J'ai été préposé aux bénéficiaires pendant quatre ans du temps de mes études. J'ai travaillé sur tous les quarts de travail et tous les départements, de la gériatrie aux soins intensifs. J'ai travaillé dans l'état d'esprit que j'offrais aux patients le service que j'aurais voulu que reçoivent mon père et ma mère s'ils avaient été dans la même situation.
C'était il y a vingt ans. Ce que je sais des problèmes de santé d'aujourd'hui est encore teinté de ma vision des problèmes d'hier. Ce que je croyais une crise des soins de santé n'était encore qu'une crisette. La vraie crise, c'est maintenant.
Les médias nous rapportent ces derniers temps des récits d'horreur quant aux traitements subis par plusieurs patients dans notre système de santé.
Il ne faudrait pas croire que tous les préposés aux bénéficiaires s'acquittent mal de leurs fonctions. Au contraire, il faudrait s'étonner qu'ils s'en acquittent bien dans cette situation de crise sans précédent.
De nos jours, les patients sont littéralement garrochés dans des centres de santé qui ne sont pas équipés pour recevoir ce que l'on appelle des «cas lourds» dans le jargon des professionnels de la santé.
On s'offre une santé à rabais en créant des Partenariats public-privé (PPP) où tout l'odieux de la situation repose ensuite sur les épaules des propriétaires des résidences ainsi que des employés souvent payés au salaire minimum pour pratiquement effectuer le double de la tâche de travail d'un employé du secteur public.
Le gouvernement largue tous les problèmes du secteur public en bas de la chaîne alimentaire...
Untel devrait porter des contentions et être surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Telle autre est atteinte d'une maladie infectieuse grave qui nécessiterait son isolement. Les fonctionnaires syndiqués du secteur public les envoient sciemment vers des ressources qui ne sont pas adaptées à la situation. Ils désengorgent le système de santé public en demandant à des travailleurs payés au salaire minimum et non-syndiqués de faire face à des situations à la limite du chaos, sans aide, sans ressources, sans rien d'autre qu'un torchon en main.
Il est évident que ces petits travailleurs se sentent doublement, voire triplement exploités. Ce sont majoritairement des femmes, qui plus est. Et ça n'indigne pas grand monde.
On paie presque 20$ l'heure des gardiennes d'enfants en santé. On donne des pinottes aux préposés du réseau des PPP qui devront laver des adultes vingt fois plus gros qu'un bambin qui pourraient être nos parents.
Les préposés sous-payés du secteur privé bénéficient de très peu de protection en tant que travailleurs et sont à la merci d'une job où ils peuvent autant se péter le dos que l'esprit. Ils sont à bout de nerfs et de ressources trois fois plus que dans le secteur public. Chaque journée de travail qu'ils effectuent est pour moi un miracle.
Pour ajouter à l'odieux de tout cela, il arrive que ces mêmes travailleurs assument eux-mêmes, par pur humanisme, d'habiller un patient délaissé par sa famille qui gère son argent et prépare l'héritage. Il est fréquent de voir les parents d'un patient se plaindre des services qu'il reçoit alors qu'ils tiennent eux-mêmes les cordons de la bourse et refusent de payer pour quoi que ce soit. On aimerait que nos gouvernements fassent preuve d'autant mansuétude que ces petits travailleurs pauvres qui ont la main sur le coeur et qui ne recevront jamais de médailles pour leur bontés clandestines.
Les préposés aux bénéficiaires et même les propriétaires des établissements privés ne méritent pas de se faire lancer des pierres compte tenu qu'ils travaillent dans un contexte de crise. Il faudrait plutôt remettre en question les règles auxquelles sont soumis les travailleurs de la santé et des services sociaux dans l'évaluation et l'attribution des soins aux patients.
L'argent, on fait ce que l'on veut avec. On en trouve pour graisser les amis des politiciens quand on monte des projets farfelus. On en trouve pour toutes sortes de niaiseries si vous voulez mon avis. C'est donc dire qu'il y en a à quelque part pour offrir des soins de santé de qualité et des conditions de travail raisonnables.
C'est une question de choix de société rendu à ce niveau-là.
Dites-moi ce que vous voulez et je vous dirai qui vous êtes...
samedi 16 juillet 2011
vendredi 15 juillet 2011
L'histoire de Maude et d'une bande de snappés
Vladimir alias Vlad avait fait du temps, comme on dit dans le jargon de mon entourage pour signifier qu'il avait séjourné en prison.
C'était un petit bonhomme tout tissé de nerfs qui vivait de mille petits boulots tous plus misérables les uns que les autres et qui accommodait son ordinaire de menus larcins.
Vlad avait fait du temps pour avoir mis le feu à son bloc sur un badtrip de ouesse, surnom de la phencyclidine, aussi connue sous le nom de PCP. C'est utilisé par les vétérinaires pour l'anesthésie des chevaux. L'effet que provoque cette poudre chez les humains est dévastateur. On a déjà vu à l'urgence des types qui se croyaient invincibles parce qu'ils ne ressentaient plus de douleur sur la ouesse. Ils se sont donnés des coups de poing sur la gueule pour prouver leur nouvelle théorie. Et ils ont atterri à l'urgence, la gueule en sang, avec des tas de dents en moins. Ce qui ne les empêchât pas de rire aux éclats, bien que leur sourire fût moins éclatant.
Donc, Vlad avait fait du temps parce qu'il avait foutu le feu à son bloc.
-J'délirais calice... J'étais pas là... Snappé ben raide... qu'il tenta sans succès d'expliquer au juge.
Derrière les barreaux, Vlad prit le parti de se cultiver l'esprit en lisant essentiellement les évangiles et était ressorti de prison avec une infinie bonté, comme s'il s'était senti tellement trou du cul qu'il ne souhaitait plus que de réparer ses erreurs.
Il s'était pris un petit loyer dans un secteur de la ville où l'on retrouve essentiellement des réprouvés sociaux, dont son voisin Luc Croisetière, alias Crapaud, un sans-dessein violent et plutôt batteur de femme qui vivait avec sa femme et la petite fille qu'elle avait eue d'un ami de Vlad qui ne voulait pas payer pour la mère et pour la fille.
-Dis-leur que tu sais pas où c'est que j'su's, ok Vlad? qu'il lui avait dit en prison, ce gars qui s'appelait Roger je ne sais plus trop qui.
La blonde de Crapaud, Linda, était sur les pilules. Elle ne faisait jamais rien à manger et ne bouffait que des pilules. Crapaud se faisait venir du poulet de la rôtisserie quand il revenait de la shop et Linda grapillait dans ses restants pour se nourrir. La fille de Linda, Maude, pouvait bien crever. On lui refilait un déjeuner gratuit à l'école - quand même... Et le soir, eh bien c'est Vlad qui la nourrissait.
Eh oui, Maude, la fille de Roger et Linda, passait toutes ses soirées chez Vlad depuis deux ou trois mois et ne rentrait plus coucher. Crapaud et Linda ne s'en rendaient presque pas compte. Maintenant que Vlad donnait plus à Jésus qu'au PCP. C'était plus rassurant sans doute.
Maude devait avoir douze ou treize ans. Elle n'était plus capable de voir sa propre mère se faire traiter comme de la marde par Crapaud. Aussi, elle ne se gênait pas pour lui voler des cigarettes et du pot.
Maude était alors une grande fille mince habillée en punk par pauvreté plus que par choix. Sa mère lui trouvait des jeans dans les bacs de recyclage de l'Armée du Salut. Et ce sont ces jeans qu'elle devait porter jusqu'à ce que la fourche déchire. Aussi Maude s'amusait à les déchirer, à les recoudre, à les décorer comme s'il s'agissait d'une courtepointe.
Vlad avait perdu sa fille, Martine, qu'il avait eue avec Siffleuse Marcotte, une édentée qui consommait des speeds pour se remettre en train. Martine s'était suicidée dans sa famille d'accueil. Cela faisait deux ans déjà. Elle avait l'âge de Maude quand on l'avait retrouvé la gorge tranchée dans la salle de bain.
Vlad n'avait connu sa fille qu'à travers les grilles de ses prisons, puisque vous vous doutez bien qu'il n'y est pas allé qu'une fois. Et il s'en voulait de sa mort. Comme il s'en voulait du bloc qu'il avait incendié pour rien, risquant la vie de voisins doux et aimables qui ne lui avaient rien fait de mal.
Aussi Maude était atterrie dans sa vie comme un signe du Ciel.
Maude qui venait se réfugier chez Vlad pour souper avec lui, jouer au Nintendo et dormir sur le divan-lit.
Vlad l'appelait toujours Boss.
-Tiens! Un bon grand verre de jus d'orange Boss! C'est bon pour les vitamines, Boss! qu'il lui disait.
Maude buvait son grand verre de jus d'orange puis mangeait ensuite un bon pâté chinois ou bien les spaghettis que Vlad lui avait cuisinés. Elle avait droit ensuite à une belle soirée de Nintendo à jouer à toutes sortes de jeux loufoques sous l'oeil bienveillant et attendri de Vlad.
-J'su's ben icitte, qu'elle disait. D'l'autre bord c'est rien qu'd'la christ de marde... Crapaud c't'une charogne pis ma mère est folle raide... Marci d'm'accueillir Vlad!
Le premier à s'indigner de cette cohabitation fût Roger, l'ami de Vlad et père de Maude.
-J'aime pas ça qu'A' soèye chez-vous Vlad calice! Après ça Linda va savoir où j'su's pis A' va me d'mander pension pour elle pis pour Maude! Ça va m'coûter une hostie d'beurrée!
Évidemment, Roger était un trou du cul. Ce qui permit à Vlad de se foutre un peu de son avis. Aussi, Maude continua de vivre chez-lui. Après tout, ne prenait-elle pas du mieux? Elle avait même engraissé. Son teint était passé du vert au rose. Même que Vlad lui avait acheté du linge, des trucs de toilette, des quossins chez Dollaramax, etc.
-Tiens boss! J't'ai acheté du bain moussant, du chocolat, de la liqueur, des chips...
-T'es ben fin Vlad... M'en va's tirer une poffe sur la galerie... qu'elle lui répondait, la gamine.
Il n'y avait pas d'amour plus platonique, je vous jure. Vlad traitait Maude comme si c'était sa propre fille, Martine. Et il se surprenait parfois à l'appeler Martine, ce qui fait qu'il avait résolu de toujours l'appeler Boss pour ne plus trébucher sur les M.
Linda était snappée d'aplomb, comme d'habitude. Crapaud avait menacé de la jeter en bas du deuxième. Il l'avait même saisie par les jambes pour la suspendre dans le vide par-dessus la rampe de leur vieux bloc moisi. La police passait justement dans le coin et répondit à une plainte des voisins. De sorte que Crapaud, Linda et Maude furent bientôt surveillés par une travailleuse sociale, Hervée Dandurand, qui aimait bien faire du ski alpin et jouer au casino.
Maude a été tout de suite placée en famille d'accueil puisque le couple maudit s'était retrouvé en prison sous plusieurs charges criminelles, dont inceste et whatever.
Vlad devint l'homme le plus triste de la terre tout le temps où Maude ne put lui donner signe de vie.
Deux ans, trois ans, dix ans passèrent.
Et elle revint, pas plus tard qu'hier, Maude. Belle, avec une bonne job, et fière d'elle-même. Elle avait plein de petits cadeaux pour Vlad qui, vrai comme je suis là, pleura comme une Madeleine en les recevant, comme si la vie lui rappelait qu'il n'avait pas été qu'un trou du cul en ce monde.
-Merci Boss! qu'il lui a dit... T'aurais pas dû Boss! Un ordinateur! Un écran plat! Une ixeboxe trois cent soixante! Wow! C'est ben qu'trop pour moé Boss!
-C'est pas assez Vlad... Tu l'sais pas mais tu m'as sauvé la vie mon tabarnak!
Et elle repartit le soir même, après un souper au resto avec Vlad. Ils discutèrent du bon vieux temps et promirent de se revoir pour fumer une poffe ou whatever.
Si Vlad a l'air aussi exalté aujourd'hui, c'est parce que la vie lui a permis de réaliser de très grandes choses, bien plus grandes que tous ces ponts, viaducs et temples que les hommes peuvent bâtir.
Il en oublie presque ses crimes et ses sottises passés.
Et il siffle à tous vents que la vie est belle et qu'on est donc bien sur cette terre...
C'était un petit bonhomme tout tissé de nerfs qui vivait de mille petits boulots tous plus misérables les uns que les autres et qui accommodait son ordinaire de menus larcins.
Vlad avait fait du temps pour avoir mis le feu à son bloc sur un badtrip de ouesse, surnom de la phencyclidine, aussi connue sous le nom de PCP. C'est utilisé par les vétérinaires pour l'anesthésie des chevaux. L'effet que provoque cette poudre chez les humains est dévastateur. On a déjà vu à l'urgence des types qui se croyaient invincibles parce qu'ils ne ressentaient plus de douleur sur la ouesse. Ils se sont donnés des coups de poing sur la gueule pour prouver leur nouvelle théorie. Et ils ont atterri à l'urgence, la gueule en sang, avec des tas de dents en moins. Ce qui ne les empêchât pas de rire aux éclats, bien que leur sourire fût moins éclatant.
Donc, Vlad avait fait du temps parce qu'il avait foutu le feu à son bloc.
-J'délirais calice... J'étais pas là... Snappé ben raide... qu'il tenta sans succès d'expliquer au juge.
Derrière les barreaux, Vlad prit le parti de se cultiver l'esprit en lisant essentiellement les évangiles et était ressorti de prison avec une infinie bonté, comme s'il s'était senti tellement trou du cul qu'il ne souhaitait plus que de réparer ses erreurs.
Il s'était pris un petit loyer dans un secteur de la ville où l'on retrouve essentiellement des réprouvés sociaux, dont son voisin Luc Croisetière, alias Crapaud, un sans-dessein violent et plutôt batteur de femme qui vivait avec sa femme et la petite fille qu'elle avait eue d'un ami de Vlad qui ne voulait pas payer pour la mère et pour la fille.
-Dis-leur que tu sais pas où c'est que j'su's, ok Vlad? qu'il lui avait dit en prison, ce gars qui s'appelait Roger je ne sais plus trop qui.
La blonde de Crapaud, Linda, était sur les pilules. Elle ne faisait jamais rien à manger et ne bouffait que des pilules. Crapaud se faisait venir du poulet de la rôtisserie quand il revenait de la shop et Linda grapillait dans ses restants pour se nourrir. La fille de Linda, Maude, pouvait bien crever. On lui refilait un déjeuner gratuit à l'école - quand même... Et le soir, eh bien c'est Vlad qui la nourrissait.
Eh oui, Maude, la fille de Roger et Linda, passait toutes ses soirées chez Vlad depuis deux ou trois mois et ne rentrait plus coucher. Crapaud et Linda ne s'en rendaient presque pas compte. Maintenant que Vlad donnait plus à Jésus qu'au PCP. C'était plus rassurant sans doute.
Maude devait avoir douze ou treize ans. Elle n'était plus capable de voir sa propre mère se faire traiter comme de la marde par Crapaud. Aussi, elle ne se gênait pas pour lui voler des cigarettes et du pot.
Maude était alors une grande fille mince habillée en punk par pauvreté plus que par choix. Sa mère lui trouvait des jeans dans les bacs de recyclage de l'Armée du Salut. Et ce sont ces jeans qu'elle devait porter jusqu'à ce que la fourche déchire. Aussi Maude s'amusait à les déchirer, à les recoudre, à les décorer comme s'il s'agissait d'une courtepointe.
Vlad avait perdu sa fille, Martine, qu'il avait eue avec Siffleuse Marcotte, une édentée qui consommait des speeds pour se remettre en train. Martine s'était suicidée dans sa famille d'accueil. Cela faisait deux ans déjà. Elle avait l'âge de Maude quand on l'avait retrouvé la gorge tranchée dans la salle de bain.
Vlad n'avait connu sa fille qu'à travers les grilles de ses prisons, puisque vous vous doutez bien qu'il n'y est pas allé qu'une fois. Et il s'en voulait de sa mort. Comme il s'en voulait du bloc qu'il avait incendié pour rien, risquant la vie de voisins doux et aimables qui ne lui avaient rien fait de mal.
Aussi Maude était atterrie dans sa vie comme un signe du Ciel.
Maude qui venait se réfugier chez Vlad pour souper avec lui, jouer au Nintendo et dormir sur le divan-lit.
Vlad l'appelait toujours Boss.
-Tiens! Un bon grand verre de jus d'orange Boss! C'est bon pour les vitamines, Boss! qu'il lui disait.
Maude buvait son grand verre de jus d'orange puis mangeait ensuite un bon pâté chinois ou bien les spaghettis que Vlad lui avait cuisinés. Elle avait droit ensuite à une belle soirée de Nintendo à jouer à toutes sortes de jeux loufoques sous l'oeil bienveillant et attendri de Vlad.
-J'su's ben icitte, qu'elle disait. D'l'autre bord c'est rien qu'd'la christ de marde... Crapaud c't'une charogne pis ma mère est folle raide... Marci d'm'accueillir Vlad!
Le premier à s'indigner de cette cohabitation fût Roger, l'ami de Vlad et père de Maude.
-J'aime pas ça qu'A' soèye chez-vous Vlad calice! Après ça Linda va savoir où j'su's pis A' va me d'mander pension pour elle pis pour Maude! Ça va m'coûter une hostie d'beurrée!
Évidemment, Roger était un trou du cul. Ce qui permit à Vlad de se foutre un peu de son avis. Aussi, Maude continua de vivre chez-lui. Après tout, ne prenait-elle pas du mieux? Elle avait même engraissé. Son teint était passé du vert au rose. Même que Vlad lui avait acheté du linge, des trucs de toilette, des quossins chez Dollaramax, etc.
-Tiens boss! J't'ai acheté du bain moussant, du chocolat, de la liqueur, des chips...
-T'es ben fin Vlad... M'en va's tirer une poffe sur la galerie... qu'elle lui répondait, la gamine.
Il n'y avait pas d'amour plus platonique, je vous jure. Vlad traitait Maude comme si c'était sa propre fille, Martine. Et il se surprenait parfois à l'appeler Martine, ce qui fait qu'il avait résolu de toujours l'appeler Boss pour ne plus trébucher sur les M.
Linda était snappée d'aplomb, comme d'habitude. Crapaud avait menacé de la jeter en bas du deuxième. Il l'avait même saisie par les jambes pour la suspendre dans le vide par-dessus la rampe de leur vieux bloc moisi. La police passait justement dans le coin et répondit à une plainte des voisins. De sorte que Crapaud, Linda et Maude furent bientôt surveillés par une travailleuse sociale, Hervée Dandurand, qui aimait bien faire du ski alpin et jouer au casino.
Maude a été tout de suite placée en famille d'accueil puisque le couple maudit s'était retrouvé en prison sous plusieurs charges criminelles, dont inceste et whatever.
Vlad devint l'homme le plus triste de la terre tout le temps où Maude ne put lui donner signe de vie.
Deux ans, trois ans, dix ans passèrent.
Et elle revint, pas plus tard qu'hier, Maude. Belle, avec une bonne job, et fière d'elle-même. Elle avait plein de petits cadeaux pour Vlad qui, vrai comme je suis là, pleura comme une Madeleine en les recevant, comme si la vie lui rappelait qu'il n'avait pas été qu'un trou du cul en ce monde.
-Merci Boss! qu'il lui a dit... T'aurais pas dû Boss! Un ordinateur! Un écran plat! Une ixeboxe trois cent soixante! Wow! C'est ben qu'trop pour moé Boss!
-C'est pas assez Vlad... Tu l'sais pas mais tu m'as sauvé la vie mon tabarnak!
Et elle repartit le soir même, après un souper au resto avec Vlad. Ils discutèrent du bon vieux temps et promirent de se revoir pour fumer une poffe ou whatever.
Si Vlad a l'air aussi exalté aujourd'hui, c'est parce que la vie lui a permis de réaliser de très grandes choses, bien plus grandes que tous ces ponts, viaducs et temples que les hommes peuvent bâtir.
Il en oublie presque ses crimes et ses sottises passés.
Et il siffle à tous vents que la vie est belle et qu'on est donc bien sur cette terre...
jeudi 14 juillet 2011
La Marseillaise
C'est aujourd'hui la Fête nationale française. On croit, à tort, que le 14 juillet a été retenu pour commémorer la prise de la Bastille. Eh bien non! La Fête fait plutôt référence au 14 juillet 1790, à la Fête de la fédération sur les Champs de Mars, soulignant l'unification de la France et aussi la monarchie constitutionnelle...
On doit La Marseillaise à un officier français, Claude Joseph Rouget de Lisle, qui fût incarcéré sous la Première République pour s'être opposé à l'exécution du roi Louis XVI. Sa carrière de poète et d'auteur dramatique fût désastreuse. L'histoire n'a retenu de lui que La Marseillaise, chant révolutionnaire par excellence, traduit en des tas de langues, chanté autant par des prisonniers dans les camps de concentration nazis que sur la place Tien An Men par des étudiants contestant la dictature des bureaucrates chinois.
On ne se rappelle plus de sa chanson Vive le Roi! écrite quelques années plus tard...
Bref, le chant révolutionnaire le plus célèbre du monde a été écrit par un modéré qui était en faveur de la monarchie constitutionnelle...
Serge Gainsbourg a produit une version reggae de La Marseillaise qui souleva la colère des ultranationalistes français à l'époque. C'est cette version que je veux partager avec vous en ce jour bénit des Français. La Marseillaise des métèques, qui rappelle que la France n'est pas constituée que de cocoricos. La Marseillaise de Gainsbourg, qui fait plus honneur à notre Vieille France que tous ces cochons qui veulent sortir du pays les immigrés, voire les chanteurs et chanteuses québécois.
Bonne fête à tous les Français de corps et de coeur.
***
On doit La Marseillaise à un officier français, Claude Joseph Rouget de Lisle, qui fût incarcéré sous la Première République pour s'être opposé à l'exécution du roi Louis XVI. Sa carrière de poète et d'auteur dramatique fût désastreuse. L'histoire n'a retenu de lui que La Marseillaise, chant révolutionnaire par excellence, traduit en des tas de langues, chanté autant par des prisonniers dans les camps de concentration nazis que sur la place Tien An Men par des étudiants contestant la dictature des bureaucrates chinois.
On ne se rappelle plus de sa chanson Vive le Roi! écrite quelques années plus tard...
Bref, le chant révolutionnaire le plus célèbre du monde a été écrit par un modéré qui était en faveur de la monarchie constitutionnelle...
Serge Gainsbourg a produit une version reggae de La Marseillaise qui souleva la colère des ultranationalistes français à l'époque. C'est cette version que je veux partager avec vous en ce jour bénit des Français. La Marseillaise des métèques, qui rappelle que la France n'est pas constituée que de cocoricos. La Marseillaise de Gainsbourg, qui fait plus honneur à notre Vieille France que tous ces cochons qui veulent sortir du pays les immigrés, voire les chanteurs et chanteuses québécois.
Bonne fête à tous les Français de corps et de coeur.
***
Version officielle de La Marseillaise ici.
mercredi 13 juillet 2011
Ça rentre par une oreille et ça sort par l'autre
Je ne suis pas un sage mais je m'efforce de vivre avec sagesse. Mon truc est simple: ça rentre par une oreille et ça sort par l'autre.
Je cultive la faculté de mettre ma switch à off au moment voulu. Quand je sais que je fais affaire à des propos incongrus, je tire la plogue et m'évade dans un coin de mon esprit d'où je puis contempler le monde avec cet indéfinissable sourire en coin qui nimbe d'ironie ma présence en ce point de l'univers.
Prenons un cas pratique. Un imbécile vous approche et dit toutes sortes de conneries qui ne tiennent pas debout. Vous pourriez le contredire mais vous savez en votre âme et conscience que c'est comme si vous essayiez de convertir une barbote au monde du football canadien. Alors vous vous réfugiez en un petit coin d'esprit où vous oubliez un temps cette intrusion dans votre vie.
-Blablablablabla...
Elle peut parler autant qu'elle veut, la barbote, vous n'entendez plus rien. Vous êtes aux anges, à vous remémorer des poèmes de Pouchkine ou bien vos folles nuits d'amour, selon votre taux d'hormones.
Ça ressemble à faire le vide mais ce n'est pas vraiment ça. C'est comme capter un autre poste avec sons et images internes. Ce qu'on est bien! Oua!
-Blablablablabla...
Ah! Les magnifiques paysages du Yukon défilent dans ma tête... Et puis je vois le Journal d'un écrivain de Dostoïevski... Tiens, un oiseau sur un arbre... Elle est retrouvée! Quoi? -L'Éternité. Hop! Je mangerais bien des sushis. Miam-miam.
-Blablablablabla...
Vraiment, ça rentre par une oreille et ça sort par l'autre.
Et qu'est-ce qu'on dit pour cette sagesse gratuite?
Bah! Rien du tout. Je sais bien que vous prenez tout pour acquis. Ingrats que vous êtes. Nourris tous les jours d'une sagesse facile et pas chère. Je suis vraiment trop bon. Ou trop con. Blablabla.
Je cultive la faculté de mettre ma switch à off au moment voulu. Quand je sais que je fais affaire à des propos incongrus, je tire la plogue et m'évade dans un coin de mon esprit d'où je puis contempler le monde avec cet indéfinissable sourire en coin qui nimbe d'ironie ma présence en ce point de l'univers.
Prenons un cas pratique. Un imbécile vous approche et dit toutes sortes de conneries qui ne tiennent pas debout. Vous pourriez le contredire mais vous savez en votre âme et conscience que c'est comme si vous essayiez de convertir une barbote au monde du football canadien. Alors vous vous réfugiez en un petit coin d'esprit où vous oubliez un temps cette intrusion dans votre vie.
-Blablablablabla...
Elle peut parler autant qu'elle veut, la barbote, vous n'entendez plus rien. Vous êtes aux anges, à vous remémorer des poèmes de Pouchkine ou bien vos folles nuits d'amour, selon votre taux d'hormones.
Ça ressemble à faire le vide mais ce n'est pas vraiment ça. C'est comme capter un autre poste avec sons et images internes. Ce qu'on est bien! Oua!
-Blablablablabla...
Ah! Les magnifiques paysages du Yukon défilent dans ma tête... Et puis je vois le Journal d'un écrivain de Dostoïevski... Tiens, un oiseau sur un arbre... Elle est retrouvée! Quoi? -L'Éternité. Hop! Je mangerais bien des sushis. Miam-miam.
-Blablablablabla...
Vraiment, ça rentre par une oreille et ça sort par l'autre.
Et qu'est-ce qu'on dit pour cette sagesse gratuite?
Bah! Rien du tout. Je sais bien que vous prenez tout pour acquis. Ingrats que vous êtes. Nourris tous les jours d'une sagesse facile et pas chère. Je suis vraiment trop bon. Ou trop con. Blablabla.
mardi 12 juillet 2011
Encore Épictète...
Épictète était boîteux parce que son maître, un ami de l'empereur Néron, lui avait pété la jambe.
Sa philosophie convient tout à fait aux vies d'esclaves que l'on mène en ceci qu'elle donne des moyens immédiats de résister au mal.
Cette philosophie s'appelle le stoïcisme pour les férus d'appellations contrôlées. Pour les autres, elle s'appelle tout bonnement l'amour de la sagesse.
On peut être boîteux, servir un maître indigne et occuper une position merdique tout en entretenant la force et la liberté.
-Cette situation ne dépend pas de moi, se disait Épictète, et je dois néanmoins l'affronter. Aussi bien qu'elle se vive avec le moins de dégâts possibles pour mon esprit, refuge suprême de ma force face à mon maître et à ses fucking caprices de cave!!!
Presque deux milles ans sont passés depuis qu'Épictète a confié ses entretiens à ses élèves. Il nous reste son fameux manuel, source de sagesse souvent citée par ceux qui ont fait de la prison. Je pense, entre autres, à Dostoïevski et Soljenitsyne qui dévoraient son manuel pour oublier le dortoir puant de leur prison. Demeurer stoïque dans l'adversité, c'est tout le courage que la vie demande. Ce qui ne dépend pas de nous ne doit pas nous intéresser plus qu'il ne le faut. Ça ne veut pas dire abdiquer, mais retenir ses forces pour les utiliser au bon moment.
C'était une petite leçon de philosophie pour un mardi matin bien ordinaire et bien chaud du mois de juillet.
Sa philosophie convient tout à fait aux vies d'esclaves que l'on mène en ceci qu'elle donne des moyens immédiats de résister au mal.
Cette philosophie s'appelle le stoïcisme pour les férus d'appellations contrôlées. Pour les autres, elle s'appelle tout bonnement l'amour de la sagesse.
On peut être boîteux, servir un maître indigne et occuper une position merdique tout en entretenant la force et la liberté.
-Cette situation ne dépend pas de moi, se disait Épictète, et je dois néanmoins l'affronter. Aussi bien qu'elle se vive avec le moins de dégâts possibles pour mon esprit, refuge suprême de ma force face à mon maître et à ses fucking caprices de cave!!!
Presque deux milles ans sont passés depuis qu'Épictète a confié ses entretiens à ses élèves. Il nous reste son fameux manuel, source de sagesse souvent citée par ceux qui ont fait de la prison. Je pense, entre autres, à Dostoïevski et Soljenitsyne qui dévoraient son manuel pour oublier le dortoir puant de leur prison. Demeurer stoïque dans l'adversité, c'est tout le courage que la vie demande. Ce qui ne dépend pas de nous ne doit pas nous intéresser plus qu'il ne le faut. Ça ne veut pas dire abdiquer, mais retenir ses forces pour les utiliser au bon moment.
C'était une petite leçon de philosophie pour un mardi matin bien ordinaire et bien chaud du mois de juillet.
lundi 11 juillet 2011
Une petite digression sur les états de grâce
Il est des choses qui se racontent mal. Raconter, c'est participer pleinement au monde des choses. Les idées, les émotions et tout ce qui tourne dans la boîte à poux c'est d'un tout autre domaine que celui de la parole, voire de l'écriture ou bien de la chanson. C'est du domaine de l'invisible.
L'invisible ça ne se raconte pas parce que c'est justement indicible.
On peut bien effleurer le sujet, poser en émotif, entrer en transe: rien n'y fait. Ce qui ne se raconte pas ne changera pas d'état quoi que l'on fasse.
Alors aussi bien s'abandonner totalement à l'état de grâce.
Regarder les nuages se métamorphoser en dessins fantasmagoriques.
Contempler l'eau en recevant les cuicuis des oiseaux.
Analyser le vol d'un moustique.
Écouter le son que fait l'univers en tournant autour du Big Bang.
Ces activités n'ont rien de olé-olé. Elles sont pourtant au coeur même de nos vies puisqu'elles sont les clés de toutes nos énigmes.
Je puis me tromper. N'ai-je pas dit que cela ne se racontait pas?
Aussi, je vais regagner mes chers rêves, chers lecteurs et lectrices, pour recharger mes piles.
Merci de m'avoir permis cette petite digression sur les états de grâce.
L'invisible ça ne se raconte pas parce que c'est justement indicible.
On peut bien effleurer le sujet, poser en émotif, entrer en transe: rien n'y fait. Ce qui ne se raconte pas ne changera pas d'état quoi que l'on fasse.
Alors aussi bien s'abandonner totalement à l'état de grâce.
Regarder les nuages se métamorphoser en dessins fantasmagoriques.
Contempler l'eau en recevant les cuicuis des oiseaux.
Analyser le vol d'un moustique.
Écouter le son que fait l'univers en tournant autour du Big Bang.
Ces activités n'ont rien de olé-olé. Elles sont pourtant au coeur même de nos vies puisqu'elles sont les clés de toutes nos énigmes.
Je puis me tromper. N'ai-je pas dit que cela ne se racontait pas?
Aussi, je vais regagner mes chers rêves, chers lecteurs et lectrices, pour recharger mes piles.
Merci de m'avoir permis cette petite digression sur les états de grâce.
dimanche 10 juillet 2011
mercredi 6 juillet 2011
Un conte inédit
Il est toujours possible de livrer un conte en moins de deux. Mais cela finit par épuiser. Ce matin, j'aurais bien voulu vous raconter l'histoire de trois flics qui se sont faits foutre dehors de la police parce qu'ils buvaient comme des trous et ne respectaient pas leur quota de tickets à distribuer. Cependant je ne me sens pas la force mentale de leur donner des noms, de bâtir des dialogues, puis de décrire des situations parsemées de sacres et de blasphèmes antédiluviens.
Ce qui fait que je n'irai pas plus loin pour aujourd'hui.
Vivons. Vivez. Vis.
Ce qui fait que je n'irai pas plus loin pour aujourd'hui.
Vivons. Vivez. Vis.
mardi 5 juillet 2011
Jos Peddler
Jos Peddler ne s'appelle pas Jos ni Peddler mais tout le monde l'appelle Jos Peddler, si bien qu'on ne sait plus son nom: Alcide Gervais.
Jos Peddler est un petit bonhomme tout en nerfs qui vit de ce que le monde jette. Analphabète, il ne vit que pour le travail physique et se fait un honneur de déplacer à lui seul un frigo grâce à sa technique personnelle de transfert de poids. Pour les escaliers, Jos Peddler se place sous l'appareil électroménager et le laisse glisser sur les marches, beding bedang jusqu'en bas, avec la cigarette au bec, oui monsieur.
Tout glisse des escaliers jusqu'à sa petite remorque qu'il a fabriquée lui-même et installée après son vélo CCM usagé. Sa remorque peut contenir au moins deux électroménagers. Il attache des sacs après ses poignées de bicycle.
Il en travaille une christ de shot, Jos Peddler, mais il préfère ça à se tourner les pouces chez-lui.
-La tévé? C'est plate. La radio? C'est plate. Les journaux? J'sais pas lire... Fait que j'aime autant travailler pis faire d'l'argent... Un jour j'serai riche pis j'va's m'acheter un poste de tévé, une station d'radio pis un journal tabarnak! I' vont voir que Jos Peddler c'est pas un trou d'cul! Je m'pogne pas l'beigne moé calice!
C'est ce qu'en pense Jos Peddler. Et il a du nerf, le petit bonhomme. Trois quatre frigos par jour, tout seul, avec sa technique du transfert de poids... Le plus narfé des petits bonshommes de la paroisse Sainte-Cécile, y'a pas de doute là-dessus, calice que non...
Jos Peddler est un petit bonhomme tout en nerfs qui vit de ce que le monde jette. Analphabète, il ne vit que pour le travail physique et se fait un honneur de déplacer à lui seul un frigo grâce à sa technique personnelle de transfert de poids. Pour les escaliers, Jos Peddler se place sous l'appareil électroménager et le laisse glisser sur les marches, beding bedang jusqu'en bas, avec la cigarette au bec, oui monsieur.
Tout glisse des escaliers jusqu'à sa petite remorque qu'il a fabriquée lui-même et installée après son vélo CCM usagé. Sa remorque peut contenir au moins deux électroménagers. Il attache des sacs après ses poignées de bicycle.
Il en travaille une christ de shot, Jos Peddler, mais il préfère ça à se tourner les pouces chez-lui.
-La tévé? C'est plate. La radio? C'est plate. Les journaux? J'sais pas lire... Fait que j'aime autant travailler pis faire d'l'argent... Un jour j'serai riche pis j'va's m'acheter un poste de tévé, une station d'radio pis un journal tabarnak! I' vont voir que Jos Peddler c'est pas un trou d'cul! Je m'pogne pas l'beigne moé calice!
C'est ce qu'en pense Jos Peddler. Et il a du nerf, le petit bonhomme. Trois quatre frigos par jour, tout seul, avec sa technique du transfert de poids... Le plus narfé des petits bonshommes de la paroisse Sainte-Cécile, y'a pas de doute là-dessus, calice que non...
vendredi 1 juillet 2011
Quebec Moving Day
Nous avons coutume au Québec de déménager le 1er juillet, jour de la Fête du Canada. C'est un phénomène sans doute unique au monde où la fête d'un État corresponde au premier jour des baux annuels. Ce qui fait que la Fête du Canada a toujours été aussi excitante que la Sainte-Catherine, pour ceux et celles qui s'en souviennent, fête de la tire éponyme et des vieilles filles.
Plus personne ne sait ce que c'est, la Sainte-Catherine. Les traditions se perdent pour être remplacées par d'autres rituels tout aussi humains, sinon grotesques. On a remplacé la tire par le speed dans certains milieux. Tout dépend du point de vue. On fête pour un oui, pour un non et même pour un rien.
Quoi qu'il en soit, le 1er juillet, on déménage. On sue. On souffre. On pue.
Dans les petites rues de la ville, on voit des tas de camions qui se faufilent parmi des tas d'appareils électroménagers, de boîtes et autres matelas bourrés de punaises.
D'autres chanteraient leur pays avec fierté, mais pas les Québécois. Franchement, ils s'en calissent presqu'autant qu'ils se calissent de la reine, de Bill et de sa blonde. Le Canada, c'est comme une administration, rien de plus. On ne ressent rien d'émotif pour cet État. On le reconnaît par pur pragmatisme peut-être, beaucoup plus que par lâcheté comme le supputent les indépendantistes purs et durs.
En fait, les Québécois sont des anarchistes. Ils se crissent des indépendantistes autant que des fédéralistes. Ils veulent juste déménager en paix. Se faire une petite vie. Vivre le plus loin possible des administrations lourdes et sclérosantes, comme leurs ancêtres les Magouas ou bien les courreurs des bois le faisaient jadis.
Les pensées de la Haute? Ils s'en tabarnaquent. Ils les subissent, au jour le jour, en soupirant un peu. Et ils regardent vers la forêt, toujours prêts à s'y enfoncer, pour vivre libres comme de vrais humains. Qui sont les Québécois? Des Sauvages. Et je dis ça sans arrière-pensée, avec tendresse même.
Ce ne sont que des métaphores. Ce n'est pas de la grande sociologie. Mais c'est là, que je vous dis. Je n'ai pas la berlue. Je nous connais, allez!
Nous sommes trop libres pour avoir besoin de libérateurs.
Fête du Canada ou Fête de la tire Sainte-Catherine, on déménage.
On se libère du passé.
On regarde devant plutôt que derrière.
Canada Day or not, bonne journée.
Plus personne ne sait ce que c'est, la Sainte-Catherine. Les traditions se perdent pour être remplacées par d'autres rituels tout aussi humains, sinon grotesques. On a remplacé la tire par le speed dans certains milieux. Tout dépend du point de vue. On fête pour un oui, pour un non et même pour un rien.
Quoi qu'il en soit, le 1er juillet, on déménage. On sue. On souffre. On pue.
Dans les petites rues de la ville, on voit des tas de camions qui se faufilent parmi des tas d'appareils électroménagers, de boîtes et autres matelas bourrés de punaises.
D'autres chanteraient leur pays avec fierté, mais pas les Québécois. Franchement, ils s'en calissent presqu'autant qu'ils se calissent de la reine, de Bill et de sa blonde. Le Canada, c'est comme une administration, rien de plus. On ne ressent rien d'émotif pour cet État. On le reconnaît par pur pragmatisme peut-être, beaucoup plus que par lâcheté comme le supputent les indépendantistes purs et durs.
En fait, les Québécois sont des anarchistes. Ils se crissent des indépendantistes autant que des fédéralistes. Ils veulent juste déménager en paix. Se faire une petite vie. Vivre le plus loin possible des administrations lourdes et sclérosantes, comme leurs ancêtres les Magouas ou bien les courreurs des bois le faisaient jadis.
Les pensées de la Haute? Ils s'en tabarnaquent. Ils les subissent, au jour le jour, en soupirant un peu. Et ils regardent vers la forêt, toujours prêts à s'y enfoncer, pour vivre libres comme de vrais humains. Qui sont les Québécois? Des Sauvages. Et je dis ça sans arrière-pensée, avec tendresse même.
Ce ne sont que des métaphores. Ce n'est pas de la grande sociologie. Mais c'est là, que je vous dis. Je n'ai pas la berlue. Je nous connais, allez!
Nous sommes trop libres pour avoir besoin de libérateurs.
Fête du Canada ou Fête de la tire Sainte-Catherine, on déménage.
On se libère du passé.
On regarde devant plutôt que derrière.
Canada Day or not, bonne journée.
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