mardi 10 février 2009

Is it a plane? Is it a bird? No! It's Superman!


J'ai rencontré un fou qui passait son temps à produire des tas de dessins sur des feuilles blanches de format huit et demi par onze. Le pauvre homme se sublimait sous les traits de Superman, le Kryptonien. Il ne lui ressemblait pas beaucoup. Mais comme lui, il était vierge et comprenait que ses origines extra-terrestres l'empêchaient de se reproduire avec l'espèce humaine. Ce qui fait que Superman était souvent dessiné bandé comme un chevreuil sous ses collants bleus. Et le fou n'avait rien trouvé de mieux à faire que d'offrir tendrement ces dessins du surhomme archi-bandé aux femmes qu'il croisait au hasard de ces sorties. Les serveuses dans les bars et les cafés, les chauffeuses d'autobus et les caissières de tous les commerces de la ville avaient reçu au moins une fois un de ses dessins de Superman bandé raide, accompagné de paroles mielleuses diamétralement opposées à ces oeuvres vulgaires d'érotomane déglingué. «T'es comme le soleil! T'es comme le nuage blanc et un peu rose! T'es comme...

-Ok! Ça va faire. Arrête-moé ça... finissaient-elles toutes par lui dire et toujours il obtempérait en se confondant en excuses, l'élue de son pauvre coeur dédaignant son Superman à la queue qui déchire son slip.

-J'm'axcuse mon ange! J'm'axcuse... J'voulais pas... J'm'en va's... J'm'en va's...

-Ouin c'est ça...

Et il partait, le fou, avec des tas de supermen bandés sous le bras.

S'il existe un artiste maudit en ville, je me dis que c'est bien lui.

Ce qui fait que j'ai conservé quelques-uns de ces surhommes bandés qu'il dessine, depuis le jour où il me les a offerts pour que je les publie dans le journal où j'étais rédacteur en chef.

Je ne les ai pas publiés. On a fermé le journal pour nous rappeler à l'ordre.

Un jour, je vous les montrerai ces dessins de Superman. Pas tout de suite: je veux vous faire languir.

C'est pas que ce soit bandant.

C'est juste totalement fou.

L'oeuvre maudite d'un vrai artiste maudit.

lundi 9 février 2009

LA CÉLÉBRITÉ C'EST PAS GRAND' CHOSE QUAND ON Y PENSE RIEN QU'UN PEU


Gendron retourna son corps d'armoire à glace vers le cornet du téléphone.

-Oui allo? dit-il, la gueule pâteuse.

-Salut Gendron, c'est Linda. Y'a un préposé qui est pas rentré ce matin en orthopédie... Pourrais-tu rentrer le plus tôt possible s'il-vous-plaît?

-Hee... Ouin... répondit-il.

Ils l'avaient appelé à huit heures et quart du matin pour rentrer au travail à sept heures du matin, maudite affaire.

Hostie que ça commençait mal!

Déjà une heure et quart de retard, sans compter le temps de prendre une douche, d'avaler une bouchée, de boire une gorgée de café et de s'envoyer quelques cachets d'aspirine par derrière la cravate.

Gendron revenait d'une rumba qui s'était terminée à trois ou quatre heures du mat' au bar étudiant de l'université. Il faut dire que Gendron était étudiant en sciences politiques à cette université et qu'il gagnait ses études en travaillant à l'hôpital universitaire comme d'autres jouent au football pour les mêmes raisons.

Dure vie d'un préposé aux bénéficiaires sur appel. Tu es toujours à la merci du travail qui te tombe dessus à toute heure du jour, dont à l'heure où tu cuves encore ton vin.

Maudite boisson... Gendron avait vingt ans, voyez-vous. À huit heures et quart un dimanche matin, c'est possible qu'un vingtenaire ait fêté un peu, sans quoi sa vie serait un peu triste. Et Gendron fêtait plus qu'un peu. D'où les aspirines. Et le fait qu'il soit en tabarnak d'aller travailler comme un fucking yesman à toute heure du jour ou de la nuit, «sur appel» comme ils disent.

Gendron était donc rentré au travail, à neuf heures pile, avec deux heures de retard sur le plan de match.

Professionnel comme pas un, il s'est crissé un sourire dans la face et a fait sa job en faisant des jokes à tout un chacun pour détendre l'atmosphère. Laver le cul de quelqu'un, veut, veut pas, faut que tu fasses ça comme si tu faisais ta routine à l'étable, en riant, sans capoter. Comme ça les bêtes se tiennent tranquilles, tu leur donnes leur avoine et la vie est belle. Puis tu sers quelques bonnes paroles pour tout un chacun en apprenant à connaître leur passion. Comme le barbier qui parle de politique, de sport, d'automobile ou de lampadaires selon ce qu'il perçoit chez celui qu'il tond, l'humain qui lui rapporte son salaire.

-Ça va bien m'sieur Corbin? Parce que si ça va mal j'pourrais toujours m'essayer à vous conter une joke...

-Enwèye don' mon toé chose!

-Ok... Ben c't'une fois... hee... Finalement j'm'en souviens p'us. En avez-vous une vous m'sieur Corbin?

Et là monsieur Corbin de raconter une joke de gars qui monte au Ciel et qui se fait dire par Saint-Pierre que la porte est jammée et de crisser un coup de pied dedans ou quelque chose du genre.

Donc, c'est tout un art que de torcher un cul en gardant le sourire pour détendre l'atmosphère. Un art de barbier. Et Gendron, que voulez-vous, ça il l'avait. En plus d'être fort comme un boeuf. Car il fallait être fort comme un boeuf pour faire cette job-là. Les machines ne font pas tout. Ça prend des bras dans les hôpitaux, pour toutes sortes de raison.

Enfin. Gendron a fait sa job avec brio. Et il a bien mérité sa pause à onze heures, après deux heures de gymnastique intensive. Il prit un autre café. Puis comme il vint pour s'asseoir avec le personnel médical du département, voilà qu'on vint le demander en renfort pour la chambre 308, à l'étage au-dessous.

Gendron est parti à la course vers la chambre 308. Boum, boum, boum, il déboula l'escalier quatre à quatre.

Chambre 308. Gendron avait devant lui un ancien grand ministre de tel ou tel gouvernement, une figure historique quoi, un gars que tu voyais presque tous les jours à la télé pour rappeler telle ou telle époque, enfin bref un grand politicien québécois.

C'était pour lui qu'on avait demandé du renfort. Il avait sauté une coche, le pauvre. Il hurlait à mort et s'était barbouillé le crâne avec ses propres excréments. Il s'était détaché de ses contentions. Et il fallait le rattacher, lui injecter un calmant et le débarbouiller. Ce qui fut fait en deux temps trois mouvements.

Gendron était comme un as du rodéo dans ce genre de travail. Zipzap, il vous attrapait un gus et l'attachait en un rien de temps. Le débarbouillage, ensuite, n'étant plus qu'un travail de finition, comme l'époussetage des cheveux pour le barbier.

Le pauvre gus avait manqué d'oxygène au cerveau suite à une crise cardiaque et il n'était plus lui-même. Il hurlait nuit et jour en commettant des actes insensés, d'où les contentions. Le politicien célèbre était devenu dément.

Gendron avait vingt ans. Et il ne voyait plus les sciences politiques de la même manière. Et ce n'était pas juste à cause de la boisson.

-C't'une christ de job, préposé aux bénéficiaires... Tu voés des affaires qu't'aurais jamais cru vouère, même dans les films!

Sacré Gendron, hein?

dimanche 8 février 2009

Tout est en soi-même & ne cherchez pas ailleurs!


Le vagabond, ci-contre, a été peint sur une toile d'une dimension de 20 X 36 pouces. Les couleurs sont un peu plus vives que sur cette photo. Enfin, c'est tout ce qu'il m'en reste puisqu'on me l'a achetée, cette toile que je ne reverrai plus. Ce qui fait que j'ai la faiblesse de vous en parler une dernière fois.

Je l'ai regardée partir sans pleurer. Toute bonne chose a une fin. Et cette toile peinte en 2006 devait bien me quitter pour faire son chemin ailleurs, d'une grotte à l'autre, pendant un an, dix ans, cent ans, mille ans: je n'en sais rien.

Ce que je sais, c'est que je retrouve l'éternité, pour reprendre Rimbaud, quand je peins la mer en allée avec le soleil ou bien un vagabond.

Le produit final en art, que ce soit pour une peinture, une chanson, un pâté chinois ou bien une fable, cela me fait toujours le même effet: quand est-ce qu'on s'y remet, hein? Vite mes pinceaux! Vite ma guitare et mes casseroles!

C'est pendant que j'exécute un de mes arts que je retrouve l'infini. Je perdrais tout demain matin que je n'aurais rien perdu si ma boîte à souvenirs fonctionnait encore.

C'est en-dedans de soi-même que réside le coeur de l'art, le coeur de la spiritualité et même le coeur tout court de notre enveloppe charnelle.

Donc, adieu Le vagabond! Poursuis ta route et réchauffe l'âme de ceux et celles qui te verront. Apporte-leur la paix, la sérénité et le sourire.

***
La spiritualité, c'est en soi-même que ça doit se passer. Les gens courent à gauche et à droite comme des poules pas de tête pour se donner l'illusion d'une quête spirituelle tout aussi vaine que factice. Ils pensent pouvoir s'acheter de la sagesse comme on s'achèterait une boîte de céréales. Ils cherchent, cherchent et cherchent encore sans jamais rien trouver.

«Connais-toi toi-même», disait le vieux Socrate, et ça devrait suffire. Cherche en toi-même, pas ailleurs, poule pas de tête!

J'ai souvent lu cette vieille légende hindoue, au hasard de mes lectures. La référence exacte me manque. J'ai beau m'ingénier à la trouver, en naviguant sur le ouèbe tant en anglais qu'en français, que rien ne vient. Est-ce que ça fait partie des Védas? J'sais pas. Mais ça cogne. Voici donc cette vieille légende hindoue qui proviendrait d'un auteur anonyme. Le traducteur pourrait être Frans De Ville. Mais j'ai des doutes...

« Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où les hommes possédaient, en eux, la divinité. Mais , leur cupidité, leur égoïsme, leur soif du pouvoir, leur désir de toujours supplanter les autres, firent qu’ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Il convoqua les dieux mineurs et réfléchit avec eux.


Un des dieux lui suggéra d’enterrer le pouvoir divin de l’homme au plus profond de la terre, jusqu’au centre du monde, près du magma, mais Brahma lui répondit : « Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera, creusera, et un jour il le retrouvera, s’en saisira et se comportera à nouveau comme avant.»


Un autre dieu lui dit alors : « Maître, cachons-le au plus haut du ciel, là où finit notre monde et commence l’éternité .» Mais Brahma répondit : « Non, cela ne suffit pas non plus, car dans son désir de conquérir l'univers l’homme finira par l’explorer, il montra très haut dans le ciel, et il le retrouvera.»

Un troisième dieu lui dit enfin : « Maître, immergeons-le au plus profond des océans, là où il n’y a plus de vie, il ne pourra jamais descendre si bas ! » Mais Brahma répondit : « Non, car l'homme voudra aussi conquérir toutes les mers, il construira des machines qui pourront descendre au fond des océans et en explorant les profondeurs, il le trouvera et le remontera à la surface .»

Les dieux mineurs, désappointés, étaient atterrés et conclurent qu'ils ne savaient pas où le cacher car il ne semblait exister sur terre, dans le ciel ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour.

Alors Brahma, dans sa grande sagesse leur dit : « Je sais ce que nous allons faire, nous allons cacher le pouvoir divin des hommes au plus profond d'eux-mêmes, là, ils ne le chercheront jamais.»


Depuis ce temps, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, est monté très haut dans le ciel, a exploré la profondeur des océans, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui-même et qu'il retrouvera, lorsqu'enfin il possédera la sagesse.»


PS: Un beau petit site ouèbe pour lire des quossins spirituels. Ça passe le temps...

Et de la musique, pour vous quitter en beauté.

samedi 7 février 2009

Deux tableaux, une esquisse et un banc de neige

J'ai deux tableaux récents à partager avec vous, chers voyeurs et voyeuses, lecteurs et lecteuses, tous et toutes autant que vous êtes.

Les voici, sans trop de préambule.

D'abord, permettez-moi de vous présenter Tout juste après la tempête. C'est un tableau qui doit bien prendre un mur tout entier. J'ai joué avec les tons de bleu. Le ciel a été peint au torchon pour lui conférer un air chargé de mouvement, comme si la tempête s'avalait elle-même pour finalement disparaître. Comme un serpent qui se mordrait la queue. À la fin, sûr qu'il disparaît. C'est la sagesse que les bandes dessinées m'ont enseignée.

Voici donc ce tableau, puisque j'en parle:





















Ensuite, il y a La femme enceinte au pays où les arbres sont rouges. J'ai peint ça sauvagement, avec tendresse. Pensez-en ce que vous voulez. La voici:

























Enfin, une petite fantaisie peinte en deux temps trois mouvements sur du carton cheap qui absorbe très bien l'acrylique par ailleurs, ce qui permet des textures fascinantes que l'ordinateur ne saurait rendre dans toute sa rotondité, sa fluidité, sa façon toute physique d'absorber la vraie lumière du jour. D'où l'importance d'acheter mes oeuvres au lieu de regarder une vulgaire reproduction sur le ouèbe. Cette esquisse représente une fraîchepète aux seins laiteux.



























Vous voyez bien que je travaille tout le temps, l'air de rien. Même le samedi.

Pour finir ça en beauté, j'ai cru bon aussi de vous permettre de voir mon studio de photo. Il est en plein-air, à trois pas du port de Trois-Rivières. Il consiste en un banc de neige, une congère d'un bleu très doux et légèrement ombragé. Un bleuté qui permet d'envelopper l'image dans une sorte de confort propre à la brume qui souffle de la voie maritime du fleuve Magtogoek.

Kwey!

vendredi 6 février 2009

L'ACTE SURRÉALISTE LE PLUS SIMPLE


Il y avait des tas de livres dans le bureau de Roland Gratton. Son bureau était déjà minuscule. Il n'en était que plus petit avec tous ces livres de philosophie, ces romans et ces livres d'art qui grimpaient jusqu'au plafond pour retomber comme une lourde vague, au sol. Une vague de mots et d'images qui laissait à peine un étroit corridor où poser les pieds. Sacré Gratton!

Comme si ce n'était pas déjà trop petit, il fallait aussi que Gratton soit énorme. Cette boule de graisse adipeuse devait se frayer un chemin parmi les livres pour finalement choir son gros cul sur une chaise trop petite pour lui et manifestement inconfortable. Ce qui faisait suer Gratton. Gratton qui s'épongeait le front tout ce temps où il palabrait sur tout et surtout sur rien. Il n'y a que lui qui pouvait vous parler des mérites de telle ou telle traduction d'un obscur auteur de l'antiquité tardive, Philon d'Alexandrie par exemple, ou bien vous raconter en détails l'histoire d'une quelconque bande de troglodytes.

Ce jour-là, Gratton était dans le garde-robe sans fenêtre que l'université lui accordait à titre de bureau. Il épluchait ses livres, comme d'habitude, tout en recevant un étudiant venu interrompre sa lecture pour lui parler de son projet pour sa thèse de maîtrise. L'étudiant s'appelait Alain Grenon. Il devait avoir vingt-quatre ans. Une petite barbichette au menton. Des lunettes rondes. Un béret avec une étoile rouge. Gratton, anti-communiste notoire et militant d'Amnesty International, n'attirait visiblement que des gogos totalitaires alors qu'il passait tous ses cours à défendre les droits de la personne avec une passion inégalable.

-C'est mon karma de n'attirer que des imbéciles! se disait Gratton en lui-même. Ils sont jeunes... Ils croient que la justice passe par l'injustice, que la fin justifie tous les moyens, que l'on ne fait pas d'omelette sans casser les oeufs... Et comme dirait Panaït Istrati, on ne voit jamais d'omelette tout au bout, juste les oeufs cassés... Ah! Et il faudrait que je m'épuise tout le temps à répéter les mêmes choses à tous ces étudiants tentés par l'une ou l'autre forme de totalitarisme: nationalisme, collectivisme, communisme, fascisme... Comme il est difficile de se trouver soi-même, de se connaître soi-même et de s'affirmer soi-même!

-...et j'ai pensé que... he... Vous avez entendu ce que je viens de dire? demanda Grenon, fort poliment.

-Excusez-moi! répondit Gratton en sortant de sa torpeur. Je viens de vivre un moment de contemplation. Il m'arrive d'être dans la lune. Je m'en excuse... Alors vous parliez de votre projet pour votre thèse de maîtrise n'est-ce pas?

-Oui... Et cela partirait d'une citation de André Breton, vous savez... Ce dont vous parliez dans votre cours sur l'esthétique... Le second manifeste du surréalisme... «L'acte surréaliste le plus simple...»

-Ah oui!
« L'acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu'on peut, dans la foule. » Oui. Oui. Cette fameuse formule de André Breton, tant décriée par ailleurs. Une formule qui, par ailleurs, ne serait pas étrangère à L'Étranger de Albert Camus, si je peux me permettre l'expression. L'Étranger, un type qui tue quelqu'un sur la plage juste parce que le soleil lui pique les yeux...

-Oui... Justement... Et...

Comme ils disaient cela, la porte du garde-robe professoral s'ouvrit subitement pour laisser entrevoir la silouhette d'un gus au regard halluciné qui déchargea le contenu de sa mitraillette dans la chair des deux philosophes. Cela ne dura que dix interminables secondes. Puis des coups de feu se firent entendre plus loin, dix autres interminables secondes. Puis encore plus loin...


Il y avait eu trente-neuf victimes. Vingt-deux morts et dix-sept blessés.


Le gus à la mitraillette s'appelait Luc Cayouette. Moyen en tout, ni beau, ni laid.

Il n'avait laissé aucune raison pour expliquer son geste. Il avait commis l'acte surréaliste le plus simple et raccourcit la vie de deux érudits qui préféraient la théorie à la pratique.

C'est bien pour dire, hein?

jeudi 5 février 2009

NOUVEAU SLOGAN DE TROIS-RIVIÈRES: ICI ON S'EN TORCHE!

Je me permets aujourd'hui ce petit devoir civique. Cela m'emmerde d'être une des rares voix de l'opposition dans ma ville natale, Trois-Rivières. Mais je n'ai pas le choix. Je dois monter au front, juste pour dire que je ne suis pas resté les bras croisés devant le Cheuf de la ville.

1) Le maire Yves Lévesque n'a jamais eu de légitimité au plan démocratique dans la mesure où le directeur général des élections du Québec a reconnu qu'il ne pouvait pas garantir les résultats suite au fiasco du vote électronique. Si nous étions à Vancouver ou même à Ottawa, on aurait repris le vote, par souci de respecter les règles du jeu démocratique avec la rigueur de l'honnête homme qui laisse passer les piétons au lieu de les écraser. Ici, on s'en torche. On se torche autant de la démocratie que des piétons. Et ça n'étonne personne. Et personne ne fait rien. Paraît que c'est normal d'agir ainsi dans les coins reculés de la planète.

2) Le maire Yves Lévesque s'est torché du fait que le registre municipal ait dépassé le nombre de signatures nécessaires pour qu'il y ait un référendum sur le projet Trois-Rivières-sur-Saint-Laurent. Du coup, plus personne n'a envie de signer de registre. Ça donne quoi, hein? Rien. Et comme nous vivons dans une ville qui a beaucoup souffert de l'exode des cerveaux, il ne reste plus qu'un pelé et deux tondus pour rappeler qu'ici on s'en torche. Un type me rappelait ceci récemment: «T'as beau écrire autant qu'tu veux dans Le Nouvelliste personne ne sait lire à Trois-Rivières.» Je pense qu'il exagère. Néanmoins, il subsiste un peu de vérité dans cette assertion. D'où l'importance pour tout démocrate de soutenir les organismes d'alphabétisation. Car ici, la lecture, on s'en torche aussi.

3) Le maire Yves Lévesque n'a pas abandonné la prière à l'hôtel de ville suite à l'avis de la Commission des droits de la personne qui lui a rappelé son devoir de neutralité en tant que représentant de l'État. Il a simplement confié aux chevaliers teutons le mandat de réciter la prière à sa place avant le début des assemblées. Et si la plaignante dans cette histoire se fait tordre les bras et insulter au début de l'assemblée, bien sûr qu'il s'en torche. La parole est aux citoyens. Qu'ils portent ou non une cagoule blanche, en autant qu'ils brandissent la croix. Ouais, ici la laïcité et les autres irreligions, on s'en torche. La salle est paquetée de Croisés qui forment la garde rapprochée du maire. Les églises sont vides. Mais les Croisés veillent au grain au conseil de ville. La foi est morte mais il reste le pouvoir dans tout ce qu'il a de plus sale. Et les symboles du pouvoir sale malicieusement déguisés en traditions.

4) Le nouveau slogan de Trois-Rivières pour son 375e anniversaire de visages pâles teutoniques: ICI ON S'EN TORCHE!

5) Power to the people!

mercredi 4 février 2009

ÇA SENT LA BIÈRE DE LONDRES À BERLIN (JACQUES BREL)


Étienne Plamondon cultivait une passion toute particulière que sa blonde, Renée Lacerte, ne réussissait pas tout à fait à comprendre, voire à tolérer.

Le gros Plamondon était à ce moment-là un jeune colosse dans la trentaine qui gagnait bien sa vie en tant que technicien en chimie pour une papetière. Il ressemblait à un Vicking. Il était brun et roux avec un gros pif. Renée était professeure d'espagnol au cégep. Elle ressemblait un peu à Céline Dion en beaucoup plus maigre. Elle était aussi dans la trentaine. Et elle avait aussi un gros pif, contrairement à Céline, semblablement à Plamondon. Un point commun pour vivre ensemble. Un point commun tout menu. Parce que pour le reste, ils n'étaient pas du tout faits pour s'entendre.

Renée était une rêveuse plutôt active qui aimait discuter d'art et de littérature autour d'une bonne bouteille de vin. Plamondon était un ivrogne plutôt passif qui aimait roter avec sa bande de copains autour d'une partie de hockey à la télé ou bien d'une partie de cartes.

Plamondon aimait la bière sous toutes ses formes et en buvait du matin jusqu'à l'autre matin, aussi souvent qu'il le pouvait, jusqu'à ce qu'il soit complètement saoul. Ce qui arrivait rarement, en fait. Plamondon était dur à saouler. Avec de la bière à tout le moins. Ce qui fait qu'il en buvait d'énormes quantités, tous les jours, pour recommencer le lendemain avec le même sentiment d'un vide immense à combler. Il n'y avait pas assez de bière sur terre pour saouler Plamondon.

Fait à noter, Plamondon collectionnait les marques de bouteilles de bière. Il rangeait ses bouteilles avec dévotion au dernier étage de sa bibliothèque où l'on trouvait essentiellement des monographies sur l'art de fabriquer de la bière ou bien sur l'histoire vraie de telle ou telle célèbre brasserie.

Il faut dire qu'en plus de boire de la bière, Plamondon en faisait. Et beaucoup à part de ça. De sorte que sa blonde devait vivre parmi trente-six cuves de plastique de 4 galons réparties un peu partout dans leur petite maison de campagne en banlieue de Trois-Rivières.

Il y en avait même dans la chambre, imaginez. Cette chambre que Renée avait tenté de rendre un peu plus féminine, tant bien que mal, puisqu'elle n'avait jamais réussi à en faire sortir les huit cuves de bière en fermentation.

-Va falloir que tu choisisses un jour, Plamondon. C'est moi ou ta bière! qu'elle lui avait dit, deux ou trois jours avant leur séparation.

-Des menaces, la Lacerte, hein? Tu seras ben contente de m'siphonner du cash le jour où j'aurai ma brasserie!

Disant cela, évidemment, Plamondon ressentit un peu la soif. Ce qui fit qu'il s'ouvrit une bière pour se calmer. Et, glouglou, il cala une bouteille en une seule gorgée.

-Ta brasserie? Maudit robineux! poursuivit Renée, visiblement irritée. Ça fait cinq ans qu'tu m'en parles! Est où ta brasserie? Dans notre chambre tabarnak! C'est là qu'elle est ta calice de brasserie! DANS NOTRE FUCKIN' CHAMBRE!

Plamondon, ne supportant pas d'être insulté par sa mégère, claqua la porte et s'en alla voir ses vieux chums pour se saouler la gueule. Ça dura un jour, deux jours, peut-être trois jours.

Le fait est que Renée l'avait quitté quand il revint. Elle lui avait laissé un mot sur le frigo: «Oublie-moé.» C'était clair, net et précis. De même que la suite: «Mange d'la marde!»

Évidemment, Plamondon constata qu'il aimait Renée. Sa chambre avait l'air triste maintenant qu'il n'y avait plus que des cuves de bière en train de gonfler. Un peu de féminité, on dira ce qu'on voudra, c'est beaucoup moins triste.

Donc, Plamondon se mit à capoter, à sangloter et à téléphoner un peu partout pour retrouver sa Renée. Personne ne savait où elle se trouvait. Ses proches lui répondaient tous la même chose: «Elle veut que tu lui crisses la paix. Elle veut p'us rien savoir de toé, Plamondon.»

Plamondon s'est donc fait une raison. Il s'est présenté à sa banque, un beau lundi matin, pour retirer toutes ses économies, un bon quinze milles piastres, l'air de rien. Puis il a vendu sa maison, son auto, ses cuves de bière. Où s'en allait tout cet argent?

Au vidéo-poker.

Pour ce faire, il n'avait qu'à traverser la rue pour se rendre à la brasserie Aux Vrais Copains. Il y avait quatre machines dans le bar. Juste assez pour le lessiver jusqu'à la dernière cent en moins de trois mois.

Plamondon faisait encore moins de chemin pour s'y rendre après avoir vendu sa maison. Il s'est loué une chambre à vil prix, juste au-dessus de la brasserie Aux Vrais Copains. C'était une chambre minuscule où il entassa sa collection de bouteilles de bière et autres trucs sans intérêt pour un prêteur sur gages, dont un vieux radio et quelques photos de Renée Lacerte en costume de bain.

Évidemment, Plamondon finit par se faire expulser de sa chambre, juste après avoir perdu sa job à la papetière qui l'embauchait. Il ne payait pas son dû. Et il têtait tout le monde au bar pour une bière ou bien quelques trente sous à mettre dans le vidéo-poker.

Au moment où j'écris ceci, je ne sais pas ce qu'est devenu Plamondon.

Certains me disent qu'il est mort. Mais ce ne sont que des ivrognes qui disent n'importe quoi, n'importe comment et tout de travers. On peut autant leur faire confiance qu'à des politiciens.

Ce que je sais, par contre, c'est que Renée Lacerte enseigne encore l'espagnol au cégep et qu'elle a trouvé un chic type pour remplacer Plamondon. Il s'appelle Diego. C'est un Mexicain. Gentil. Poli. Débordant de passion pour les arts, la littérature, les sports de plein-air. Il boit sa cervoise de temps à autres, comme tout le monde, et traite sa blonde en multipliant les petites attentions et les grands frissons de l'amour. Renée trippe sur lui, c'est bien évident. Et elle ne parle jamais de Plamondon que pour nous dire d'arrêter de lui parler de cet hostie de trou d'cul insignifiant.

-Crisse di tabarnak, ça doui pô itre facile, facile d'itre un trou di cul, Guitane, han? se permet d'ajouter mon nouvel ami, Diego.

-Asta la vista, Diego...

Ce qui fait que, peu à peu, on l'a tous un peu oublié, Plamondon. Sauf moi qui, à ma façon, vous ai tout de même raconté une partie de son histoire, pour le plus grand bénéfice des générations futures, sans vous demander le moindre sou.

mardi 3 février 2009

MIRACLE AU YUKON


La première fois que j'ai vu Jacques, il ne lui restait que deux cents dollars en poche et une bonne bouteille de Tequila. Il était monté au Yukon avec sa femme et leur petit bébé, un petit garçon de huit mois. Sa Ford Econoline avait tenu le coup, de Brossard jusqu'au pays du soleil de minuit.

Je campais à leurs côtés, aux alentours de Muncho Lake. Le lendemain, on serait à Whitehorse pour commencer une nouvelle vie.

Jacques, trente ans, de forme athlétique avec une gueule d'Innu, avait sa bouteille de tequila en main et me racontait au coin du feu ce qu'il espérait du Klondike.

-Moé j'su's poseur de céramique. J'pose aussi d'la tuile commerciale pis toutes sortes d'affaires de même... J'ai p'us d'contrats à Montréal. Pis que'qu'un m'a dit qu'i' avait d'l'ouvrage en masse pour un poseur de céramique, à Whitehorse, parce qu'le monde save pas poser ça comme du monde à ce qu'i' paraît... Ça fa' qu'j'ai pris toutes mes économies pis me v'là rendu aux limites de Whitehorse... Pis j'peux pas m'tromper man... I' m'reste rien qu'deux cents piastres pis j'ai une femme pis un bébé à faire vivre... J'peux juste pas m'tromper man! Faut qu'ça marche à Whitehorse ou j'suis faitte à l'os!

Me disant cela, il avala une grosse lampée de tequila et cligna des yeux en me tendant la bouteille.

On l'a entendu dégueuler toute la nuit, Jacques, puis nous nous sommes quittés au matin et je ne l'ai plus jamais revu. Enfin, plus jamais revu cette année-là. J'ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin vers l'Alaska puis de la Colombie-Britannique jusqu'au Québec, le temps de me sentir comme Jacques, un infortuné au Québec, sans espoir et sans job.

Je suis donc retourné au Yukon où c'était facile de se trouver du travail et j'ai rêvé comme Jacques d'y trouver mon Klondike. Et c'est arrivé. J'ai trouvé du travail moins de trois heures après mon arrivée. Trois jours après, j'avais trois jobs. L'argent rentrait dans mes poches plus vite qu'il ne sortait.

Un soir, au Taku Bar, pendant un jam session de blues, je croise Jacques pas hasard. Il m'a l'air en pleine forme et plutôt prospère.

-Hey! Hey! Comment c'qu'i' va Harmonica Sasquatch? qu'il me dit tout de go.

Le Sasquatch, c'était moi, évidemment. Et l'harmonica, ben, je la tenais dans mes mains pour participer au jam session.

-Bien. Ça roule. Pis toé Jacques?

-Un miracle man! Un miracle! Ça faisait pas trois heures que j'étais arrivé à Whitehorse l'an passé que j'avais un contrat, par hasard, en jasant de ça avec un gars au MacDo. Pis tout d'suite après un autre contrat. Pis après ça rien qu'des gros contrats pour la ville, le gouvernement territorial... J'arrête p'us man! J'ai quinze employés... Tu t'cherches-tu une job Sasquatch?

-Non, marci ben Jacques. J'en ai déjà trois ou quatre... Je fais de la pizza. Je fais des affiches, des dépliants... Je peinds des panneaux publicitaires... C'est pas créyable le Yukon, man. Pas créyable. Tout l'monde m'aime.

-Mets-en. C'est d'même moé too. Jeez...

On a trinqué jusqu'aux petites heures du matin.

Il faisait encore soleil.

Il faisait toujours soleil.

lundi 2 février 2009

CE QUI NE SE RACONTE PAS

Le dimanche après-midi, si je ne suis pas en train de peindre c'est que je joue de la musique. Hier, j'ai jammé quelques airs avec Rob Bob. Un peu de tout, à la va comme ça vient, à l'harmonica et à la guitare, simplement. On a joué des covers de Johnny Cash, bien sûr, mais aussi quelques tounes de Jimmy Cliff, Lee Scratch Perry, Aznavour, sans compter mes chansons et quelques improvisations slavisantes, compte tenu que Rob Bob est d'ascendance slave. Un bon trois heures de musique.

Entre les tounes on se racontait nos péripéties, comme des joueurs de la ligue du vieux poêle se narrent leurs exploits passés au hockey.

Tout en discutant avec Rob Bob, j'ai constaté à mon grand dam que mes histoires sur mon blogue ne sont jamais aussi abracadabrantes que bien d'autres histoires que je raconte de vive voix, des histoires que je ne peux pas raconter en-dehors de l'intimité sous peine de brusquer un peu trop mon entourage.

-Tu devrais raconter celle de Untel qui a fait ceci ou cela, me disait Rob Bob. It's just incredible!

-Es-tu fou! Si je raconte ça il va m'arracher la tête! que je lui ai répondu.

-C'est vrai qu'Untel travaillait pour les shylocks... Well... Maybe this one, y'know, with Someone...

-No way dude! Je ne veux pas que ça rapplique dans ma vie...

Des tas, oui j'ai des tas d'histoires invraisemblables dans ma mémoire et le pire c'est que je dois taire les meilleures et ne livrer que ce qui est racontable, c'est-à-dire crédible.

Parfois, je change les noms, mais les faits sont tellement collés aux noms que je change les faits aussi. Donc il ne reste presque plus rien. Une simple anecdote qui rappelle vaguement ce tsunami de faits invraisemblables qui peut suivre Untel dans sa démence de vivre. Untel que je ne peux pas nommer, de crainte qu'il ne m'arrache la tête.

Je pourrais aussi en raconter des tas, rien que sur Rob Bob. Ce gars-là est une légende en lui-même. Cependant, je lui laisse encore dix ans pour coucher ses mémoires par écrit avant que d'aller piller dans son patrimoine d'histoires drôles.

Franchement, je constate que je vous prive du meilleur. L'histoire d'Untel, vrai comme je suis là, c'est sûr que vous rigoleriez à vous plier en deux.

Ce sera pour une autre fois. J'attends de ne plus croiser Untel sur la rue pour vous la raconter. Pour en savoir plus, vous pouvez toujours essayer de tirer les vers du nez à Rob Bob. Il se peut qu'il vous réponde. Il se peut aussi qu'il ne vous réponde pas.

dimanche 1 février 2009

DEUX POÈMES DE VIVIERS - UN AN DÉJÀ...


Michel-Luc Viviers nous a quittés le 28 janvier 2008 suite à un accident en motoneige. Cela fait déjà un an et son souvenir est toujours aussi vivace. Viviers, comme tout le monde le nommait respectueusement, avait tout de l'ogre et comme on se comprend entre ogres je vais le laisser nous dire quelques mots.

Viviers récitait souvent ses poèmes dans les bars et autres événements spéciaux. Ancien doorman, agent de sécurité et joueur de ligne offensive pour les Diablos, le club de football du Cégep de Trois-Rivières, on peut dire qu'il avait un physique imposant, ce qui lui conférait un charisme inné, une faconde inimitable, cyrano de bergeracesque, gargantuesque, une présence sur scène énorme.

Viviers avait appris quelques-uns de ses poèmes par coeur pour leur donner encore plus de punch lors de ses récitations, parfois accompagné à la guitare par Steve Hill ou Alex Poirier (du groupe Les Malléchés). Ça fessait dans 'a mitte, comme on dit par chez-nous.

Je le revois devant la gang au Pub 127. Le bar est plein à craquer. Puis la boucane et le boucan s'arrêtent un moment, en suspens le temps que Viviers nous livre ses tripes.

-La prochaine que j'va's vous lire a pour titre Fort comme pas un, qu'il nous dit pour marquer le début de sa récitation toujours prenante, captivante.

FORT COMME PAS UN

Johnny Cash jouait

Dans l'Oldsmobile
J'étais excité

D'être à côté de lui

Comme à tous les jours

Descendre au village

Le bureau de poste
L'épicerie

Une routine bien établie

Mais quand j'étais là

Ses yeux brillaient

De fierté, d'immortalité

J'embarquais

S'a balance à cochon

- 10 ans, 190 livres, 5 pieds et 3
Pis j'te l'dis Jean, fort comme pas un

Les commissions finies

On r'tournait à maison

Johnny Cash jouait

Mon grand-père

Sifflotait

Avec sourire

Comme heureux d'être là

Seul avec moé

La fierté d'un homme

Tient à bien peu de choses

Une balance à cochon

Un petit-fils fort comme

Un bûcheron

Une famille à aimer.


(Réf.: Michel-Luc Viviers
, Urbain Pesant, Éditions Expresso, Trois-Rivières, 1998, p. 16)


Le monde applaudit, siffle.

-All right Viviers, que je crie.

On demande à Jeff de nous remplir un autre pichet. Et Viviers reprend.


-L'autre que j'va's vous lire je l'ai écrit à la mort de mon frère.Le titre c'est Assouvi...

Assouvi

Comme papillon

Sur l'eau turquoise
Au bout d'son voyage

À travers les ondes

Flottant tranquille et
Imperturbable
Comme si pu rien

Au monde comptait

Au moins y a volé

Jusqu'au ciel

Au moins y a fait

Ce qu'il voulait.


(Réf.: Michel-Luc Viviers
, Urbain Pesant, Éditions Expresso, Trois-Rivières, 1998, p. 9)


***

Pour Viviers, une des chansons qu'il aimait parmi toutes.

***

Le recueil Urbain Pesant est aussi disponible à la Bibliothèque nationale du Québec: ISBN 2-9804523-1-9, Novembre 1998.