mardi 6 juin 2017
John Smith le chasseur de bisons
John Smith approchait de la cinquantaine. C'était un homme moyen avec de grosses moustaches qui portait un chapeau haut-de-forme l'hiver et un petit canotier de paille l'été. Avocat de son métier, il faisait de grosses affaires avec les membres du Congrès, les sénateurs et les gouverneurs des États-Unis d'Amérique. C'était un homme pragmatique, toujours courtois comme il se doit, et un tant soit peu taquin avec ceux qui rêvaient en couleurs. Le monde était tel qu'il est parce qu'il n'aurait pas pu être autrement. Il fallait s'y faire une place à la hauteur de son intelligence et de ses talents. Ce que John Smith avait d'ailleurs très bien réussi en accumulant une petite fortune personnelle qui faisait de lui l'un des notables les plus influents de Boston.
Tout souriait à John Smith, sauf son épouse. Mais comme il y avait la maison de Madame Lily pour se détendre, il ne s'en faisait pas trop. Et comme il était riche à craquer, son épouse se fermait les yeux sur les incartades de son mari. Elle s'occupait plutôt des oeuvres de bienfaisance du temple qu'elle fréquentait. Elle s'occupait, entre autres, de tricoter des moufles pour les pauvres, au grand dam de son mari qui ne voyait pas pourquoi il fallait gâter les paresseux.
Malheureusement, John Smith vieillissait. Son corps supportait de moins en moins la bonne chère, les alcools fins et les cigares.
Il avait eu un point au coeur dans son cabinet qui l'avait fait tomber à genoux. Si sa domestique noire Jemima n'avait pas été là, il serait sans doute mort. Elle avait tout de suite fait accourir le docteur Johnson qui lui avait aussitôt prescrit du repos, un régime strict et peut-être du grand air.
-Vous devriez voyager Monsieur Smith... Cela vous ferait le plus grand bien... Laissez vos affaires pour quelques temps... Vous en faites beaucoup trop... Si vous ne prenez pas soin de vous, eh bien j'ai le regret de vous dire que vous ne serez peut-être pas vivant l'an prochain...
John Smith n'était pas homme à ne rien faire mais comment se battre contre la mort, cet ennemi implacable qui n'épargne jamais personne?
Après mûre réflexion, John Smith décida donc d'aller se reposer sur la côte Ouest, loin de l'agitation qu'il vivait à Boston.
Il prit donc un billet de train vers l'Ouest. Il ferait le voyage en première classe, évidemment, et en profiterait pour respirer l'air des Prairies, puis l'air des Rocheuses et, enfin, le souffle chaud de l'Océan Pacifique.
Il n'allait pas rien faire en chemin. C'était mal le connaître. La compagnie Union Pacific lui promettait aussi une chasse au bison pour gentlemen. Une chasse qui se faisait sans même quitter le train. Il ne suffisait que d'ouvrir la fenêtre du wagon et de tirer dans le troupeau.
Cela avait tout de suite séduit John Smith qui avait l'esprit sportif et l'instinct raffiné du prédateur de sa race, la plus noble qui n'eut jamais été sur la Terre. La race blanche, synonyme de progrès et de civilisation.
John Smith quitta Boston en juin pour son périple ferroviaire jusqu'à la baie de San-Francisco.
Son wagon était confortable. Les voyageurs qui partageaient son wagon étaient tous des gens d'honneur et de qualité qui aimaient jouer au bridge. La nourriture était excellente et les nègres qui étaient à son service avaient été bien domptés.
-N'est-ce pas ça la vraie vie, messieurs? s'exclamait souvent John Smith au cours de ce voyage.
Puis ils atteignirent le Dakota du Sud. C'est là que le train croisa une horde de bisons qui broutait à proximité de la voie ferrée.
-Gentlemen, vous pouvez sortir vos carabines. Il y a enfin des bisons sur la voie.
John Smith était tout excité à l'idée de tuer. Il sortit sa carabine de son étui et jura de n'avoir jamais vu autant de bêtes sauvages de sa vie réunies au même endroit. Il n'eut même pas besoin de viser. Il appuya sur la détente une fois, deux fois, trois fois. Les bisons tombaient comme des mouches. Et comme les bisons avaient cette manie de se regrouper autour du bison blessé, comme s'ils pleuraient un des leurs, il était d'autant plus facile d'en faire tomber quelques dizaines d'autres.
John Smith tira et tira encore, tout comme les gentlemen qui l'accompagnaient.
-Jamais on ne voudra me croire! Je viens d'en tuer au moins trente!
-Et moi aussi!
Un boy leur tendit des cigares puis du feu pour les allumer.
Les gentlemen, cigare aux lèvres, étaient rouges de bonheur.
-Je me sens tellement mieux qu'à Boston! déclara John Smith. Jamais je ne regretterai d'avoir pris des vacances! Il faut bien vivre dans la vie, non?
-Oui cher ami... Nous ne sommes pas des nègres, n'est-ce pas?
-Ni des bisons! ironisa un autre.
Tout le monde s'esclaffa dans le wagon de luxe qui laissa derrière lui quelques centaines de bisons morts pourrissant dans la plaine.
Un Sioux solitaire passa par là quelques jours plus tard. Il s'en allait rejoindre son village après un long voyage.
Il s'appelait Taureau Assis. On disait de lui qu'il était un homme-médecine.
Il arrêta son cheval qu'il chevauchait sans selle, comme seuls les Sioux savent le faire.
Puis il marcha vers les bêtes abandonnées qui se faisaient dévorer par des vautours.
Le coeur de Taureau Assis était triste. Il fit une prière pour que les âmes des bisons n'impliquent pas tous les hommes dans cette tuerie gratuite et barbare.
-Ce ne sont pas des hommes, mes frères et soeurs bisons, non ce ne sont pas des hommes qui vous ont fait ça... Vous savez, nous vous avons toujours respectés, toujours... Nous n'avons jamais pris plus que ce que nous mangions... Nous nous sommes toujours excusés de vous enlever la vie pour nous nourrir... Non, nous ne sommes pas comme les visages pâles et jamais nous ne serons comme eux, jamais... Puisse Kitché Manitou accueillir votre âme dans son royaume, là où l'herbe est toujours verte et l'eau des rivières toujours claire et douce... J'ai dit...
Sitting Bull enfourcha son cheval, l'âme triste, et se promit de résister à ces gens sans foi et sans âme qui se moquaient du grand cercle de la vie et de la Terre sacrée sur laquelle les Lakotas Hunkpapas savaient aller pieds nus depuis des millénaires.
lundi 5 juin 2017
On achève bien les chevaux en Mort Ici
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| Chasse au bison dans l'Ouest américain au XIXe siècle |
Il est de coutume dans Le Nouvelliste d'être à peu près toujours dithyrambique envers les activités prétendument «sportives» de la région qui amènent leur lot de publicités pour le quotidien régional. Il ne serait plus imprimé s'il ne pouvait compter que sur la rubrique nécrologie qui doit pourtant prendre cinq pages, signe manifeste d'une population vieillissante.
Les rodéos de St-Tite sont aussi merveilleux que le Grand Prix automobile de Trois-Rivières, cette célébration de la pollution tant sonore qu'environnementale qui a lieu tous les étés à proximité d'un quartier résidentiel et du Centre hospitalier régional. Ce sont des sports tellement payants qu'on devrait avoir honte de les remettre en question.
Du coup, un chroniqueur du Nouvelliste et autres hommes à tout faire de l'industrie touristique sont montés aux barricades pour défendre le rodéo. Le directeur de Tourisme Mauricie s'en est pris aux «hurluberlus de Montréal» qui se portent à la défense des animaux. Il a annoncé quelques jours plus tard qu'il allait bientôt quitter ses fonctions. Peut-être lui a-t-on fait remarquer que les amants de la nature de Montréal viennent dépenser des sous dans la région pas seulement pour boire de la bière devant des chevaux maltraités.
Jean-Marc Beaudoin, le chroniqueur vedette du Nouvelliste, laisse entendre que les chevaux ne peuvent pas formuler des mots. Par conséquent, on ne saurait dire ce qu'ils ressentent. On ne peut même pas le deviner. Seraient-ils heureux somme toute?
On pourrait dire la même chose des grenouilles. Les ferait-on fumer jusqu'à ce qu'elles explosent qu'elles ne vous diraient pas un mot. Peut-être qu'elles aiment ça, non? Et si un adolescent s'amusait à arracher les ailes des mouches, un passe-temps tout à fait anodin bien sûr, eh bien parions qu'elles ne diraient rien elles aussi. Il faut être un «hurluberlu de Montréal» pour penser que les animaux et les insectes peuvent parler. Vous pouvez donc les faire souffrir à coeur joie. D'autant plus qu'il n'y a pas que le rodéo de St-Tite ou le Grand Prix de Trois-Rivières pour faire vivre notre industrie touristique. Il y aussi le Festival du cochon de Ste-Perpétue et sa jolie course au cochon graissé. Si vous pouviez voir le sourire qu'a le petit cochon quand dix brutes humaines lui courent après... Il en couine un coup au grand plaisir des humains. Si ce n'est pas du sport, ça, c'est que vous habitez sur le Plateau Mont-Royal à caresser la tête de vos petits chats comme un poète urbain qui n'a jamais rien vu.
Un certain Bouddha prétendait que faire souffrir les animaux nuisait à notre karma. Il disait n'importe quoi ce gars-là. On n'a jamais vu ça, un karma. La vie spirituelle? C'est du domaine de l'invisible ça aussi. Alors que la bière, les hot-dogs et les sourires des spectateurs c'est du concret. Du monnayable. De quoi faire vivre l'agence de publicité, les restaurants, les hôtels et bien sûr les médias traditionnels.
Les maudits défenseurs des animaux voudraient s'en prendre aux petits plaisirs de la vie. On les a laissés mettre fin aux combats de coqs, puis aux combats de chiens. C'est vrai que ces activités étaient un peu plus sanguinaires qu'un rodéo où l'on ne fait qu'attacher les testicules des animaux avec des sangles en leur donnant des décharges électriques pour les exciter un tout petit peu. C'est un jeu viril auquel nos buveurs de verveine ne comprennent rien. Si nous leur prêtions toujours attention, il n'y aurait bientôt plus aucun stationnement asphalté. Les voitures seraient brisées par des branches. On ramasserait des tonnes de feuilles à l'automne. Ce qui fait plutôt sauvage et malpropre.
Ne revenons surtout pas avec cet argument fallacieux selon lequel les Autochtones se souciaient de respecter le Grand Cercle de la Vie. Ce ne sont pas avec des prières que l'on bâtit des chemins de fer. Les bisons d'Amérique et les Sioux n'avaient qu'à ne pas se trouver là où la civilisation et la chasse sportive venaient s'installer pour le plus grand bien de tous. On ne fait pas des omelettes sans casser des oeufs et ce n'est pas une petite extinction ou bien un génocide qui viendra faire sourciller l'amateur de tous ces bons plaisirs qui rendent la vie plus supportable et moins ennuyante.
***
En fin de semaine dernière, c'était la Fête de la pêche au Parc Pie-XII de Trois-Rivières. Pour cette grande occasion, on avait ensemencé l'étang dudit parc avec 2000 truites. Elles sont toutes mortes et la Fête de la pêche a été annulée.
Ces truites auraient pu terminer directement dans les assiettes de nos pauvrichons. Cependant, il faut bien apprendre aux gens à «pécher» (sic!) plutôt que de tout leur donner tout cru dans le bec. De plus, les gens ont tendance à demeurer enfermés toute la sainte journée dans la maison. Un peu d'air frais ne pouvait que leur faire du bien.
Il semble que l'eau de l'étang n'était pas très fraîche puisque les 2000 truites sont mortes d'un coup sec. Des hurluberlus, dont moi, se permettent même d'avancer que la papetière Kruger pourrait être mise en cause. Elle est située à moins de huit cents mètres et éjectent tous les jours cette fumée pestilentielle qui sent le caca bouilli. Se pourrait-il que l'eau de l'étang soit polluée outre mesure? Ou bien que l'air que nous respirions soit de mauvaise qualité? On n'en sait rien. Surtout quand on est un hurluberlu de Montréal ou bien un intellectuel de Trois-Rivières. Bref, un imbécile qui n'a jamais arraché les ailes des mouches.
La culture de la mort fait partie des valeurs de notre civilisation. Il faut bien vivre avec.
Le Grand Cercle de la Vie? Ce sont des sottises. Les Autochtones n'ont jamais bâti un colisée ou bien un amphithéâtre. On ne fait pas d'omelettes sans crever des yeux.
La Mauricie est parfois surnommée la Mort Ici. On n'aurait jamais dû y bâtir une université. Ça finit par les rendre fous, les ultrasensibles de la région que personne n'écoute fort heureusement. Ils se mettent à renier notre belle culture locale et à importer les idées des hurluberlus de Montréal.
Ça nous prendrait un code de vie, comme celui de Hérouxville, pour nous rappeler que nous taquinons le poulamon, les chevaux et les cochons en Mort Ici. Mourir fait partie de la vie. Souffrir aussi. N'en faisons pas une injonction...
Nous aidons même les moribonds du Centre hospitalier régional à se désennuyer au doux son des bolides du Grand Prix avant leur dernier souffle.
Nous savons vivre en Mort Ici.
Nous ne sommes pas des lopettes.
Nous sommes des hommes qui ne se laissent pas impressionner par des buveurs de tisane...
***
Bon, Je cesse d'ironiser.
Vous aurez compris que je m'oppose aux mauvais traitements infligés tant aux animaux qu'aux êtres humains.
Nous ne sommes jamais trop sensibles. Jamais.
Il se peut que nous ne le soyons jamais assez.
Le Grand Prix, le rodéo et la course au cochon graissé sont des activités largement financés par l'argent de nos taxes et de nos impôts.
Les gouvernements et les commanditaires potentiels se doivent de savoir qu'ils contribuent à légitimer la cruauté envers les animaux, voire la pollution.
C'est tout ce que j'ai à dire pour le moment.
Pardonnez-moi cette longue tirade.
dimanche 4 juin 2017
Trois ou quatre petits riens
J'ai photographié ce matin trois hirondelles qui se tenaient sur un fil électrique devant chez-moi. J'ai tout de suite pensé à la chanson Three Little Birds de Bob Marley, une toune que je chante souvent en m'accompagnant à la guitare.
Rise up this morning
Come with the rising sun
Three little birds
Pitch by my doorstep
Singin' sweet songs
Of melodies pure and true
Sayin' this is my message to you
***
J'ai commis un autre texte hier pour le HuffPost. Il n'a guère soulevé d'enthousiasme. Je l'avais même prédit dans mon texte. Lorsque j'émets des billets à saveur politique, j'atteins des sommets. Si je livre des points de vue humains ou philosophiques, tout le monde semble s'en désintéresser. Pourtant, ce sont mes textes qui «pognent» le moins qui me semblent les meilleurs. C'est ironique.
***
J'ai pris cette photo de fleurs de fraises sauvages cette semaine. Elles se trouvaient dans le Parc Pie-XII, à Trois-Rivières, avant que la tondeuse ne vienne les arracher.
Parlant du Parc Pie-XII, le Festival de la pêche a été annulé en fin de semaine. On avait ensemencé l'étang du parc avec 2000 truites. On les a toutes retrouvées mortes. L'eau devait être toxique. Comme l'air doit l'être aussi à proximité de la papetière Kruger.
***
Le rodéo de St-Tite est un événement qui ne devrait pas avoir lieu. Stressés les animaux et les maltraiter pour s'en amuser relèvent de la bêtise.
Un chroniqueur du quotidien Le Nouvelliste prétend que les animaux ne peuvent pas parler. Les défenseurs des droits des animaux seraient donc des hurluberlus de Montréal.
Les grenouilles aussi n'utilisent pas des mots pour communiquer. Enfin, pas les nôtres. Comme on ne sait pas ce qu'elles disent, on peut bien se foutre de ce qu'elles pensent. Les faire fumer jusqu'à temps qu'elles explosent n'a rien de malsain. Les mouches ne parlent pas, elles aussi. On peut donc leur arracher les ailes sans éprouver de remords.
Un certain Bouddha aurait laissé entendre que faire souffrir les animaux est mal. Cela risque de nuire à notre karma. Évidemment, ce n'était que des mots...
Plus de 2000 truites sont mortes dans l'étang du Parc Pie-XII: ce sont encore des mots...
***
Je vais vous revenir cette semaine avec les droits des animaux. Je suis un hurluberlu bien trop sensible. C'est tellement plus viril que d'organiser des rodéos, des combats de chiens ou bien d'exterminer tous les bisons d'Amérique.
Pour le moment, je retourne à mes pinceaux.
La connerie humaine est abyssale. On n'a pas fini d'en explorer les profondeurs dans ma région, à l'ombre du clocher paroissial.
Rise up this morning
Come with the rising sun
Three little birds
Pitch by my doorstep
Singin' sweet songs
Of melodies pure and true
Sayin' this is my message to you
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J'ai commis un autre texte hier pour le HuffPost. Il n'a guère soulevé d'enthousiasme. Je l'avais même prédit dans mon texte. Lorsque j'émets des billets à saveur politique, j'atteins des sommets. Si je livre des points de vue humains ou philosophiques, tout le monde semble s'en désintéresser. Pourtant, ce sont mes textes qui «pognent» le moins qui me semblent les meilleurs. C'est ironique.
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J'ai pris cette photo de fleurs de fraises sauvages cette semaine. Elles se trouvaient dans le Parc Pie-XII, à Trois-Rivières, avant que la tondeuse ne vienne les arracher.
Parlant du Parc Pie-XII, le Festival de la pêche a été annulé en fin de semaine. On avait ensemencé l'étang du parc avec 2000 truites. On les a toutes retrouvées mortes. L'eau devait être toxique. Comme l'air doit l'être aussi à proximité de la papetière Kruger.
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Le rodéo de St-Tite est un événement qui ne devrait pas avoir lieu. Stressés les animaux et les maltraiter pour s'en amuser relèvent de la bêtise.
Un chroniqueur du quotidien Le Nouvelliste prétend que les animaux ne peuvent pas parler. Les défenseurs des droits des animaux seraient donc des hurluberlus de Montréal.
Les grenouilles aussi n'utilisent pas des mots pour communiquer. Enfin, pas les nôtres. Comme on ne sait pas ce qu'elles disent, on peut bien se foutre de ce qu'elles pensent. Les faire fumer jusqu'à temps qu'elles explosent n'a rien de malsain. Les mouches ne parlent pas, elles aussi. On peut donc leur arracher les ailes sans éprouver de remords.
Un certain Bouddha aurait laissé entendre que faire souffrir les animaux est mal. Cela risque de nuire à notre karma. Évidemment, ce n'était que des mots...
Plus de 2000 truites sont mortes dans l'étang du Parc Pie-XII: ce sont encore des mots...
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Je vais vous revenir cette semaine avec les droits des animaux. Je suis un hurluberlu bien trop sensible. C'est tellement plus viril que d'organiser des rodéos, des combats de chiens ou bien d'exterminer tous les bisons d'Amérique.
Pour le moment, je retourne à mes pinceaux.
La connerie humaine est abyssale. On n'a pas fini d'en explorer les profondeurs dans ma région, à l'ombre du clocher paroissial.
samedi 3 juin 2017
Juste un petit peu raciste, à peine xénophobe...
Le Parti Québécois n'est pas raciste. Il a toujours été un parti raisonnable. Et il est sans doute raisonnable de contenter un petit peu les racistes ou bien les milliardaires anti-syndicalistes.
Les Québécois devraient faire un effort et devenir un petit peu plus tolérants envers ceux qui sont un petit peu raciste, un petit peu millionnaire et un petit peu anti-syndicaliste. La tolérance est d'ailleurs une vertu pratiquée à tous les congrès du PQ envers les xénophobes. On leur dit du calme. Puis on leur dit qu'il faut y aller avec mesure, graduellement...
On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre.
Le miel que leur sert le Parti Québécois est le Code de vie de Hérouxville, le dieu Argent et autres idées raisonnables...
Évidemment, les Québécois résistent à faire confiance au PQ et, du coup, les péquistes croient que tout le monde endosse le gouvernement libéral corrompu jusqu'à la moelle.
Les péquistes oublient volontairement que le nationalisme primaire n'a pas plus la cote ici qu'ailleurs dans le monde occidental. Le PQ stagne à 20% dans les sondages et la dégringolade est loin d'être terminée.
Ce 20% de la population ne pourrait être représenté que par le PQ, qui adopte une approche raisonnable face au Code de vie de Hérouxville, le dieu Argent et tout le reste.
Malheureusement, 80% de la population du Québec ne vit plus en vase clos, à l'ombre du clocher paroissial.
Le PQ, qui ne veut tout de même pas tout perdre, dont ce segment de la population, va sans doute continuer à défendre un discours identitaire suranné qui ne pourra aller qu'en déclinant au fil des ans.
Jamais il n'ira chercher plus.
Parce que les gens ne consentiront pas à devenir un petit peu raciste, juste un petit peu et pas plus qu'il ne le faut, pour lui faire plaisir.
Fin de leur histoire.
Les Québécois devraient faire un effort et devenir un petit peu plus tolérants envers ceux qui sont un petit peu raciste, un petit peu millionnaire et un petit peu anti-syndicaliste. La tolérance est d'ailleurs une vertu pratiquée à tous les congrès du PQ envers les xénophobes. On leur dit du calme. Puis on leur dit qu'il faut y aller avec mesure, graduellement...
On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre.
Le miel que leur sert le Parti Québécois est le Code de vie de Hérouxville, le dieu Argent et autres idées raisonnables...
Évidemment, les Québécois résistent à faire confiance au PQ et, du coup, les péquistes croient que tout le monde endosse le gouvernement libéral corrompu jusqu'à la moelle.
Les péquistes oublient volontairement que le nationalisme primaire n'a pas plus la cote ici qu'ailleurs dans le monde occidental. Le PQ stagne à 20% dans les sondages et la dégringolade est loin d'être terminée.
Ce 20% de la population ne pourrait être représenté que par le PQ, qui adopte une approche raisonnable face au Code de vie de Hérouxville, le dieu Argent et tout le reste.
Malheureusement, 80% de la population du Québec ne vit plus en vase clos, à l'ombre du clocher paroissial.
Le PQ, qui ne veut tout de même pas tout perdre, dont ce segment de la population, va sans doute continuer à défendre un discours identitaire suranné qui ne pourra aller qu'en déclinant au fil des ans.
Jamais il n'ira chercher plus.
Parce que les gens ne consentiront pas à devenir un petit peu raciste, juste un petit peu et pas plus qu'il ne le faut, pour lui faire plaisir.
Fin de leur histoire.
vendredi 2 juin 2017
Un dessin animé japonais de 1929
On trouve de tout sur YouTube dont ce petit film d'animation japonais qui se situe à dix milles lieues des thèmes généralement abordé dans les cartoons américains.
Il s'intitule Kubo Tori. J'ai cherché le nom de l'artiste mais je ne l'ai pas trouvé.
Ce film a été produit en 1929. Cela fait partie du folklore japonais. C'est l'histoire d'un type avec un chancre sur la joue qui vit dans un arbre. Après un orage, il assiste à une réunion de démons dans la forêt et danse tellement bien pour eux que le démon en chef le récompense en lui enlevant le chancre qui le dévisage...
Il rencontre ensuite un autre type défiguré au village qui veut aussi rencontré les démons de la forêt. Cependant, il danse si mal que le démon en chef lui attribue deux chancres plutôt qu'un seul...
Le graphisme me semble exceptionnel pour l'époque et rappelle l'art des estampes japonaises.
Trump, le climat et les ignorants fiers de l'être
Je me souviens d'un été où la température avait grimpé à plus de 39 Celsius pendant plusieurs jours. Cela sentait extrêmement mauvais sur les rives du Lac Saint-Pierre, en bordure de Pointe-du-Lac. Les moules bleues cuisaient dans l'eau et les poissons mourraient en masse. Les goélands s'en donnaient à coeur joie. J'avais peine à respirer. Je me disais que l'avenir de la Terre appartiendrait aux charognards.
Hier, Donald Trump a signifié son intention de se retirer de l'Accord de Paris sur les changements climatiques.
Trump se place donc résolument du côté des charognards.
La Terre est plate. Elle ne tourne pas autour du Soleil. Darwin est un singe. Adam et Ève se sont faits embobiner par un serpent il y a 6 000 ans. Et quoi d'autre?
Rien. Sinon que les Américains sont gouvernés par des imbéciles.
Nous en avons bien quelques-uns de ce côté-ci de la frontière. Ils se tiennent pas très loin des fondamentalistes religieux règle générale. Ou bien dans le milieu des économistes de pacotille.
Le racisme leur sied bien. Tant qu'à être con, on ne s'arrête pas au milieu du trajet.
***
L'été, lorsqu'il fait plus chaud qu'il ne l'a jamais fait, on dit aux citadins de s'enfermer dans leur boîte à l'air climatisé. Respirer de l'air en conserve, comme si nous vivions sur la planète Mars, est devenu la norme.
Comme l'on n'a plus besoin de l'air pur, on peut aussi se permettre de créer de nouveaux espaces de stationnement. Le béton et l'asphalte sont payants pour les contributeurs des politiciens au pouvoir. Ils ne seraient justement pas au pouvoir s'ils méprisaient le béton et l'asphalte. Quand l'économie va, tout va. Manquerait-il d'oxygène sur terre qu'on trouverait le moyen d'en produire en pompant l'eau des océans pour l'extraire de l'hydrogène auquel il est associé. De toute façon, il y a trop de monde sur Terre et c'est normal que ceux qui ne savent pas suivre la course du progrès meurent par millions.
***
Ces propos un peu désespérants ne doivent pourtant pas nous faire oublier l'essentiel. L'essentiel, c'est que Donald Trump est vide. L'essentiel, c'est que les conservateurs et les libertariens sont des ahuris. L'essentiel c'est que le pus va finir par sortir de notre blessure.
Je crois, peut-être à tort, que le monde se débarrassera bientôt à jamais de ces idéologies ringardes. Il va se purger de ces idioties que quelques-uns tiennent encore pour des perles du génie humain.
Je me dis, encore une fois, que la nature a horreur du vide.
Le vide est au pouvoir. Mais pas pour longtemps.
Le changement viendra de lui-même. Quand? Je ne le sais pas. Comment? Par surprise, comme toujours.
On croira que tout est foutu. Puis on s'étonnera de constater que le pouvoir s'est écroulé. Que plus personne ne le soutient, même la police, même l'armée.
Une poignée de larbins détaleront vers les aéroports pour trouver refuge dans quelque dictature du globe qui saura les accueillir.
Et même ces dictatures tomberont.
Un jour, il n'y aura plus de place pour les saigneurs de la Terre.
Vous vous dites que je prends mes rêves pour des réalités?
C'est bien ce que je fais.
Les rêves sont plus porteurs d'espérance que les cauchemars.
Les cauchemars sont des états que l'on quitte sans nourrir le sentiment que l'on s'en ennuie.
L'histoire les charrie dans la boue.
Bref, un jour on parlera de notre époque en se bouchant le nez.
Et ce jour-là, on respira peut-être de l'air pur.
Ou presque.
jeudi 1 juin 2017
97% de la population ne milite pour aucun parti politique
Mes meilleures idées naissent au cours de mes promenades matinales où j'entre en grande conversation avec moi-même. Je ne veux pas dire qu'elles sortent de mon néant. Les propos de tout un chacun m'accompagnent. Je les observe. Je les tourne et retourne dans ma tête. Je les digère. Et finalement, j'en fais une synthèse plus ou moins heureuse.
Il y a des faits qui vont tellement de soi que jamais l'on ne trouve la nécessité de les mettre en évidence.
Je m'étonnais, ce matin, de ne pas m'être ébaubi un peu plus à propos de cette réalité: pas plus de 3% de la population est membre d'un parti politique...
J'arrive à ce calcul en supposant qu'il n'y a pas plus de 300 000 membres d'un parti politique au Québec, quels qu'ils soient. 300 000 sur une population d'un peu plus de 8 000 000 d'habitants.
Ces 300 000 membres cumulent les cartes au niveau municipal, provincial et fédéral. Sur ces 300 000 membres, je dirais que moins de la moitié, en étant très généreux, sont pleinement actifs.
Ce qui nous ramène à 150 000 citoyens, desquels on peut encore facilement retrancher la moitié et même un peu plus.
Ce qui nous rapproche de 1%.
N'y voyez pas d'analogie douteuse. Mais il me semble raisonnable d'avancer que 99% des gens ne sont pas intimement liés à la politique. Dont moi qui ne suis membre d'aucun parti et qui n'entend pas le devenir de sitôt.
Je participe aux débats, bien entendu. J'émets des points de vue. Et, pour tout dire, il m'arrive même de me tromper. Justement parce que je ne suis membre d'aucun parti et porteur d'aucune idéologie en particulier.
Je loge plutôt à l'extrême-gauche de l'échiquier politique avec quelques réserves. Je ne fais pas passer la sainte doctrine avant mes valeurs humaines, dont la tolérance, une vertu qui ne peut se mettre en pratique qu'avec ceux que l'on déteste.
Comme je ne suis pas lié à un programme partisan, je peux me revirer sur un dix sous du jour au lendemain.
Suis-je anarchiste? Pas tout à fait. L'anarchie est un système trop bien organisé à mon goût. Je suis plutôt un «anar chic», un dandy de la révolution sociale, bref un indécrottable idéaliste qui aura tort sous tous les régimes et qui l'assume pleinement.
Dans L'Unique et sa propriété, Max Stirner élaborait une philosophie politique qui ressemble un tant soit peu à ce que j'ai vu au cours du Printemps Érable. On aurait tort d'oublier que le Printemps Érable fut essentiellement un mouvement sans chefs. N'importe qui pouvait autoproclamer sa souveraineté d'action dans le cadre de ce mouvement. Tout simplement parce que les jeunes qui avaient initié le mouvement n'en avaient rien à cirer des chefs.
«Le divin regarde Dieu, l'humain regarde l'Homme. Ma cause n'est ni divine ni humaine, ce n'est ni le vrai, ni le bon, ni le juste, ni le libre, c'est — le Mien; elle n'est pas générale, mais — unique, comme je suis unique. Rien n'est, pour Moi, au-dessus de Moi!»Max Stirner, L'Unique et sa propriété, op.cit. p.20
Évidemment, on n'a pas besoin d'avoir lu Karl Marx pour comprendre que les capitalistes nous malmènent.
Comme l'on n'a pas besoin d'avoir lu Max Stirner pour conjuguer notre participation aux luttes sociales à notre souveraineté individuelle.
L'essentiel, c'est que les membres des partis politiques sont l'exception plutôt que la norme.
Ce qui fait qu'ils se sentent largement dépassés lors des grands bouleversements sociaux.
Où veux-je en venir?
À pas grand chose somme toute.
Sinon à cette idée que je suis moins marginal que je ne le croyais.
Je suis probablement comme vous, chers lecteurs et lectrices. Je ne suis membre de rien du tout. Je vis au jour le jour, donne raison parfois à l'un et parfois à l'autre, sans m'enfarger dans les fleurs et les beaux programmes des vendeurs de vérités.
Je me croyais marginal, hors norme, et je me découvre comme vous, floué par tous ces partisans qui croient dur comme fer que nous ne savons et ne valons rien...
***
Oh! J'oubliais... Je vais probablement voter pour Québec Solidaire. Gabriel Nadeau-Dubois me rassure lorsqu'il dit que les jeunes en ont soupé des chefs et de l'autorité. Les vieux aussi. Je vais accorder mon vote à QS sans oublier que je peux aussi le leur retirer à tout moment. Contradiction? Le système politique dans lequel nous vivons nous oblige à ce genre de pirouette. Vous attendez-vous à ce que 97% des citoyens n'aillent plus voter parce qu'ils ne sont membres d'aucun parti?
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