lundi 27 avril 2015

Selma, Martin Luther King et le droit à la désobéissance civile

J’ai vu le film Selma hier. Il a été réalisé par Ava DuVernay en 2014 et relate un épisode de la vie de Martin Luther King.  

Nous sommes en 1964. Le Docteur Martin Luther King vient de se voir remettre le Prix Nobel de la Paix pour récompenser son engagement envers la pleine reconnaissance des droits civiques des Noirs. Son combat est loin d’être terminé. Le racisme sévit encore dans le Sud des États-Unis, en Alabama par exemple, où le pasteur compte organiser une marche. Le film, produit entre autres par Oprah Winfrey qui y tient aussi un rôle, nous rappelle que l’esprit est plus fort que les matraques.

Ce film nous rappelle aussi une page de l’histoire sombre des États-Unis d’Amérique... À cette époque, le pouvoir Blanc refusait toute remise en question de sa suprématie. Un Noir qui réclamait la reconnaissance de ses droits civiques, dans l’Alabama des années ’60, ça méritait d’être battu à mort par les policiers. Évidemment, toute manifestation était déclarée illégale avant même qu’elle ne débute. (Ce qui rappelait à certains moments les manifs québécoises...)

Si je vous parle de ce film, ce n’est pas pour vous raconter le scénario de long en large. Vous irez le voir si ça vous chante. Je crois que vous ne le regretterez pas. À moins d’être un ardent défenseur libéral de la loi, de l’ordre et de la pègre. Alors vous trouverez que l’histoire est injuste envers ceux qui matraquent les foules et ceux qui ordonnent aux policiers de le faire. L'histoire est injuste envers George Wallace et Lyndon B. Johnson pour qui les droits civiques des Noirs sont plus que secondaires.

Il y a un jour férié aux États-Unis pour souligner la contribution exceptionnelle de Martin Luther King à son pays. Une contribution qu’il a payée avec coups, blessures et emprisonnements. Les charognes qui ont frappé les manifestants se sont mérités le mépris des générations présentes et futures. Comme quoi la justice est parfois de ce monde.

Je vous parle de ce film, en fait, pour faire le parallèle entre le mouvement des droits civiques aux États-Unis et le mouvement contre l’austérité au Québec.  Ici aussi nous faisons face à des politiciens infâmes et autres cancrelats des médias corporatifs pour réclamer la bastonnade contre des manifestants pacifiques et désarmés. Ici aussi l’on blesse et l’on emprisonne des combattants en faveur des droits civiques et de la justice sociale. Ici aussi des foules de racistes et autres larbins hurlent qu’il faut battre à mort les manifestants et les priver de leurs droits fondamentaux. Ici aussi l’on dit des manifestants qu’ils bloquent la circulation et empêchent le bon fonctionnement de la société et de ses institutions. Ici aussi des personnes de petite vie hurlent qu’il faut faire cesser l’agitation des singes, des nègres et des crottés…

Pourtant, ici aussi, ces gens-là qui se gaussent de ceux qui ont faim et soif de justice seront jetés dans les caniveaux de l’histoire…

Si je vous recommande d’aller voir ce film, chers frères, chers soeurs, c’est parce qu’il  vous donnera encore plus de courage et de détermination pour mettre fin à l’ignominie des libéraux qui croient  pouvoir faire verser le sang du peuple impunément dans nos rues. Il démontre la légitimité de la désobéissance civile pour dénoncer les injustices sanctifiées par les oppresseurs.


Il y a des tas de Martin Luther King qui, dans notre société, se donnent corps et âme pour la justice et l’équité. Peu vont les reconnaître mais ce sont ceux-là qui comptent vraiment en définitive. Les salauds finiront toujours par perdre. Un homme qui se tient debout, fusse-t-il seul, a plus de poids dans l’histoire qu’un million de personnes maintenues dans l’aboulie, l’ignorance et l’indifférence.

Amen et, bien sûr, alléluia.

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