jeudi 18 juin 2015

Trouvez-moi un sujet

Il m'arrive de consulter ma blonde pour lui demander de me désigner un sujet pour écrire un billet sur mon blogue. Ce matin, elle a commencé par me dire mangez tous du chiendent. Je n'ai pas retenu ce sujet. Je lui ai demandé de s'efforcer de me trouver quelque chose de plus consistant. C'est alors qu'elle m'a dit, tout bonnement, que mon sujet pourrait être trouvez-moi un sujet.

Ce n'est pas que je sois vide et qu'il me manque d'idées. J'en ai des tas en réserve. Néanmoins, je me sens pas en état d'aller fouiller dans ma tête pour vous sortir quelque chose d'aussi percutant que mes billets les plus récemment parus sur mon blogue. Il ne faut pas abuser des belles choses. Aussi dois-je me ramener au ras des pâquerettes pour ne pas m'empêtrer dans l'autophagie.

Quel sujet pourriez-vous me trouver, hum?

Je vous lance ce défi.

Voulez-vous que je parle de physique quantique? J'en ai très peu à dire sur les tachyons et autres éléments subatomiques mais je saurais me débrouiller pour créer l'illusion d'une science mal digérée. J'ai lu La physique quantique pour les nuls ainsi qu'Une brève histoire du temps de Stephen W. Hawking. J'ai même vu le film Interstellaire. Je suis une vraie mine de renseignements de seconde main en matière de science vulgarisée. Je consulte le site Science Daily tous les jours...

Voulez-vous que je parle de l'indépendance du Québec? D'autres en parlent tout le temps, tellement que je ne leur connais pas d'autres préoccupations. Je serais capable d'ajouter ma pierre à l'édifice mais c'est certain que je ne sombrerais pas dans le nationalisme primaire et les livres d'histoire. Vous seriez déçus de ma position. Et je me ferais des tas d'ennemis pour ne pas avoir penser convenablement. On finirait par dire que je suis un traître parce que je ne me livre pas pieds et poings liés à la doctrine du magnat Pierre-Karl Péladeau.

À moins que vous ne préfériez un thème plus léger. Peut-on porter des bas blancs dans des sandales ou des souliers de ville? Il semblerait que non si je me fie aux 10 manières d'avoir l'air fou auprès d'une femme. On trouve ce type d'énumérations partout sur la toile. Les 10 façons de se mettre dans le pétrin. Les 10 personnes les plus laides de la planète. Les 10 ceci ou cela dont je me contrefous.
Bref, ce ne serait pas un bon thème à exploiter. Je pourrais finir par me trouver une job de chroniqueur en écrivant ce type de niaiseries. C'est clair que les rédacteurs en chef apprécientla fatuité. Keep it stupid and simple, comme disait Péladeau le père. Est-ce vraiment mon genre? Pas du tout. Je suis tout sauf professionnel. Ma plume ne se plie pas facilement au babillage. Je n'aurai jamais ma colonne dans les journaux jaunes. Oubliez ça.

Et si vous me proposiez un thème nettement plus sérieux? Quel est le sens de la vie, par exemple. Ou bien un truc comme la vie avant la mort. Quelque chose qui m'obligerait à farfouiller dans les notes de mes cours de métaphysique à l'université... Je vous dirais ceci ou cela puis je ferais tout le contraire, comme tout bon donneur de leçons.

Trouvez-moi un sujet. Ma question était pourtant simple. J'aurais pu ne m'en tenir qu'à ça. Mais non! Il a fallu que mes doigts glissent sur le clavier pour créer en moi l'illusion de vous livrer une symphonie. Ce n'est pourtant pas une symphonie, ni une fantaisie. Ce sont seulement des mots accrochés à d'autres mots. Ce qu'il fallait pour alimenter mon blogue ce matin et vivre toute la journée avec la fausse idée que j'ai changé quelque chose dans cet univers avec mes propos teintés de circonvolutions.

Alors, il vient ce sujet?