de couleurs.
Pauvre Lemay, n'est-ce pas?
On l'a enterré avec son fusil, Lemay, une Winchester on ne sait trop de quelle année qui valait cher.
Sur sa pierre tombale, il y a une tête d'orignal en bronze. Et une description inusitée: Ci-gît Arnold Lemay, propriétaire du magasin Good Shoes de Quatre-Ruisseaux et président de la Chambre de Commerce de 2009 à 2011.
Aucune mention de l'ours qui doit encore vagabonder dans les forêts de la Mauricie, à la recherche de baies sauvages, de déchets et de chevreuils morts.
C'était un petit gros pas trop obèse qui n'en ratait pas une quoiqu'il ratait souvent sa cible ou bien sa proie.
Lemay avait des moustaches tournées et cirées comme il ne s'en fait plus, une coquetterie qui lui donnait un drôle d'air dans les bois, comme s'il s'y était perdu après un gala de la Chambre de commerce.
Lemay était d'ailleurs président de la Chambre de commerce. Il était gérant d'une succursale de souliers bon marché. Il avait toujours de beaux souliers, Lemay. Ça, on ne peut pas dire le contraire.
Mais ses souliers de ville dans le bois, c'était pas fûté pour la chasse. Ils prenaient l'eau, la glaise, la boue. Lemay se disait qu'il en prendrait d'autres à la boutique en les mettant sur le compte des pertes en magasin.
-Quand bien même qu'j'en scrapperais vingt paires, j'en ai cinq milles en inventaire! disait-il en se lissant les moustaches comme un chat qui se raserait le menton.
Pour la chasse, les chats sont bien meilleurs que Lemay. Lemay chassait comme un pied. Ce n'est pas la chasse qui l'intéressait, mais le look de la chasse, la panoplie de chasseur se substituant à l'habit de ville pour mettre en valeur autrement sa moustache cirée.
Ah! Qu'il aimait se vanter de son équipement dispendieux et de tout le reste. C'était toujours «ça, ça coûte tant». On lui disait à Lemay que l'habit ne fait pas le moine. Mais chaque fois qu'on lui disait ça l'épais tentait de dévier la conversation en racontant des jokes de moines, de totons ou de graines. On bayait aux corneilles devant ses jokes de mononcle. Et on fixait sa moustache cirée en se disant qu'elle était affreuse et un peu gluante.
-M'en va's vous montrer c'est quoi un chasseur! qu'il disait encore, vendredi dernier, avant de fermer la boutique. J'ai acheté ceci, cela et blablabla...
Eh bien il n'aura pas montré grand chose. Il est non seulement revenu bredouille, mais il est revenu dans un sac de plastique, avec des étiquettes aux jambes et aux poignets.
Les gars qui étaient avec lui racontèrent aux policiers qu'ils avaient retrouvé Lemay sans vie, à deux pas de sa cache pour la chasse au chevreuil. Un ours, probablement une ourse avec ses petits, s'est senti menacé-e. C'est rare qu'ils attaquent, les ours. Mais la moustache cirée de Lemay ne devait pas revenir à cet ours-là quel que fût son sexe.
Il s'est fait déchiqueté, Lemay, et il est mort au bout de son sang.
Triste histoire d'un chasseur chassé.
Comme celle de l'arroseur arrosé avec plus de couleurs.
Pauvre Lemay, n'est-ce pas?
On l'a enterré avec son fusil, Lemay, une Winchester on ne sait trop de quelle année qui valait cher.
Sur sa pierre tombale, il y a une tête d'orignal en bronze. Et une description inusitée: Ci-gît Arnold Lemay, propriétaire du magasin Good Shoes de Quatre-Ruisseaux et président de la Chambre de Commerce de 2009 à 2011.
Aucune mention de l'ours qui doit encore vagabonder dans les forêts de la Mauricie, à la recherche de baies sauvages, de déchets et de chevreuils morts.
mercredi 21 septembre 2011
Ronny avait bien raison de se déguiser en Big Bopper, hein?
Ronny avait hérité de quelques millions à la suite du décès d'une grande-tante éloignée, morte veuve, sans enfants et sans testament. Selon la loi, tout lui revenait même s'il ne l'avait jamais vue et n'avait jamais entendue parler d'elle. Qui était cette Miralda Langevin? Pas moyen de le dire. C'était la tante de sa mère. Et elle en avait beaucoup de collé parce que c'est comme ça quand on vit aux États-Unis. Enfin, pour certains...
Vous allez me dire que tout ça n'est que de l'American Dream bon marché, comme on voit à en vomir de dégoût dans tous les films, chansons et cure-dents de nos voisins du Sud.
Eh bien, oui, c'est un peu ça. Parce que Ronny était raide pauvre avant que de devenir riche. Il vivait sur le piton comme on dit par chez-nous. Sur l'aide sociale. Ou sur le BS si vous préférez.
Ce n'est pas qu'il ne voulait pas travailler, Ronny, mais tout le monde se crissait de lui. Comme au temps de la petite école où il était toujours choisi le dernier quand on formait les équipes de ballon-chasseur.
Ce qui fait que Ronny en arrachait «mal sale» comme il disait.
-J'en arrache mal sale, comme on dit... En plusse, j'ai pas d'job... Ni d'blonde... Rien... Hostie qu'ej'su's tanné!
Évidemment, c'était avant que Ronny n'hérite de sa fortune. Ses propos ont changé depuis qu'il est presque milliardaire.
Ronny avait toujours été mis de côté, ostracisé, rejeté comme une fiente par tout un chacun.
L'argent allait faire le contraire... Tout le monde s'est mis à le reconnaître dans la rue, à le saluer, à le solliciter.
Mais lui s'en crissait. Et d'ailleurs il s'est mis à se déguiser pour que personne ne le reconnaisse. Avec son bel argent il s'est acheté un masque de latex presque parfait du Big Bopper, celui qui chantait Chantilly Lace. Et tout le monde pensait qu'il n'était qu'un gros BS comme tout le monde, méconnaissable, anonyme...
Ronny ne donnait son argent qu'aux pauvres et aux malheureux, en faisant semblant de rien.
Il pouvait glisser jusqu'à dix mille dollars dans les poches des gens, sans se faire voir. Il se plaçait derrière la personne et, zoup, il déposait son enveloppe bourrée de fric.
Puis il laissait la nature suivre son cours.
Les malheureux qui recevaient des gros chèques étaient bien sûr fous de joie.
Certains s'achetaient toutes sortes de cochonneries.
D'autres se sortaient de la marde.
Ce qui compte, c'est que ce bel argent faisait bien des heureux.
Ronny avait bien raison de se déguiser en Big Bopper, hein?
Vous allez me dire que tout ça n'est que de l'American Dream bon marché, comme on voit à en vomir de dégoût dans tous les films, chansons et cure-dents de nos voisins du Sud.
Eh bien, oui, c'est un peu ça. Parce que Ronny était raide pauvre avant que de devenir riche. Il vivait sur le piton comme on dit par chez-nous. Sur l'aide sociale. Ou sur le BS si vous préférez.
Ce n'est pas qu'il ne voulait pas travailler, Ronny, mais tout le monde se crissait de lui. Comme au temps de la petite école où il était toujours choisi le dernier quand on formait les équipes de ballon-chasseur.
Ce qui fait que Ronny en arrachait «mal sale» comme il disait.
-J'en arrache mal sale, comme on dit... En plusse, j'ai pas d'job... Ni d'blonde... Rien... Hostie qu'ej'su's tanné!
Évidemment, c'était avant que Ronny n'hérite de sa fortune. Ses propos ont changé depuis qu'il est presque milliardaire.
Ronny avait toujours été mis de côté, ostracisé, rejeté comme une fiente par tout un chacun.
L'argent allait faire le contraire... Tout le monde s'est mis à le reconnaître dans la rue, à le saluer, à le solliciter.
Mais lui s'en crissait. Et d'ailleurs il s'est mis à se déguiser pour que personne ne le reconnaisse. Avec son bel argent il s'est acheté un masque de latex presque parfait du Big Bopper, celui qui chantait Chantilly Lace. Et tout le monde pensait qu'il n'était qu'un gros BS comme tout le monde, méconnaissable, anonyme...
Ronny ne donnait son argent qu'aux pauvres et aux malheureux, en faisant semblant de rien.
Il pouvait glisser jusqu'à dix mille dollars dans les poches des gens, sans se faire voir. Il se plaçait derrière la personne et, zoup, il déposait son enveloppe bourrée de fric.
Puis il laissait la nature suivre son cours.
Les malheureux qui recevaient des gros chèques étaient bien sûr fous de joie.
Certains s'achetaient toutes sortes de cochonneries.
D'autres se sortaient de la marde.
Ce qui compte, c'est que ce bel argent faisait bien des heureux.
Ronny avait bien raison de se déguiser en Big Bopper, hein?
mardi 20 septembre 2011
Icitte Rex!!!
Zèbre alias Benoît Langevin est un petit bonhomme dans la vingtaine qui a les sourcils en accents circonflexes, comme s'il était toujours préoccupé. C'est sans compter que son visage se fige dans une expression d'envie de chier sous sa calotte de baseball placée de côté comme le faisaient les petits chenapans de la série télé Little Rascals.
Ils avaient cinq ou six ans, les Little Rascals. Zèbre en est presque à cinq fois cet âge. De plus, il a toujours une cigarette qui pend aux commissures de ses lèvres. Et, enfin, Zèbre sacre beaucoup.
Il sacre beaucoup après son chien cela dit, un pitbull, comme de raison, qui semble avoir été dressé pour tuer.
Son chien s'appelle Rex.
-Icitte Rex tabarnak! qu'il gueule tout le temps, Zèbre.
Au lieu de le tenir en laisse, comme la loi l'exige, Zèbre préfère gueuler après son chien. Tout citoyen lui cède le passage dans le parc Émile-Nelligan. Personne n'appelle les flics pour leur dire qu'il y a un pitbull en liberté dans le parc, un parc qui n'est plus fréquentable à force d'y voir des pitbulls courir après les jambes de tout un chacun en toute impunité.
Zèbre s'en calisse. C'est la faute de la société s'il a une gueule de con, les sourcils en accents circonflexes et la calotte de travers.
Ce qui fait qu'il ne ramasse pas plus la marde de son pitbull. Son pitbull chie partout dans le parc et personne ne dit rien, jamais.
-Enwèye icitte Rex mon sacrament! qu'il gueule encore, Zèbre. M'en va's t'en crisser une su' l'museau mon tabarnak! Grrr!!! Saint-Chrême!!! Icitte Rex!!!
C'est vraiment un hostie d'plein d'marde qui fait chier tout le quartier, Zèbre.
Mais hier, il a pogné son deux minutes quand il s'est mis à taguer son nickname sur la maison de Jos Tremblay avec sa bombe de peinture en aérosol. Il n'a même pas eu le temps de se rendre au deuxième E de son nick. Il a seulement pu écrire Zebr...
Tremblay est sorti avec un batte de baseball, comme de raison, pis il a snappé le pitbull de Zèbre, la canne de peinture et presque Zèbre en plein face.
Zèbre s'est enfui avant d'y perdre toutes ses dents.
Et on ne l'a plus revu dans le quartier.
Il est parti faire chier du monde ailleurs, dans un autre quartier.
Comme quoi tous les trous de cul finissent toujours par trouver l'homme qu'il faut pour les remettre à leur fucking place. Du moins à Twois-Wivièwes.
Ils avaient cinq ou six ans, les Little Rascals. Zèbre en est presque à cinq fois cet âge. De plus, il a toujours une cigarette qui pend aux commissures de ses lèvres. Et, enfin, Zèbre sacre beaucoup.
Il sacre beaucoup après son chien cela dit, un pitbull, comme de raison, qui semble avoir été dressé pour tuer.
Son chien s'appelle Rex.
-Icitte Rex tabarnak! qu'il gueule tout le temps, Zèbre.
Au lieu de le tenir en laisse, comme la loi l'exige, Zèbre préfère gueuler après son chien. Tout citoyen lui cède le passage dans le parc Émile-Nelligan. Personne n'appelle les flics pour leur dire qu'il y a un pitbull en liberté dans le parc, un parc qui n'est plus fréquentable à force d'y voir des pitbulls courir après les jambes de tout un chacun en toute impunité.
Zèbre s'en calisse. C'est la faute de la société s'il a une gueule de con, les sourcils en accents circonflexes et la calotte de travers.
Ce qui fait qu'il ne ramasse pas plus la marde de son pitbull. Son pitbull chie partout dans le parc et personne ne dit rien, jamais.
-Enwèye icitte Rex mon sacrament! qu'il gueule encore, Zèbre. M'en va's t'en crisser une su' l'museau mon tabarnak! Grrr!!! Saint-Chrême!!! Icitte Rex!!!
C'est vraiment un hostie d'plein d'marde qui fait chier tout le quartier, Zèbre.
Mais hier, il a pogné son deux minutes quand il s'est mis à taguer son nickname sur la maison de Jos Tremblay avec sa bombe de peinture en aérosol. Il n'a même pas eu le temps de se rendre au deuxième E de son nick. Il a seulement pu écrire Zebr...
Tremblay est sorti avec un batte de baseball, comme de raison, pis il a snappé le pitbull de Zèbre, la canne de peinture et presque Zèbre en plein face.
Zèbre s'est enfui avant d'y perdre toutes ses dents.
Et on ne l'a plus revu dans le quartier.
Il est parti faire chier du monde ailleurs, dans un autre quartier.
Comme quoi tous les trous de cul finissent toujours par trouver l'homme qu'il faut pour les remettre à leur fucking place. Du moins à Twois-Wivièwes.
lundi 19 septembre 2011
Mon coin de paradis
Vous ne saurez pas où se situe mon coin de paradis. Si je vous le disais vous vous y rendriez tous en masse, je vous connais, et je perdrais aussitôt mon coin de paradis... Je suis un peu avare en matière de beauté naturelle, et même un peu agaçant puisque je vais tout de même vous en parler.Mon coin de paradis c'est une rivière qui serpente un environnement de roc. La rivière dévale vers le grand fleuve Magtogoek et s'engoufre dans le roc en se transformant en chutes, cataractes et rapides spectaculaires. Il n'y pas un film pour vous transmettre ça. Rien. Aussi je n'y vais qu'avec mes mots, insuffisants, toujours un peu de trop.
Mon coin de paradis c'est aussi les sentiers qui suivent de près le mouvement des eaux. Les marques du temps sur les rochers m'incitent au respect. Ce qui me semble vieux est encore bien jeune au regard de l'univers.
Les souches, les baies sauvages et les champignons sont partout.
J'y fais mon cardio. Douze kilomètres dans le bois, à travers de petits sentiers où l'on se sent parfois à l'image des premiers humains qui sillonnèrent ces forêts encore vierges.
Ouais, c'est mon coin de paradis. À moi et à mes amis.
Et je ne vous dirai pas où c'est. J'ai peur que cela ne vienne tout gâcher.
Aussi, je ne vous ferai saliver qu'en pensée.
C'est là où je vais me reposer du monde.
Je ne serai tout de même pas assez con pour vous dévoiler où c'est...
S'abonner à :
Messages (Atom)