Le maire Lamorve avait chaud.
-Hostie qu'j'ai chaud! qu'il répétait à qui mieux mieux, l'hostie de singe.
Il ressemblait à un singe. Comme la plupart des hommes quoi. À la différence que tout son système pileux s'était développé autour de ses sourcils, qu'il avait épais et broussailleux juste au-dessus de son regard de barbote suceuse de fonds vaseux.
C'était un petit homme dans tous les sens du terme qui baisait sa ville sans vergogne, avec l'assurance que rien ne se développe autrement.
Le petit bonhomme avait chaud, non seulement parce qu'il avait une cravate nouée autour du cou, mais aussi parce qu'il était, selon lui, victime d'un lynchage médiatique.
-Sont touttes après moé calvasse! Ça prend du cash pour faire du cash calice! qu'il gueulait devant son directeur général, un pauvre type surnommé Trouducul par la majorité des citoyens de cette ville d'ingrats qui s'en prenaient à son excellence le maire Lamorve, maire de Quatre-Chemins comme tout le monde le sait.
-Hostie qu'j'ai chaud! qu'il répétait encore, Lamorve.
Le chauffage était à vingt Celsius. Et même que c'était plutôt frais. Mais toutes ces questions, ces séances publiques houleuses, ces vigiles, ces pétitions et ces manifestations, ce n'était pas bon pour ses ulcères d'estomac. Lamorve sentait qu'il avait un point au coeur. Et il ressentait, sans vraiment le dire à voix haute, que tout était en train de foirer autour de lui, qu'il s'enfonçait profondément dans la marde.
À la télévision, on voyait des tas d'Égyptiens dans les rues, heureux comme des gens soudainement libres. Moubarak avait démissionné. Comme Ben Ali. Et c'était le temps des fleurs, le temps de passer au cash pour ceux qui avaient abusé du pouvoir et fraudé les finances publiques. La tyrannie n'avait plus la cote tout à coup. On pouvait renverser une dictature en quelques jours avec ce maudit Facebook.
Et Lamorve, qui ne connaissait rien à l'informatique, se sentait baisé encore plus par Facebook, Tweeter et Whatever. Les médias traditionnels, Le Nouvellin, L'Hebdo, Radio Flash, nommez-les, ils étaient tous du bord de Lamorve. Comme en Égypte ils étaient du côté de Moubarak. Sauf que tout le monde allait maintenant chercher ses informations sur l'Internet, chez des amateurs qui faisaient passer les gens du métier pour des perroquets du pouvoir.
Les sites de réseautage social leur échappaient, tant à Moubarak qu'au maire Lamorve. Des jeunes crottés y fomentaient la haine de l'ordre et de l'autorité. Ils diffusaient des clips, se donnaient rendez-vous place de l'Hôtel de Ville et brandissaient des bannières où c'était écrit «DÉGAGE LAMORVE!»
Ils étaient des milliers. Des milliers à scander «Dégage Lamorve!» Et Lamorve avait chaud.
-Hostie qu'j'ai chaud! qu'il disait encore et encore.
-On devrait peut-être démissionner monsieur Lamorve, lui suggéra Trouducul, le directeur général de Quatre-Chemins, cette larve qui se donnait des airs suffisants alors qu'il ne savait pas écrire une phrase sans faire de fautes d'orthographe.
-Non, je reste! hurla Lamorve.
Comme il hurlait, voilà que des policiers entrèrent dans la salle du conseil pour lui passer les menottes.
-Je suis le maire vous ne pouvez pas m'arrêter! qu'il cria.
-Monsieur Lamorve, dit machinalement l'un des policiers, vous êtes en état d'arrestation pour fraude, manoeuvre anti-démocratique, etc., tout ce que vous pourrez dire à partir de ce moment pourra être retenu contre vous, blablabla... présence d'un avocat... blablabla...
Il pouvait bien avoir chaud, Lamorve. La foule venait d'avoir raison de lui. La foule qui répétait le même modèle, d'une ville à l'autre. Hier c'était Boisbruyère. Aujourd'hui, c'était Quatre-Chemins. Ils étaient tous dans la rue à gueuler comme des chacals fous de joie. Et demain?
-Satané Facebook! Maudites menottes! hurla l'ex-maire Lamorve dans le fourgon cellulaire.
L'État avait jugé bon de se débarrasser de ce malandrin avant que la tempête ne s'empare de toute la nation. Lamorve devait payer pour tous les autres qui profiteraient de cette manoeuvre de diversion pour aller cacher leurs biens frauduleusement acquis en lieux sûrs. Mieux valait sacrifier un vieux chum que de tous y passer d'un coup sec.
Enfin! Rien n'est parfait. Mais ça laissait voir que le pouvoir du peuple n'était pas tout à fait une illusion.
samedi 12 février 2011
vendredi 11 février 2011
Kramer contre Bouchard
Résister à l'envie de commenter les actualités du jour est un défi d'autant plus grand si l'on s'abstient aussi de ne parler que de soi-même.
Qu'il fasse chaud, tiède ou froid, Julien Kramer a pris le parti de décrire la vie des autres avec le plus d'honnêteté possible sans sombrer pour autant dans le naturalisme. C'est un satané Kramer. Aussi ses amis le surnomment Hostie-d'Krameurre-à-marde
Kramer se croit écrivain pour oublier qu'il est aussi un laissé-pour-compte. Ses grosses lunettes de corne et son bac en arts plastiques, ça ne vaut rien sur le marché. Il vivote d'un petit boulot à l'autre en dévorant des romans et des livres épais comme ça. Oui monsieur. Épais comme ça, comme le Compendium de médecine, oui, oui, mais en moins génial.
Lire, écrire et peindre, ce maigrelet de Krameurre-à-marde ne sait faire que ça, le pauvre.
De l'art! Comme il faut être naïf pour faire de l'art! Ha! Ha! Ha! Que de pertes de temps en ce monde qui a besoin de plus de bras et de sueur, qui nécessite moins de penseurs et pansus.
De l'art! Ça ne vaut rien, de l'art. Tout le monde s'en torche. Ça se vend pour trois fois rien au Bazar du Dollar, de l'art.
L'Hostie-de-Krameurre-à-marde ne fout rien. Les vrais écrivains ne foutent rien, bien sûr. Ils doivent penser, méditer, lire, dormir, manger. Baiser? Kramer ne doit pas baiser souvent... Enfin. Ça le regarde. Le savon, c'est pour tout le monde.
Les pseudo-écrivains opportunistes, comme le gros Bouchard par exemple, sont plus débrouillards. Ils peuvent faire n'importe quoi, sentir le savon et même gagner leur vie. Évidemment le gros Bouchard n'écrit pas aussi bien que Kramer. Mais qui s'en soucie? Les deux sont des écrivains amateurs qui n'ont que cette manie en commun: celle de ne jamais abuser d'adverbes ou d'adjectifs. Ce n'est pas qu'ils soient paresseux. Leurs belles lectures déteignent sur leur belle écriture. Ça sent le Siècle des Lumières et la poutine. Oui.
Donc, Kramer, qui écrit mieux que le gros Bouchard, qui parle parfois de lui-même comme si ça nous intéressait, Kramer, donc, n'écrit que sur autruis. Oui, oui.
Il a lu sa dernière nouvelle hier soir lors d'une rencontre d'écrivains-mon-cul de la Société des écrivains de Mékinak.
Le gros Bouchard était là avec ses tabarnaks d'harmonicas. Il jouait si fort qu'il nous empêchait d'entendre Kramer. Kramer était en sacrament. Mais il a tout de même lu sa nouvelle jusqu'au bout, sans oublier une virgule. Et même qu'il nommait la ponctuation, l'Hostie-de-Krameurre-à-marde. «C'était -virgule- autant que faire se peut -virgule- un ramoneur -point.» Sa lecture s'est tranformée en dictée, pour se venger des harmonicas du gros Bouchard. Et paf dans les dents du gros Bouchard!
Sa nouvelle racontait l'histoire de Jean-Luc Grivoine, lequel est le ramoneur le plus connu du quartier.
Ça paraissait que l'Hostie-d'Kramer-à-marde avait lu tout ce qui existait sur le ramonage des cheminées au cours des derniers mois. À la fin de sa nouvelle, Grivoine s'envolait dans un ballon dirigeable sur un air de Led Zeppelin. Finale un peu fuckée mais dans le ton des récits de Kramer. Très pataphysique.
Le gros Bouchard a refusé de faire une lecture. Il a continué à jouer de l'harmonica en chantant que Jack Kerouac était un hostie de menteur. Bouchard prétend que Kerouac n'a jamais sauté sur un train. Le gros Bouchard l'a fait, lui, jumper sur un train de marchandises. Et il se croit un spécialiste en la matière. Et il emmerde tout le monde avec ça. Tout pour faire chier, vraiment.
Personne n'a gagné quoi que ce soit d'assister à ce duel entre Kramer et Bouchard. Tout le monde s'entend pour dire que Kramer est moins subversif et, par conséquent, plus fréquentable.
Cependant, le gros Bouchard est bien plus beau. Sa vanité nous éteint. Elle n'est que vent et poursuite de vent. On s'en fout qu'il soit beau, le gros Bouchard.
Kramer a beau être laid qu'il ne perd pas son temps à porter des pancartes et à critiquer les politiciens comme un satané anarchiste! Kramer est un esthète, un vrai. Le gros Bouchard est un improvisateur, un hypnotiseur, un mononcle qui joue du blues!!! On déteste son sourire narquois, ses yeux rieurs, son air du gars qui est tout le temps content.
-J'm'appelle Guétan pis chu toujours content! qu'il dit tout le temps, le gros raisin.
Le gros Bouchard!!! Son blog!!! Ses chansons!!! Tabarnak! Réveillez-vous quelqu'un. Ce gars-là, c'est un imposteur!
Qu'il fasse chaud, tiède ou froid, Julien Kramer a pris le parti de décrire la vie des autres avec le plus d'honnêteté possible sans sombrer pour autant dans le naturalisme. C'est un satané Kramer. Aussi ses amis le surnomment Hostie-d'Krameurre-à-marde
Kramer se croit écrivain pour oublier qu'il est aussi un laissé-pour-compte. Ses grosses lunettes de corne et son bac en arts plastiques, ça ne vaut rien sur le marché. Il vivote d'un petit boulot à l'autre en dévorant des romans et des livres épais comme ça. Oui monsieur. Épais comme ça, comme le Compendium de médecine, oui, oui, mais en moins génial.
Lire, écrire et peindre, ce maigrelet de Krameurre-à-marde ne sait faire que ça, le pauvre.
De l'art! Comme il faut être naïf pour faire de l'art! Ha! Ha! Ha! Que de pertes de temps en ce monde qui a besoin de plus de bras et de sueur, qui nécessite moins de penseurs et pansus.
De l'art! Ça ne vaut rien, de l'art. Tout le monde s'en torche. Ça se vend pour trois fois rien au Bazar du Dollar, de l'art.
L'Hostie-de-Krameurre-à-marde ne fout rien. Les vrais écrivains ne foutent rien, bien sûr. Ils doivent penser, méditer, lire, dormir, manger. Baiser? Kramer ne doit pas baiser souvent... Enfin. Ça le regarde. Le savon, c'est pour tout le monde.
Les pseudo-écrivains opportunistes, comme le gros Bouchard par exemple, sont plus débrouillards. Ils peuvent faire n'importe quoi, sentir le savon et même gagner leur vie. Évidemment le gros Bouchard n'écrit pas aussi bien que Kramer. Mais qui s'en soucie? Les deux sont des écrivains amateurs qui n'ont que cette manie en commun: celle de ne jamais abuser d'adverbes ou d'adjectifs. Ce n'est pas qu'ils soient paresseux. Leurs belles lectures déteignent sur leur belle écriture. Ça sent le Siècle des Lumières et la poutine. Oui.
Donc, Kramer, qui écrit mieux que le gros Bouchard, qui parle parfois de lui-même comme si ça nous intéressait, Kramer, donc, n'écrit que sur autruis. Oui, oui.
Il a lu sa dernière nouvelle hier soir lors d'une rencontre d'écrivains-mon-cul de la Société des écrivains de Mékinak.
Le gros Bouchard était là avec ses tabarnaks d'harmonicas. Il jouait si fort qu'il nous empêchait d'entendre Kramer. Kramer était en sacrament. Mais il a tout de même lu sa nouvelle jusqu'au bout, sans oublier une virgule. Et même qu'il nommait la ponctuation, l'Hostie-de-Krameurre-à-marde. «C'était -virgule- autant que faire se peut -virgule- un ramoneur -point.» Sa lecture s'est tranformée en dictée, pour se venger des harmonicas du gros Bouchard. Et paf dans les dents du gros Bouchard!
Sa nouvelle racontait l'histoire de Jean-Luc Grivoine, lequel est le ramoneur le plus connu du quartier.
Ça paraissait que l'Hostie-d'Kramer-à-marde avait lu tout ce qui existait sur le ramonage des cheminées au cours des derniers mois. À la fin de sa nouvelle, Grivoine s'envolait dans un ballon dirigeable sur un air de Led Zeppelin. Finale un peu fuckée mais dans le ton des récits de Kramer. Très pataphysique.
Le gros Bouchard a refusé de faire une lecture. Il a continué à jouer de l'harmonica en chantant que Jack Kerouac était un hostie de menteur. Bouchard prétend que Kerouac n'a jamais sauté sur un train. Le gros Bouchard l'a fait, lui, jumper sur un train de marchandises. Et il se croit un spécialiste en la matière. Et il emmerde tout le monde avec ça. Tout pour faire chier, vraiment.
Personne n'a gagné quoi que ce soit d'assister à ce duel entre Kramer et Bouchard. Tout le monde s'entend pour dire que Kramer est moins subversif et, par conséquent, plus fréquentable.
Cependant, le gros Bouchard est bien plus beau. Sa vanité nous éteint. Elle n'est que vent et poursuite de vent. On s'en fout qu'il soit beau, le gros Bouchard.
Kramer a beau être laid qu'il ne perd pas son temps à porter des pancartes et à critiquer les politiciens comme un satané anarchiste! Kramer est un esthète, un vrai. Le gros Bouchard est un improvisateur, un hypnotiseur, un mononcle qui joue du blues!!! On déteste son sourire narquois, ses yeux rieurs, son air du gars qui est tout le temps content.
-J'm'appelle Guétan pis chu toujours content! qu'il dit tout le temps, le gros raisin.
Le gros Bouchard!!! Son blog!!! Ses chansons!!! Tabarnak! Réveillez-vous quelqu'un. Ce gars-là, c'est un imposteur!
mercredi 9 février 2011
10 ans d'amour! Youppi!
Ça fait dix ans jour pour jour que j'ai rencontré Carole, la femme de ma vie. Hostie que j'capote. Oua. Mon record à vie: dix ans! Et pas une once d'habitude là-dedans, seulement du désir, de l'amour et de la passion qui n'ont rien de frelaté.
La première fois que nous nous sommes rencontrés, c'était par un jour de verglas. Nous nous étions donné rendez-vous vendredi vers onze heures le matin.
Et bing! Je la vois. Le coup de foudre. Le désir accoté dans le plafond. L'amour.
Elle venait du pays du verglas, la Montérégie.
Bing! Le coup de foudre, verglas ou pas...
Une passion totale les amis. Un feu nourrissant.
Alors vous comprenez que je sois encore avec elle aujourd'hui même et bien près d'elle. C'est ma muse, ma complice, mon amour.
Je pourrais bien vous écrire vingt-cinq pages comme ça mais vous n'y trouveriez là qu'une mauvaise reproduction de l'authentique.
C'est parce qu'elle est authentique, justement, que je l'aime.
En plus d'être belle, elle est bonne. Et ça, hostie que c'est rare. Sa générosité n'est pas feinte. Elle est d'un bloc. Entière. Bref, je l'aime.
Nous n'avons pas cru bon de nous marier mais l'État nous considère comme des conjoints de fait.
Que ce soit écrit ou pas sur un papier, elle est mon oasis de bonheur. Tous les jours, même les plus sombres.
Je ne crois pas que nous allions nous marier un jour. Je m'en calisse pas mal et elle aussi.
Je ne crois pas que l'amour soit pour tout le monde.
Aussi je me sens privilégié d'aimer et d'être aimé de ma blonde, ma fée du pays du verglas, encore qu'elle me dirait qu'on s'en calisse des fées, ce pourquoi je l'aime somme toute, pour son authenticité, oué.
Et croyez-moi, on va fêter ça. Youppi!
***
Nouveauté...
Vent d'automne
Une toune chantée à la bonne franquette que j'ai composée pour ma blonde.
Je me suis ouvert un compte reverbnation rien que pour elle, oui, oui.
http://www.reverbnation.com/gaétanbouchard
La première fois que nous nous sommes rencontrés, c'était par un jour de verglas. Nous nous étions donné rendez-vous vendredi vers onze heures le matin.
Et bing! Je la vois. Le coup de foudre. Le désir accoté dans le plafond. L'amour.
Elle venait du pays du verglas, la Montérégie.
Bing! Le coup de foudre, verglas ou pas...
Une passion totale les amis. Un feu nourrissant.
Alors vous comprenez que je sois encore avec elle aujourd'hui même et bien près d'elle. C'est ma muse, ma complice, mon amour.
Je pourrais bien vous écrire vingt-cinq pages comme ça mais vous n'y trouveriez là qu'une mauvaise reproduction de l'authentique.
C'est parce qu'elle est authentique, justement, que je l'aime.
En plus d'être belle, elle est bonne. Et ça, hostie que c'est rare. Sa générosité n'est pas feinte. Elle est d'un bloc. Entière. Bref, je l'aime.
Nous n'avons pas cru bon de nous marier mais l'État nous considère comme des conjoints de fait.
Que ce soit écrit ou pas sur un papier, elle est mon oasis de bonheur. Tous les jours, même les plus sombres.
Je ne crois pas que nous allions nous marier un jour. Je m'en calisse pas mal et elle aussi.
Je ne crois pas que l'amour soit pour tout le monde.
Aussi je me sens privilégié d'aimer et d'être aimé de ma blonde, ma fée du pays du verglas, encore qu'elle me dirait qu'on s'en calisse des fées, ce pourquoi je l'aime somme toute, pour son authenticité, oué.
Et croyez-moi, on va fêter ça. Youppi!
***
Nouveauté...
Vent d'automne
Une toune chantée à la bonne franquette que j'ai composée pour ma blonde.
Je me suis ouvert un compte reverbnation rien que pour elle, oui, oui.
http://www.reverbnation.com/gaétanbouchard
mardi 8 février 2011
Willie Létourneau l'Indien
Il est un Indien. Personne ne le sait vraiment parce que les Indiens écoutent beaucoup plus qu'ils ne parlent. Du moins pour un Indien comme lui, Willie Létourneau.
On parle, parle et parle et l'Indien nous écoute, sans rien dire, parce que ce n'est pas poli d'interrompre quelqu'un en train de parler, tout le monde sait ça, surtout ceux et celles qui savent vivre.
Willie, cet homme très poli, n'est pas déguisé en Indien. Il s'habille comme tout le monde. Une casquette de baseball noire sans logo. Un manteau. Un pantalon de denim. Des bottes d'armée.
Willie a soixante ans et il est de physique moyen, plutôt svelte et toujours actif. Il n'arbore aucun sigle, aucune pub, aucune plume. Rien ne laisse transparaître sa nationalité, sinon son regard. Un regard animiste. Willie voit une âme en toute chose. Du moindre caillou au pin le plus majestueux, tout est vivant et en intercommunication.
Il sent bien, Willie, que plusieurs sont déconnectés dans les villes. Mais il se prive de leur faire la leçon. Il les écoute, tout bonnement, et il les plaint de ne pas savoir, d'être des ignorants par rapport au Grand cercle de la vie.
Tout est dans tout. Willie sait cela et c'est toute sa religion, toute sa pratique, son unique prière.
Il marche sans s'arrêter. Traverse les forêts comme un anachorète. Et les villes comme les ours qui s'égarent parfois dans les dépotoirs.
Willie vit de l'air du temps depuis toujours. Une année par-ci par-là. Reprend ses bagages. Et refait le tour du territoire de ses ancêtres, parce qu'il le faut bien.
Évidemment, personne ne sait que Willie est un Indien, ni de quel métissage il provient.
Willie est plus préoccupé par la nécessité de vivre en conformité avec ses principes que perturbé par l'histoire de son arbre généalogique.
Il vit ici et maintenant, souverain sur son île, l'Île de la Tortue, une île formée de deux continents que les visiteurs ont subséquemment nommée l'Amérique.
-La nature reprendra toujours ses droits. Les gouvernements passent et toujours les arbres repoussent, refleurissent. L'homme ne saurait déjouer les plans de Kitché Manitou. Ho! Ho! Ho!
Voilà ce que se dit Willie, quand il marche comme ça, par-ci par-là.
Je le tiens de source sûre. J'ai pris le temps de l'écouter, un jour où je devais avoir une extinction de voix...
On parle, parle et parle et l'Indien nous écoute, sans rien dire, parce que ce n'est pas poli d'interrompre quelqu'un en train de parler, tout le monde sait ça, surtout ceux et celles qui savent vivre.
Willie, cet homme très poli, n'est pas déguisé en Indien. Il s'habille comme tout le monde. Une casquette de baseball noire sans logo. Un manteau. Un pantalon de denim. Des bottes d'armée.
Willie a soixante ans et il est de physique moyen, plutôt svelte et toujours actif. Il n'arbore aucun sigle, aucune pub, aucune plume. Rien ne laisse transparaître sa nationalité, sinon son regard. Un regard animiste. Willie voit une âme en toute chose. Du moindre caillou au pin le plus majestueux, tout est vivant et en intercommunication.
Il sent bien, Willie, que plusieurs sont déconnectés dans les villes. Mais il se prive de leur faire la leçon. Il les écoute, tout bonnement, et il les plaint de ne pas savoir, d'être des ignorants par rapport au Grand cercle de la vie.
Tout est dans tout. Willie sait cela et c'est toute sa religion, toute sa pratique, son unique prière.
Il marche sans s'arrêter. Traverse les forêts comme un anachorète. Et les villes comme les ours qui s'égarent parfois dans les dépotoirs.
Willie vit de l'air du temps depuis toujours. Une année par-ci par-là. Reprend ses bagages. Et refait le tour du territoire de ses ancêtres, parce qu'il le faut bien.
Évidemment, personne ne sait que Willie est un Indien, ni de quel métissage il provient.
Willie est plus préoccupé par la nécessité de vivre en conformité avec ses principes que perturbé par l'histoire de son arbre généalogique.
Il vit ici et maintenant, souverain sur son île, l'Île de la Tortue, une île formée de deux continents que les visiteurs ont subséquemment nommée l'Amérique.
-La nature reprendra toujours ses droits. Les gouvernements passent et toujours les arbres repoussent, refleurissent. L'homme ne saurait déjouer les plans de Kitché Manitou. Ho! Ho! Ho!
Voilà ce que se dit Willie, quand il marche comme ça, par-ci par-là.
Je le tiens de source sûre. J'ai pris le temps de l'écouter, un jour où je devais avoir une extinction de voix...
lundi 7 février 2011
Histoire sans morale d'un acrobate amateur qui voulait sauter dans ses bobettes
Quand l'esprit de sérieux s'empare de soi, rien ne vaut une pirouette.
C'est ainsi que Félicen Lavertefeuille en vint à concevoir cette pirouette où, malheureusement, il se cassa la margoulette.
Il avait été stupéfait par une scène tirée d'une film poche qui lui trottait dans la tête depuis la première fois qu'il l'avait visionnée. C'était probablement en 1972 ou 1973. Le film s'appelait «Salut casquette!» la version française de «I Won't Give a Shit for That». Cela mettait en vedette le toujours bien peigné Ted Navarro. Et c'était produit par Franlin Archibald Delanoë.
Navarro, qui interprète le rôle de Crétin, saute dans ses bobettes.
Il les tient devant lui, au bout de ses bras. Et hop! Il enfile ses bobettes en un saut tout simple et combien pratique pour qui veut s'économiser une routine trop faiblarde et sans éclat.
Et il refait le truc sept ou huit fois de suite, puis dix, cent fois. Avec un effet stroboscopique foudroyant. Zipzapzoup. Enfile et désenfile les bobettes.
Lavertefeuille se promettait de l'essayer un jour. Ne serait-ce qu'une fois.
Il a donc tenu le personnage de Crétin pas plus tard qu'hier matin. Il s'est mis debout sur son lit. Il a tendu les bobettes devant lui. Et paf! Il a piqué toute une débarque. S'est crissé le coin de sa table dans le front. A vacillé avec l'armoire de bric à brac qui lui est tombé dessus. Bing bang pis enwèye doncques. Il se met à saigner du front. Outte-che!
-On me reprendra plus jamais à essayer ça saint-sicroche! qu'il dit, Lavertefeuille, à défaut de rajouter de nouveaux outte-che! (Le pluriel de outte-che? Comme en latin. Outte-cha! Ou bien atchum. Curriculum. Macaroni.)
La morale de l'histoire? Il n'y en a pas. Comme d'habitude.
Je ne vous dirai même pas de ne pas l'essayer à la maison.
Faites ce que vous voulez. Merci beaucoup.
C'est ainsi que Félicen Lavertefeuille en vint à concevoir cette pirouette où, malheureusement, il se cassa la margoulette.
Il avait été stupéfait par une scène tirée d'une film poche qui lui trottait dans la tête depuis la première fois qu'il l'avait visionnée. C'était probablement en 1972 ou 1973. Le film s'appelait «Salut casquette!» la version française de «I Won't Give a Shit for That». Cela mettait en vedette le toujours bien peigné Ted Navarro. Et c'était produit par Franlin Archibald Delanoë.
Navarro, qui interprète le rôle de Crétin, saute dans ses bobettes.
Il les tient devant lui, au bout de ses bras. Et hop! Il enfile ses bobettes en un saut tout simple et combien pratique pour qui veut s'économiser une routine trop faiblarde et sans éclat.
Et il refait le truc sept ou huit fois de suite, puis dix, cent fois. Avec un effet stroboscopique foudroyant. Zipzapzoup. Enfile et désenfile les bobettes.
Lavertefeuille se promettait de l'essayer un jour. Ne serait-ce qu'une fois.
Il a donc tenu le personnage de Crétin pas plus tard qu'hier matin. Il s'est mis debout sur son lit. Il a tendu les bobettes devant lui. Et paf! Il a piqué toute une débarque. S'est crissé le coin de sa table dans le front. A vacillé avec l'armoire de bric à brac qui lui est tombé dessus. Bing bang pis enwèye doncques. Il se met à saigner du front. Outte-che!
-On me reprendra plus jamais à essayer ça saint-sicroche! qu'il dit, Lavertefeuille, à défaut de rajouter de nouveaux outte-che! (Le pluriel de outte-che? Comme en latin. Outte-cha! Ou bien atchum. Curriculum. Macaroni.)
La morale de l'histoire? Il n'y en a pas. Comme d'habitude.
Je ne vous dirai même pas de ne pas l'essayer à la maison.
Faites ce que vous voulez. Merci beaucoup.
dimanche 6 février 2011
C'est un maudit tata
Il ne faut pas envier la réussite. Elle vient avec son lot de problèmes. Sans compter ce spleen qui fit les belles heures de Lermontov et de Tourguéniev. Un spleen d'aristocrate russe qui s'ennuie et se demande pourquoi le monde le fait tant bayer aux corneilles. Un spleen décadent et nihiliste qui se pose en morale universelle. Un vide qui ne saurait être comblé qu'avec n'importe quoi: gravier, merde ou crachats. Une attitude sans altitude. Une boulimie totale qui lève le doigt sur les boutons de contrôle. Avec une fantaisie qui se rapproche de celle que le poète trouve dans un horaire d'autobus.
Henri Langevin a réussi. Il écrit ses chroniques stupides dans le plus gros quotidien du pays. Son oeil de lynx aux poils dégarnis est resté stallé au précambrien laurentien. Il voit tout par l'habitude d'être un bourgeois. Et il s'ennuie. Tout le temps. Alors son art de chroniqueur consiste à répandre des chroniques moroses où l'on sent sa lassitude de vieux coquin refroidi. Ce n'est pas mal léché et le gus mérite une publication. Mais il serait déraisonnable de le prendre au sérieux. Ne serait-ce que pour cette manie qu'il a de revenir aux veillées de l'ancien temps, tant du point de vue littéraire que politique.
Langevin offre tout de même un divertissement comme un autre, mais il faut être un peu timbré que d'expliquer le monde par le spleen, en toutes occasions. Il vient un temps où l'on a envie de faire quelque chose d'intéressant, des pirouettes, des prouesses musicales, du ski du fond, n'importe quoi, y compris la révolution de jasmin planétaire.
Donc Langevin nous parle de son chien, Rufus, et de sa passion pour les livres de Jacquou Lacoutet.
-Lacoutet? Connais pas, me direz-vous.
Et je ne le connais pas plus que vous, Lacoutet. Un auteur ennuyant comme tant d'autres qui parle de lui-même et des mousses de son nombril puant.
Langevin écrit la chronique la plus lue du plus gros quotidien du pays. Du moins, si l'on s'en fie à la publicité excessive que l'on en fait.
Et Langevin dit que Rufus a l'oeil humain. Lacoutet est un peintre des moeurs intimes et du je spleenique. Personne ne connaît mieux l'Égypte que lui-même. Et blablabla comme tant de maudits tatas qui s'ignorent. Et il répand son ignorance avec l'impression d'inspirer tout un peuple avec ses borborygmes d'amibe psychanalytique.
Ce qui fait qu'il est pathétique, mais il le sait, Langevin.
Aussi ne manque-t-il jamais de s'étonner de recevoir encore un chèque de sa patronne, une femme qui s'appelle Linda Meunier-Robidaille (évidemment ce n'est pas son vrai nom), une naine haltérophile qui se crisse pas mal de la critique, qu'elle soit artistique ou sociale. Elle publie Langevin parce qu'elle le prend en pitié, Langevin qui est devenu gros et laid. Ce qui n'est tout de même pas de sa faute.
Il fait un bon paquet pour sa chronique intitulée simplement «Henri Langevin». Il a le droit d'avoir sa photo, la face appuyée sur sa main, avec ce regard de merlan frit. Juste pour cette photo, je lis tous ses textes en rigolant.
Comme quoi Langevin ne serait rien sans de pauvres cons comme moi qui continuent de le lire, juste pour rire de lui.
Ha! Ha! Ha! Hostie de Langevin plate, mais si comique en même temps!
Régale-nous de tes textes plates sur Lacoutet et Rufus, ton chien.
Ta chronique de demain sera aussi plate que celle d'aujourd'hui, je l'espère.
Henri Langevin a réussi. Il écrit ses chroniques stupides dans le plus gros quotidien du pays. Son oeil de lynx aux poils dégarnis est resté stallé au précambrien laurentien. Il voit tout par l'habitude d'être un bourgeois. Et il s'ennuie. Tout le temps. Alors son art de chroniqueur consiste à répandre des chroniques moroses où l'on sent sa lassitude de vieux coquin refroidi. Ce n'est pas mal léché et le gus mérite une publication. Mais il serait déraisonnable de le prendre au sérieux. Ne serait-ce que pour cette manie qu'il a de revenir aux veillées de l'ancien temps, tant du point de vue littéraire que politique.
Langevin offre tout de même un divertissement comme un autre, mais il faut être un peu timbré que d'expliquer le monde par le spleen, en toutes occasions. Il vient un temps où l'on a envie de faire quelque chose d'intéressant, des pirouettes, des prouesses musicales, du ski du fond, n'importe quoi, y compris la révolution de jasmin planétaire.
Donc Langevin nous parle de son chien, Rufus, et de sa passion pour les livres de Jacquou Lacoutet.
-Lacoutet? Connais pas, me direz-vous.
Et je ne le connais pas plus que vous, Lacoutet. Un auteur ennuyant comme tant d'autres qui parle de lui-même et des mousses de son nombril puant.
Langevin écrit la chronique la plus lue du plus gros quotidien du pays. Du moins, si l'on s'en fie à la publicité excessive que l'on en fait.
Et Langevin dit que Rufus a l'oeil humain. Lacoutet est un peintre des moeurs intimes et du je spleenique. Personne ne connaît mieux l'Égypte que lui-même. Et blablabla comme tant de maudits tatas qui s'ignorent. Et il répand son ignorance avec l'impression d'inspirer tout un peuple avec ses borborygmes d'amibe psychanalytique.
Ce qui fait qu'il est pathétique, mais il le sait, Langevin.
Aussi ne manque-t-il jamais de s'étonner de recevoir encore un chèque de sa patronne, une femme qui s'appelle Linda Meunier-Robidaille (évidemment ce n'est pas son vrai nom), une naine haltérophile qui se crisse pas mal de la critique, qu'elle soit artistique ou sociale. Elle publie Langevin parce qu'elle le prend en pitié, Langevin qui est devenu gros et laid. Ce qui n'est tout de même pas de sa faute.
Il fait un bon paquet pour sa chronique intitulée simplement «Henri Langevin». Il a le droit d'avoir sa photo, la face appuyée sur sa main, avec ce regard de merlan frit. Juste pour cette photo, je lis tous ses textes en rigolant.
Comme quoi Langevin ne serait rien sans de pauvres cons comme moi qui continuent de le lire, juste pour rire de lui.
Ha! Ha! Ha! Hostie de Langevin plate, mais si comique en même temps!
Régale-nous de tes textes plates sur Lacoutet et Rufus, ton chien.
Ta chronique de demain sera aussi plate que celle d'aujourd'hui, je l'espère.
samedi 5 février 2011
Pas de vie sans grandeur d'âme
Il semble extrêmement naïf que de s'indigner des torts commis par les uns envers les autres, comme si la vie ne méritait pas d'être magnifiée par de la grandeur d'âme.
Et pourtant l'indignation est la preuve irréfutable que la vie n'est pas loin, même quand l'absurdité semble triompher. Tout commence par une voix qui s'indigne. Si l'indignation est juste, cela suivra son chemin et trouvera son écho dans la voix des hommes et femmes de bonne volonté. Les torts et les violences seront acculés au pied du mur, devant des consciences libres et sans peur.
La petitesse d'une âme humaine peut se manifester partout. Elle est au volant et se conduit mal envers tout ce qui l'écarte de son absence de but. Elle pille les ressources humaines et naturelles pour servir son néant spirituel. Qu'importent l'eau que l'on boit, l'air que l'on respire, ce que l'on mange. Tout est broyé par la logique de l'argent sale, où la logique même tient pour si peu.
On crèvera de faim d'avoir trop produit. Le riz pourrira dans les silos plutôt que d'être distribué aux affamés. On va tenir les prix à tout prix, à tout prendre, dans des ventes à tout casser. Logique?
Même leur logique est trafiquée. Tous les hommes naissent libres et égaux, mais certains le sont un peu plus que d'autres. Ils veulent nous faire accroire à leur république des animaux. Big Brother, Papa-a-raison et autres boss-des-bécosses voudraient bien qu'on se la ferme tout un chacun pour qu'ils puissent tous nous dépersonnaliser et nous rendre semblables à des unités de production débiles et hurlantes d'imbécillité.
Vivre pour soi-même tout en écrasant les autres, ce n'est pas un but. C'est du vide au plan purement spirituel. Un but sans noblesse n'en est pas un pour une créature dotée d'intelligence.
Qu'on ne vienne pas parler de la loi de la jungle, de la vie des rats et des fourmis.
Nous sommes des humains. Des singes sociables, capables de transcender tous les instincts et les conditionnements pour atteindre l'impossible: la charité, la compassion et l'amour. C'est naïf de penser ainsi. C'est aussi plus digne. Et en quelque sorte plus logique.
Qu'on ne parle plus de vies cloisonnées à d'étouffantes statistiques. Rien ne nous oblige au désenchantement du monde. Rien ne nous tient aux possibles sans grandeur d'âme, aux travaux forcés, à la vie sans rêves et sacrifiée pour rien.
Nous, les humains, pouvons vivre libres ici et maintenant.
Il n'y a pas d'autres temps que l'immédiat pour vivre pleinement sa condition d'organisme vivant.
Il n'y a aucune raison valable d'obéir à un ordre qui mène à un enlaidissement de l'homme et de son milieu.
Pour les humains, il n'y a pas d'autre vie que la belle vie.
Et pourtant l'indignation est la preuve irréfutable que la vie n'est pas loin, même quand l'absurdité semble triompher. Tout commence par une voix qui s'indigne. Si l'indignation est juste, cela suivra son chemin et trouvera son écho dans la voix des hommes et femmes de bonne volonté. Les torts et les violences seront acculés au pied du mur, devant des consciences libres et sans peur.
La petitesse d'une âme humaine peut se manifester partout. Elle est au volant et se conduit mal envers tout ce qui l'écarte de son absence de but. Elle pille les ressources humaines et naturelles pour servir son néant spirituel. Qu'importent l'eau que l'on boit, l'air que l'on respire, ce que l'on mange. Tout est broyé par la logique de l'argent sale, où la logique même tient pour si peu.
On crèvera de faim d'avoir trop produit. Le riz pourrira dans les silos plutôt que d'être distribué aux affamés. On va tenir les prix à tout prix, à tout prendre, dans des ventes à tout casser. Logique?
Même leur logique est trafiquée. Tous les hommes naissent libres et égaux, mais certains le sont un peu plus que d'autres. Ils veulent nous faire accroire à leur république des animaux. Big Brother, Papa-a-raison et autres boss-des-bécosses voudraient bien qu'on se la ferme tout un chacun pour qu'ils puissent tous nous dépersonnaliser et nous rendre semblables à des unités de production débiles et hurlantes d'imbécillité.
Vivre pour soi-même tout en écrasant les autres, ce n'est pas un but. C'est du vide au plan purement spirituel. Un but sans noblesse n'en est pas un pour une créature dotée d'intelligence.
Qu'on ne vienne pas parler de la loi de la jungle, de la vie des rats et des fourmis.
Nous sommes des humains. Des singes sociables, capables de transcender tous les instincts et les conditionnements pour atteindre l'impossible: la charité, la compassion et l'amour. C'est naïf de penser ainsi. C'est aussi plus digne. Et en quelque sorte plus logique.
Qu'on ne parle plus de vies cloisonnées à d'étouffantes statistiques. Rien ne nous oblige au désenchantement du monde. Rien ne nous tient aux possibles sans grandeur d'âme, aux travaux forcés, à la vie sans rêves et sacrifiée pour rien.
Nous, les humains, pouvons vivre libres ici et maintenant.
Il n'y a pas d'autres temps que l'immédiat pour vivre pleinement sa condition d'organisme vivant.
Il n'y a aucune raison valable d'obéir à un ordre qui mène à un enlaidissement de l'homme et de son milieu.
Pour les humains, il n'y a pas d'autre vie que la belle vie.
vendredi 4 février 2011
Nous le vivrons peut-être mes frères, mes soeurs...
Comme le chantait Raymond
«Quand les hommes vivront d'amour
Ce sera la paix sur la terre
Les soldats seront troubadours»
...et nous le vivrons peut-être mes frères, mes soeurs...
«Quand les hommes vivront d'amour
Ce sera la paix sur la terre
Les soldats seront troubadours»
...et nous le vivrons peut-être mes frères, mes soeurs...
jeudi 3 février 2011
À bas la dictature! Vive la liberté! Pouvoir au peuple!
Il est réjouissant de constater le pouvoir que représentent un cellulaire et une simple connexion Internet.
Avec un cellulaire et une connexion Internet, l'Afrique du Nord nous démontre qu'il est possible de faire des miracles.
Les mirages des despotes, blablas d'étrangleurs de la liberté, n'ont plus aucune prise sur la flopée de renseignements qui proviennent de tous bords tous côtés, par Facebook, YouTube ou Whatever, afin que l'on voie sous son vrai jour le visage de la tyrannie.
Ils se prétendent les «pères du peuple», les «bons papas qui gèrent en bons pères de famille» et toutes ces crosses qui font vomir tout le monde. Dans la réalité, ils brutalisent, étouffent et font taire tout ce qui contrevient à l'exercice de leurs magouilles, au pillage systématique d'un peuple et de ses ressources pour le bénéfice de quelques malabars, voleurs et bandits à cravates.
Que le peuple se lève, qu'il descende dans les rues, et les voilà qui cherchent à fuir, les fumiers, les lâches, les ladres, les couards, ceux qui s'en prenaient à dix contre un pour achever à coups de bottes toute forme de prise de parole indépendante du pouvoir. Papa n'a plus raison. Il prend les jambes à son cou et il s'enfuie, tentant une dernière fois de voler son peuple et de le plonger dans la misère.
La peur change de camp. Les dictateurs se préparent un avion ou bien un hélicoptère, d'autant plus qu'ils ont envoyé l'armée mâter le peuple et que cette même armée fraternise avec les manifestants. Ils craignent d'être traduits devant les tribunaux pour crimes contre l'humanité.
La dictature vacille enfin. Ils sont beaucoup plus nombreux que deux ou trois manifestants que l'on peut faire taire ou torturer tranquillement pendant des jours et des nuits. Ils sont mille. Ils sont dix milles. Ils sont cent milles. Ils sont deux millions.
Et nous les regardons, ici, là-bas, avec l'espoir que cette révolution sera la bonne, celle qui fera le tour de la planète et changera substantiellement le monde et les manières de gouverner.
Tremblez autocrates et kleptocrates d'Égypte, de Tunisie et du Québec. Regardez les nouvelles et prenez conscience du sort qui vous attend. Dégagez du pouvoir avant que la rue ne vous y pousse.
Le temps des fleurs revient.
Tout le monde ignore la peur et les lendemains ont un goût de miel.
À bas la dictature! Vive la liberté! Pouvoir au peuple!
Avec un cellulaire et une connexion Internet, l'Afrique du Nord nous démontre qu'il est possible de faire des miracles.
Les mirages des despotes, blablas d'étrangleurs de la liberté, n'ont plus aucune prise sur la flopée de renseignements qui proviennent de tous bords tous côtés, par Facebook, YouTube ou Whatever, afin que l'on voie sous son vrai jour le visage de la tyrannie.
Ils se prétendent les «pères du peuple», les «bons papas qui gèrent en bons pères de famille» et toutes ces crosses qui font vomir tout le monde. Dans la réalité, ils brutalisent, étouffent et font taire tout ce qui contrevient à l'exercice de leurs magouilles, au pillage systématique d'un peuple et de ses ressources pour le bénéfice de quelques malabars, voleurs et bandits à cravates.
Que le peuple se lève, qu'il descende dans les rues, et les voilà qui cherchent à fuir, les fumiers, les lâches, les ladres, les couards, ceux qui s'en prenaient à dix contre un pour achever à coups de bottes toute forme de prise de parole indépendante du pouvoir. Papa n'a plus raison. Il prend les jambes à son cou et il s'enfuie, tentant une dernière fois de voler son peuple et de le plonger dans la misère.
La peur change de camp. Les dictateurs se préparent un avion ou bien un hélicoptère, d'autant plus qu'ils ont envoyé l'armée mâter le peuple et que cette même armée fraternise avec les manifestants. Ils craignent d'être traduits devant les tribunaux pour crimes contre l'humanité.
La dictature vacille enfin. Ils sont beaucoup plus nombreux que deux ou trois manifestants que l'on peut faire taire ou torturer tranquillement pendant des jours et des nuits. Ils sont mille. Ils sont dix milles. Ils sont cent milles. Ils sont deux millions.
Et nous les regardons, ici, là-bas, avec l'espoir que cette révolution sera la bonne, celle qui fera le tour de la planète et changera substantiellement le monde et les manières de gouverner.
Tremblez autocrates et kleptocrates d'Égypte, de Tunisie et du Québec. Regardez les nouvelles et prenez conscience du sort qui vous attend. Dégagez du pouvoir avant que la rue ne vous y pousse.
Le temps des fleurs revient.
Tout le monde ignore la peur et les lendemains ont un goût de miel.
À bas la dictature! Vive la liberté! Pouvoir au peuple!
mercredi 2 février 2011
L'amour avec un grand ah!
L'amour est rare pour ceux qui n'en ont même pas vécu l'illusion.
Comme c'est le cas de Zwip. Zwip c'est son surnom, comme de raison.
C'est un gars qui n'a jamais fait l'amour. Un gars dans la soixantaine avancée. Ce n'est pas qu'il ne voulait pas ou ne le pouvait pas. Il le voulait en pas pour rire. Enfin, c'est ce qu'en disait sa psychologue à tous ses amants, en confidence sur l'oreiller.
Le secret professionnel? Faites-moi rire. C'est de la bouillabaise passée date. Et c'est dans ces auges de la conscience humaine qu'il était tout de même possible de trouver matière à philosopher. Le soleil entre dans les écuries sans se salir. (Les petits malins auront compris que c'est une maxime de Diogène, un cynique qui vivait dans un tonneau, à Athènes, il y a deux mil quatre cents années et qui se disait citoyen du monde. Héhé!)
Donc, Zwip était snappé.
Et snappé d'aplomb. Et on pouvait compter sur la psychologue, qui devrait être radiée de son ordre par ailleurs, pour tout connaître de Zwip en trois phrases plus ou moins raides.
Bon. Zwip vit seul depuis toujours. Pas d'amis. Pas de famille. Un voisin lui dit parfois bonjour.
Il est laid, mais ce n'est pas de sa faute.
Le pauvre Zwip est de plus d'une incroyable timidité.
Et il fait peur par plusieurs tics étranges qu'il a développé à force d'être tenu à l'écart du monde.
Il a fini par sauter les plombs.
Alors, on l'a obligé à être suivi par une psychologue, la bouillabaise de tantôt.
Donc, Zwip lui raconte qu'il veut se marier.
Il voudrait une femme avec des gros seins, qu'il dit.
Mais il ne veut pas déranger personne, qu'il dit. Et il se ronge les ongles en disant cela.
Zwip mange uniquement ce qu'il trouve au dépanneur, agrémenté d'une rare sortie au supermarché.
Bon, jusque-là, on ne sait pas trop pourquoi la vie de Zwip serait digne d'intérêt. L'être humain n'est pas parfait et prend pour sujet de conversation des choses plus agréables à entendre, n'est-ce pas? Ha! Ha! N'ayez crainte, chers amis, puisque je glisserai moi aussi vers le côté tendre des choses.
C'est que Zwip est en amour avec la psychologue. Et la psy, qui commence à faner aux yeux de ses amants, se rabat maintenant sur des proies plus faciles.
Eh bien sacrament! La psy a couché avec Zwip. Et c'est pas qu'elle est belle femme, mais bon, d'autres plus beaux que Zwip y trouvèrent quelque soulagement au cours des ans.
Donc, Zwip n'est plus vierge. À soixante ans tapant. Du coup il en a perdu tous ses tics. La psy, qui se cherchait quelqu'un pour s'occuper de son jardin secret, croyez-le ou non, le prit sous son aile. Paraît que Zwip baisait comme un dieu. Elle le disait à tout le monde autour d'elle, brisant une fois de plus son devoir de discrétion envers son client, voire son amoureux.
Zwip est toujours aussi laid mais d'avoir fait l'amour un peu l'avait rendu beaucoup plus calme et encore plus présentable. La psy avait de l'argent et le partageait avec Zwip, qui n'avait jamais tant espéré.
Tous les goûts sont dans la nature.
Chaque torchon trouve sa guénille.
Y'a qu'au Québec que l'on trouve de si belles histoires d'amour avec un grand ah! Zwip et Thérèse-la-psy. Un couple dépareillé qui donne de l'espoir à tous les Zwip de ce monde, même si Thérèse n'a pas de gros seins. Ce qui donne aussi de l'espoir aux Thérèse de ce monde. Quoique Zwip ne soit pas vraiment ragoûtant.
-Ah! qu'ils gueulaient. Et Ah! encore.
Et puis youppi. C'était leur pura vida sacrament!
Comme c'est le cas de Zwip. Zwip c'est son surnom, comme de raison.
C'est un gars qui n'a jamais fait l'amour. Un gars dans la soixantaine avancée. Ce n'est pas qu'il ne voulait pas ou ne le pouvait pas. Il le voulait en pas pour rire. Enfin, c'est ce qu'en disait sa psychologue à tous ses amants, en confidence sur l'oreiller.
Le secret professionnel? Faites-moi rire. C'est de la bouillabaise passée date. Et c'est dans ces auges de la conscience humaine qu'il était tout de même possible de trouver matière à philosopher. Le soleil entre dans les écuries sans se salir. (Les petits malins auront compris que c'est une maxime de Diogène, un cynique qui vivait dans un tonneau, à Athènes, il y a deux mil quatre cents années et qui se disait citoyen du monde. Héhé!)
Donc, Zwip était snappé.
Et snappé d'aplomb. Et on pouvait compter sur la psychologue, qui devrait être radiée de son ordre par ailleurs, pour tout connaître de Zwip en trois phrases plus ou moins raides.
Bon. Zwip vit seul depuis toujours. Pas d'amis. Pas de famille. Un voisin lui dit parfois bonjour.
Il est laid, mais ce n'est pas de sa faute.
Le pauvre Zwip est de plus d'une incroyable timidité.
Et il fait peur par plusieurs tics étranges qu'il a développé à force d'être tenu à l'écart du monde.
Il a fini par sauter les plombs.
Alors, on l'a obligé à être suivi par une psychologue, la bouillabaise de tantôt.
Donc, Zwip lui raconte qu'il veut se marier.
Il voudrait une femme avec des gros seins, qu'il dit.
Mais il ne veut pas déranger personne, qu'il dit. Et il se ronge les ongles en disant cela.
Zwip mange uniquement ce qu'il trouve au dépanneur, agrémenté d'une rare sortie au supermarché.
Bon, jusque-là, on ne sait pas trop pourquoi la vie de Zwip serait digne d'intérêt. L'être humain n'est pas parfait et prend pour sujet de conversation des choses plus agréables à entendre, n'est-ce pas? Ha! Ha! N'ayez crainte, chers amis, puisque je glisserai moi aussi vers le côté tendre des choses.
C'est que Zwip est en amour avec la psychologue. Et la psy, qui commence à faner aux yeux de ses amants, se rabat maintenant sur des proies plus faciles.
Eh bien sacrament! La psy a couché avec Zwip. Et c'est pas qu'elle est belle femme, mais bon, d'autres plus beaux que Zwip y trouvèrent quelque soulagement au cours des ans.
Donc, Zwip n'est plus vierge. À soixante ans tapant. Du coup il en a perdu tous ses tics. La psy, qui se cherchait quelqu'un pour s'occuper de son jardin secret, croyez-le ou non, le prit sous son aile. Paraît que Zwip baisait comme un dieu. Elle le disait à tout le monde autour d'elle, brisant une fois de plus son devoir de discrétion envers son client, voire son amoureux.
Zwip est toujours aussi laid mais d'avoir fait l'amour un peu l'avait rendu beaucoup plus calme et encore plus présentable. La psy avait de l'argent et le partageait avec Zwip, qui n'avait jamais tant espéré.
Tous les goûts sont dans la nature.
Chaque torchon trouve sa guénille.
Y'a qu'au Québec que l'on trouve de si belles histoires d'amour avec un grand ah! Zwip et Thérèse-la-psy. Un couple dépareillé qui donne de l'espoir à tous les Zwip de ce monde, même si Thérèse n'a pas de gros seins. Ce qui donne aussi de l'espoir aux Thérèse de ce monde. Quoique Zwip ne soit pas vraiment ragoûtant.
-Ah! qu'ils gueulaient. Et Ah! encore.
Et puis youppi. C'était leur pura vida sacrament!
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