jeudi 6 juillet 2017

Pourquoi je crie

On me demande pourquoi j'écris. En fait, on ne me le demande jamais. Mais je ne veux pas avoir l'air du gars qui se parle tout seul et en plus se répond...

Peut-être que je ponds mes textes pour me répondre...

Je peins, je fais de la musique et j'écris. Mais c'est l'écriture qui sollicite le plus clair de mon temps.

Molière voulait faire du théâtre sérieux. Il admirait Corneille et jouait ses pièces avec un pathétique qui le faisait passer pour un mauvais acteur. Il a écrit ses comédies par dépit, pour se faire des sous, parce que le rire passait pour vulgaire à son époque où l'on marchait les fesses serrées.

Voltaire était convaincu d'être un grand poète. Peu de gens auront lu ses poèmes au fil des siècles. Sa Henriade est pratiquement passée à l'oubli. On a oublié ses pleurs. On n'aura conservé que ses rires, ses contes humoristiques, ses lettres cyniques.

Cela soulève une question: serai-je reconnu pour ce qui me tient le plus à coeur ou pour ce que je considère comme étant mes niaiseries?

Nous ne sommes donc jamais juges de nos propres oeuvres. Nous en sommes à tout le moins de mauvais juges.

Pourquoi j'écris? Je me le demande. Parce que c'est viscéral. Ça vient tout seul, sans efforts, comme la respiration quand la bouche n'est pas obstruée par une patate chaude.

C'est la seule réponse qui me vienne à l'esprit.

Je crois que l'on devrait aimer mes textes comiques.

Mais il est possible que ce soit mes textes tragiques qui prennent le dessus... Ou bien mes onomatopées.

Comme on pourrait préférer mes deux ou trois toiles abstraites à mes toiles figuratives.

C'est con comme ça, la vie.

On se croit ceci et on n'est que cela.